Ixe

  • En finir avec l'homme : chronique d'une imposture Nouv.

    Depuis quand, et comment, et pourquoi le mot « homme » en est-il venu à désigner le genre humain tout entier ? Au fil d'une passionnante analyse sur l'usage historique de ce terme, son étymologie, la plus-value sémantique qu'il a progressivement acquise, Éliane Viennot retrace l'histoire d'un abus de langage qui gonfle « l'Homme » à la dimension de l'humanité. Au pays du Musée de l'Homme, de la Maison des Sciences de l'Homme, des Droits de l'homme et du citoyen, cette histoire-là relève d'une exception française qui sent fort l'imposture masculiniste. Il est temps que « l'homme » se couche, sémantiquement parlant, qu'il regagne son lit de mâle humain et laisse place aux autres individus du genre Homo, aux personnes humaines.

  • Consentement.

    En droit, ce mot utilisé pour valider un mariage, un contrat, une opération médicale, sert aussi à juger la qualité des relations intimes : le défaut de consentement est ce qui permet de distinguer un rapport sexuel d'un viol, une caresse d'une agression, les « avances » du harcèlement. Or cette approche renforce l'asymétrie des rapports hommes-femmes en reconnaissant aux premiers un rôle actif de proposition, de demande, voire d'exigence, et aux secondes la seule possibilité de « consentir » ou non. Elle n'interroge qu'à la marge la coercition portée par l'hétéro-normalité, sans voir que l'intériorisation de la domination peut paradoxalement s'exprimer par un « consentement » à la violence.

  • La violente polémique surgie en France à l'automne 2017autour de l'écriture inclusive a conduit Eliane Viennot à élargir la question au « langage inclusif ». L'autrice de Non, le masculin ne l'emporte pas sur le féminin ! expose dans ce petit guide les bonnes raisons de débarrasser la langue des normes et des règles masculinistes pour dire et écrire un monde où chacun-e aurait sa place, à égalité. Les outils existent : l'acccord de proximité, les féminins des noms de fonctions, le point milieu, la création de néologismes opportuns, etc., sont autant de moyens détaillés dans ces pages, à la portée de tous-tes.

  • Dérision

    Taiko Hirabayashi

    • Ixe
    • 26 Février 2021

    Née en 1905 dans un Japon en pleine mutation, Hirabayashi Taiko rompt très tôt avec sa famille pour s'engager dans le mouvement anarchiste. Publiée en 1927, la nouvelle "Dérision" lui vaut un prix littéraire et l'inscrit d'emblée dans le courant de la "littérature prolétarienne, tendance féministe" . Dans le style incisif qui la caractérise, Hirabayashi Taiko décrit la vie de misère des jeunes anarchistes et la cruauté de la misogynie.
    Son oeuvre toute entière pétrie d'expérience vécue est aussi sans illusions. Et c'est avec une lucidité redoutable qu'elle s'attaque au mythe de l'amour, conjugal ou maternel.

  • Le long effort des grammairiens pour masculiniser le français a suscité de vives résistances chez celles et ceux qui, longtemps, ont parlé et écrit cette langue sans appliquer des règles contraires à sa logique. Initiée au XVIIe siècle, la domination du genre masculin sur le genre féminin ne s'est en effet imposée qu'à la fin du XIXe avec l'instruction obligatoire. Depuis, des générations d'écolières et d'écoliers répètent que "le masculin l'emporte sur le féminin", se préparant ainsi à occuper des places différentes et hiérarchisées dans la société.
    Ce livre retrace l'histoire d'une entreprise à la misogynie affirmée ou honteuse, selon les époques. Riche en exemples et en citations, il convie à un parcours plein de surprises où l'on en apprend de belles sur la "virilisation" des noms de métier, sur les usages qui prévalaient en matière d'accords, sur l'utilisation des pronoms ou sur les opérations "transgenre" subies par certains mots. Explorant plus avant les pistes qu'il a ouvertes, sa nouvelle édition prolonge la réflexion sur le langage sexiste (écriture inclusive, règle de proximité, formules épicènes, nouveaux pronoms...).

  • Recueil de travaux inédits, d'études historiques, et de propositions esthétiques, cette anthologie d'approches théoriques et artistiques féministes en art contemporain affirme la nécessité de penser l'articulation entre art et histoire globale, art et genre, art et corporéités, art et post-colonialité, à partir de références textuelles, visuelles, performatives et conceptuelles.

    Avec les contributions de : Marie-Laure Allain Bonilla, Émilie Blanc, Johanna Renard et Elvan Zabunyan.

