Sarah Hatchuel

  • Twin Peaks

    Sarah Hatchuel

    Dans la ville fictive de Twin Peaks située au Nord-Ouest des États-Unis, le corps de Laura Palmer (Sheryl Lee), une jolie lycéenne blonde et populaire de seize ans, est retrouvée sur les berges du lac, nouvelle Ophélie enveloppée dans un sac plastique. L'enquête qui s'en suit, menée par l'agent du FBI Dale Cooper, donne naissance à une histoire aussi mystérieuse qu'attachante, qui révolutionne la narration télévisuelle, le rapport qu'entretient le public avec les séries, ainsi que les relations entre cinéma, télévision et nouveaux médias. Twin Peaks, comme son nom topographique l'indique, est une oeuvre-lieu : la petite ville est à la fois parfaitement ordinaire et le théâtre d'événements inhabituels où se conjuguent le grandiose et le trivial, l'émotion tragique et le burlesque distanciant. Ce grand écart permanent génère un trouble qui pointe constamment du doigt le geste créatif et ses multiples intertextes artistiques. Twin Peaks est d'abord une série créée par David Lynch et Mark Frost, diffusée sur le grand network ABC pendant deux saisons en 1990-91. Puis le film prequel Fire Walk With Me que réalise Lynch en 1992 raconte les derniers jours de Laura Palmer avant sa mort ;
    Enfin, vingt-cinq ans plus tard, la série est « ressuscitée » pour une troisième saison diffusée sur la chaîne câblée Showtime en 2017. Si la série et le film sont devenus des oeuvres cultes qui ont suscité de nombreux ouvrages et articles en France et à l'étranger, ce projet propose le premier ouvrage collectif portant sur les trois manifestations de Twin Peaks - la série de 1990-91, le film de 1992 et la nouvelle saison diffusée en 2017. Les différents chapitres proposent de parcourir l'univers de Twin Peaks à travers le prisme de disciplines variées - esthétique audiovisuelle, civilisation américaine, études de genre, musicologie, sociologie de la réception, études narratologiques et intertextuelles - afin de mieux comprendre la portée de l'oeuuvre, ses héritages et influences, et la relation très spéciale qu'elle a pu nouer avec le public depuis un quart de siècle.

  • Les séries télévisées sont-elles devenues le nouveau site du rêve ? Ont-elles remplacé le cinéma comme « usine à rêves » ? Sur les forums Internet, on débat des épisodes qui mettent en scène les « meilleurs » rêves, comme si la télévision avait surpassé le cinéma dans sa capacité à figurer l'expérience onirique. Que ce soit dans une série de gangsters comme Les Soprano, une série de science-fiction comme Battlestar Galactica, une série de vampires comme Buffy ou des séries policières comme Twin Peaks, Awake et Hannibal, sans compter LOST et Six Feet Under, le rêve est le ressort narratif par lequel la fiction se déploie, se ressource et se remet en question. Cet ouvrage, abondamment illustré, se propose d'explorer l'interaction entre le rêve et les séries américaines contemporaines.

  • Lost n'est pas seulement l'histoire d'un avion qui s'écrase sur une île (pas si) déserte.
    Phénomènes surnaturels, retours dans le passé, bonds dans l'avenir, voyages dans le temps : fresque épique et tragique de 121 épisodes, Lost nous fait vivre la désorientation de ses personnages, met au défi notre compréhension et invite aux visionnages répétés et à l'interprétation en continu. Elle pense notre rapport à autrui, au temps, à la vérité, à la croyance et à la fiction.
    Cet ouvrage explore comment la série réconcilie postmodernisme et sincérité, distance critique et émotion pure, visions du monde multiples et expérience universelle de vie et de mort. Série de coïncidences, de miracles et de retrouvailles, fiction vitale qui relie et se relit, Lost a tout simplement révolutionné la cons-truction narrative télévisuelle.

  • Ce nouvel ouvrage de la srie Shakespeare l'cran rvle la prsence remarquable de Macbeth dans le paysage filmique shakespearien l'chelle mondiale. Comment expliquer qu'une pice dont l'intrigue est ancre dans une nation, l'cosse, ...

  • Cet ouvrage collectif révèle la présence écrasante d'Hamlet dans le paysage filmique shakespearien à l'échelle mondiale, et propose de nombreuses manières d'aborder la pièce à l'écran. Les films d'Hamlet sont hantés par l'ombre d'autres films, comme si les reconstructions filmiques venaient faire écho à la figure paradigmatique du fantôme. Les articles de ce volume reconnaissent en Hamlet un véritable creuset de pouvoir symbolique et d'autorité culturelle, tout en montrant comment le "centre" d'un Shakespeare occidental et anglophone est remis en question ou, du moins, rendu complexe à travers la dissémination géographique de la pièce. Les adaptations, appropriations et dérivés filmiques, qui citent ou transforment Shakespeare permettent de réfléchir à ce qu'Hamlet signifie ou génère, ainsi qu'à la circulation et à la réception de la pièce dans notre culture contemporaine postmoderne.

  • Inspiré du roman de Tom Perrotta, The Leftovers (2014-2017) est la série héritière de Lost (2004-2010) : les deux oeuvres partagent le même showrunner Damon Lindelof et peuvent être vues comme les deux faces d'un même disque. Si Lost suivait le destin de disparus après le crash d'un avion, The Leftovers se consacre à ceux qui sont restés derrière à la suite d'un événement singulier et inexpliqué : la disparition soudaine, le 14 octobre 2011, de 2% de la population humaine.
    Au sein d'un monde hanté par le doute, le mystère et l'ambiguïté, la série présentent des personnages qui pensent parfois avoir compris le sens de leur vie, à tort. Les spectateurs, eux, sont emmenés sur un très grand nombre de fausses pistes, alors que l'évidence est sous leurs yeux. The Leftovers met en scène non seulement la fin de l'humanité, mais surtout le déni des êtres humains devant l'extinction du vivant, dont ils sont eux-mêmes responsables.
    Dans notre monde en crise, The Leftovers, le troisième côté du miroir interroge la capacité de la fiction à résoudre les maux des humains et à les aider dans les combats nécessaires à venir.

  • Diffusé pour la première fois en France dans l'émission Récré A2 en juillet 1978, Goldorak, dessin animé japonais réalisé par le studio Tôei Animation et adapté du manga de Gô Nagai UFO Robo Grendizer (1975-1976), raconte le combat d'Actarus contre les forces de Véga commandées par le Grand Stratéguerre. En France, le dessin animé est un succès immédiat. Il marque toute une génération d'enfants, fait la Une de Paris Match en janvier 1979 et suscite colère et désespoir chez les adultes qui le relèguent au rang de "japoniaiserie" et l'accusent d'influences délétères sur les jeunes téléspectateurs.

    Or, quarante ans après sa première diffusion, Goldorak est toujours là, sans cesse réapproprié et "métamorphosé" pour être transmis à une nouvelle génération de spectateurs. Il est temps de porter un nouveau regard sur cette fiction sérielle. Au-delà des informations factuelles et techniques que l'on peut trouver sur Internet, cet ouvrage se propose de penser avec Goldorak, de mettre en lumière les complexités culturelles du dessin animé et de proposer des analyses et interprétations originales, à travers le prisme de l'histoire, la civilisation japonaise, la littérature, le théâtre, le cinéma, la musique ou l'étude des médias. Il s'agit de prendre Goldorak au sérieux.

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