Sciences & Techniques

  • Dans la suite du Collectif à venir (érès, 2018), les auteurs repensent, dans la réalité clinique et institutionnelle, cette catégorie de l'imaginaire qui permet au sujet de soutenir une utopie concrète se passant de toute terre promise comme de toute réconciliation du sujet avec lui-même.
    Les difficultés de la pratique actuelle ont conduit les auteurs à relire plusieurs séminaires de Jean Oury, mais aussi à revisiter la catégorie de l'imaginaire à partir de l'élaboration de Cornelius Castoriadis. Là où Lacan mettait le symbolique, puis le Réel, au coeur de la problématique du sujet, Castoriadis place l'imaginaire radical - à entendre dans ses deux acceptions : à la racine du sujet, mais aussi dans son inscription dans les « productions imaginaires du social-historique » -, une manière pour lui de se détacher très tôt du structuralisme, de tout déterminisme, et de ce qu'il appelle « la pensée héritée ». À partir de cet ancrage théorique et politique, les auteurs explorent les pistes offertes par leur clinique des psychoses et des états limites, attentive à la narrativité, aux productions plastiques des patients, à leur accès à l'espace imaginaire... Tout en insistant sur la nécessité actuelle de repenser la réalité clinique et institutionnelle en prise avec une « nouvelle raison du monde » néolibérale qui engendre une vision réifiée des sujets en souffrance, et promeut un imaginaire comptable, marchand, où chacun se trouve mis en concurrence avec tous.

  • Cet ouvrage porte sur l'expérience de l'hôpital psychiatrique du point de vue de ses soignants, en particulier infirmiers. Leur travail en première ligne face aux patients, auprès desquels ils représentent l'institution, constitue un observatoire pertinent des transformations de l'hôpital gestionnaire.

    À partir d'une enquête de terrain fournie de plus d'une année au sein de deux services de psychiatrie hospitalière, cet ouvrage ouvre les portes de l'hôpital psychiatrique public et suit le travail des équipes infirmières. Les scènes de la vie quotidienne ancrent le propos dans l'ordinaire des soins et des relations avec les patients atteints de troubles psychiques. Elles invitent le lecteur à réfléchir au renouveau de la violence de l'institution psychiatrique. Dans ce récit ethnographique, l'auteur décrit les tours de mains des soignants et met en lumière la manière dont ils peuvent poursuivre leur mission dans un contexte contraint en négociant des marges de manoeuvre pour résister à la violence gestionnaire.

    La psychiatrie vit un profond malaise. Ce constat, largement relayé par les professionnels de santé et parfois par les médias, appelle une réflexion de fond sur l'ordinaire de l'hôpital psychiatrique français. Quel est ce malaise ? De quoi est-il le nom ?
    Depuis 1992, la formation des infirmiers de secteur psychiatrique est supprimée au profit d'une formation unique d'infirmier diplômé d'Etat (IDE) pour les infirmiers de psychiatrie et de soins généraux. Ce mouvement de déprofessionnalisation des métiers de la psychiatrie s'accompagne par ailleurs d'un mouvement de déspécialisation de cette filière de soin. Il s'agit de rendre les hôpitaux psychiatriques conformes aux objectifs de qualité et de performance imposés à l'ensemble des établissements de santé.
    Dans le contexte nouveau de pression de lits, l'héritage de la psychiatrie de secteur peine à s'exprimer dans le travail quotidien des soignants. Comment dès lors exercer son activité ? Comment développer la créativité nécessaire au travail de soignant dans les conditions actuelles d'un hôpital pensé en termes de flux ? Comment ouvrir des espaces de liberté, trouver une marge de manoeuvre pour exercer son activité, mais aussi tenir son poste de travail sur le long terme dans l'hôpital gestionnaire ?
    En mettant la focale sur le quotidien de l'hôpital psychiatrique du point de vue des infirmiers qui y exercent leur activité, cet ouvrage de sciences sociales propose un regard renouvelé sur la psychiatrie publique hospitalière traversée aujourd'hui à la fois par la violence institutionnelle et la violence gestionnaire.