  • Passions polygraphes

    Katy Barasc

    Très académiquement ordonnée en deux genres, masculin/neutre et féminin, la langue française se laisse désormais gagner par un tumulte graphique dont ces Passions polygraphes se font l'écho. Katy Barasc, en philosophe, cherche le signe qui viendrait inscrire dans la langue ce qui ne peut s'y prononcer. Entre passions tristes des vigiles du binarisme et passions joyeuses des iconoclastes, ce qui bruisse dans ces pages est jouissance de l'écriture.

  • Une analyse de l'Etat moderne, de sa création, de son fonctionnement et des alternatives existantes ou utopiques à sa domination, sous l'angle de l'intersectionnalité. Soulignant le fait que les réformes adoptées en vue d'améliorer la condition des femmes confortent trop souvent les structures sexistes, les auteures questionnent le rapport aux institutions à établir dans le cadre des luttes.

  • À partir de la fin du Moyen Âge, l'Europe et en particulier la France furent le théâtre d'une gigantesque polémique sur la place et le rôle des femmes. Feutrée ou violente, la querelle en appelle à la raison ou aux émotions, s'exprime en traités, pamphlets, oeuvres d'art... et porte sur tous les sujets, du pouvoir aux relations amoureuses en passant par le travail, le mariage, l'éducation, le corps, l'art, la langue, la religion.

    Cette histoire s'est développée en écho aux efforts visant à empêcher ou à faciliter l'accès des femmes et des hommes aux mêmes activités, aux mêmes droits, à la même reconnaissance. Elle a durablement formaté nos sociétés et nos esprits quant aux manières de penser.

  • Pendant les Années Folles, Suzy Solidor osait chanter haut et fort "Ouvre tout ce qu'on peut ouvrir, dans les chauds trésors de ton ventre, j'inonderai sans me tarir l'abîme où j'entre." Belle audace. Selon les époques, l'homosexualité féminine fut frappée d'opprobre, niée, invisibilisée. Mais clandestine ou pas, à mots couverts ou crus, cette réalité vécue a trouvé pour se dire la voie de la chanson.

    Rendant à Sappho ce qui est à Sappho, cet ouvrage illustré de dessins de Julie Feydel retrace l'histoire de 50 chansons lesbiennes - de la complicité de leurs paroliers et parolières et de leurs interprètes, aux cabarets et aux clips, de la réception par la critique à l'accueil du public... qui ne sait pas toujours ce qu'il fredonne.

  • Cet ouvrage dit la douleur de l'exil non choisi et, au delà, l'espérance et le courage d'une femme libre qui a fait siens ces mots de Virginia Woolf : "Mon pays à moi, femme, c'est le monde entier". S'étant entraînée dès l'enfance à repousser les murs des espaces, réels et imaginaires, qu'elle habitait, l'auteur explore les tensions entre la nostalgie pour là-bas et l'attirance pour l'ailleurs... Cette nouvelle édition est augmentée d'une lettre adressée par Pinar à ses ami·es de Lyon, lorsqu'elle a quitté cette ville en 2015 pour Nice.
    La "Chronologie" retraçant les grandes étapes de son parcours et le procès fleuve que lui intente l'État turc a été mise à jour, de même que la bibliographie de ses écrits.

  • Les quelque 600 slogans ici rassemblés tracent le fil rouge des combats féministes en France entre 1970 et 2010. Paroles vivantes scandées, criées, chantées dans les manifestations, ces « mots de désordre » témoignent de la créativité sans cesse renouvelée des innombrables actrices d'une histoire collective. Ils restituent la spécificité de la culture militante du Mouvement de libération des femmes, l'inventivité et l'impertinent brassage des traditions de lutte qui furent d'emblée sa marque de fabrique. La centaine de photos qui rythme les textes présente les multiples facettes de cette contestation ludique et déterminée, réimaginée de manif en manif par celles qui descendent dans la rue revendiquer leurs droits et clamer leur liberté.

  • «Femme nous sommes, ce n'est pas un qualificatif parmi d'autres, c'est notre définition sociale. Folles qui croyons que ce n'est qu'un trait physique, une «différence» - et qu'à partir de ce «donné» de multiples possibilités nous seraient ouvertes. Or ce n'est pas un donné, c'est un fabriqué auquel on nous signifie sans cesse de nous tenir. Ce n'est pas le début d'un processus (un «départ», comme nous le croyons), c'en est la fin, c'est une clôture.» Sexe, race et pratique du pouvoir. L'idée de nature réunit un ensemble d'articles publiés par Colette Guillaumin entre 1977 et 1993.

