Littérature générale

  • Cité modèle

    Donna Stonecipher

    Donna Stonecipher sonde l'étrangeté si familière de la ville postmoderne pour tenter de répondre, en deux cent quatre-vingt-huit strophes, à la question : « Comment c'était ? » De l'architecture « pure, propre, correcte et saine » de Le Corbusier aux arabesques de l'Alhambra, de l'origine de l'ersatz à la duplicité du construit, du factice victorien au baroque socialiste, des soubassements philosophiques de l'urbanisme aux défaillances des modèles de cité modèle, elle traque, dans la disparition des idoles idéologiques et d'un certain idéalisme européen, les sens mouvants du chez-soi. Recueil obstiné et fractal, Cité modèle déploie les lignes d'erre et de fuite du flâneur contemporain, et dessine, entre strates et passages, un atlas de l'impermanence.

  • La poésie d'Antjie Krog est personnelle, sensuelle et très engagée. Sa voix est tour à tour furieuse, vulnérable, pleine d'espoir et désemparée. Ce recueil contient sa toute dernière création : une messe pour une planète fragile. Une réflexion qui nous concerne tous. Un souci pour l'univers.
    La Sud-africaine Antjie Krog (née en 1952) est une poétesse, journaliste et universitaire qui écrit en afrikaans et en anglais.
    Elle est depuis de nombreuses années l'un des grands noms de la littérature contemporaine. Elle doit cette renommée à recueils de poésie pétillants et virtuoses, mais aussi à des essais.

  • Il s´agit ici d´une édition critique de l´Autoportrait dans un miroir convexe qui révèle John Ashbery au grand public en 1975 : le livre reçoit simultanément les trois plus prestigieux prix littéraires américains, le Pulitzer Prize for Poetry, le National Book Award for Poetry et le National Book Critics Circle Award for Poetry. L´Autoportrait dans un miroir convexe tire son nom d´un long poème, méditation métaphysique de l´auteur sur l´autoportrait réalisé en 1524 par le peintre italien Parmigianino. Il s´agit, comme dans les autres poèmes du livre, d´une partie de cache-cache du poète avec ses images, ses ombres et ses formes. Ce jeu sérieux et drôle mène parfois, au détour d´un vers, au sourire mélancolique du poète qui invite le lecteur à se regarder lui aussi dans le miroir du poème. Cette nouvelle traduction est suivie d´essais d´écrivains et universitaires qui ont côtoyé John Ashbery et ont contribué à le faire connaître en France.

  • Journal de prison

    Igor Gouberman

    Journal de prison. Le titre n´en fait pas mystère, l´expérience carcérale est le sujet du recueil. Et c´est bien un journal qui est donné au lecteur, sans chronologie, sans grand récit, mais un journal malgré tout, avec ses instantanés, ses vignettes, ses annotations sensibles, ses petits émerveillements, avec les douleurs et les cocasseries du quotidien. On commence par le pressentiment de l´arrestation, on finit par un transfert et un voyage en train, un voyage musical (les dernières pages sont riches de plusieurs références à la chanson populaire), avec pour horizon incertain un camp quelque part en Sibérie.

  • Traversées

    Stanislas Mahé

    À la veille de la Seconde Guerre mondiale, les compagnies maritimes emploient leurs paquebots de luxe, désertés par leur clientèle régulière, au transport de Juifs allemands et de républicains espagnols. En mai?1939, les derniers transatlantiques quittent les ports européens. Le Saint-Louis, l'Orduña et le Flandre ne seront jamais autorisés à débarquer leur cargaison humaine sur le continent américain. Après des semaines de négociation et d'errance à croiser au large des côtes cubaines, mexicaines et américaines, les navires pestiférés sont contraints à un retour forcé vers l'Europe.
    Traversées est le journal d'un vieil homme, Nathan Weissman, qui, à l'occasion d'une croisière sur le Queen Mary 2, replonge soixante-quinze ans en arrière, habité par la mémoire d'une première traversée entre Saint-Nazaire et Cuba, à bord du Flandre.
    Au fil des pages du journal, les souvenirs remontent, se bousculent au gré de ses états d'âme et dans l'entrelacs des époques.
    Stanislas Mahé nous fait le récit émouvant de ce parcours cabossé, de cette existence chahutée et vagabonde et nous pose cette question capitale?: comment se construire une vie sans port d'attache, sans phares ni balises??

