• « On connaît les ingrédients des récits ; je n'en refuse aucun, et voici de la conversation, de l'amour, de l'amitié, des rencontres, de la mort, des lectures..., mais tout cela est également ce qui fait la vie. M'intéresse le portrait que les uns tirent de l'autre à travers cette boîte qu'on appelle la tête. Et dans la tête m'intéressent surtout les yeux, qui sans cesse transforment le visible en pensée par une opération dans laquelle la ressemblance tient lieu de vérité. N'en va-t-il pas du vécu comme du visible ? Ils s'articulent inséparablement dans ce mensonge qui, en les disant, en les écrivant, court après la vérité - et qui les fixe en quelques instantanés très ressemblants. Il n'y a pas de suite, mais un perpétuel fondu enchaîné qui fait comme si. On rêve d'un miroir à trois faces qui permettrait de voir la vie de dos. On écrit dans ce sens, et puis, après tant de livres axés sur l'intérieur, sur l'ordre du dedans, ce 19 octobre 1977 remet le je du narrateur à sa place de simple figure optique. Du coup, tout n'est que matériau de la pensée.Toujours et malgré les innombrables leurres, la pensée assemble et permute de l'extérieur. C'est pourquoi ce livre est aussi le premier monologue extérieur. »

  • Engagée à contre-sens, la poésie de Bernard Noël ne cesse à sa manière de traquer le mystère de l'incarnation, et le titre Extraits du corps est à prendre dans son acception la plus concrète, la plus littérale. Car la poésie est ici vibration d'une voix blanche arrachée à la mécanique humaine qui pense, qui aime, qui souffre, qui rêve et s'acharne à faire souffle avec de la peau et des os. Elle est aussi ce lancinant défi au grand silence de Dieu : comment la chair peut-elle donc retourner au verbe ? Et comment, mot à mot, ôter une lettre à la mort ?
    Les mots de Bernard Noël sont en effet pareils à des lambeaux à vif, lambeaux de muscles et de nerfs, de sexe ou de coeur, puisque l'esprit s'en tient à cette texture vivante de la matière. Une telle écoute, une telle exploration de l'univers physique, loin d'asservir le poète à son « je », libèrent et guident vers une parole anonyme faite d'évidence, de dépouillement, de transparence. Ce qui s'écrit, ce qui se dit cherche à créer ou à révéler l'espace mental entre la vue et la visée : c'est un pari qui trouve son chant dans le champ visuel, comme si l'oeil, en plus du prisme des couleurs, possédait un prisme des sonorités, des signes et des sentiments. Alors les syllabes se découvrent neutres, lavées, rendues à la plus fragile origine.

  • Le livre de l'oubli

    Bernard Noël

    'Ces notes, écrites en 1979, sont publiées ici pour la première fois dans leur ensemble. Le mot "oubli" a surgi alors pour désigner la masse obscure dans laquelle me semblait puiser l'écriture. La mémoire n'offre que du déjà vécu, déjà su : l'oubli révèle de l'inconnu au fond de lui dissimulé. L'exercice de l'écriture, pour peu qu'il soit débarrassé d'intentions, fait surgir et s'exprimer des éclats de l'immense dépôt commun que notre langue recueille depuis toujours. Aucune parole n'est perdue mais toutes sont oubliées en attendant que nous reviennent par l'écriture des parties impersonnelles de ce que nous savons sans le savoir...'

  • La langue d'Anna

    Bernard Noël

    • P.o.l
    • 12 Février 1998

    Elle parle.
    Elle jette sa vie sur sa langue. elle a toujours voulu tout et tout de suite. elle est une comédienne célèbre. elle a beaucoup parlé avec les mots des autres. elle n'avait pas le temps de sa propre vie, mais voilà que son corps l'a rattrapée, l'a même doublée. elle met du passé dans ce présent trop mortel. elle appelle ses amis : fellini, pasolini, visconti. elle sait qu'il est trop tard. elle ne s'y résigne pas.
    Elle ne s'est jamais résignée.

  • Du temps passa, comme je l'ai dit. L'énigme posée par les envois de Jean devint obsédante, faute d'autres nouvelles et aussi parce qu'elle réveillait de vieilles préoccupations. J'entrepris de relire la Bible, et à tous ceux que je rencontrais, je parlais de la Genèse. Ainsi vérifiai-je que chacun la visualise à sa façon : jetez les noms d'Adam et Ève, vous obtiendrez aussitôt un récit parfaitement représentatif de votre interlocuteur, en vérité son portrait mental.
    Le narrateur du Roman d'Adam et Ève rencontre fortuitement un photographe entraîné en Russie pour découvrir la résurrection d'un paradis que Staline aurait fait édifier comme un tableau vivant de l'idéologie communiste. Quelques signes photographiques de cette enquête lui parviennent par éclipses jusqu'au silence définitif. Le destin du narrateur va consister à essayer de comprendre cet élan vers l'inconnu. Il est alors tentant de réduire le roman à une fable savante sur les conceptions du paradis en Occident : à un univers parfait, dont l'homme est déchu, a succédé un monde aux lendemains qui chantent. Si le photographe s'est mis en marche derrière le visible, c'est le leurre de tout paradis extérieur qu'il fait découvrir au narrateur : le paradis n'est qu'en l'homme, il est donc un enfer. Son roman est le récit de cette désillusion car le monde est sans échappatoire.
    Et il convient d'assumer cette situation ou de vivre dans le semblant.

