Des Equateurs

  • Convoyeur de la mort Nouv.

    « Je vais accoucher au milieu d'un désastre. Me perpétuer en pleine mort. Donner la vie quand la nuit nous pétrifie. La vie va sortir de moi dans une ville meurtrie. Dans la nuit du 13 novembre 2015, un attentat a tué à Paris cent trente et une personnes et en a blessé près de cinq cents autres. La vie tape dans mon ventre pendant qu'on entasse les corps. Je nage à contre-courant. Je porte une fille quand des mères pleurent leur enfant. Je me régénère alors que Paris est à sang. Aucune trace en moi d'un esprit de révolte : je n'ai pas décidé d'enfanter pour m'épargner la mort ni créer du renouveau. Être fertile pour faire peau neuve, non. Je ne me demande pas pour quel monde mettre au monde. La vie est déjà en moi. Elle bat obstinément depuis huit mois. Que reste-t-il en nous quand, au plus intime, la vie et la mort se sont livré bataille ? ».

    Ce livre est le fruit de plus de quatre ans d'enquête, d'une cinquantaine d'entretiens menés entre Bruxelles et Paris, et d'une quête personnelle. Dans ce « roman vérité » selon l'expression de Truman Capote, Etty Mansour a exploré la dimension psychologique de Salah Abdeslam, seul survivant parmi les terroristes du 13 novembre, en s'entretenant avec ses proches, notamment sa fiancée, son avocat belge, une sociologue molenbeekoise et une psychanalyste clinicienne qui exerce en prison auprès de détenus pour terrorisme islamiste. Au-delà de l'itinéraire biographique de Salah Abdeslam, elle a cherché des clés de compréhension sociale, historique, idéologique et religieuse en se rapprochant d'éducateurs sociaux, d'un historien, d'un juge et d'une policière de l'antiterrorisme, d'un imam et d'un rabbin.
    Si l'exercice du droit est indispensable à une société meurtrie par des attaques terroristes de cette ampleur - depuis la Seconde Guerre Mondiale, l'Europe n'avait pas eu à faire face à un tel niveau de violence - la littérature peut, à sa manière, aider à transformer la terreur dont nous avons été la cible. Elle peut permettre de comprendre, de l'intérieur, ce qui nous est collectivement arrivé. Cette conviction a guidé le travail d'Etty Mansour et lui permet d'éclairer la trajectoire du seul terroriste encore en vie, à mettre des mots sur son silence qui est, à ses yeux, le nouveau piège qu'il nous tend.
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  • Françoise Hardy est l'une des chanteuses les plus littéraires et iconiques. À la fois auteure et compositrice, elle a réuni dans ce livre attendu toutes les chansons qu'elle a écrites en plus de 55 ans de carrière. De 1962, année de Tous les garçons et les filles à 2018, année de l'album Personne d'autre, Françoise Hardy pose un miroir le long de son chemin musical. Des textes qu'elle accompagne d'un commentaire, d'une anecdote, d'un souvenir. Elle raconte les sources de son inspiration, le cadre de son écriture, évoque les personnages qui comme de bonnes fées se sont penchées sur ses textes. L'amour, l'attente, le manque en sont le thème central. « Depuis longtemps maintenant, je pense qu'il importe davantage d'aimer que d'être aimé, et tant mieux s'il existe une vraie réciprocité "l'amour n'est souvent qu'un immense égoïsme" a écrit le grand écrivain Sandor Marai. » Dans ce livre où l'on croise des personnalités hors-norme comme Jean-Marie Périer, Etienne Daho, Véronique Sanson, Michel Berger, Serge Gainsbourg et bien-sûr le grand Jacques Dutronc, on rit, on pleure, on se souvient, on s'aime et on danse. Car le ton piquant, sensible alerte, souvent drôle de Françoise Hardy fait de ce recueil totalisant d'une vie un éloge de la vie.

