Jean-Philippe Antoine

  • Ce livre propose une réflexion théorique et historique sur les images. Il tente d'abord de définir ce concept. Il essaie ensuite d'analyser l'histoire de l'histoire de l'art à travers l'exemple d'un de ses fondateurs, Giorgio Vasari. L'ouvrage est aussi une réflexion sur la transmission du savoir, sur ce que les images peuvent nous apprendre sur notre époque, son fonctionnement, ses mutations.
    Écrits durant la dernière décennie, les sept essais qui composent ce recueil s'intéressent, chacun à sa façon, à la vie des oeuvres, à leur transmission, et aux méthodes employées pour élaborer à partir de cette vie une histoire. Pour ce faire, Jean-Philippe Antoine s'appuie sur des analyses de la création actuelle, mais aussi sur des images, textes et auteurs habituellement peu sollicités par l'histoire de l'art. Il dialogue ainsi avec Gabriel Tarde, Fernand Deligny, Sören Kierkegaard ou Yasushi Inoué. Ces explorations, qui reflètent les occasions qui leur ont donné naissance, dessinent un parcours ouvert parmi une série d'études de cas : Vasari et la fondation de l'histoire de l'art, l'activité artistique en tant qu'inscription d'un territoire, la collection publique et son mode d'emploi, entre autres. L'ensemble fabrique une constellation singulière que hantent la question de l'invention, comme celle de ses satellites et transmetteurs - l'art et l'image.
    Philosophe, professeur d'esthétique et critique d'art, Jean-Philippe Antoine enseigne à l'Université Paris 8. Il a soutenu sa thèse de doctorat sur les arts de la mémoire et la peinture italienne des XIIIe et XIVe siècles à L'École des Hautes Études en Sciences sociales à Paris, et poursuit depuis ses recherches sur la question de la mémoire, de l'image et du lieu dans une perspective philosophique et anthropologique.
    Il s'intéresse aux questions de mnémonique tant au Moyen-Âge qu'aux XIXe et XXe siècles, et dans le travail de certains artistes contemporains tels que Joseph Beuys, Marcel Broodthaers ou Mike Kelley. Il a également travaillé sur la question du récit de vie dans l'oeuvre de Vasari, et sur l'oeuvre de Samuel Morse, peintre, photographe, théoricien de l'art et inventeur du code Morse et du moderne télégraphe électrique.
    Plasticien, il mène des travaux sur des supports multiples : peintures, constructions, installations et performances sonores (en collaboration notamment avec Leif Elggren).

    Voir aussi Samuel F. B. Morse : Conférences sur l'Affinité de la Peinture avec le reste des Beaux-Arts - Précédé par Jean-Philippe Antoine : Pour qui peindre et parler ? Un art de la conférence.

  • Un essai critique en sept coup sur le jeu de bascule ironique institué par Marcel Broodthaers entre poésie et espace des arts plastiques, dans le prolongement de Mallarmé, pour faire surgir de nouvelles formes d'expositions et d'éditions, mettant en lumière les conditions de la production du sens au XXe siècle et les mythes qui la soutiennent.
    En 1964, le poète belge Marcel Broodthaers se vend aux arts plastiques en se faisant « artiste Pop ». Cet abandon de la Muse au profit de la fabrication de produits visuels a pour parrain Mallarmé : son Coup de Dés a inventé « l'espace moderne et contemporain de l'art », contre l'exaltation kitsch du chant issue du Romantisme. Mais cette entreprise de démythification par l'espace, soumise sans répit à la marchandisation bourgeoise qu'elle avait pour vocation de contrer, continue d'être habitée de muses et de sirènes invisibles. C'est à restituer leur présence que s'emploie Broodthaers, en transformant par des usages inédits des matériaux « littéraires » empruntés à Nerval, Baudelaire, Mallarmé ou Heine. Surgissent ainsi, sous forme d'expositions et d'éditions, la préhistoire au XIXe siècle de la société du spectacle, sa survivance prolongée dans notre présent, et les modules de résistance qui s'y lovent.
    Dans le jeu de bascule ironique institué par Broodthaers entre poésie et arts plastiques, Jean-Philippe Antoine repère l'invention d'un outil d'investigation créatrice, et l'essai d'une politique artistique que ne récupèrerait pas par avance le spectacle de la culture.

    «?L'écriture de Jean-Phillippe Antoine se place délibérément dans les pas de Marcel Broodthaers en emportant aussi bien les arts plastiques que la poésie pour livrer un essai stimulant.?» Olivier Michelon, Vient de paraître Seconde édition.

  • Près de 200 pages illustrées pour découvrir ces hommes et ces femmes dont la destinée exceptionnelle a bouleversé le cours de l'humanité. De toutes les époques et de toutes les contrées, ces grands personnages ont façonné notre monde, pour le meilleur et pour le pire.
    Conquérants, souverains, artistes, voyageurs, tyrans, savants, génies, dictateurs, rebelles, stratèges, bâtisseurs, inventeurs ou révolutionnaires, ils ont fasciné ou horrifié leurs contemporains, ils ont changé le cours de l'histoire.


    Le livre est divisé en 7 chapitres, qui déclinent les grandes périodes historiques :

    - L'Antiquité ;
    - Le Moyen Âge ;
    - La Renaissance ;
    - Les Temps modernes ;
    - Le siècle des Lumières ;
    - Le XIXe siècle ;
    - Le XXe siècle.

