Rafaël Pic

  • Mots du crime (les)

    Rafaël Pic

    Le principe des mots est de choisir au sein des collections permanentes des musées parisiens une soixantaine d'oeuvres - peintures, sculptures, dessins, photographies, imprimés.
    Les reproductions privilégient les détails révélateurs ; en regard de l'illustration, soixante définitions créent un jeu de correspondances, sur le mode d'une érudition séduisante et légère. crime. entre crainte et fascination, combien de romans, de canards ou de films en son nom ! la littérature l'exorcise, la police le débusque, la justice le traduit. et la psychiatrie s'interroge sur le lien éventuel avec la pathologie.
    Faut-il sévir, punir ? ou prévenir, amender ? hors-la-loi mais pas étranger, le crime, pour paraphraser stendhal, est un miroir oú se reflète l'envers du lien social, le spectre de l'ennemi public, du frère de sang, du double ténébreux. isabelle astruc, conservateur du musée et archives de la préfecture de police, et rafael pic, rédacteur en chef au journal. aujourd'hui, se sont penchés sur soixante pièces à conviction : la tête de pranzini, le portrait de vidocq, la chaîne des galères sur le port de toulon vu par joseph vernet, la première édition du code pénal, le surin d'un apache, la cuisinière de landru, un portrait-robot de pierrot le fou, la pipe de simenon.
    Autant d'indices finement analysés pour dresser un bref mais éclairant tableau de l'histoire du crime.

  • Prendre des bains de mer ? Une évidence pour nous.
    Mais une incongruité pendant des siècles. Cet ouvrage décrit le développement des stations balnéaires, qui sont filles, comme l'Encyclopédie, de l'Europe des Lumières. Pourquoi a-t-on d'abord placé les stations balnéaires sur les rivages nordiques ? Comment ces villes nouvelles étaient-elles reliées à la capitale ?.= Comment y organisait-on l'espace public ? Inventées pour soigner les scrofuleux et les poitrinaires, elles sont vite devenues des lieux de plaisir.
    De Brighton, créature du Prince de Galles, au Deauville du Duc de Morny, De Cannes à Viareggio, de la Baule à Ostende ou San Sebastian, le lecteur est invité à une balade à travers le Vieux Continent. On y assiste au supplice des premiers curistes dans l'eau glacée, à la création d'un style architectural propre, à la naissance inespérée de la Côte d'Azur. Une question importune sert de conclusion : confrontée à la pression démographique et au bétonnage des côtes, la civilisation balnéaire n'est-elle pas déjà une chose du passé ?

  • De Blackpool à Viareggio, du Zout à San Sebastian, comme à travers l'incroyable diversité des côtes françaises (Houlgate, Dinard, Hossegor, Cannes...), ce sont non seulement une architecture et un modèle urbain qu'explore ce livre, mais aussi une manière de vivre ensemble, de vivre heureux, et rien que cela. Ces usages ont eu à souffrir de la culture de masse et du bétonnage des côtes qui en a procédé. Pour être perverti, l'idéal balnéaire n'en demeure pas moins vif dans nos consciences. Et c'est bien à la quête de cet idéal qu'invitent le texte enlevé, concis de Rafael Pic, et l'iconographie haute en couleurs qui l'accompagne.

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