Stéphanie Hochet

  • Dans ce petit essai littéraire, Stéphanie Hochet, après tant d'autres écrivains, célèbre avec talent et amour le compagnon domestique préféré des Français. Elle décrit les relations complexes qui unissent depuis toujours étroitement l'homme au petit félin. Livre érudit, bien documenté, Éloge du chat multiplie avec humour les références pêle-mêle de Rilke à Quignard en passant par Natsume Sôseki, Rabelais, La Fontaine, Balzac, Perrault, Colette, T. S. Eliot, Patrick Rambaud et Amélie Nothomb. Tour à tour adulé des Egyptiens et persécuté par l'Inquisition, pris pour symbole du magistrat corrompu (le Grippeminaud de Pantagruel) ou du prélat hypocrite et madré (le Raminagrobis de La Fontaine), le chat incarne avec autant de bonheur la séduction féminine ou la bonhommie ; voilà pourquoi il occupe notre coeur comme notre imaginaire.

    Pour autant, bien malin serait celui qui se vanterait de comprendre parfaitement la nature du chat. C'est ce que suggère l'auteur lorsqu'elle interroge le lecteur : « Et si cet animal était avant tout un point d'interrogation se promenant sur des coussinets ? »

  • Tout à la fois chimère, fantaisie drapée dans un réalisme saisissant, bestiaire hitchcockien et subtile fable politique, ce texte atteste du grand talent de Stéphanie Hochet. Une romancière est invitée à un festival littéraire dans le sud de la France. Après un séjour étrange dans une maison isolée en pleine campagne, elle finit par rencontrer un personnage important de la région : le maire de la ville de Marnas, Vincent Charnot. Plus qu'un édile, Charnot est une sorte de gourou, un illuminé qui voudrait marquer son époque. Il commande alors à la romancière un texte sur un sujet saugrenu : la biographie d'une espèce disparue depuis plusieurs siècles, l'aurochs, animal préhistorique emblématique des chefs-d'oeuvre de l'art pariétal, qui a fasciné les nazis, lesquels tentèrent en vain de le ressusciter. Elle devient vite le rouage d'une machination qui la dégoûte autant qu'elle la fascine... 

  • Pacifique

    Stéphanie Hochet

    • Rivages
    • 4 Mars 2020

    Dans le chaos de la Seconde Guerre mondiale, sur un porte-avions de l'empire du Japon, le soldat Kaneda s'apprête à mourir. Il a pour mission de s'écraser contre un croiseur américain. Ainsi il contribuera à l'éradication de l'homme occidental, l'ennemi civilisationnel, l'ennemi intime. Mais Isao Kaneda doute. Il pressent que la guerre est perdue et que son sacrifice ne sauvera pas le pays. Isao devra puiser dans son passé, dans son éducation et les coutumes ancestrales pour trouver la force d'aller jusqu'au bout. Le matin du départ, il exécute les ordres et monte à bord de son chasseur Zero. En plein vol, une avarie l'oblige à atterrir en urgence sur une petite île de l'archipel. Alors, loin de la guerre, au coeur d'une nature éternelle et divine, le mot pacifique prendra tout son sens...

  • 1917, quelque part dans la campagne anglaise. Anna Whig, bourgeoise lettrée, mère d'un petit garçon de deux ans, Jack, persuade son mari Edward d'embaucher par courrier pour sa garde d'enfant une certaine George (comme George Eliot, pense-t-elle). Le jour où elle va chercher George à la gare, elle découvre qu'il s'agit d'un homme. Celui-ci va faire preuve d'un réel instinct maternel à l'égard de l'enfant, et finira pas susciter la jalousie d'Edward, qui pressent l'amour naissant entre George et Anna.
    Dans ce roman à la fois pudique et tourmenté, Stéphanie Hochet traite avec beaucoup de finesse le thème de l'ambiguïté sexuelle, avec son lot de non-dits et de paradoxes, dans ce cadre post-victorien qui rappelle tant Virginia Woolf, tout en restituant le climat d'inquiets atermoiements qui régnait en Angleterre lors de cette période troublée.

  • Animal domestique préféré des Français, compagnon fétiche des écrivains, figure incarnée de l'érotisme, symbole du guerrier libre et courageux, le chat a colonisé notre imaginaire. Indépendant et fier, il est souvent présenté comme ayant la réputation d'avoir domestiqué « ses humains ». De Baudelaire à Picasso, de Churchill à Doris Lessing, de Rossini à Kwon Yoonjoo, en passant par la comédie musicale Cats et les Pussy Riot, Stéphanie Hochet offre une promenade culturelle surprenante et riche à travers la centaine d'entrées que propose cet éloge, retraçant l'histoire des attachements si variés qui unissent les humains aux chats.
    Évadé perpétuel, roi fainéant, curieux génie, quelle meilleure forme que celle d'un dictionnaire pour saisir les esquives et malices du chat ? Stéphanie Hochet en témoigne et dresse avec amour (et volupté !) un portrait subtil du petit félin, tissant anecdotes, souvenirs, histoire et réflexions érudites.

