Joca Seria

  • Le guide pratique du féminisme divinatoire est un grimoire politique dans lequel théorie et pratique se mêlent pour faire jaillir un synchrétisme ouvert et joyeux. Le féminisme divinatoire est un croisement, une double hérésie pour brouiller les pistes. Un regard sur deux sensibilités culturelles qui évitent les contacts et se manquent de peu en France : un point de vue féministe radical et une clairvoyance spirituelle. Le guide pratique est accompagné d'un DVD du film Sorcières, mes soeurs, dont il est le descendant direct. Un film qui rassemble cinq portraits de femmes et/ou féministes qui s'autoproclament Sorcière aujourd'hui, sous un angle féministe et politique. Manifeste, incantations, recettes, arts divinatoires, voici douze rituels pour l'avènement du féminisme divinatoire.

  • Une soeur et un frère revisitent les motifs récurrents de la scène familiale.
    Tabous, deuil, inceste, souvenirs écran : tour à tour violentes, sarcastiques, pathétiques, irritées, outrancières, névrosées, complaisantes, ces deux voix vont vider, de fond en comble, leur sac verbal.
    Emporté par une phrase flux et ponctuée, qui avance par embardées, ce texte à deux voix tourne dans une forêt, passe au travers des gouttes, plonge dans une rivière. Un fantôme apparaît, on se tue sous un pont, on vit un 11 septembre, on couche avec qui passe. Une performance obscène et sidérante.

  • Séquoiadrome

    Emilie Noteris

    Séquoiadrome oscille entre une trame narrative à caractère fantastique et la réalité des problèmes théoriques et historiques qu'il soulève. Il est donc question, avec humour, de philosophie, de politique, et d'écologie. Crash d'un avion de tourisme au sommet de la plus grande entité vivante : un séquoia baptisé Karl Marx par une communauté socialiste utopique. Les secours tardent à se manifester. Robinson, l'aviateur, et Miss Hélium, sa copilote, mettent en place un habitat de survie. Un dialogue s'amorce entre Robinson et son hôte. Et si le séquoia semble hanté par le spectre de Karl Marx, Robinson s'interroge sur la validité, l'actualité de son message aujourd'hui. Dans un texte inventif, qui mêle théorie et narration, Émilie Notéris installe un discours critique, dans la lignée des textes d'anticipation utopiques.

  • Un mobile

    Judith Meyer

    > Profil > Née à Nancy en 1978, Judith Mayer porte le nom d'au moins trois cents personnes référencées en ligne. Pour se distinguer de ses homonymes, elle a séjourné quelques années sur les rives de la Méditerranée (Izmir, Istanbul, Marseille). Elle enseigne désormais la communication à l'Université de Paris XIII. Chroniqueuse et productrice sur France Culture (Tout arrive, Tentatives Premières, Sur les docks), elle crée aussi des sites culturels (www.istanbulradio.org, www.marseille-face-b.fr) > Accueil > Un mobile Il faut un mobile pour tuer : en faut-il un pour vivre ?
    Léna, blogueuse coincée chez son universitaire de père, correspond avec Jol, voyageur indécis.
    Autour d'eux, en réseau, épiciers mélancoliques, expatriés blasés, artistes noctambules, travelos orientaux, femmes fatales de province : tout un monde.
    Entre l'art et la fuite, l'écriture et la critique, chacun s'invente un personnage. Au fil des fantasmes, des pages visitées et des posts croisés, leurs trajectoires aléatoires tissent la toile d'un récit à facettes.
    > Ce qu'en pensent les personnages Izzet Yazar, auteur : « Un roman de l'actuel. Pas de l'actualité, non : plutôt d'une certaine qualité de présent. » Armelle Sapelier, journaliste : « Les fragments d'un discours virtuel. » (Opus cité, Radio Lyre) Claude Régeur, professeur à l'Université de B. : « Une réflexion à tiroirs sur l'homme contemporain comme sur le personnage de fiction. Mais c'est la même chose. » (La gazette de B.)