  • William est une autobiographie qu'on ne lâche plus dès la première ligne. Elle révèle un écrivain véloce, d'une rare sensibilité, qui ne craint pas l'aveu sans jamais se départir de la pudeur des grands artistes. Un document exceptionnel, grand public.
    Une enfance marquée par un secret, l'identité de son père, et un double enracinement : le Paris des années 50, des 4 CV et l'Amérique des Cadillac, car sa mère Paulette tombe amoureuse d'un Américain qui travaille dans des boîtes de jazz : long séjour dans l'Ohio à deux heures de route du Michigan où vit le père naturel de William, sans qu'il le sache alors.
    Une prédisposition évidente pour la musique, le piano. Un éducation musicale prodiguée par Yves Margat, un maître de l'harmonie, élève de Fauré. Et puis l'influence de la musique pop anglaise.
    Les premières auditions, le succès planétaire de My year is a day dont il compose la musique, la rencontre avec Barbara pour qui il travaille et chez qui il vit, et puis une femme, deux enfants. Une vie de père de famille et de vedette du show-biz qui sait choisir ses amis : folles expéditions avec Nicoletta et Patrick Juvet à Trouville, si importante dans la géographie zigzagante. Les nuits de folie, la cocaïne, l'ambiguïté sexuelle.
    C'est une vie qui va vite, constellée d'étoiles et d'astres déchus. Et une oeuvre admirée par toutes les générations de Véronique Sanson, à Jeanne Cherhal.

  • Ce sont des "anonymes" soudain devenus célèbres. Des gens ordinaires que l'actualité a propulsés, parfois malgré eux, sur le devant de la scène. Des héros et héroïnes des temps modernes, des phénomènes, des victimes, des rebelles, des audacieux, des courageux et des courageuses. Une miraculée de l'Himalaya, un chômeur sommé de "traverser la rue", une étudiante qui a tenu tête à son harceleur, un tranquille retraité pris pour un assassin, un sans-papier qui s'est mué en Spiderman, une Bretonne jaune de colère, un écolo qui se perche dans les arbres pour leur sauver la vie...
    Avec humour et son sens tout particulier de l'humain, Frédéric Pommier raconte leurs histoires. Il raconte aussi notre époque.

  • Pendant trois ans, Gulbahar Haitiwaji a enduré des centaines d'heures d'interrogatoire, la torture, la faim, la violence policière, le bourrage de crâne, la stérilisation forcée, le froid, les nuits sous le néon d'une cellule, les mécanismes de la destruction humaine.

    Née dans le Xinjiang, la province des Ouïghours en Chine, Gulbahar vivait en France depuis de longues années quand, un matin de novembre 2016, sa vie a basculé au cours d'un voyage dans sa terre d'origine.

    Ce qu'elle a vu, entendu, vécu dans les entrailles du système concentrationnaire chinois est terrifiant.

    Aujourd'hui, plus d'un million de Ouïghours a été déporté dans des camps de « rééducation » par le Parti communiste chinois, qui prétend lutter contre « le terrorisme, l'infiltration et le séparatisme ». Les Xinjiang Papers, révélés par le New York Times en novembre 2019, dénoncent une répression s'appuyant sur une détention de masse, la plus foudroyante depuis l'ère Mao. Ces camps sont à la Chine ce que le Goulag était à l'URSS. Les Ouïghours subissent un génocide : nous ne pourrons pas dire, cette fois, que nous nous ne savions pas.

    Sauvée grâce aux tractations acharnées de sa fille et du quai d'Orsay, Gulbahar est la première rescapée des camps chinois à témoigner. Sa voix est essentielle. En publiant ce livre, elle prend des risques terribles pour elle et sa famille restée au Xinjiang.
    Un récit de vie brûlant, historique, auquel l'Occident ne peut rester insensible.

  • La mise en oeuvre d'un revenu universel d'existence et la promotion de l'écologie sociale sont les deux réponses les plus adéquates pour surmonter les crises que nous traversons et assurer la relève de notre société. L'alternative au statu quo ou au repli nationaliste sous le seul prétexte de reconstituer une souveraineté industrielle disparue, est l'écologie sociale. Il faudra engager une transition écologique et énergétique radicale au niveau européen et permettre le changement d'échelle de l'économie sociale et solidaire. Mais le passage à une autre société plus tempérante, plus respectueuse des personnes et de l'ensemble du vivant suppose que nous changions aussi notre regard sur le travail. Reconnaissons que notre société s'est lourdement trompée en préférant systématiquement les biens aux liens, la valeur économique à la valeur sociale. Dans plusieurs pays occidentaux, la proposition d'un revenu universel d'existence ou d'un revenu de base est réapparue avec la crise du Covid. La réponse sociale française est insuffisante et reste arrimée aux cendres d'un monde qui se consume sous nos yeux. L'accès au chômage partiel est conditionnel et de surcroît réservé aux salariés. Il est loin de couvrir les besoins de tous, notamment des indépendants, dont la propagation de l'épidémie et les décisions de confinement du gouvernement ont brutalement réduit les revenus à néant. Un revenu universel et inconditionnel réparerait cette injustice. Qui peut affirmer que d'autres crises sanitaires mondiales liées aux conséquences écologiques du néolibéralisme n'auront pas lieu à court terme ? S'il faut bien sûr prévenir ces crises en reconstituant une réponse sanitaire efficace, il faut nous prémunir de leurs conséquences économiques et sociales tragiques. Le revenu universel et inconditionnel est l'antidote social à la répétition de ces crises sanitaires. Il est enfin un outil incomparable d'émancipation. On peut aujourd'hui avoir un emploi et un salaire sans vivre décemment, sans être véritablement libre ni maître de son destin. En libérant chacun d'une dépendance exclusive au revenu qu'il tire de l'emploi, le revenu universel donne une capacité de négociation et de choix à chaque individu. En ce sens, il permet l'exercice d'une citoyenneté intégrale, y compris dans l'ordre économique. L'émancipation sociale passe par cette pratique individuelle de la liberté. Nous ne fabriquerons pas de société plus coopérative, moins égoïste et moins cupide sans donner davantage d'autonomie et de liberté à chaque citoyen.