  • C'est un livre de conteuse des soins, même si c'est une infirmière, parfois guerrière, qui l'a écrit. Elle raconte tout ce que l'on voudrait savoir sur ce métier mais que l'on ne dit jamais et qui est encore moins enseigné. Elle décrit sa palette de soins pour encourager les jeunes soignants à trouver la leur.

    Le premier objectif de ce livre c'est de rappeler que les patients, même à l'hôpital, ne peuvent pas être réduits à des signes cliniques, qu'ils sont capables de tenir un discours sur une multitude de sujets, dont leur maladie. C'est faire reconnaître leur savoir et encourager les jeunes soignants à leur poser beaucoup de questions. Le second objectif est d'ouvrir des espaces de liberté aux soignants saturés de protocoles et confinés dans des discours sécuritaires. Rappeler que tout ce qui n'est pas interdit est autorisé, ouvre une amplitude d'actions et d'initiatives considérable pour redonner de l'épaisseur et de la densité aux soins qu'ils dispensent. Le dernier objectif est de redéfinir et illustrer la fameuse notion de « bonne distance ».
    L' « arrière-pays » du soignant fait partie de ses outils.
    Il soigne avec ce qu'il est et c'est essentiel qu'il en soit convaincu.

    L'auteure embarque le lecteur dans les méandres du soin comme dans un grand voyage. Les escales sont faites de différentes séquences de soin en intra comme en extra- hospitalier. La diversité d'expériences qu'elle aborde lui permet de présenter mille et un visages de ceux que l'on appelle des « fous » et de témoigner de leur courage.
    Elle témoigne aussi du désarroi, parfois du désespoir, des soignants devant l'inhospitalité hospitalière et le dévoiement de leur métier. Elle raconte les combats qu'ils ont à mener à chaque instant pour qu'une rencontre advienne et que leurs soins puissent éventuellement devenir thérapeutiques.
    Mais loin d'être dans la plainte, elle donne mille et une raisons de continuer ce combat en racontant la magie de la rencontre humaine dans la relation de soin. Elle ne donne pas de leçon.
    Simplement, elle décrit certains chemins qu'elle a empruntés avec des patients, les explorations qu'ils ont menées ensemble sur des territoires inconnus de l'un, de l'autre ou des deux. Elle invente pour chacun une « bonne distance » sans craindre de puiser dans ce que Jean Oury appelait son « arrière-pays ».
    Elle fait feu de tous bois et balade une besace d'infirmière pleine de lectures, d'échanges et d'expériences mais aussi de contes et de bouts de chiffons.

  • En France, le décret de 2017 qui met en place les projets territoriaux de santé mentale reprend dorénavant ces concepts de rétablissement et d'inclusion sociale comme objectifs nationaux pour les parcours de santé des personnes souffrant de troubles psychiques graves. La notion de rétablissement rappelle que, même pour des pathologies lourdes comme la schizophrénie, les psychoses, la majorité des personnes peuvent se rétablir et mener une vie comme tout un chacun.
    L'inclusion sociale ajoute l'idée que, si la moitié du travail vers le rétablissement est l'affaire de l'usager, l'autre moitié du travail est à faire par la société elle-même. De même qu'on aménage la ville pour que la personne en fauteuil roulant puisse s'inclure dans la société, on doit aménager les esprits et l'organisation de la vie de tous les jours pour supprimer tout mécanisme d'exclusion sociale, toute stigmatisation, toute discrimination contre la personne handicapée psychique.
    Enfin, l'empowerment consiste à mettre à la disposition de la personne les moyens pour acquérir les savoirs, savoir faire et pouvoirs nécessaires - notamment par l'accès à la formation tout au long de la vie - pour apprendre à vivre avec sa maladie et jouer un vrai rôle dans la société.

