Bleu Autour

  • À l'occasion du centenaire de la publication du Grand Meaulnes, les Éditions Bleu autour, établies non loin d'Épineuil-le-Fleuriel (Cher) où se noue l'intrique du roman d'Alain-Fournier, font paraître une édition critique et illustrée de cet ouvrage devenu mythique. Préfacée par Tiphaine Samoyault, universitaire, critique littéraire et romancière, dirigée par Bernard Stéphan, journaliste et essayiste, cette édition, sans prétention savante, apporte des éclairages multiples et inédits sur ce texte qui prend un nouveau relief mais dont la magie demeure.

  • Salué par Henry James comme par J.-L. Borges, traduit en des dizaines de langues, Pêcheur d'Islande , paru en 1886, est le plus célèbre des livres de Pierre Loti. Mais se rappelle-t-on bien la force que recèle ce grand roman « breton » ? C'est une véritable tragédie de la mer qui s'y joue. Elle s'ancre dans la peinture réaliste et fantastique d'un métier et d'une région alors mal connus.
    Elle met aux prises des personnages de passion dont la violence fait écho à de puissants paysages et aux tourments de la propre existence de l'écrivain. Du grand art, soulignent les préfaciers Bruno Vercier et Alain Quella-Villéger, qui ont dirigé cette édition assortie d'éclairages nouveaux et d'une iconographie souvent inédite.
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  • Après Je ne parle pas la langue de mon père et L'arabe comme un chant secret qui donnent la clé de son oeuvre, le troisième volet, le plus tendre et le plus violent, de la trilogie autobiographique de Leïla Sebbar. Pour la première fois, elle ose, outre-mort, une adresse directe à son père Mohammed dont le silence l'a tenue à distance de son roman familial qu'elle écrit dans la langue de sa mère, le français.
    Sans fin elle l'interroge, et il ne parle guère. Elle rit, elle pleure, elle tempête. Et elle cherche. Dans ses souvenirs d'enfance algérienne, dans les photographies qu'il a prises, dans les lettres qu'il a écrites à sa femme depuis la prison pendant la guerre... L'alchimie de la littérature opère : nous sommes tous, peu ou prou, des exilés des romans familiaux de nos parents.

  • Leïla Sebbar & Isabelle Eberhardt Nouv.

    Un recueil de récits et nouvelles pour partie inédits où Leïla Sebbar nomadise avec Isabelle, son héroïne, sa muse, Isabelle Eberhardt, la jeune Russe devenue Isabelle l'Algérien qui, elle, connaît l'arabe, se convertit à l'Islam, se marie avec le spahi Slimène, chevauche dans le désert, fréquente les lieux des hommes - la mosquée, le café maure, parfois le bordel - et disparaît à vingt-sept ans dans la crue d'un oued...
    Isabelle relie les deux rives de la Méditerranée, les deux versants de l'identité croisée de Leïla Sebbar qui ne parle pas la langue de [son] père, elle la révèle à ellemême au fil de ses livres, elle lui redonne son Algérie perdue. Leïla Sebbar & Isabelle Eberhardt, c'est toute une histoire, comme un roman sans fin que décrypte une troisième lettrée, Manon Paillot.

  • publié ici dans sa version originelle, bug jargal est le premier roman de victor hugo, qu'il a écrit à l'âge de seize ans.
    il y relate la révolte, en 1791, des noirs de saint-domingue et y dénonce l'esclavage. ce texte à résonance sociale contient déjà en germe l'oeuvre future de victor hugo. il constitue aussi un précieux témoignage sur la vie et les préoccupations d'un adolescent de génie. c'est ce que souligne françois graveline dans la présentation de cet ouvrage, le premier d'une série de textes anciens choisis par des écrivains contemporains.