  • "Me demandant ce qui le rendait encore aussi passionnant à lire plus d'un demi-siècle après sa mort, je me suis aperçu qu'au-delà de son style littéraire et de son esprit souvent visionnaire, c'est sa brutale honnêteté qui conserve toute leur force à ses textes. Il regarde les choses en face. Non pas de façon froide et dépassionnée, mais au contraire en s'impliquant le plus totalement possible. «Sa dénonciation de l'impérialisme et du colonialisme, de la pauvreté et du capitalisme est d'autant plus efficace qu'il en connaît les mécanismes de l'intérieur. Quand il s'engage dans la guerre d'Espagne en 1936, c'est un peu comme si un intellectuel occidental contemporain partait se battre contre les Serbes à Sarajevo ou contre l'État islamique en Irak ou en Syrie. «J'ai réalisé, en allant sur les lieux où se sont déroulés les principaux événements de la vie d'Orwell, à quel point ils avaient été formateurs dans sa carrière d'écrivain. Du collège d'Eton, le bastion de l'élite britannique, où il est boursier jusqu'à l'île écossaise de Jura, où il use ses dernières forces à écrire 1984, en passant par la Birmanie où il est un rouage de l'impérialisme, les taudis de Manchester et de Paris, le front de la guerre d'Espagne et la Barcelone des luttes intestines de la République espagnole, on découvre comment la vie et les expériences d'Orwell inspirent et irriguent en permanence son oeuvre.» A. J. Adrien Jaulmes est grand reporter au Figaro, lauréat du prix Albert-Londres en 2002 et du Prix Bayeux des Correspondants de guerre en 2007, il est l'auteur d'Amérak et a préfacé Le Monde en 2035 vu par la CIA, publiés aux Éditions des Équateurs.

  • Il a été commandant d'aviso et de frégate, directeur du service de recrutement et du centre d'études stratégiques de la Marine. Aujourd'hui, le vice-amiral Loïc Finaz dirige l'École de guerre. De cette expérience militaire, tournée aussi vers le monde civil, il a tiré un traité sur la liberté et les vertus du commandement. Sept piliers soutiennent l'esprit d'équipage : autonomie et solidarité ; fonctions et responsabilité ; hiérarchie et participation ; exigence et bienveillance ; énergie et culture ; intelligence et courage ; parole et temps. Ces fondamentaux sont aussi ceux de l'esprit d'entreprise et d'un monde économique sensé. Quelles sont les étapes pour devenir un chef intelligent et bienveillant ? Quelles leçons tirer de la guerre, de la confrontation avec la mort, de l'héroïsme ? Pourquoi est-il nécessaire de penser autrement ? Avec finesse et poésie, en nous invitant à prendre la mer, Loïc Finaz nous livre sa sagesse combative du commandement.

  • Pendant de nombreuses années, nous avons observé les belles-mères comme d'autres étudient la médecine ou collectionnent les timbres. Nous les avons écoutées et restituons aujourd'hui avec humour leurs exigences parfois farfelues. Ce guide, publié pour la première fois en 1937, vous aidera à remplir votre rôle à la perfection.

