Aymeric Patricot

  • Les bons profs

    Aymeric Patricot

    J'ai été un élève studieux jusqu'à l'absurde, malade de ses fiches et de ses résultats, jouant le jeu de la discipline jusqu'à s'oublier lui-même - un véritable cancre à l'envers. Maintenant je suis professeur et je ne conseillerai à personne d'adopter la même névrose.
    En revanche, j'essaie de réfléchir à ce que peut être un bon professeur aujourd'hui, c'est-à-dire à l'heure où la massification scolaire produit une pression inédite sur l'institution. Comment rester humain dans un système qui vous scrute et qui vous juge ? Comment donner du sens à un enseignement qui se réduit trop souvent à un catalogue de compétences ? Comment transmettre la sorte de flamme en quoi consiste, envers et contre tout, l'objet secret du métier ?
    A. P.

  • Blancs, pauvres, méprisés : un paysan isolé, un policier gagné par le ressentiment. Qui sont ces « petits Blancs » ? Sont-ils l'équivalent des white trash américains, pleins de rancoeur contre les minorités ethniques ? Portraits, récits et analyses laissent s'entrechoquer des sentiments de solidarité, de violence ou d'humilité. On ne voulait pas les entendre. Aymeric Patricot leur donne la parole.

  • L'indignation sociale et économique recouperait un besoin de reconnaissance culturelle de la part de ceux que l'on désigne comme les blancs modestes de province. Mobilisant le récit et l'analyse, ce livre poursuit une réflexion débutée dans Les Petits Blancs. Pourquoi ces Gaulois s'estiment-ils stigmatisés ? Pourquoi pensent-ils ne pas avoir droit au chapitre au sein des démocraties modernes ? Ne représentent-ils pas une communauté impossible, jugée coupable alors qu'on lui répète qu'elle n'existe pas, tenue pour majoritaire alors qu'elle se vit comme reléguée ? Ils participent pourtant à cette société des cultures en archipel, chère à Édouard Glissant, paradoxalement régie par une forme singulière de libéralisme : le libéralisme identitaire.

  • Quelles sont les consignes que l'on donne aux professeurs dont le premier poste est situé dans un collège de « zone sensible » ? Maintenir les élèves en classe, avant toute chose, et prévenir les incidents. La transmission des savoirs, elle, devient accessoire.
    Insultes, humiliation, solitude... L'auteur témoigne de la détresse qu'il a vécue, jeune professeur, en découvrant la déliquescence d'une partie du système scolaire. Les victimes en sont les élèves, que l'on abandonne, et les professeurs, relégués dans un quotidien misérable.
    Construit comme un récit, ce vigoureux essai ne s'embarrasse pas de langue de bois. Constatant un terrible approfondissement des gouffres sociaux, l'auteur renvoie chaque bord politique à ses contradictions, tout en s'interrogeant sur la place qu'il occupe lui-même dans une société française en plein bouleversement. Il évoque aussi les beautés d'un métier qui se durcit, mais dont l'importance reste cruciale.

  • Ce roman est la confession d'un maudit. Dès l'adolescence, et les premiers émois amoureux, un désir irrépressible de frapper les femmes l'a emporté dans une chute sans fin. Il vivra désormais face à l'horizon indépassable du malheur d'autrui et de l'horreur d'être soi, sans échappatoire, comme prisonnier de lui-même, de la force inconsciente qui le gouverne. Quand l'heure de payer sera venue et que la violence se retournera contre lui, il n'aura d'autre solution que d'accepter cette terrible justice ; de bénir ce qui le débarrassera enfin de lui-même.
    Dans sa postface, « L'insoutenable », Aymeric Patricot approfondit les questions que soulève ce roman choc, d'une noirceur fascinante.
    Quelle part d'humanité demeure quand le mal emporte une vie ? Quelle est cette zone de nous-mêmes d'où sortent les pires pulsions ?
    Il prouve ainsi, à la fois en confirmant qu'il est un des romanciers les plus puissants de sa génération et en se montrant capable de prolonger son travail sur le plan théorique, que la littérature demeure un des instruments les plus féconds de connaissance de l'humain.