  • Ce titre fait écho au fameux "Ici Londres" ouvrant sur la BBC l'émission "Les Français parlent aux Français" pendant la guerre. En effet, Saint-Pierre-et-Miquelon se rallie à de Gaulle dès Noël 1941, quand y débarque, peu après Pearl Harbor, la minuscule armada qu'il a dépêchée par surprise. Roosevelt, pour qui le Général n'est alors qu'un figurant, gronde, Churchill temporise et les hommes incarnant sur l'archipel la France libre tiennent bon, de l'amiral Muselier, pas encore dissident, au jeune Alain Savary, futur ministre de Mitterrand.
    Un instant, Saint-Pierre-et-Miquelon est ainsi plus grand que lui-même. Puis ces îlots de l'Atlantique Nord cessent de faire la "une" à Londres comme en Amérique. Sur place, des notables, Préfet apos¬tolique en tête, entravent l'action de la France libre. Rejointe par de nombreux volontaires avant même le "coup de Saint-Pierre", elle enrôle de force, début 1944, ceux qui renâclaient encore à l'appuyer.
    Il pourra ainsi être dit en 1945 que tout l'archipel était derrière de Gaulle. Il lui fera fête en 1967 lors de sa halte sur le chemin du "Québec libre".

  • Le modèle occidental du capitalisme libéral, considéré comme le plus compatible avec la démocratie, paraissait victorieux à la chute du communisme. Mais il est aujourd'hui contesté par un capitalisme autoritaire et nationaliste qui est à l'oeuvre de la Chine au Brésil, en passant par la Russie, la Turquie et plusieurs pays d'Europe centrale à régime "? populiste ? " . Sous des modalités variées, ce national-capitalisme autoritaire (NaCA) tend à associer l'efficacité des économies de marché à l'exercice autoritaire, voire dictatorial, du pouvoir.
    Il est d'autant plus menaçant que le modèle occidental -? crise de la Covid aidant ? - présente des fragilités économiques, sociales et politiques qui le font douter de ses propres valeurs. En témoignent le soutien populaire dont Donald Trump continue de bénéficier ou le tropisme chinois de la Hongrie de Victor Orbán. Par leur analyse du concept de NaCA, Pierre-Yves Hénin et Ahmet Insel éclairent l'affrontement dont dépend l'avenir de notre démocratie.

  • Dans quel encrier tremper ma plume pour dessiner la Commune ?? Celui où se déversèrent l'encre rouge d'une révolte tragique, l'encre noire d'une nuit tendue sur l'agonie des morts enterrés sans linceul ?? Cet autre empli de vase pestilentielle ?? Quelle représentation donner de cette révolution apothéotique d'il y a 150 ans ?? Des traits griffés, parfois mal -? mais alors pourquoi ?? Des dessins tendres ou violents ?? Des sillons creusés sans esquisses préalables ?? Des semblances de vérités arrachées, fracassées, criées, insensées ?? Des stigmates aux boursouflures vaniteuses ?? Des caricatures tressant des trognes en chapelets d'ordures ?? Dessiner la Commune est une analyse intime, critique, auto­critique de la fonction de l'image dans l'appré­hension de l'Histoire.

  • Lors d'un voyage en train, dans un pays européen qui n'est pas le sien, un auteur voit le passager qui s'installe face à lui se plonger dans un de ses livres.
    Coïncidence ? Silence, la queue du chat balance...
    N'était-ce pas plutôt inscrit, voire déjà écrit ?
    Le narrateur interroge l'auteur qui devient personnage, et, par petites touches, comme dans un jeu, se déploient les mille et une variations d'une histoire indémêlable :
    Celle des relations de l'auteur à ses oeuvres et à leurs traductions, de la réalité au conte et à la fiction, de l'écriture à la lecture...
    C'est un joyeux dédale, du même type que D'une bibliothèque l'autre, « merveilleux petit livre » selon son préfacier Alberto Manguel, alter ego d'Enis Batur.

  • L'attaque du roman est bénie : "Ce fut en allant voter Pompidou que Frère Grégoire rencontra le péché". Diable ? : désobéissant au supérieur de son abbaye bour-bonnaise, il vote communiste puis part vivre d'amour et de saint-pourçain frais. Pour autant, Grégoire Quatresous, ci-devant ouvrier agricole, ne jette pas sa vocation aux orties ? : dans la joyeuse langue du cru, il célèbre les bienfaits divins d'ici-bas, allant jusqu'à fonder une abbaye rabelaisienne.
    Et toute une France rurale et gaillarde, rétive au satané progrès, reprend vie. "Ce trappiste à bonne tête de Bourvil, a écrit Brassens, La Fontaine et Marcel Aymé l'auraient aimé comme un frère". Alors relisons cette fable drôle, cette farce épique, ce trésor aujourd'hui oublié de littérature populaire. Et rendons grâce à René Fallet.