    Pour présenter ce livre essentiel, d'abord publié chez côté-femmes en 1992 et depuis longtemps épuisé, Brigitte Lhomond écrivait en 1993 dans la revue Multitudes:

    «Une idée centrale structure le travail de Colette Guillaumin et unifie les articles présentés dans cet ouvrage, celle du lien inextricable entre les «formes matérielles» et les «formes mentales» que prennent les relations de domination (ces «deux faces de la même médaille»), lien entre la matérialité des rapports de pouvoir et la pensée de ceux-ci. Cette pensée, cette idéologie, celle du «sens commun» tout autant que celle des discours théoriques et scientifiques, exprime et justifie tout à la fois ces rapports. [...] Le concept d'appropriation est un élément essentiel apporté par Guillaumin à la théorie des rapports entre les sexes, où le corps même des individues dominées (et pas seulement leur travail) est l'objet de la mainmise, comme ce fut le cas dans le servage de l'Ancien Régime, l'esclavage de plantation, et dans ce que Guillaumin nomme, pour les femmes, le «sexage». Le sexage s'exprime dans l'«appropriation privée», ou le «propriétaire» est un homme particulier (comme dans l'institution du mariage), et dans l'«appropriation collective» quand l'usage du corps des femmes est disponible à l'ensemble du groupe des hommes. Usage qu'il serait faux de réduire à des dimensions exclusivement sexuelles. La prise en charge par les femmes - et elles seules ou presque - de l'entretien physique et moral, non seulement des hommes mais aussi des enfants, des malades, des vieillards, est un élément essentiel de l'usage qui est fait de leur corps.»

  • Près de vingt-cinq ans séparent la ruade punk féministe initiée par les Riot grrrls, aux États-Unis, de la prière punk prononcée à Moscou par les Pussy Riot. Un quart de siècle au cours duquel s'est constituée une véritable contre-culture féministe underground, qui poursuit la révolution Grrrl Style engagée par les premières émeutières au début des années 1990.
    Manon Labry retrace ici, sous l'angle des cultural studies, la généalogie de ce courant protéiforme qui a su développer une résistance labile et protéiforme, apte à déjouer les visées d'un système qui cannibalise ses marges pour les asservir.

  • Le point zéro de la révolution se situe dans la sphère privée, site de la reproduction sociale de la main-d'oeuvre et de la force de travail, soutient Silvia Federici. Écrits entre 1974 et 2012, les textes ici réunis mettent en perspective les analyses et les combats féministes dans lesquels l'autrice de Caliban et la sorcière s'est inlassablement engagée. Ils éclairent un parcours intellectuel et politique guidé par une adhésion critique au marxisme, qui rejoint désormais les positions écoféministes.
    Devant la férocité de la mondialisation néolibérale il est urgent, nous dit Federici, que les féministes rouvrent le chantier politique de l'émancipation en l'associant à la défense des biens communs.

  • En compagnie est l'association d'"autrice" et d"actrice", mots qui dérivent tous deux du latin auctrix. Malgré cette étymologie commune, leurs destins furent bien différents, et c'est l'histoire du premier que retrace ici Aurore Evain, contribuant ainsi à réhabiliter ce terme proscrit par les hommes de lettres.

    Chercheuse, Aurore Evain est aussi comédienne et metteuse en scène, et son travail a inspiré à Sarah Pèpe la pièce de théâtre Presqu'illes, publiée à la suite du texte. Elle y retrace le procès du mot autrice en quelques joutes oratoires qui déplacent le poids du ridicule du côté des maîtres du discours.

  • Souad Labbize est descendue "dans les caves de l'enfance", pour écrire ce témoignage en soutien à toutes les femmes et filles victimes d'agressions sexuelles. Rédigé en français, traduit en arabe, il pose dans ces deux langues des mots sur la douleur et la honte, sur la rudesse de la mère et l'indolence du père. Des cris horrifiés, sans compassion ni tendresse pour l'enfant violée, la projettent sur le chemin au bout duquel elle gagnera sa liberté et son indépendance.

    Souad Labbize a publié un roman, J'aurais voulu être un escargot (Séguier, ré-édition Éd. des Lisières) et deux recueils de poésie, Une échelle de poche pour atteindre le ciel (Al Manar) et Brouillons amoureux (Éd. des Lisières).

  • Ardent défenseur de l'émancipation économique et politique des femmes, le philosophe anglais John Stuart Mill (1806-1873) prit fait et cause pour le droit de vote des femmes. Ce petit livre offre pour la première fois en traduction quatre de ses discours, ou plaidoyers pour le suffrage féminin, prononcés entre 1867 et 1871, à l'époque où il rédige De l'assujettissement des femmes (1869). Qu'il parle devant ses pairs du Parlement ou devant ses camarades féministes, Mill s'efforce de briser le carcan victorien des rôles de sexe. Ses arguments annoncent l'âpreté du combat de celles qu'on n'appelle pas encore suffragettes et qui remporteront une première victoire en 1918.