  • Azima la rouge

    Aymeric Patricot

    " Quand mon frère m'a donné la gifle, ma tête a fait pop. Sur le coup je n'ai pas su si j'avais touché le mur. En tout cas je n'ai rien perçu. Juste un écho, quelque chose qui bourdonnait, comme une mouche occupant mon crâne. Puis la mouche a cessé de battre des ailes. Elle s'est posée quelque part en moi. J'ai regardé mon frère. Et je ne le détestais pas. II n'a plus jamais eu besoin de me frapper. J'avais compris. Je ne peux pas dire que je sois d'accord. Mais je ne pense pas qu'il s'agisse d'être d'accord ou pas. " Dans une cité du Nord de Paris, la jeune Azima sent qu'un étau se resserre sur elle. Impuissante à lutter contre son destin, résignée par devoir, Azima tente de se protéger, de s'isoler dans ses rêves pour supporter la violence qui la guette. Cinq personnages expriment tour à tour leurs espoirs, leurs fantasmes et leurs peurs face à une réalité intolérable. Un premier roman coup de poing.

  • Suicide girls

    Aymeric Patricot

    La vie paisible d'un jeune professeur se lézarde, se laisse envahir par l'obsession du suicide depuis que son père a disparu d'une façon qui laisse place au doute.
    Il éprouve un vertige grandissant à l'idée de rencontrer des jeunes femmes tourmentées, dont la détresse l'ensorcelle. Manou, collégienne, subit le désir puis la violence des garçons. La mort lui paraît un refuge. Elle devient à l'âge adulte l'une de ces suicide girls qui traînent leur désespoir, leur séduction trouble jusqu'aux limites du passage à l'acte. Un amour périlleux naîtra de la rencontre entre Manou et celui qu'elle appelle son " ange noir ".
    Peut-être découvriront-ils, au contact des zones les plus obscures de leur esprit, la possibilité d'un bonheur.

  • Quand le jeune Willie débarque sur l'île de Nauru, en Océanie, dans les années trente, il est loin de se douter que la petite colonie britannique deviendra bientôt la république la plus prospère du monde, et qu'il en sera le maître. Pour l'instant, fuyant la misère qui a tué son père aux Philippines, il compte bien s'intégrer au système de production occidental, entreprise prométhéenne d'extraction du phosphate qui, tout en enrichissant l'île, la ravage.
    J'ai entraîné mon peuple dans cette aventure raconte, sur plusieurs décennies, son irrésistible ascension et sa chute, épopée dérisoire et brutale d'un homme confronté aux vertiges du pouvoir à l'ère des décolonisations. Comment, quand on veut dominer le sort, rester fidèle à soi-même comme aux autres ? Peut-on lutter impunément contre la nature et les hommes ? La liberté est une épreuve dont les Nauruans, alors que Willie les conduit vers le désastre, vont découvrir la cruauté.
    Une vie peut refléter toutes les vies, et le destin des peuples. En concentrant dans l'histoire de Willie, incarnation fulgurante de celle de Nauru, les espoirs et les angoisses qui dominent le monde, Aymeric Patricot donne une traduction puissamment romanesque, pleine de souffle et de sombre beauté, aux questions les plus brûlantes de notre temps.

  • Les vies enchantées

    Aymeric Patricot

    Vies enchantées, bonheurs paradoxaux, les personnes qu'Aymeric Patricot a rencontrées pour cette nouvelle enquête ont réussi une chose exceptionnelle : être heureuses. Et pourtant, elles ne diffèrent d'aucun d'entre nous. Toutes se sont simplement focalisées sur leurs goûts les plus intimes, et si leur bonheur est souvent inattendu, s'il peut parfois ressembler à une lubie, c'est qu'il est en elles ce qu'il y a de plus personnel, de plus lié à ce que chacune a d'unique.
    Un détail contamine leur vie, qui vient les combler. Que ce soit Camille que son jardin ravit, une femme que sa poitrine rassure, Jodie nourrie par sa colère, Denis content de son cynisme, que ce soit l'idiot du village, la femme douce, l'oiseau de nuit aux fêtes joyeuses marquées par une bizarre tempérance, ou encore des écrivains aussi divers que Montaigne et Céline, Proust et Beauvoir, aucune satisfaction extérieure n'aurait suffi à leur accomplissement : c'était à eux de l'inventer, selon des méthodes qu'Aymeric Patricot recense avec humour et admiration.
    En en dressant la typologie, il transforme peu à peu cette promenade dans les différentes formes de la joie de vivre en un traité du bonheur conçu comme « ce qui nous permet d'étendre notre moi aux confins de l'univers », de repousser nos limites, de l'expansion de nos désirs jusqu'à la dilution dans le tout, et nous invite à découvrir ce qui est là, si vaste et si proche, à aimer ce qui est déjà en nous.

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