Félix Guattari

  • Qu'est-ce que l'écosophie ? réunit les textes rares ou inédits que Félix Guattari rédige entre 1985 et 1992, à l'issue de ce qu'il a nommé « les années d'hiver ». Les textes qui composent ce volume exceptionnel constituent un témoignage précieux sur une période dont l'histoire politique reste en grande partie à écrire ; ils anticipent également les errements partisans du mouvement écologiste actuel.

  • Les trois écologies

    Félix Guattari

    • Galilee
    • 5 Février 2008

    « Le drame écologique dans lequel est engagée la planète humaine a longtemps été l'objet d'une méconnaissance systématique. Cette période est désormais révolue. À travers des médias devenus hyper-sensibles à la répétition des «accidents» écologiques, l'opinion internationale se trouve de plus en plus mobilisée. Tout le monde aujourd'hui parle d'écologie : les politiques, les technocrates, les industriels. Malheureusement toujours en termes de simples «nuisances».
    Or les perturbations écologiques de l'environnement ne sont que la partie visible d'un mal plus profond et plus considérable, relatif aux façons de vivre et d'être en société sur cette planète. L'écologie environnementale devrait être pensée d'un seul tenant avec l'écologie sociale et l'écologie mentale, à travers une écosophie de caractère éthico-politique. Il ne s'agit pas d'unifier arbitrairement sous une idéologie de rechange des domaines foncièrement hétérogènes, mais de faire s'étayer les unes les autres des pratiques innovatrices de recomposition des subjectivités individuelles et collectives, au sein de nouveaux contextes technico-scientifiques et des nouvelles coordonnées géopolitiques. » F. G.

  • Durant trois années, Gilles Deleuze et Félix Guattari .ont travaillé ensemble pour concevoir l'un des livres phares des années 1970: L'Anti-OEdipe (Minuit, 1972).
    Sur les modalités de cette association inédite, que Gilles Deleuze qualifiera plus tard de "groupuscule", les présents Ecrits apportent un éclairage décisif. Sont ici réunis, dans un agencement et une présentation de Stéphane Nadaud, les textes, fragments, notes et corrections de Félix Guattari relatifs à la préparation de L'Anti-OEdipe. Ils permettent de comprendre, de l'intérieur, le fonctionnement de "Deleuze-Guattari", cette extraordinaire machinerie théorique collective.

  • La philosophie n'est ni contemplation, ni réflexion, ni communication. Elle est l'activité qui crée les concepts. Comment se distingue-t-elle de ses rivales, qui prétendent nous fournir en concepts (comme le marketing aujourd'hui) ? La Philosophie doit nous dire quelle est la nature créative du concept, et quels en sont les concomitants : la pure immanence, le plan d'immanence, et les personnages conceptuels.
    Par là, la philosophie se distingue de la science et de la logique. Celles-ci n'opèrent pas par concepts, mais par fonctions, sur un plan de référence et avec des observateurs partiels. L'art opère par percepts et affects, sur un plan de composition avec des figures esthétiques. La philosophie n'est pas interdisciplinaire, elle est elle-même une discipline entière qui entre en résonance avec la science et avec l'art, comme ceux-ci avec elle : trouver le concept d'une fonction, etc.
    C'est que les trois plans sont les trois manières dont le cerveau recoupe le chaos, et l'affronte. Ce sont les Chaoïdes. La pensée ne se constitue que dans ce rapport où elle risque toujours de sombrer.

  • La réédition des " Années d'hiver ", épuisé depuis presque vingt ans ; répond à plusieurs motifs qui sont autant de nécessités, théoriques et politiques.
    Plus que l'argument d'une puissance à contretemps des vraies pensées critiques, on pourrait simplement faire valoir la stupéfaction que suscitent ces quelques textes : stupéfaction face à leur pleine actualité, sans séparer le sens philosophique du terme cher à Félix Guattari et Gilles Deleuze (celui d'un concept incarné, à l'oeuvre, en devenir) de son sens plus familièrement journalistique - tant sont flagrantes ici, presque à chaque ligne, l'acuité brûlante, la force anticipatrice, la valeur d'éclairage et d'outillage pour aujourd'hui de ces remarques éparses,' avancées il y a un quart de siècle.
    Car cet hiver mondial des premières années 1980, avec ses poussées droitières, son triomphe du marché et ses nouveaux esclavages subjectifs, Guattari en pressent avec une puissance inouïe la dimension de mutation historique et de tournant anthropologique. Par la diversité de leur énonciation, conférentielle ou confessionnelle, théorique ou anecdotique, et surtout de leurs objets (technologie, art, politique, psychanalyse, épistémologie...), ces fragments d'une oeuvre elle-même éparse en révèlent, mieux qu'aucun autre texte, l'extension formidable, la richesse circulatoire, les univers hétérogènes en même temps que la cohérence contagieuse.
    Outre qu'ils constituent des clés d'entrée dans l'univers guattarien, ces quelque trente textes peuvent être lus à la lumière de l'injonction que formulera Deleuze quelques années plus tard : " Il n'y a pas lieu de craindre ou d'espérer, mais de chercher de nouvelles armes. " C'est à la constitution d'un arsenal politique, théorique, subjectif, pour affronter les " années d'hiver " présentes ou à venir, qu'invite cet ouvrage.