  • Solidement ancré dans les recherches féministes sur la mondialisation et sur la dynamique des rapports sociaux de sexe, de race et de classe, ce livre est un essai sur l'emploi méthodique de la coercition au service de la mondialisation néolibérale.

    L'instrumentalisation d'une violence en apparence "aveugle", mais en fait très contrôlée, dessine le fil rouge reliant entre eux les quatre textes qui le composent. Proximité troublante de la torture avec la violence domestique (au Salvador)... Création de la classe masculine des «frères d'armes» par le service militaire (en Turquie)... Diffusion des techniques de guerre de basse intensité (au Mexique)... Perpétuation (néo)-coloniale des violences contre les femmes indiennes (au Guatemala)...

    Jules Falquet croise différents niveaux d'analyse pour rapprocher des perspectives généralement cantonnées à des sphères séparées. En révélant les continuités qui rattachent la violence misogyne aux méthodes coercitives militaro-policières, cette approche met à jour les logiques genrées de la «?gouvernance?» mondialisée, ici nommée, par antiphrase, Pax neoliberalia.

  • Philosophe et polyglotte, Eleni Varikas explore la dimension politique de la domination - la sujétion des femmes et des esclaves, leur exclusion de la démocratie, la naturalisation des inégalités et des oppressions. Faisant du genre un « concept voyageur », elle travaille sur la modernité avec Locke et Adorno, Virginia Woolf et Hannah Arendt, Donna Haraway et Angela Davis. Ce recueil invite à repenser le concept d'universalisme à la lumière de l'infériorisation des femmes, et celui de la liberté moderne à la lumière de l'esclavage et de la colonialité. Les textes sont tour à tour présentés par Michelle Perrot, Toni Negri, Catherine Achin, Elsa Dorlin, Martine Leibovici, Michaël Löwy, Keith McLelland et Sonya Dayan-Herzbrun.

  • Genre et discrimination

    Collectif

    • Ixe
    • 9 Février 2017

    Le développement simultané des études sur le genre et des recherches sur les discriminations amène à interroger la définition même de ces termes et leur imbrication. Si le genre est une catégorie d'analyse visant à dénaturaliser les différences de sexe et les rapports de domination qui les consacrent, la notion de discrimination qualifie tout traitement préjudiciable fondé sur un critère illégitime - le sexe, par exemple, ou l'âge, la classe, l'origine ethnique.
    Issu d'un colloque organisé en juin 2016 à l'Université Paris-Diderot, l'ouvrage rassemble des contributions qui, en croisant ces deux approches, ouvrent des pistes nouvelles à la lutte contre les exclusions et les inégalités.

  • Conte philosophique contemporain, Sexus nullus, ou l'égalité décrit l'irrésistible ascension d'Ulysse Riveneuve, doux rêveur propulsé à la tête de l'État sur un unique engagement : ne plus mentionner le sexe à l'état civil. Lancée lors d'une morne campagne présidentielle, l'idée fit son chemin. Et si le grand problème de l'égalité femme-homme tenait à un si petit détail ? À la fixation sur une identité sexuée de fait accessoire, sans pertinence pour les actes de la vie civile... Les médias avaient besoin de nouveau grain à moudre, ils se jetèrent sur la proposition. Et c'est ainsi qu'au terme de débats passionnés, le vieux pays, arraché à sa morosité, s'engagea sur la voie de l'égalité universelle.

  • En trois siècles et demi d'existence, l'Académie a beaucoup travaillé à masculiniser le français. Ardente avocate du « genre le plus noble », elle a lancé contre la « féminisation » une croisade aveugle aux logiques de cette langue romane et aux évolutions en cours dans les autres pays francophones. Les Quarante, il est vrai, ne sont ni grammairiens, ni linguistes, ni philologues... L'ouvrage retrace cette guerre menée à grand renfort de déclarations péremptoires, mais infondées, réactionnaires et sexistes, face auxquelles les protestations n'ont pas manqué. Il en précise aussi les enjeux et permet de comprendre pourquoi la France a entamé sa « révolution langagière » contre les avis de l'Académie.



    Avec la contribution, singulière et collective, de Maria Candea, Yannick Chevalier, Sylvia Duverger et Anne-Marie Houdebine.
    La collaboration d'Audrey Lasserre.
    Et l'aimable concours de Louise Labé.

  • En 1918, les femmes britanniques - ou plus exactement une partie d'entre elles... - obtenaient le droit de vote. La publication de ce roman, paru en 1911 et traduit pour la première fois en français, célèbre le centenaire de cette demi-victoire. Populaire et didactique, écrit par une des protagonistes du mouvement autour de faits réels, il décrit un moment particulièrement véhément du combat des suffragettes. Les circonstances, les personnages, les situations que Colmore choisit de mettre en avant livrent quantité

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