  • Mon frère Yves

    Pierre Loti

    Pierre, le prénom adopté par l'officier de Marine Julien Viaud (1850-1923) pour compléter son nom de plume Loti, a pu être emprunté à l'athlétique matelot Pierre Le Cor, alias Yves Kermadec, son grand ami, son « frère » Yves...
    L'écrivain fait oeuvre pionnière d'autofiction avec ce récit, paru en 1883, qui annonce Pêcheur d'Islande (1886), son autre roman breton. Avant Mac Orlan ou Jean Genet, il apporte sa pierre à la mythologie de la mer et des ports, Brest en tête. L'alcool, souvent, coule à flots dans ses « histoires de la vie ». Tiraillé entre la règle et l'instinct, l'excentrique officier Loti est fasciné par un renard tatoué sur la peau d'un marin, par des matelots qui dansent entre eux « comme des animaux à l'état libre », par Yves qu'il tire de l'ivresse.
    C'est un roman un peu fou et palpitant, sombre et gai, aux personnages puissants. Sans doute le plus surprenant de son auteur. « Les histoires de la vie, écrit-il à sa toute fin, devraient pouvoir être arrêtées à volonté comme celles des livres... »

  • La chambre close qui enferme dans le harem et le studio photographique, la zaouïa et l'asile, l'hôtel et le bordel, le foyer des chibanis, la laverie et la prison... La chambre d'amour fou, interdit, clandestin, tarifé, criminel... Le lieu de l'aventure immobile et vagabonde, intime, secrète, érotique, meurtrière... On est au XIXe, au XXe et au XXIe siècles, entre Orient et Occident, entre Alger et Lyon, Constantine et Marseille, Oran et Paris, Ténès, Lille, Clermont-Ferrand et Rochefort. Des histoires minuscules dans la violence de l'Histoire, toujours présente chez Leïla Sebbar. Faisant écho à la fameuse Histoire de chambres de la préfacière, l'historienne Michelle Perrot, elles disent autrement la vie, l'amour, la mort dans la chambre, et témoignent d'un grand talent de nouvelliste.

  • Nées en France après 1962, ils écrivent leur mémoire de l'Algérie familiale.

  • L'ouvrage regroupe une cinquantaine de lettres échangées entre Albert Camus et des amis d'Alger : le peintre Louis Bénisti, son frère Lucien et leurs épouses, deux soeurs nées Serfati. Exceptionnelle par son amplitude et sa précocité, cette correspondance est inédite.
    En même temps qu'elle éclaire des traits connus de Camus, à commencer par sa fidélité en amitié, elle révèle des aspects bien moins documentés de sa personnalité et de ses activités : ses espoirs ou doutes de jeunesse, ses goûts esthétiques, son idée et sa pédagogie de la philosophie, ses exigences et scrupules d'éditeur.
    Les lettres et fac-similés sont entrelacés de reproductions d'oeuvres de Louis Bénisti et de documents, notamment photographiques, qui nourrissent et enrichissent ce dialogue tant amical qu'artistique.
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  • "Alphonsine, Rosine, Louise, Rosalie, Séraphin, Eulalie, Paule... couturière, ouvrière mécanicienne, institutrice, lavandière, giletière, écrivain... et ambulancière, cantinière, pointeuse d'artillerie, combattante... fusillée, emprisonnée, déportée... et salie, humiliée, oubliée... Les femmes de la Commune ont élevé le coeur de l'idéal des hommes de la Commune. Dès le 18 mars, premier jour de la révolution parisienne, au son du tocsin, les femmes et les enfants de Montmartre s'opposent vivement à l'enlèvement des canons de la butte par la troupe, obtiennent des soldats ("Vous ne tirerez pas sur le peuple ! ") la fraternisation avec la foule, entourent les soldats, arrêtent les chevaux, coupent les harnais... Privées du droit de vote et de représentation, elles ne participeront pas aux délibérations de la Commune. Organisées dans les comités d'arrondissement, les clubs, l'Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés, elles vont bousculer le paternalisme gouailleur de leurs compagnons révolutionnaires en réclamant la fin de l'exploitation, la part égale à travail égal, l'affranchissement de tous... Ce livre, chronique poétique en images, rend hommage aux Louises, citoyennes de la Commune qui ont voulu "considérer les douleurs générales de l'humanité comme rentrant dans la cause commune des déshérités" (Louise Michel)."