  • Sous la forme d'un abécédaire, une équipe de soutien en soins palliatifs  témoigne de sa pratique.
    Elaboré à partir d'une supervision assurée pendant plusieurs années par Jean-Pierre Lebrun, cet abécédaire rend compte du travail d'ajustement incessant de détails auquel se soumettent les membres de l'équipe Delta, pour couvrir - palliatif venant de palliare, qui veut dire recouvrir - d'un manteau d'humanité jusqu'à leur dernier souffle, ceux et celles que la vie est en en train de quitter. Dire cette clinique du détail, de la broutille, voire même de la bricole, fait émerger l'importance cruciale de ces choses apparemment anodines, mais aussi des frottements, parfois des frictions, même des heurts, dans la rencontre entre le patient en fin de vie et celui qui l'accompagne.
    L'équipe Delta est une organisation de soutien en soins palliatifs de la province de Liège.
    Jean-Pierre Lebrun est psychiatre, psychanalyste à Namur et Bruxelles. Il a publié de nombreux ouvrages chez érès, et Denoël.
         

  • L'ouvrage (dont l'édition originale est parue chez Vuibert en 2007) retrace l'histoire de la rédaction du Code de Nuremberg qui signe la naissance de la bioéthique moderne. Cette réédition en poche répond au devoir de rappeler aux jeunes générations cet événement historique fondamental, à l'occasion de ses 70 ans.

    Le 19 août 1947, le juge Walter Beals qui préside le procès des médecins de Nuremberg depuis 139 jours établit les critères qui permettent de définir les "Expériences médicales licites". L'énoncé de ces principes qui ont pris par la suite le nom de "Code de Nuremberg", constitue un événement d'une portée historique fondamentale à la fois sur les plans juridique et médical. Cet acte, qui annonce la naissance de la bioéthique moderne, fixe pour la première fois la légitimité des expériences médicales, tout en mettant en place des limites destinées à protéger les sujets qui y participent grâce à l'instauration du "consentement éclairé".

  • L'auteur revisite dans cet ouvrage sa double expérience de médecin malade pour mieux apprécier comment soignants et malades peuvent être des veilleurs du respect de l'homme souffrant. Être à la fois soignant et soigné, acteur de cette relation fragile et fondamentale qu'est celle du " prendre soin " ensemble de l'humanité souffrante tout en se retrouvant de l'autre côté : telle est la double expérience où les regards se mêlent et s'éclairent.

  • Franco Basaglia (1924-1980), psychiatre, a été l'une des figures majeures de la psychiatrie dite " alternative ", non seulement en Italie, où sa mise en cause de la condition des malades mentaux fut ratifiée par la Loi 180 décidant la fermeture des hôpitaux psychiatriques, mais aussi dans le monde, où il suscita une interrogation sur les " traitements " généralement " infligés " aux " fous ". Ce dernier ouvrage, paru avant sa mort, se présente à la fois comme un bilan qui permet de comprendre le sens général de sa démarche et un programme de transformation de la psychiatrie. En 1979. Franco Basaglia (et l'expérience psychiatrique italienne) constitue une référence, mondialement reconnue, pour toute une génération politiquement et intellectuellement sensibilisée aux processus d'aliénation de l'individu - et ce bien au-delà du champ de la psychiatrie - qui cherche des alternatives aux " pseudo " solutions des institutions dites " totalitaires ", dont elle dénonce les effets pervers et destructeurs. Dans un souci d'articuler sa position théorico-politique avec les contenus concrets de la pratique, Franco Basaglia situe ici la Loi 180 comme le moment décisif, certes, mais un moment seulement, d'un processus plus large qui vise à mettre en question et à transformer toute institution " instituante ", quel que soit son objet (prison, éducation...). Il est notamment amené à préciser que le problème fondamental n'est pas tant la fermeture des hôpitaux que la médicalisation de la psychiatrie. Ainsi, cet ouvrage, historiquement situé, s'avère paradoxalement d'une brûlante actualité car les questions qui s'y trouvent posées et traitées interrogent les orientations et les choix retenus par la psychiatrie française, telle la pratique de secteur, mais aussi la situation préoccupante qu'elle traverse aujourd'hui. En aucun cas, Franco Basaglia, fidèle à son mode d'être, ne s'institue donneur de leçons ; au contraire, il invite ses lecteurs à mettre en cause tout processus aliénant qui méprise l'homme en son humanité, en menant une réflexion exigeante dans un souci permanent et un profond respect de l'autre.