  • Sang d'encre

    Stéphanie Hochet

    Depuis longtemps, le narrateur, est fasciné par les tatouages, ces oeuvres d'art modeste qui décorent ou habillent la peau des gens. C'est ainsi que lui est venu le goût du dessin. Il résiste cependant à offrir sa propre peau aux encres de Dimitri, l'ami tatoueur pour lequel il dessine. Mais, lors d'un voyage en Italie, il découvre sur un cadran solaire une phrase latine sur le temps et les heures: vulnerant omnes, ultima necat (toutes blessent, la dernière tue). Il demande à Dimitri de lui graver ces mots sur la poitrine. Dès lors sa vie sociale, amoureuse, spirituelle en est bouleversée. Surtout lorsqu'il découvre que l'encre pâlit sur sa peau et que les premiers mots s'effacent...

  • À première vue, Aurèle est simplement une adolescente dévergondée. Elle ne se sépare jamais de son frère Jérôme, qui incarne la figure de l´idiot. Au collège de Mortissieux, elle suit les cours de musique d´Anna Lussing. Anna devient pour Aurèle une obsession, un manque, une cible.
    Pasquale Villano, un traducteur italien exilé en France, rencontre Anna, s´éprend d´elle. Et le paiera cher.

    Roman sur les tentations dangereuses de l´adolescence, la cruauté et la candeur, La distribution des lumières met en mouvement des personnages qui s´opposent, se reflètent, s´éblouissent, chacun en proie à une vérité intérieure.

  • Dans un quartier chic de Glasgow, Tara travaille pour une maison close. Elle se prépare à revoir Alice, une jeune Française dont elle tombée amoureuse trois ans auparavant.
    En dehors de sa « profession », Tara s'occupe d'un élevage de chiens dans une ferme isolée des Highlands. Elle y emmène Alice. Alors qu'une mystérieuse prédiction annonce le pire en Grande-Bretagne, les deux femmes vont renouer et revivre leur passion interrompue. Elles seront bientôt rejointes par un peintre malade, son amante venue de Londres et une petite fille (la nièce d'Alice). Trois mois vont s'écouler dans l'attente du 21 mars fatidique.

  • Moutarde douce

    Stéphanie Hochet

    " Ma collection épistolaire s'enrichit chaque jour de nouveaux joyaux.
    Je rends grâce au succès de bien vouloir s'attarder sur moi, le tempsqu'il lui plaira, et de me confier l'admiration empressée, l'amitié de jeunes inconnues. Ces lettres constituent un échantillon de jeune sève charmant, touchant, drôle parfois. Si je n'étais pas esthète, peut-être pourrais-je résister à la tentation d'étudier ces épîtres féminines. Quoi de plus personnel qu'une lettre de jeune fille ? " Un jeune écrivain célèbre reçoit et commente les lettres de ses admiratrices.
    Entre cet homme et ses lectrices s'établit une relation ambiguë faite d'excitation, d'agacement et de dépendance. Un premier roman satirique. Le portrait subtil d'une certaine jeunesse d'aujourd'hui.

  • Anne et Albert se préparaient une existence simple et tiède dans un petit village à la campagne. Mais leur amour décline. Le jour où leur vient une petite fille chétive et brune quoeils nomment Embrun (en hommage à un poème de Victor Hugo), le couple se sépare. Anne connaîtra pendant quelques années une vie amoureuse agitée.

    Embrun noeest ni jolie ni attachante. Sa présence provoque la gêne et le malaise, elle dégage une énergie obscure qui déstabilise son entourage. Elle sera une élève médiocre, dissipée et exaspérante, impossible à cerner. Est-elle moqueuse ou attardée ? Quand Anne va tenter de refaire sa vie avec Franz, déjà père de deux enfants, les pulsions sadiques et la perversité doeEmbrun vont perturber l?équilibre de la famille. Sa mère sera sa proie privilégiée, coupable de ne pas savoir aimer cette enfant.

    A la fois séductrice, candide et satanique, Embrun est une sorte doeanti-Amélie Poulain qui s?épanouit dans la cruauté et la persécution. Fascinée par le chaos, elle sait utiliser loeimage de la sainteté pour mieux régner.

  • Qu'est-il arrivé à Jessica Tignard ? Comment la jolie petite fille aux dons prodigieux qui subjuguait son entourage, l'enfant star de la pub, est-elle devenue cette femme terne et gauche, à la fois soumise et revêche ?
    C'est une sorte de crime parfait que nous conte Stéphanie Hochet. Un crime sans cadavre, car Jessica vivra très vieille aux côtés de Camille Mouche, son ancienne rivale sur les castings, celle qui la détestait tout en voulant lui ressembler. Quand elles se retrouvent quelques années plus tard, Jessica est vendeuse de cosmétiques, Camille vient de publier un livre. Elles vont sceller un pacte tacite qui fera de Jessica la conseillère littéraire, puis l'esclave, de sa diabolique compagne. Tandis que Jessica s'étiole et dépérit au fil des années, Camille devient une grande dame du roman policier, épanouie et respectée.
    Les Infernales est le récit d'une vengeance accomplie. Telle une araignée tissant sa toile, Camille maintient son emprise sur une victime fragile jusqu'à en faire son esclave consentante.

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