  • Nii Ayikwei Parkes est un écrivain, principalement anglophone, né le 1er avril 1974 dans le Lincolnshire, au Royaume-Uni, de parents ghanéens et élevé au Ghana. Poète, romancier, chroniqueur, nouvelliste, il pratique le spoken word en public. Il est connu pour son premier roman, Tail of the Blue Bird, publié en 2009, et dont la traduction française par Sika Fakambi, sous le titre Notre quelque part, est parue en 2014 aux éditions Zulma.

  • Où finit la ville

    François Bon

    Repérages urbains autour du lac de Grand-Lieu.
    Quand une des plus métropoles urbaines françaises (Nantes) se dissout dans un espace naturel qui révèle ce que cache l'urbanisation forcée.
    Le regroupement et la transformation du territoire français autour de quelques points nodaux, grandes métropoles dont l'expansion et la densité s'accroît sans limite. À Grand Lieu, c'est la ville qui se dissout : là où commence l'espace naturel protégé, la ville doit cesser. Mais qu'on se retourne : le moindre hameau est aspiré par la ville. Lotissements qui sont des HLM à l'horizontale, au mépris de toute sensibilité urbanistique, paysagère ou architecturale ; zones de covoiturages vides et saturation matin et soir du tissu routier pourtant inadapté ; disparition aggravée de ce qui reste des commerces locaux au profit de quelques Hyper U qui sont comme les avancées limite de l'urbain, compensées par des productions écologiques laboratoires. Ajoutez l'aéroport et le conflit à échelle nationale de son remplacement par un autre à Notre-Dame des Landes, un parc d'attraction qui à l'origine exposait un village « Bamboula » mais continue de fleurir. Même dans la beauté nue et sauvage du lac (asséché une partie de l'année), les individus isolés qu'on croise (ornithologues, jogueurs, gardes, où ce qui se réfugie ici des plus précaires de la ville) reste comme une étude sur échantillon laboratoire du destin de la ville.

  • Comment devenir parfait

    Ron Padgett

    Mangez une orange chaque matin.
    Soyez gentil. Vous serez plus heureux.
    Faites monter votre pouls à 120 pulsations par minute pendant vingt minutes d'affilée, quatre à cinq fois par semaine en faisant une activité de votre choix.
    Espérez tout. N'attendez rien.
    Occupez-vous d'abord des choses qui sont à portée de main. Rangez votre chambre avant de sauver le monde. Ensuite, sauvez le monde.

    Traduit de l'anglais (États-unis) par Olivier Brossard et Claire Guillot.

  • Mes beaux habits au clou compte parmi les oeuvres américaines majeures des années 1920. Ancrée dans la culture et le parler populaires noirs, elle donne ses lettres de noblesse au blues comme genre poétique à part entière. Tournant le dos aux formes traditionnelles, imposant une langue profondément américaine, Langston Hughes s'inscrit dans la lignée d'un Walt Whitman, érigé en modèle absolu, en même temps qu'il conçoit son recueil comme un manifeste pour toute une génération de jeunes écrivains noirs soucieux de ne pas complaire à la bourgeoisie de Harlem. Ses poèmes, récits de coeurs brisés, de misère et de malheur poisseux, gardent l'esprit du blues autant que la lettre. Ici, on rit pour ne pas pleurer, pour continuer à vivre malgré tout.

  • Renflouer la poésie

    Charles Bernstein

    Dans Renflouer la poésie, livre qui regroupe des textes écrits ce dernier quart de siècle, Charles Bernstein en fait voir aux poèmes (et aux lecteurs) de toutes les couleurs et de toutes les formes. Des vers et des pas mûrs : les poèmes de Charles Bernstein passent par tous les états possibles imaginables ;
    Souffrant d'une incurable bougeotte, ils vont toujours voir là-bas s'ils y sont Le lecteur suit des poèmes qui passent du sérieux au rire en un rien de temps, et vice versa : l'humour devient force poétique et philosophique. « Un tiens vaut mieux que deux choléras ». Ce que l'on tient, avec Charles Bernstein, c'est le plaisir d'une langue virtuose, c'est la joie de lire, de dire et d'écouter les mots qui se présentent sur la page.