  • Les plumes d'Eros

    Bernard Noël

    «[...] Ceci est donc le premier tome d'une série dont le but est de rendre compte de la diversité et de la richesse de l'oeuvre de l'un des écrivains les plus importants de notre temps. Bernard Noël est en effet un poète, mais aussi un romancier, un reporter, un polémiste, un sociologue, un historien, un critique d'art. Chaque volume, centré sur une des thématiques de l'oeuvre rendra aussi compte de cette grande diversité d'approche et de la non moins grande variété formelle des modes.
    On l'aura compris, Les Plumes d'Éros reprend les écrits érotiques de Bernard Noël, part importante, voire déterminante de son travail puisqu'elle lui a permis - les textes réunis ici s'étalent sur cinquante ans - d'expérimenter très tôt les rapports qu'entretient le corps avec la langue, avec les mots, et à quel point la phrase, la pensée, les sens forment ensemble une réalité qui dépasse chacun des éléments qui la constituent.
    Il y a dans ce volume des récits, des disputes et discussions, des poèmes, des essais, des textes aussi qui mélangent les genres et les subliment. Il y a, évidente et troublante, une écriture dont la sensualité donne à la pensée qui l'anime une présence et une épaisseur bouleversante alors même que l'humour comme la plus grande profondeur n'en sont jamais exclus.» Paul Otchakovsky-Laurens.

  • Dans la série rouge, consacrée au regroupement thématique des oeuvres de Bernard Noël, ce volume reprend tous les textes que l'auteur intitule monologues. C'est-à-dire six romans où la parole est prise par un personnage, ou des personnages qui empruntent pour s'exprimer un des pronoms personnels sujets de notre conjugaison. Ainsi :
    1973, tu : Les premiers mots 1994, je : Le Syndrome de Gramsci 1994, vous : La Maladie de la chair 1998, elle : La Langue d'Anna 2001, il : La Maladie du sens 2015, nous : Monologue du nous S'il y a un défi formel (toutes les phrases commençant par le pronom personnel sujet choisi), là n'est pas le principal. On ne dit sans doute pas les mêmes choses suivant le locuteur, d'abord. Ensuite les histoires racontées, car il s'agit de romans, ne pouvaient l'être, c'est en tout cas ce qui peu à peu s'impose au lecteur, que sur le mode choisi : il y a là une étrange nécessité.
    Enfi n chaque livre s'organise autour d'un personnage précis : le peintre François Lunven, pour Les premiers mots, plus encore que Gramsci un narrateur qui est à l'évidence l'auteur lui-même pour Le Syndrome de Gramsci, Georges Bataille pour La Maladie de la chair, Anna Magnani pour La Langue d'Anna, André Masson pour La Maladie du sens et un groupe révolutionnaire pour Monologue du nous.

  • Sous ce beau titre, ambigu, P O L publie avec couverture rouge le troisième volume de ce qui pour n'être pas exactement les oeuvres complètes de Bernard Noël y ressemble furieusement. Sur près de 500 pages y sont regroupés des textes épars publiés ici et là, dans des revues, dans des plaquettes, ou inédits, en tout cas pour la plupart introuvables. La thématique générale est ici celle de la littérature, de la création littéraire.
    Cela passe par la critique (Rimbaud, Mallarmé, Villiers de l'Isle-Adam, Blanchot, Artaud, Sade, Michaux, etc.) mais une critique très particulière car elle ne cesse de poser cette question : qu'est-ce qu'écrire ? Cela passe aussi par des textes qui pour n'avoir pas pour objet des oeuvres ou des auteurs, pour se rapprocher plus du récit ou de la fiction, posent et reposent la même question, directement ou non.
    Comme à l'accoutumée Bernard Noël est, y compris dans ce qui peut ressembler à des essais, dans l'écriture, la création et, du corps à la politique, il y va de bien autre chose qu'une démarche simplement spéculative.