  • Autofiction mythomane, ou autofiction tout court, Quelque chose de l'ordre de l'espèce parle du père et de sa haine, de son héritage, de sa folie, de son meurtre et des survivants.
    Un texte aussi saisissant que poétique.
    Quelque chose de l'ordre de l'espèce met en scène une mère et un fils soumis à la paranoïa antisémite et raciste d'un père tout puissant. Chacun a recours à des moyens inadéquats pour tenter de garder contact avec le réel.
    Mais nourris par la haine, construits autour d'elle, ils ne peuvent s'en défaire complètement. Ils en ont besoin pour exister, c'est à travers elle que s'est fondée leur identité.
    Tout part du meurtre de Samuel Rosenfeld, événement traumatique, concrétisation de la fureur du père. Samuel Rosenfeld, cadavre initial que chaque personnage va gérer comme il peut. Le lien qu'ils créent avec Simon, fils de la victime, représente encore leur attachement au père, puisque Simon lui-même ne s'est réalisé qu'à travers cet événement traumatique.
    À travers trois parties qui jouent magistralement sur le rythme et les registres de langue, Guillaume Lebrun signe ici un premier ouvrage à tous points de vue remarquable.

  • La fin des années 70 a vu l'émergence de mouvements prônant la lutte armée.
    Rémi Deulceux a 25 ans, trop jeune pour avoir vécu les années de plomb. Il se penche, avec un regard d'aujourd'hui sur l'histoire d'Action Directe. Le comment, le pourquoi des choix de Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon, Joëlle Aubron et Georges Cipriani. Mais également leurs moyens, leurs idéaux, et le fonctionnement du système qu'ils ont voulu combattre. Les raisons de leur échec, aussi.
    Ce qu'ils voulaient détruire, une démocratie outil de la bourgeoisie, inexorablement au service des classes supérieures, est toujours en place.
    Installation poétique accompagnée d'une pièce sonore, ce texte revient sur cette terrible alternative : la liberté par les armes, ou la paix au prix de la soumission.

  • Guillaume Lebrun doit son existence à une technique :
    C'est un bébé éprouvette. Il se considère donc comme un prototype numéroté, un être humain à l'essai, qui doit intégrer les données qui lui sont soumises. Mais dès l'enfance, seules la violence et la folie familiale constituent son quotidien : son père est son bourreau. Alors qu'il tente de se reconstituer une identité, il est assailli par la voix des victimes, nombreuses, du même tortionnaire. Tous exigent que l'écrivain relaie leur histoire, quitte en perdre sa propre langue.
    Récit fulgurant sur l'impossibilité de dire l'horreur, ce texte interroge la notion d'autofiction de manière inédite.
    Guillaume Lebrun a 25 ans. Il a publié l'an dernier son premier livre, Quelque chose de l'ordre de l'espèce, dans la collection Extraction. Il sera en résidence à Montévidéo, sur invitation d'Hubert Colas, en 2012.
    Pour tenir à distance la folie et la violence familiale, Guillaume se refugie dès l'enfance dans la mise en fiction des faits et événements qui constituent son quotidien. Ce processus a engendré son premier livre, Quelque chose de l'ordre de l'espèce, mettant en scène la figure dévastatrice d'un père en proie à une haine abyssale. Alors que l'auteur tente dans son second opus de se reconstruire une identité, il découvre, par la voix des autres, ceux qui ont connus ce père monstrueux, qu'il est loin d'être une victime singulière.
    L'enfant dit « Guillaume Lebrun » est un prototype, issu d'une technique. Il s'est appliqué à développer toutes les clauses métaboliques de l'espèce, mais la conscience de sa fabrication vient se placer comme un filtre sur ses perceptions extérieures. Il se représente comme un être humain à l'essai. Il intègre malgré tout le système, tente de développer des sentiments, des convictions, un intérêt.
    Mais le processus s'enraye, les êtres qui s'occupent de son éducation sont déclassés, et dérivent lentement vers une forme de folie qu'ils s'emploient à lui transmettre. Partagé entre sa froideur et la nécessité de faire face à la violence engendrée sous ses yeux, il décide de transmuter et de devenir autofictif. Mais à la suite d'une mise au jour de ses procédés, le prototype 876437 1-A s'aperçoit qu'il n'est plus une victime singulière. Les voix extérieures, 'les autres', viennent infiltrer le système qu'il a mis en place, pour raconter leur histoire qu'ils estiment aussi légitime que la sienne. Débordé par leurs attaques, il se laisse envahir tout à fait.