  • Le dernier combat de Jacques Chirac s'est déroulé à huis clos. Ce combat que chacun doit perdre, un jour, contre le chagrin, la maladie, la mort. A quoi pensait ce vieil homme face à l'inéluctable ? Pour l'ancien président qui a livré tant de batailles, celle-ci a été la plus dure, la plus sombre. La plus universelle et la plus intime aussi.
    Peu avant Noël 2015, Il entre dans un bel hôtel particulier du 6e arrondissement de Paris, propriété de son ami François Pinault. Sa dernière demeure, le pressent-il ? Nul ne le voit, sinon quelques fidèles, de moins en moins nombreux. Près de quatre années s'écoulent ainsi, dans un silence glacé. Le tombeau se dresse autour d'un homme encore vivant, qui s'absente de soi-même. Au dehors, la nostalgie Chirac grandit.
    Dans cette famille si célèbre et pourtant vouée à l'enfermement et au secret, se tient une femme, Bernadette, la seule épouse. Passé le temps de la revanche qu'elle se plaisait à prendre sur son mari, elle a affronté, d'abord sans faiblir, la mort accidentelle de Laurence, leur fille aînée, dénouement tragique d'une existence recluse. Puis elle s'est laissée emporter, comme lui, par cette peine immense. Bernadette Chirac qui ne cessait de s'inquiéter pour l'avenir de leur fille, handicapée, quand elle-même aurait disparu, s'est trouvée face à un vide que rien ne pouvait combler.
    Claude, la fille cadette du couple, s'est consacrée, comme toujours, à régenter leur vie. Elle qui avait si longtemps veillé sur la communication de son père, s'est ingéniée meubler sa solitude, après l'avoir soustrait aux regards de tous. Puis celle de sa mère, soudain cloîtrée - en écartant impitoyablement de ce huis clos étouffant tous ceux qui pourraient en rapporter des bribes. L'un de ceux qui appartenait à ce tout petit cercle est brutalement congédié pour avoir parlé. Il meurt d'une crise cardiaque quelques jours plus tard...

    Béatrice Gurrey est grand-reporter au Monde. C'est l'une des plus fines connaisseuses de la Chiraquie. Elle est notamment l'auteure du Clan Chirac chez Robert Laffont.

  • Jamais l'Histoire n'a connu de telles accélérations qu'aujourd'hui. Il nous faut des instruments précis pour comprendre et décrypter le monde des vingt prochaines années. C'est l'objectif de ce Rapport du Conseil National du Renseignement qui fournit analyses et perspectives à la CIA. Pour mener ce travail impartial et sans tabou, 2500 personnes de tous horizons (stratèges, chercheurs, économistes, spécialistes du renseignement et de la prospective) ont été interrogées.
    Intitulé le « Paradoxe du progrès », ce Rapport vient d'être remis au président Trump. Malgré leurs formidables opportunités économiques et technologiques, jamais nos sociétés n'ont été menacées par autant de périls. Nous vivons dans un monde de plus en plus intégré et interdépendant. Comment les États-Unis dirigés par Donald Trump exerceront-ils leur leadership ? La Russie demeurera-t-elle agressive si son économie faiblit ? Comment l'Europe va-t-elle affronter sa crise d'identité et la montée des populismes ? Les classes moyennes des pays développés vont-elles continuer de s'appauvrir ? Dans les vingt prochaines années, la population chinoise continuera à vieillir et l'Afrique connaîtra la croissance démographique la plus élevée au monde. Les entreprises privées enverront des hommes dans l'espace menacé par la militarisation des Etats. Comment affronter le réchauffement climatique, les cyber-attaques et les actes terroristes ? Autant de pistes, de scénarios ici analysés, et de réponses apportées.
    Ce Rapport captivant est un concentré de réflexions uniques sur le monde actuel et de demain.

  • « Aujourd'hui encore, tandis que le principe de précaution gouverne nos sociétés, des garçons et des filles continuent de se griffer les mollets aux ronciers, d'élever des mâts, des plates-formes et de manoeuvrer l'Opinel sans souci des blessures. [...] Lorsqu'ils auront passé l'âge, d'un seul coup d'oeil ils se reconnaîtront. Alors, sans un mot, dans le vacarme du monde, ils penseront : «Celui-là est un frère ; celle-ci est une soeur.» » (Philibert Humm.) Le Guide du scoutisme de Robert Baden-Powell, paru pour la première fois en 1908, est un livre culte, le manifeste de générations de scouts à travers le monde. C'est à la fois une philosophie et un guide pratique, un véritable manuel de survie, une mine d'informations et de conseils éducatifs. Vous apprendrez à traquer les animaux, à reconnaître les arbres et les plantes, à construire des cabanes et des ponts, à vous orienter en toute circonstance, à prodiguer les premiers soins aux personnes blessées et à rester en bonne santé. Une seule devise : « Toujours prêt ! » Préface de Philibert Humm. Traduit de l'anglais (britannique) par Laurent Barucq.