  • Comment vivre séparée de la langue de son père ? Cette question, lancinante pour Leïla Sebbar, est au coeur cet essai littéraire qui, paru il y a dix ans, reçut les éloges de la critique, connut un grand succès et fut vite épuisé. Sa réédition s'imposait.

  • Par les voix de ceux qui l'habitent depuis 1932, l'histoire d'un lieu-dit, L'Angle, sur les pentes du Mont-Dore, en Auvergne : à l'origine, un simple « buron », puis une ferme d'élevage laitier, bientôt prolongée d'une auberge.
    Ce livre ne serait pas sans le carnet à spirale de Blaise Legay, le premier de la lignée, où il a décrit son univers et ses pèlerinages à Notre-Dame-de-Vassivière entre 1915 et 1967. À ce rare témoignage, l'historienne Corinne Legoy a voulu marier ceux des trois générations suivantes, qui ont accepté de les lui donner.
    Ainsi s'entendent des vies paysannes souvent oubliées ou entourées de silence, le monde de l'Angle. Un document exceptionnel et illustré qu'accompagnent des créations sonores et qu'a préfacé le pionnier de l'histoire des sensibilités, Alain Corbin.

  • PARIS, 13e, 19 JUIN 2010. Brocante boulevard Blanqui.
    Le couple a abandonné sa place aux brocanteurs. 11 HEURES. Elle me demande une cigarette près de la BNP Paribas. Je ne fume pas. Elle se dirige vers le passant suivant. 17 HEURES. Ils dorment tête-bêche contre la bâche de la brocante. Elle, la jambe gauche repliée couverte d'un bas résille, l'autre non. Lui, couché sur le côté droit, la main gauche glissée dans son jean à elle, au creux des fesses.
    21 JUIN 2011, 11 HEURES. C'est l'été. L'un est assis en tailleur. L'autre, allongée en odalisque, sa position favorite. Il roule une cigarette, longuement. Elle s'impatiente. Il l'allume, la lui donne.
    10 SEPTEMBRE 2011. Seul sous le viaduc, agenouillé devant une canette STRONG, comme en prière, il ne bouge pas. Où est-elle ?

  • Après avoir sillonné l'Europe de l'Orient- Express, Valery Larbaud (1881-1957) revient au pays de son enfance et donne Allen (1927), « voyage par la route, de Paris au centre de la France », « dialogue sur la vie des provinces françaises », « éloge du Bourbonnais » et hymne prémonitoire à l'Europe des villes et des petits « États », de l'art et de la liberté.
    Un petit livre ô combien moderne et « larbaldien », qui, comme le Bourbonnais, ne se dévoile pas de prime abord et s'avère un grand texte littéraire où se perdre.
    En témoigne cette réédition richement commentée et illustrée, guide à plusieurs voix de ce précieux récit de voyage et de sa suite inédite, Espérance, qu'éclairent aussi des gravures de Paul Devaux. Elle donne le goût d'une prose phare du XXe siècle.

  • Une trentaine de chroniques écrites pour la presse européenne entre 1983 et 2018, évoquant la politique intérieure turque, des violences d'Etat à la censure en passant par la négation des minorités ou l'islamisation.

  • Après Pierre Loti dessinateur , un nouveau et passionnant carnet de voyages qui révèle le talent de photographe de cet artiste polymorphe et ra£ né. Car l'ensemble de l'oeuvre photographique de Loti n'avait encore jamais fait l'objet d'un beau livre. Pourtant, cette oeuvre est foisonnante.(plus de mille clichés, dont les meilleurs, environ cinq cents, fi gurent ici), aboutie.(Loti fait montre d'un sens aigu du cadrage), vivante (ses images fourmillent de gens), édifi ante (elle témoigne d'une époque, les confi ns des XIXe et XXe siècles, principalement à Istanbul, en Perse, en Inde et en Extrême-Orient, et inspirée.(comme dans son oeuvre dessinée, le reporter cède souvent le pas au portraitiste, au romantique, à l'enfant tôt pénétré de l'évanescence des choses qu'il n'a jamais cessé d'être).

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