Tanguy Viel

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Du 12 au 12 octobre 2021 - 19h00 à 21h00

« Il aurait pu reprendre sa place derrière son grand bureau de maire, lui proposer une chaise en face de lui, mais non, il a indiqué le canapé de cuir qui délimitait un petit salon près de la fenêtre, Venez par-là, il a dit, nous serons mieux.
Cela, dit-elle, je ne saurai jamais si c'était un traitement particulier, ou bien si toute personne qu'il recevait, il tenait à la mettre à l'aise, lui faire oublier tout ce mobilier si lourd dont il n'était que le locataire, en tout cas c'est ce qu'il lui a dit, Je ne suis que locataire ici, vous savez. Et le temps qu'elle parcoure la pièce entière du regard, qu'elle s'habitue à tout ce luxe comme on doit s'habituer à la lumière au sortir d'un tunnel, à ce moment il lui a proposé de s'asseoir. Seulement, il n'a pas dit : Asseyez-vous, non, il a dit : Assieds-toi, je t'en prie. »

 

Du haut de ses vingt ans, la fille qu'on appelle Laura décide de revenir vivre dans la petite ville portuaire où son père Max Le Corre, ancienne gloire déchue du ring, officie en tant que chauffeur du maire Quentin Le Bars. Une décision lourde de conséquence qui va entrainer tout ce beau monde dans une spirale scabreuse où l'emprise des puissants ligote les proies les plus fragiles à coup de sous entendus et de combines souterraines. Comme toujours, Tanguy Viel nous offre un roman exceptionnel où la mise en scène et l'art du montage jouent un rôle capital en réussissant, tout au long de l'affaire, à nous maintenir dans la promesse et l'imminence de sa résolution.

 

Tanguy Viel est né à Brest en 1973. Il publie son premier roman Le Black Note en 1998 aux éditions de Minuit qui feront ensuite paraître Cinéma (1999), L'Absolue perfection du crime (2001), La disparition du Jim Sullivan (2013) ou encore Article 353 du code pénal (2017). La Fille qu'on appelle est son dernier roman.

 

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