  • Version courte : Des orthophonistes présentent leur métier : sa formation initiale, ses modes d'exercice, sa pratique. Ils développent ce qui conduit à consulter en orthophonie, ce qui s'y passe et pourquoi ; mais aussi ce sur quoi ils agissent et comment.

    Version longue : Après la présentation des fondamentaux de l'orthophonie (sa formation initiale, ses modes d'exercice, les patients qui font appel aux orthophonistes), les auteurs développent leur propre conception du métier, leurs choix professionnels et les références qui les sous-tendent, les théories du langage auxquelles ils souscrivent et les pratiques qui en découlent.

  • " Le monde " des drogués ne repose pas sur l'art oratoire, mais sur la promesse d'une jouissance indicible. Les toxicomanies, conduites d'émotions et de passions, court-circuitent le rapport au langage au profit d'une jouissance du corps et de l'esprit. Elles sont en cela des conduites modernes et témoignent de ce que devient le rapport au langage aujourd'hui.
    Jean-Louis Chassaing est psychanalyste, psychiatre.

  • Douze rencontres comme autant de nouvelles qui mettent en scène patients et soignants dans lieux de soins dits intermédiaires, groupes d'accueil, communautés thérapeutiques et centre de crise, créés à Villeurbanne par l'association Santé mentale et communautés.
    C'est parce qu'il s'engage en personne, avec sa créativité, sa spontanéité, mais aussi une réflexion sur soi-même, qu'un soignant en psychiatrie peut espérer soigner, c'est-à-dire accueillir et accompagner une souffrance psychique pour aider à l'élaborer et à l'atténuer, parfois à la surmonter. C'est parce qu'il voit dans celui qu'il rencontre le sujet de son histoire et non l'item substituable d'une population, qu'il peut espérer construire une relation d'aide. Cet ouvrage en est l'illustration littéraire, en même temps qu'un travail d'analyse approfondie de l'essence du soin psychique.
    Marcel Sassolas est psychiatre et président de l'association Santé mentale et communautés dont il a été responsable médical depuis sa création (1968) jusqu'à sa retraite. De formation psychanalytique, il est membre du groupe lyonnais de psychanalyse Rhône-Alpes.

       

  • Les problèmes épistémologiques et méthodologiques de la psychiatrie d'aujourd'hui sont ici exposés et questionnés au regard des avancées des neurosciences et de la recherche psychanalytique.

    Les auteurs explorent les convergences possibles entre neurosciences et psychanalyse. Ils approfondissent les interfaces propices aux échanges entre ces différentes disciplines et fructueuses pour croiser des travaux de recherche de manière à avoir une meilleure compréhension du fonctionnement cérébral et du travail psychique. Pour autant, cette articulation conceptuelle entre causalité physique et causalité psychique respecte les différences épistémologiques des approches sans créer un nouveau clivage en lieu et place du clivage classique entre psyché et soma.

  • Version courte : Philippe Greig pose un regard émerveillé sur le dessin de l'enfant en s'intéressant à l'émergence du langage graphique tout au long de la maturation physique et psychique des petits sujets.

    Version longue : Chaque étape de l'évolution du langage graphique est mise en lien avec le contexte psychologique et social, et révèle des richesses et des processus méconnus de la créativité de l'enfant. Les développements cliniques éclairent le blocage des acquisitions et le glissement vers l'illettrisme ou dans le domaine des traumatismes graves. Des questions essentielles sur le processus thérapeutique se trouvent ainsi posées.