  • Dans la foulée du rassemblement évangélique de Mulhouse, mi-février 2020, les hôpitaux du Haut-Rhin sont les premiers en France à connaître un afflux de patients atteints du Covid-19. L'hôpital Pasteur de Colmar est vite débordé?: pénurie de masques, de tests, de respirateurs, d'oxygène, de sédatifs...

    Aux urgences, le docteur Claudia Chatelus se retrouve en première ligne. Formée à la médecine de catastrophe, elle multiplie les intubations. Alors que les services de réanimation d'Alsace sont submergés et que le gouvernement n'a pas encore pris la mesure de la situation, il faut décider qui, selon son âge, son autonomie et son état de santé, peut bénéficier de ce geste qui sauve.

    En l'absence de coordination régionale, voire nationale, dès le début de la crise, seule l'exceptionnelle mobilisation des équipes hospitalières et de secours, la solidarité de la population et les aides venues de l'extérieur empêcheront l'effondrement des services d'urgence du Grand Est.

    Ma guerre du Covid est le journal d'une femme qui oscille entre sang-froid et colère, le témoignage à chaud d'un combat contre la pandémie, mais aussi contre la défaillance honteuse, conséquence de décennies de gestion hasardeuse, d'un système de soin tenu longtemps pour l'un des meilleurs au monde. Un récit d'indignation et d'empathie.

  • Le 26 juillet 2017, Loup Bureau, journaliste, est arrêté par les autorités turques près de la frontière irakienne : il cherchait à se rendre à Raqqa pour un reportage. Au commissariat, les policiers trouvent sur son profil Facebook une photographie de lui en compagnie de combattants YPG syriens, prise alors qu'il tournait un documentaire en 2013. Accusé de terrorisme, il encourt vingt-cinq ans de prison. Il sera finalement libéré le 17 septembre 2017, grâce à la pression du gouvernement français. Il reste cependant accusé de terrorisme et son procès est toujours en cours en Turquie. Ses chroniques, écrites durant son incarcération et accompagnées de lettres et de documents, constituent un témoignage glaçant sur les dérives totalitaires et les atteintes à la liberté de la presse. Au-delà de la situation d'une absurdité kafkaïenne dans laquelle il se trouve plongé, au-delà de la perte d'espoir et du sentiment d'abandon qu'il décrit, Loup Bureau souligne l'emprise d'Erdogan dans un pays déchiré par la «guerre contre la terreur ». Loup Bureau est né en 1990. Il a notamment couvert les soubresauts du printemps arabe en Égypte, la guerre en Syrie et le conflit ukrainien dans le Donbass.

  • La Vague est le récit chronologique de la crise migratoire « vue de l'intérieur », côté français. L'auteur s'est entretenu avec une centaine de personnes dans différents services de l'État, dans les préfectures, au sein de la police, dans les cabinets ministériels ...
    Elle a fait des déplacements dans tous les points clés : Frontière Italie-France à Vintimille, Calais, Cherbourg, Grèce (Athènes et l'île de Lesbos, où elle a pu visiter un "hotspot" très rarement ouvert à la presse). De nombreuses personnes "de l'intérieur" ont accepté de lui parler, de lui confier des informations inédites, et de lui faire part de leurs éventuels états d'âmes.
    Au-delà de la crise migratoire en tant que telle, ce livre interroge l'exercice du pouvoir durant cette période, la façon dont se sont vécu les notions d'Etat et de frontières de la part de personnes qui y sont en principe totalement soumis (préfets et policiers en particulier).
    Ce livre n'est pas un réquisitoire. C'est vraiment le récit d'une "histoire" qui "laissera des traces", comme lui a un jour confié un préfet de haut rang.