  • F. Guattari analyse la manière dont la production, la codification et la communication des signes dans le système capitaliste assujettissent les acteurs sociaux sur les plans économique, social et de la subjectivité. Cette dictature des significations et des comportements dominants conduit l'auteur à proposer, à la suite de ses travaux avec Gilles Deleuze, une micropolitique émancipatrice.

  • Dans ce texte probablement en date de 1978, l'auteur analyse la manière dont la production, la codification et la communication de signes dans le système capitalistique assujettit les acteurs sociaux sur les plans économiques, sociaux et de celui de la subjectivité. Cette « dictature » des significations et des comportements dominants conduit Guattari à proposer, à la suite de ses travaux avec Gilles Deleuze notamment, dans l'Anti-OEdipe (Minuit, 1972), une micropolitique émancipatrice. Sa position novatrice est plus que jamais d'actualité au coeur de la crise écologique, politique, économique et sociale.

  • Le présent volume présente l'inventaire, composé et commenté par Félix Guattari, des soixante-cinq rêves présents dans le Journal et les correspondances de Kafka, ainsi que de plusieurs textes rares ou inédits sur l'oeuvre de celui-ci. Ultérieurs à la publication (avec Gilles Deleuze) de " Kafka. Pour une littérature mineure " (Éditions de Minuit, 1975), ils témoignent de la passion inchangée de Félix Guattari pour l'une des oeuvres majeures du XXe siècle.

  • Lignes de fuite Nouv.

  • Ce volume réunit deux textes de Félix Guattari ayant trait à la psychothérapie institutionnelle.
    À la fin des années 1980, Guattari prend ses distances avec l'antipsychiatrie, tout en critiquant l'influence croissante des théories comportementalistes (aggravée depuis) et l'influence néfaste de la bureaucratie d'État. Il définit ici les grandes lignes de la pratique de soin institutionnelle qu'il appelle de ses voeux, pratique dont la clinique de La Borde fournit un exemple, mais pas le " modèle ".


  • " la philosophie est un mouvement de production des concepts, un mouvement qui sans arrêt reprend le passé pour lui donner une densité de virtualités, une densité de possibles.
    deleuze et moi ne pensons pas du tout à la mort de la philosophie, nous pensons que la philosophie se fait, qu'elle est en mouvement et que, même à travers d'autres cultures que la culture occidentale - comme des formes de sagesse par exemple -, la philosophie est quelque chose d'essentiel à l'existence humaine. " félix guattari revient dans cet entretien sur son parcours de psychanalyste philosophe et sur le choc engendré par la publication en 1972 de l'anti-å'dipe, écrit avec gilles deleuze.
    retraçant ses engagements politiques et internationaux, abordant la philosophie comme l'écologie ou la montée du racisme en france, il nous offre dans ces pages une vision éclairante de la société française contemporaine.

  • La philosophie n'est ni contemplation, ni réflexion, ni communication. Elle est l'activité qui crée les concepts. Comment se distingue-t-elle de ses rivales, qui prétendent nous fournir en concepts (comme le marketing aujourd'hui) ? La philosophie doit nous dire quelle est la nature créative du concept, et quels en sont les concomitants : la pure immanence, le plan d'immanence, et les personnages conceptuels. Par là, la philosophie se distingue de la science et de la logique. Celles-ci n'opèrent pas par concepts, mais par fonctions, sur un plan de référence et avec des observateurs partiels. L'art opère par percepts et affects, sur un plan de composition avec des figures esthétiques. La philosophie n'est pas interdisciplinaire, elle est elle-même une discipline entière qui entre en résonance avec la science et avec l'art, comme ceux-ci avec elle : trouver le concept d'une fonction, etc. C'est que les trois plans sont les trois manières dont le cerveau recoupe le chaos, et l'affronte. Ce sont les Chaoïdes. La pensée ne se constitue que dans ce rapport où elle risque toujours de sombrer.

empty