  • Cet ouvrage explore et défriche le terrain délicat des violences évitables de façon à la fois concrète et théorique avec l'espoir que professionnels et chercheurs s'en saisissent.
    Les patients, leur entourage et les soignants sont souvent victimes de violences inhérentes à l'administration du soin, à son déroulé, au soin sans consentement, à la formation des futurs soignants, mais aussi à ce qui relève du tout-économique, du tout-évaluation dans le modèle hospitalier contemporain où se déploient des normes et des contraintes qu'il importe d'interroger. Cet ensemble de textes vise à identifier la part évitable de ces violences. Il dit aussi ce qui relève de l'impensable dans des lettres adressées par des patients ou des proches aux soignants, et aux institutions.
    Depuis 1997, date où elle a créé avec un médecin le groupe « Parents et soignants face à l'éthique en pédiatrie » au sein de l'espace éthique/aP-hP, Dominique Davous n'a cessé d'être pleinement impliquée dans le champ de la cancérologie pédiatrique en tant que parent dans le milieu associatif et chercheur au sein de l'Espace éthique, région île-de-France. Elle est présidente de l'association « Questionner autrement le soin ».
    Catherine Le Grand-Sébille, docteur en ethnologie et anthropologie sociale, est maître de conférences en socio-anthropologie de la santé à la faculté de médecine Henri-Warembourg, Lille 2. Ses enseignements en sciences humaines et sociales sont dispensés tant en études médicales qu'en droit, section bioéthique. Elle est aussi formatrice auprès d'équipes hospitalières à l'Espace éthique de l'AP-HP, membre du Conseil national d'éthique du funéraire, membre du conseil scientifique de l'Observatoire éthique et soins hospitaliers de l'AP-HP, membre du comité de rédaction de la revue Éthique & Santé et vice-présidente de l'association « Questionner autrement le soin ».
      Etienne Seigneur est pédopsychiatre au sein du département d'oncologie pédiatrique de l'Institut Curie (Paris), cofondateur de l'association « Questionner autrement le soin ».
     

  • L'auteur se refuse à considérer les personnes avec handicap comme ayant une sexualité elle-même handicapée. Dans un objectif de bientraitance, ce livre est un engagement personnel et professionnel contre les violences qui entourent trop souvent la sexualité dans les institutions.
    La vie affective et sexuelle des personnes en situation de handicap ou de vulnérabilité pose, dans notre pays, un problème de maltraitance quasi généralisé. Une maltraitance active ou « en creux » surtout quand les personnes doivent vivre en institutions. Les professionnels de l'accompagnement sont le plus souvent gênés dans leur action dès que cette question surgit. Cet ouvrage se veut un guide pour comprendre ce qui vient faire frein à cette reconnaissance et propose un soutien pratique, méthodologique et éthique pour tous ceux qui ont le désir et la volonté de ne pas en rester là.

  • Cet ouvrage n'est ni un pamphlet contre la psychiatrie américaine et ses classifications, ni un panégyrique. Il a l'ambition de donner au lecteur la possibilité de se forger son propre avis à travers une histoire foisonnante et une actualité agitée, relatée avec humour et précision par l'auteur. Un livre captivant qui se lit comme un roman.
    Le souci de l'auteur est de replacer la naissance et le développement de ces classifications - qui ont ébranlé la psychiatrie internationale - dans l'histoire de la psychiatrie américaine et dans l'histoire de l'Amérique, des premières tentatives de Benjamin Rush au début du XIXe siècle jusqu'au tout nouveau DSM-V. Il le fait en brossant des portraits pittoresques des hommes et des femmes qui furent et qui sont les acteurs de cette histoire.

  • La proximité psychique entre patients et soignants est-elle devenue indésirable dans la technologie psychiatrique ? Ce livre montre qu'elle est un élément essentiel du soin. Il développe une réflexion à plusieurs voix sur ce qui la rend possible, supportable et féconde.
    Le terme de « clinique » met le malade au centre de l'activité  soignante, et suppose donc la recherche d'une proximité avec lui. Pour le somaticien, proximité avec l'intimité corporelle du patient, pour les soignants psy, proximité avec son intimité psychique. Aujourd'hui la technologie psychiatrique cherche à en faire l'économie. Elle n'est nécessaire ni pour une prescription médicamenteuse, ni pour la mise en ouvre d'un programme comportementaliste. Lorsque la relation soignante en psychiatrie est amputée de cette dimension clinique, que devient-elle sinon une rencontre opératoire dont la seule finalité est la normalisation du sujet par l'extinction de ses déviances sociales ou symptomatiques ?
    Marcel Sassolas est psychiatre et président de l'association Santé mentale et communautés dont il a été responsable médical depuis sa création (1968) jusqu'à sa retraite. De formation psychanalytique, il est membre du groupe lyonnais de psychanalyse Rhône-Alpes.