  • L'outrage aux mots

    Bernard Noël

    Ce deuxième tome des oeuvres de Bernard Noël comprend ses principaux écrits politiques dispersés au gré de publications éphémères ou de livres épuisés. On y découvre une pensée proprement révolutionnaire, radicale, et qui trouve une part de ses origines dans une analyse extrêmement fouillée de l'histoire de la Commune de Paris, de l'espoir qu'elle souleva et qui semble n'être pas tout à fait retombé, même aujourd'hui. L'autre origine de la pensée politique de Bernard Noël se situe dans la langue proprement dite, dans une analyse de plus en plus fine de la violence infligée à la langue par l'emploi qu'en ont fait de tout temps ceux qui aux yeux de l'auteur ont confisqué le pouvoir à leur profit en privant le peuple de ses droits élémentaires. Plus loin encore, il y a ce que Bernard Noël appelle « la sensure », c'est à dire la privation de sens, qu'elle s'opère par le détournement du sens des mots ou par son brouillage (communication, télévision, etc.).
    Mais quand il théorise l'oppression, Bernard Noël ne cesse jamais d'être un écrivain. C'est ce qui confère à cet imposant volume où se côtoient les genres les plus divers, du poème au théâtre, du pamphlet à la fiction, son autorité, son évidence et sa beauté.

  • La maladie du sens

    Bernard Noël

    " .
    Il avait fait de moi le miroir grâce auquel il se voyait exister. il était devenu si impersonnel que j'étais la preuve de sa personne. il s'apercevait lui-même en venant vers notre lit, où il entrait en me priant de murmurer son nom. il me surprenait chaque fois par cette demande car j'avais tout naturellement pour lui des syllabes plus amoureuses. il disait : appelle-moi par le nom que tu tracerais sur une enveloppe si j'étais absent.
    ".

  • Les premiers mots

    Bernard Noël

    La collection "Textes" permet de redécouvrir les grandes oeuvres de la littérature contemporaine de la fin du XXe siècle souvent trop vite oubliées.
    Les "premiers mots" de Bernard Noël sont aussi les derniers. Ils sont donc pris dans un mouvement où s'entrelacent la fin et le commencement. Un homme et une femme parlent: ils se connaissent à travers leurs mots et ils partagent la mort d'un Autre, un ami. Cet échange, toujours plus excessif, s'empare des gestes, de la peau, des perceptions, envahit tout l'espace de la rencontre...

  • Entre la réalité et nos yeux, toujours du vocabulaire s'interpose : nous croyons voir mais ne faisons que lire. D'ailleurs le regard en lui-même n'est pas cet instrument d'information et de constat qu'il nous semble : il n'est pas qu'un aller et retour, c'est un espace, un espace sensible qui s'emplit du sentiment d'un toucher visuel. Le Journal du regard est donc un travail sur le regard, que l'auteur a commencé en 1970, la peinture y est souvent présente, la question toujours relancée est : que voit-on quand on voit? Qu'est-ce que le regard? Qu'est-ce que le visible?

  • Bernard Noël voyage beaucoup. Il voyage beaucoup en train et, durant ces voyages, il regarde, il rêve, il pense, il écoute. Et il lui arrive de prendre des notes de ce que ces sons, ces images, ces rêveries et ces pensées lui ramènent du monde extérieur comme de lui-même.
    C'est un tressage de ces différents niveaux de perception et de sensation que réalise ce livre qui les met ainsi en forme et les transforme en un récit intimiste où le monde entrerait, filtré, interprété et cependant restitué dans sa totale immédiateté. La phrase fluide de Bernard Noël s'y prête particulièrement, épousant toutes les nuances, tous les à-coups, l'ordinaire et le sublime, portant une réflexion comme incarnée sur le temps, sur l'espace, sur notre présence au monde.

  • Le roman d'un être

    Bernard Noël

    'Pourquoi pas Le Roman de Roman? Non, dit Opalka, Le Roman d'un être me paraît plus juste : c'est donc le titre retenu. De 1965 à sa mort, en 2011, Roman Opalka a peint la suite des nombres. Chaque nombre est la somme de ceux qui le précèdent, chaque instant de notre vie est la somme des précédédents. "Je fais toujours la même chose et elle est toujours différente, comme est la vie." Regarder peindre Opalka révélait l'identité de son acte et de sa vie ; l'écouter confirmait l'accord entre sa langue et sa main. Pareil engagement est unique : l'écriture tente, ici, d'entrer dans ce mouvement et même de se confondre avec lui...'

  • Un roman d'oeil est le récit du regard tourné vers le corps au travail.
    Parfois tout est en gestes, postures, déplacements ; parfois tout se passe derrière le visage. Mais ce qu'on voit n'est-il pas tout ce qu'on ne voit pas ? Il y a de la peau partout, c'est sous elle que la pensée pratique ses tatouages, devant et sur elle que nos yeux dessinent des images tandis que mot à mot, la langue y prend son plaisir...