    Du nouveau dans la collection des encyclopédies Images Doc : l'identité visuelle de couverture a été revisitée, la couverture souple en fait un objet plus maniable, plus moderne, plus accessible.

  • Le premier ouvrage consacré à l'oeuvre du cinéaste coréen, dans la série de monographies sur le cinéma publiée par Dis Voir (à la suite de Peter Greenaway, Raoul Ruiz, Manoel de Oliveira, Atom Egoyan, Wong Kar-wai, Bruno Dumont, Kim Ki-duk...). Conçu par Lee Chang-dong lui-même, qui a sélectionné et mis en page les images, le livre inclut un entretien ainsi que deux essais de Véronique Bergen et Jean-Philippe Cazier sur son travail.

    L'oeuvre de Lee Chang-dong interroge le statut du voir et de l'invisible dans un monde contemporain saturé d'images et d'informations qui oscille entre réalité et fantasme, histoire et fiction. Un cinéma qui explore l'esthétique de la disparition par le hors-champ de l'image sur fond de critique sociale et politique, de la mémoire oubliée de l'homme à son Histoire ou à la Nature. Des images « perceptives » qui invitent à l'empathie pour ressentir « la sensation universelle de la vie » à travers de jeunes adultes qui louvoient avec leur désespoir existentiel dans ce monde dont ils sont captifs, l'espoir en berne malgré leur rage. Un cinéma qui se joue aussi des catégories cinématographique - avec des histoires cachées dans des récits emboités par la recréation de durées différées dans la narration ou glissées dans la bande son.
    Entre fiction et témoignage documentaire sur notre époque, Lee Chang-dong invente un régime d'images qui en appelle à la perception et à l'imagination en sollicitant les images mentales (invisibles) du spectateur. Un retour de mémoire pour percevoir ce « quelque chose » qui ferait vibrer les contours du réel d'un monde contemporain en cours d'évaporation et de disparition dans le virtuel.

  • Les textes réunis dans ce volume ont pour origine un double constat.
    - Le premier est celui de l'omniprésence institutionnalisée, depuis deux ou trois décennies, de l'expression d'« art contemporain ». Le contemporain est à cet égard héritier du moderne : à quelle(s) histoire(s) avons-nous ici affaire ? Que devient la notion d'art, confrontée à des manières de faire qui, parfois, s'éloignent considérablement des traditions artistiques reçues, y compris modernes, ou en réactivent de très anciennes ? Enfin, quel type de présent, artistique ou non, dessinent ces démarches, et quel usage en avons-nous ?
    - Second constat : une partie de l'histoire de l'art dit « contemporain », peut-être la moins négligeable, est aujourd'hui écrite par des artistes. Ce volume interdisciplinaire vise ainsi à s'interroger sur le sens qu'acquièrent l'apparition et la multiplication d'artistes-historiens, artistes-archivistes, à la fois du côté de l'inscription sociale des pratiques artistiques, et du côté des disciplines savantes qu'elles s'approprient, miment ou détournent.
    Les artistes font donc "des histoires", notamment les histoires qui manquent et dont ils se font aujourd'hui les chroniqueurs. Occultées, ou seulement supposées, ces histoires sont les restes « indignes » de figurer au registre de l'histoire des représentations. En travaillant à les documenter, à les inscrire et à les constituer en matériaux, ces pratiques contemporaines leur confèrent une historicité dont le cadre se réfléchit sous la forme changeante de l'aujourd'hui.
    C'est une critique de ces historiographies issues de l'activité artistique que ce volume entreprend.

    Jean-Philippe Antoine est professeur d'esthétique à l'université de Paris 8.
    Catherine Perret est professeur d'histoire et de théorie des arts à l'université de Paris 8.

  • Le présent ouvrage examine les modalités selon lesquelles le livre - incluant des mots et des images en un univers clos - s'offre, du XIX e siècle jusqu'à nos jours, comme le réceptacle privilégié d'un archivage du patrimoine monumental ou paysager tel qu'il s'articule avec l'évolution des pratiques humaines de l'espace. Continuités, seuils et évolutions sont envisagés. La manière dont ces oeuvres conjuguent une portée esthétique à des enjeux géopolitiques y est plus particulièrement étudiée, comme la façon dont se combinent la suggestion d'une identité et ses retombées en matière de préservation, d'aménagement ou encore de valorisation économique des lieux.

  • Ce livre analyse les processus de paix autour de trois questions étroitement liées. Est-il possible de dégager un schéma, un modèle ou des similitudes dans les façons de parvenir à la paix ? A contrario, quelle typologie peut-on établir pour les échecs, les déraillements et les effondrements du processus de paix ? Enfin, la paix peut-elle être imposée ? La dimension internationale a été valorisée, tant par l'origine des auteurs que par les sujets traités dans les textes ici rassemblés. Toutefois, la « fabrique de la paix » ne se cantonne pas dans ces aspects et à ces niveaux gouvernementaux. La réflexion est ouverte au «vécu concret» comme à la question, par exemple, de la pacification des mémoires. La comparaison des processus de paix sur des périodes très différentes est une façon de faire ressortir les continuités, mais aussi les particularités plus marquées, ce qui invite alors à rechercher des explications. L'histoire s'ouvre ici à d'autres disciplines comme l'histoire de l'art, la sémantique, la philosophie, l'anthropologie. La paix, comme décision politique, n'est pas seulement le résultat d'un rapport de forces militaires, elle exprime une image de soi et des autres. Elle est plus que la fin de la guerre.

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