  • Regen

    Joachim Montessuis

    Musicien, poète et performeur, Joachim Montessuis est une figure majeure de la scène poétique expérimentale contemporaine. Regen est une réflexion sur le concept de régénération.
    Biologique, musicale, poétique : la régénération est explorée dans un court texte, composé de notes diverses, qui se font écho. Le livre est accompagné par une pièce sonore inédite sur cd.

  • Seize fragments textuels, seize mouvements musicaux; un seul leitmotiv. Dans La pornographie, le romancier Witold Gombrowicz opposait à l'idée que « L'homme veut être Dieu » cette autre, plus simple, mais selon lui plus féroce : « L'homme veut être jeune ». Vouloir être jeune, c'est presque se contenter de peu, mais c'est aussi plus tristement désirer faire machine arrière, retrouver ce qui a été et que l'on a perdu. Après Canal Tamagawa, le nouvel opéra parlé de Fabrice Ravel-Chapuis et Philippe Adam, Il manque une pièce, repose entièrement sur ce sentiment de perte, que cela soit la perte de l'enfance, celle d'un être à présent absent ou encore la perte de soi-même. Il manque une pièce, c'est le sentiment que quelque chose nous échappe sans qu'on sache toujours bien dire quoi, mais quelque chose nous échappe. Entêtantes, inquiétantes, les compositions de Fabrice Ravel-Chapuis s'adjoignent un quatuor à cordes et retrouvent les textes de Philippe Adam qui sont comme une succession de petits tableaux narratifs créant une impression d'étrangeté. Il manque une pièce a été présentée aux Bouffes du Nord le 13 juin, dans le cadre de Paris en toutes lettres.

    Le CD Récitant : Jean Guidoni Violon : Frédéric Haffner Violon : Hélène Corbellari Alto : Marie-Aude Guyon Violoncelle : Julien Amedro Piano & composition : Fabrice Ravel-Chapuis 1 Si je revenais 04:24 2 La peur 02:33 3 De toute urgence 02:08 4 Il manque une pièce 02:52 5 En silence 02:29 6 Si tu revenais 02:40 7 L'araignée 02:32 8 Ceux qui partent 00:37 9 Patriarches 02:35 10 Rédemption 02:59 11 Chaînon manquant 03:03 12 Comme si 05:05 13 Carnet de santé 02:55

  • Part &

    Anne Kawala

    Objet-livre, livre-objet, Part & se lit de part et d'autres, nous plongeant dans une expérience de lecture baroque. Le travail d'écriture, d'installation et de montage au creux de pages abolissant toutes conventions et vis-à-vis. Le cerffraie et la bicherf, protagonistes changeants, chimériques, errent ainsi au fil des pages et des histoires d'amour. Le point de vue de chacun transforme les possibles et les discours, les sentiments et les perceptions. De gauche à droite, de droite à gauche, ou bien lues indépendamment d'un seul côté, les pages délivrent leurs tableaux vivants, portraits et poursuite forestière. Par sa mise en scène des faits et ressentis, Part & est une histoire d'amour où le lecteur s'implique, délaissant tout principe d'innocence.

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