  • Le reste du voyage

    Bernard Noël

    Ce livre est composé de trois parties qui toutes rendent compte de voyages ou de séjours, de lieux du monde et de passages par ces lieux. Le mont Athos, des villes, le Mexique. Chacun des poèmes essaie de restituer ce moment toujours fugace d'une coïncidence entre l'espace d'un regard et celui d'un lieu, une coïncidence fécondée par le temps. Chacun des poèmes, aussi, essaie de relever ce défi du spectacle des choses et d'une nomination impuissante devant la profusion de la vie ou, à l'opposé, de la destruction.

  • Artaud et Paule

    Bernard Noël

    Sans elle, Artaud ne serait pas le même. Plus exactement, il aurait été le même, mais nous ne saurions pas à quel point. Elle, c'est Paule Thévenin. C'est à Paule Thévenin. qu'Antonin Artaud, avant sa mort, a confié la tâche d'éditer son oeuvre complète, et qu'il a remis plusieurs centaines de cahiers rédigés par lui au cours des trois dernières années de sa vie. Acceptant cette tâche, Paule Thévenin ne savait peut-être pas qu'elle y consacrerait la totalité de son existence. Le XXVIe volume parut quelques jours après la mort de Paule Thévenin (deux autres étaient prêts qui n'ont pas vu le jour, par la faute de qui?). De même qu'Antonin Artaud s'est donné tout entier à la littérature, opérant l'un des sacrifices les plus hauts que celle-ci a connus, Paule Thévenin s'est donnée tout entière à l'oeuvre d'Artaud, faisant de son sacrifice propre le moyen par lequel cette oeuvre sans commune mesure est arrivée jusqu'à nous.
    «Réparation» à Paule Thévenin, ce livre est en même temps une méditation sur les énigmatiques noces mystiques nées de ces deux sacrifices.

  • Treize cases du je

    Bernard Noël

    'Que peut un livre? Rien, semble-t-il. Et pourtant, j'écris. Que signifie cet accommodement? J'ai dit : rien, parce que je voudrais tout. La vie demeure lente. Depuis qu'il y a des hommes et qui écrivent elle aurait dû changer. Mais il n'y a pas de commune mesure entre la vie et une vie. Cela est inacceptable. Nous vivons dans l'inacceptable, mais il vaut mieux que le Salut. Une vie bientôt disparaît dans la vie. J'écris pour disparaître dans ce qui n'emprunte mon nom que pour le faire oublier. Le livre est le couteau du sacrifice : il m'enlève à ce que je suis pour me rendre à l'inconnu. Et la vie, qui nous condamne au seul maintenant, la vie changera seulement dans un autre corps, qui écrira d'autres livres.'

  • L'ombre du double

    Bernard Noël

    • P.o.l
    • 3 Décembre 1993

    Ce nouveau recueil transporte sur le plan de la poésie une réflexion que l'auteur mène depuis longtemps sur d'autres modes (essais, romans, théâtre). Bernard Noël fait naître des images, celles qui se forment dans notre tête et qui influent sur notre rapport au monde, au sens, à la langue, et au temps.
    Vers que leur brièveté, leur netteté, et leur douceur très obstinée, insistante, n´empêchent pas, au contraire, de résonner alors même que la pensée qu´ils nourrisent et qui les soutient se déroule. Tout se trouble et s´ouvre, comme si les apparences s´effaçaient pour laisser place à l´idée d´une vision absolue où l´espace et le temps, le vif et le mort pouvaient enfin se conjuguer dans une même simultanéïté.
    «Le reflet met dans l'air un semblable : un corps passé dans son après. Les mots mettent dans l'air une forme de même nature, mais leur fumée est invisible, sauf si on la souffle vers quelque surface que la nuit rend profonde. Le monde prononcé ici est alors vu là-bas...»

  • La peau et les mots

    Bernard Noël

    • P.o.l
    • 17 Juillet 2002

    On pourrait dire motifier pour prendre mot, comme on dit incarner pour prendre chair.
    Ecrire consisterait alors à motifier sa vie ou son corps, mais si les mots remplissent tellement bien leur rôle qu'à la fin ils nous dévorent, comment inverser le mouvement ? Comment les ré-incarner ? Il n'y a pas de symétrie. Il y a seulement le langage qui vit et se perpétue en nous faisant chanter. Qu'on lui avance une lettre, et mot devient mort. Il suffit pour garantir cette avance de gager sa vie - mais y joue-t-on sa peau ou bien ses mots ?

  • La face de silence

    Bernard Noël

    On se tait. On s´y oblige. On flotte enfin, sans savoir, sans visage. On est creux. Mais le vide appelle son contraire : un mot jaillit, un autre. Plus tard, c´est une concrétion par le travers du temps. Plus tard encore : Qui a parlé? se demande-t-on. Une voix monte sous le masque de silence, un autre silence établit son creux derrière la voix, ainsi je n´est nulle part, sinon en blanc parmi ces mots troués.

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