  • La guerre en Syrie et l'émergence de l'Etat islamique ont donné au mot djihad une connotation sanglante et meurtrière. Selon une définition simpliste des Occidentaux, il signifie la " guerre sainte ". La définition du djihad, les circonstances de son application, la qualité de ses combattants ont été utilisées à travers l'Histoire pour justifier une infinité de causes ou de luttes, voire comme un " exutoire ".
    Son usage politique et militaire, pour de multiples et en de nombreux lieux, ne saurait faire oublier la perception majoritaire du djihad par les musulmans : littéralement un effort sur soi pour devenir meilleur travail pacifique et exigeant, à l'opposé du lieu commun. Le présent ouvrage entend présenter clairement les différents enjeux et aspects du djihad de ses origines jusqu'à l'époque de l'Internet et des réseaux sociaux, entre paix et guerre, effort individuel et devenir collectif, mystique du sacrifice et discipline intellectuelle et morale...
    Ce livre est l'outil nécessaire pour comprendre les nouvelles cartes qui se jouent en terre d'Islam et en Occident

  • Le 1er juin, l'Assemblée nationale devrait voter la fin de l'état d'urgence sanitaire.
    L'occasion de faire le point sur les atteintes à nos libertés fondamentales.
    Quelle différence existe-t-il entre l'embastillement de l'Ancien Régime et le couvrefeu/ confinement de l'état d'urgence sanitaire ? Aucune selon certains : le fer des chaînes est simplement devenu virtuel ; les murs censés nous protéger de l'ingérence de l'État sont aujourd'hui ceux qui nous enferment. La France est retombée dans ses travers jacobins et liberticides d'un État autoritaire, d'un État policier où la liberté, pourtant garantie par la Constitution, n'a plus la place de premier plan qui lui revient.
    Pire, la liberté a été dépossédée de son caractère d'universalité, elle n'est plus qu'un droit « octroyé » par le souverain démocratique qui en façonne les traits à sa guise tout en conservant le pouvoir de reprendre ce qu'il a donné quand il le décide. Dans cet univers, la dystopie est devenue la norme et la « risquophobie » le guide de la décision politique. Le fossé qui séparait la démocratie de l'autoritarisme n'est plus qu'une simple ligne de démarcation dont les contours ne cessent de s'estomper avec l'avènement d'une société où la sécurité devient la première des libertés.

  • Membre du gouvernement d'Edouard Philippe, Secrétaire d'Etat à la Transition écologique pendant trois années, Brune Poirson a plongé dans la machine, au coeur du pouvoir et compris pourquoi le plastique était le mal absolu comme l'avait déjà pressenti l'écrivain américain Norman Mailer.
    De l'Asie, où elle a vécu, aux bancs du Parlement français où elle a fait voter une loi de lutte contre le gaspillage et sur l'économie circulaire, elle décrit avec une liberté de ton rare chez les politiques les raisons de la propagation de ce virus mortifère.
    Aussi haletant qu'une série politique, économique et surtout écologique, ce récit nous entraîne d'une raffinerie de pétrole au conseil des ministres, et d'un bidonville aux Nations Unies. Les rouages du pouvoir et des décisions y sont lucidement analysés. Le plastique est une tragédie contemporaine, un roman noir trépidant comme un thriller de la mondialisation.

  • Kaboul, l'incroyable défaite Nouv.

    "La chute de Kaboul au creux de l'été 2021 et sa prise par les Talibans semble si irréelle qu'elle semble relever de la fiction. Quelques milliers de guerriers tribaux ont chassé la plus puissante armée du monde qui a occupé l'Afghanistan pendant près de 20 ans. Comment est-ce possible ? Quel hubris a aveuglé les stratèges américains qui n'ont pas pris en compte le rôle des ethnies ni celui du Pakistan ?

    Mais qui sont les nouveaux maîtres de l'Afghanistan, ces talibans 2.0 qui connaissent mieux l'informatique que bon nombre de cerveaux occidentaux. Quel est leur degré de professionnalisme ? Quelle est précisément leur idéologie ? Leur idéal ? Comment se comporteront-ils vis-à-vis des femmes et des intellectuels ?

    La victoire des Talibans provoquera une onde de choc terrible non seulement sur l'Asie centrale mais aussi dans le reste du monde. Comment ne pas voir symboliquement une triste concordance des temps entre le 11 septembre 2001 (attentats commandités d'Afghanistan) et le 15 août 2021 (prise du palais présidentiel par les talibans) ?

    Incontestablement les USA ne sont plus l'unique gendarme du monde. Car derrière la victoire des Talibans se cache l'émergence d'un empire qui désormais régit l'ordre et l'économie du monde : la Chine.

    Les évènements afghans provoqueront un séisme dans le monde. Quelle seront la force et l'intensité de ce séisme ? Une nouvelle guerre est-elle possible ?"

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