Vincent Bontemps

  • Gaston Bachelard (1884-1962), figure exemplaire de l'école laïque - boursier d'origine modeste, il finira par occuper la chaire d'histoire et de philosophie des sciences de la Sorbonne - est un penseur non conventionnel : s'appuyant sur une physique, une chimie et des mathématiques en pleine révolution, mais aussi sur Freud et Jung (réinterprétés), il a construit une épistémologie d'un rationalisme subtil qui a largement fait école, comprenant le progrès de la science comme une suite de discontinuités ; métaphysicien, il s'est opposé à Bergson sur le problème du temps, défendant une philosophie de l'instant contre sa philosophie de la durée ; il a aussi renouvelé l'approche de la poésie, en donnant une importance inédite à l'Imaginaire.
    On examine ici l'oeuvre foisonnante de Bachelard : son épistémologie, depuis l'Essai sur la connaissance approchée jusqu'au Matérialisme rationnel en passant par La Philosophie du non et Le nouvel esprit scientifique ; sa « métaphysique », ramassée dans L'Intuition de l'instant et La Dialectique de la durée ; sa poétique, depuis La Psychanalyse du feu jusqu'à La Poétique de la rêverie en passant par L'Eau et les rêves et La Poétique de l'espace.
    On s'intéresse enfin à la nombreuse postérité de Bachelard.

  • 'Activité rationaliste de la physique contemporaine " Le surrationalisme " est un article de Gaston Bachelard qui occupe une place singulière dans sa production épistémologique. Publié en juin 1936, dans l'unique numéro de la revue Inquisitions, ce manifeste rédigé dans un style flamboyant défend la liberté de la raison face au conservatisme des habitudes de pensée. Le progrès de l'esprit en science, en art ou en politique, exige, selon Bachelard, une phase de " turbulence " et d'" agressivité " pour faire advenir la nouveauté.
    80 ans plus tard, quelques uns des meilleurs spécialistes mondiaux de Bachelard se penchent sur les enjeux actuels du surrationalisme. Ils précisent l'originalité de la notion dans l'oeuvre du philosophe, en questionnent la portée dans les sciences, et en dégagent les implications pour repenser la place de la science dans la société. Cette réflexion aboutit à une épistémologie de la " raison créative " inspirant les recherches actuelles sur la conception innovante et les régimes de création.
    Quand le préfixe " sur " promeut une expansion et une transgression des limites, le " rationalisme " rappelle à la rigueur et à la vigilance. Leur alliance forme une pointe, finement ciselée et précisément calculée, qui exprime les exigences quasi-paradoxales de toute invention. Comme Bachelard visait à éclairer le présent de la science en fonction d'un futur encore incertain, il s'agit aujourd'hui de créer des concepts neufs dont on ne peut encore garantir la validité mais qui peuvent orienter notre action en brisant les certitudes sur ce qui est possible ou impossible.
    En revisitant les ambitions surrationalistes de l'épistémologie bachelardienne, ce livre tâche donc aussi de livrer des clefs pour penser l'avenir de la culture.

  • Ciel noir, corps noir, trou noir, matière noire et énergie noire : pourquoi cette fascination du noir chez les physiciens ?
    Cette interrogation permet de traverser l'histoire de la physique et d'éclairer nombre de ses enjeux actuels. Le noir de la nuit est une énigme paradoxale qui a préoccupé les astronomes pendant des siècles ; le rayonnement du corps noir est à l'origine de la révolution quantique ; le trou noir est une fascinante singularité spatiotemporelle ; la matière noire et l'énergie noire sont des hypothèses mystérieuses de la cosmologie contemporaine.
    À partir de leurs disciplines respectives, un astrophysicien et un philosophe des sciences apportent un éclairage à la fois critique et émerveillé sur les idées noires de la physique !

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