       

  • L'ergothérapie, profession relativement jeune, fait désormais partie de l'éventail thérapeutique en psychiatrie, dans le respect de la personne qui souffre de troubles psychiques. Les auteurs rendent compte de leur démarche singulière d'accompagnement du patient sur le chemin de la condition humaine.
    Les ergothérapeutes proposent une démarche thérapeutique par l'activité, en adéquation avec le projet de soin global des patients. Ils sont amenés à « trouver-créer » des cadres-dispositifs de soins médiatisés afin de prendre en compte au mieux la souffrance psychique, relationnelle et socioculturelle. Au-delà des modèles conceptuels, des méthodologies professionnelles et des processus d'intervention, les auteurs témoignent du savoir-faire et du savoir-être qui les engagent intimement dans la relation thérapeutique avec les patients. Ils défendent la spécificité de leur profession au sein des équipes pluridisciplinaires qui ouvrent en psychiatrie.
    Les 17 co-auteurs sont tous ergothérapeutes de formation initiale. Certains sont formateurs en institut de formation en ergothérapie ; quelques-uns sont psychologues et/ou psychothérapeutes. Tous exercent en psychiatrie, auprès d'adultes ou d'adolescents.
    Florence Klein est ergothérapeute de formation initiale, psychologue clinicienne, formatrice à l'institut de formation en ergothérapie de Créteil depuis 1994 et pour diverses formations continues auprès de professionnels de la santé. Elle exerce en psychiatrie de l'adulte depuis 1982.

  • L'histoire de l'expression, plutôt située classiquement comme un débat philosophique (Aristote, Spinoza et Nietzsche), rejoint l'histoire de la psychiatrie en Europe dans les années soixante-dix.
    Dépassant la seule ambition de collectionner des oeuvres d'aliénés, au-delà de la fascination réciproque entre génie et folie, l'expression constitue un champ de pratique et de théorie qui a sa légitime part dans le traitement des maladies mentales. Dans le sillage de la psychothérapie institutionnelle, elle a pris son élan en devenant une nouvelle manière de vivre le lien entre société et culture. Elle a ainsi revendiqué sa place dans la pédagogie (F.
    Oury, A. Stern), dans le changement social (M. Pagès), dans la philosophie et la psychanalyse (J-F Lyotard, J. Kristeva) mais aussi dans la littérature et les arts contemporains (de P. Sollers à I. Xenakis). L'expression, sous la forme d'ateliers thérapeutiques, contribue au traitement approfondi des patients psychotiques. Dans un cadre habituellement associatif, elle propose aussi des ateliers de créations pour aider à la citoyenneté par développement du lien socioculturel.
    Interface entre soin et création, l'expression doit tenir une place privilégiée dans l'esprit d'une véritable politique de secteur, ce à quoi l'auteur porte tous ses efforts.

  • Les virus sont des phénomènes sociaux. Parce que les modes de transmission du VIH/Sida sont symboliquement chargés, la pandémie souligne de manière particulièrement forte que l'épidémiologie est par essence une science ud social. Ce numéro explore : les croyances, les attitudes, les comportements qui favorisent ou freinent l'épidémie et lui donnent forme ; les enjeux politiques, éthiques et économiques de la prévention et du traitement ; les réponses politiques et le rôle qu'y jouent nécessairement les droits humains des personnes qui vivent avec le VIH ou le sida. L'orientation de ce numéro reflète la conjonction, propre à l'Unesco, d'une expertise en éducation, en sciences naturelles, en sciences sociales, en culture et en communication. L'Unesco en tire une capacité interdisciplinaire pour oeuvrer dans l'éducation à la prévention afin de faire barrage à l'épidémie du sida.

  • A l'intention des usagers, des familles et des professionnels de la psychiatrie et de l'action sociale, cet ouvrage donne une lecture claire des lois constituant le cadre psychiatrique contemporain. La loi du 11-2-2005 qui reconnaît le handicap psychique dessine pour la psychiatrie une situation porteuse d'espoir. En effet, sous l'impulsion d'un mouvement émanant de familles et d'anciens malades, il semble qu'une créativité sociale vienne au secours d'une psychiatrie qui aurait perdu ses repères. De façon paradoxale , la psychiatrie et l'action sociale, qui s'excluaient mutuellement jusqu'à maintenant, sont amenées à se féconder aujourd'hui avec la reconnaissance de la parole des personnes en situation de handicap psychique.


  • Aujourd'hui les ateliers à médiations contribuent plus que jamais à élargir les modalités de prise en charge des personnes souffrantes. Cette approche singulière nécessite toutefois l'exploration approfondie de certaines notions. Qu'est-ce qu'un atelier ? Qu'est-ce qu'une activité ? L'atelier est-il toujours thérapeutique ? Comment le définir et se repérer dans les différentes pratiques ? À Libourne, dans le sillage de Jean Broustra, la pensée autour des ateliers thérapeutiques d'expression reste dynamique et engagée depuis maintenant plus de 30 ans. L'auteur témoigne de cette expérience et développe des outils à destination de ceux qui animent ou souhaitent animer un atelier.

  • Michel Soulé est l'un des pionniers de la pédopsychiatrie en France, l'un des premiers à s'intéresser à la vie fotale. Dans cet ouvrage élaboré à partir d'entretiens filmés avec Sylvain Missonnier, il raconte son itinéraire personnel et professionnel qui l'a amené à travailler avec Serge Lebovici, René Diatkine (les 3 mousquetaires de la pédopsychiatrie naissante), Léon Kreisler, Myriam David. Il aborde d'une manière vivante, avec la verve qu'on lui connait, les thèmes qui lui sont chers, la prévention, la périnatalité, le fotus et le placenta, le placement, l'aide sociale à l'enfance, la formation, la psychanalyse. Des textes inédits ou oubliés viennent compléter ce panorama et contribuent à l'effort de transmission qui a toujours animé Michel Soulé.
      Sylvain Missonnier, psychologue, psychanalyste de la SPP, est professeur de psychopathologie clinique de la périnatalité et de la première enfance à l'Institut de psychologie de l'université René-Descartes Sorbonne Paris Cité. Il est directeur du laboratoire du PCPP, co-président de la WAIMH France.
    Il est également directeur de la collection La vie de l'enfant aux éditions érès.

  • Version courte : « Éviter toute souffrance et de ne pas prolonger inutilement sa vie » récapitule désormais dans une prescription lapidaire nos devoirs d'humanité à l'égard d'une personne atteinte d'une affection grave et incurable. Au terme de notre vie, n'attendons-nous de la société que l'acte d'une mort par compassion, d'une mort sous sédation, d'une mort médicalisée ?

    Version longue : Emmanuel Hirsch est l'un des meilleurs spécialistes des questions d'éthique médicale, notamment celles que suscitent les réalités de la fin de vie. En 2013, il a présenté les premiers temps de la concertation nationale sur la fin de vie lancée par François Hollande le 17 juillet 2012, dans le livre L'Euthanasie par compassion ? Manifeste pour une fin de vie dans la dignité (Érès). En 2014 son investigation s'est poursuivie dans Fin de vie. Le choix de l'euthanasie ? (Le Cherche midi). Ce nouvel ouvrage intervient quelques mois après le vote de la loi créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie. Se refusant aux postures ou aux positions incantatoires, il propose une analyse critique des évolutions des conceptions, des attitudes et des pratiques dans le contexte de la mort médicalisée.

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