  • Hors saison

    Sylvain Coher

    " C'est toute une journée déjà qui se replie avec la mer dans la poche d'obscurité.
    Nous ne sommes plus de simples arrivants : nous avons laissé nos marques sur le sable des plages. Nos empreintes un peu partout. Déjà, je me demande bien ce que sera l'hiver après l'automne et le printemps docile et l'été. Oui d'abord, et l'été ?
    Où irons nous, Elia, lorsque les estivants reviendront voler notre quotidien ? Leurs cris sur les plages rappelleront ceux des fusils, les cris de Solenn couchée sur la route.
    Jamais nous ne pourrons les faire taire, Elia. Alors nous fuirons : nous attendrons que la marée soit propice et nous irons sur l'eau, bien sûr ; nous suivrons des courants phosphorescents, avec la marée nous irons tout là-bas, pour toucher l'horizon et le secret du vide caché derrière l'horizon. "

  • L'angle de lacet

    Ben Lerner

    Angle de lacet, livre de poésie ambitieux, est une longue méditation sur la commercialisation de l'espace public et de la parole. Combinant perspicacité philosophique et expérience poétique, indignation politique et expérience personnelle, les poèmes en prose de Lerner examinent comment les technologies de visionnage - la photographie aérienne en particulier - nourrissent notre image d'une culture spectaculaire.

  • L'attrape soleil

    Morten Sondergaard

    L'attrape soleil de Morten Sondergaard est un choix de poèmes de l'auteur publiés en danois dans différentes revues et recueils.
    Morten Sondergaard est un poète très reconnu au Danemark.
    L'Attrape soleil publié en France sera le premier ouvrage anthologique d'importance destiné à le faire découvrir des lecteurs français.

  • 24 minutes chrono : tel pourrait être le sous-titre de ce texte, partition pour une performance collective libre dont le langage, le bruit et la musique sont les héros. Les lecteurs habitués aux scénarios palpitants croiseront, dans le temps imparti, une philosophe célèbre, une artiste, une toile, un nazi à son procès, la mère de l'auteur, des voix et pseudo-voix, des valises, des futurologues perspicaces et quelques machines à écrire mélomanes. In promptu, sous les yeux, sous la main : ce qu'Hannah déploie devant nous, c'est la « dactylographie nocturne » d'une poésie pour la page et la scène.

  • On ne sait jamais

    Ron Padgett

    Dans son livre, Ron Padget passe la serpillère, prépare une lessive, lance le café... et écrit des poèmes. Car la poésie est une activité du quotidien : « encore un petit poème/avant d'aller au lit ». Et surtout car chez lui le quotidien conduit à la poésie. Les objets les plus triviaux - un balai en paille de maïs, une statuette d'indien en bois, une bicyclette - ramènent à la mémoire, à l'enfance, au temps qui passe. En apparence, les poèmes de Ron Padgett sont simples, légers et malicieux : on y croise des elfes très méchants, de petits chiens qui sautillent et des nuages de fumée. On commence toujours l'air de rien, avec une comptine ou une expression toute faite -« on ne sait jamais ». Mais Ron Padgett prend les mots à la lettre, il jongle avec eux comme avec les molécules qui nous composent. Et son poème finit, insensiblement, par s'interroger sur l'essentiel. « J'ai 49 ans et la mort tout autour de moi. L'écriture peut-elle aider? Sans doute que non. »

  • En 1917, Apollinaire écrivait?: «?Poésie et création ne sont qu'une même chose?; on ne doit appeler poète que celui qui invente, celui qui crée, dans la mesure où l'homme peut créer. Le poète est celui qui découvre de nouvelles joies, fussent-elles pénibles à supporter.?» Depuis les années soixante, l'artiste Jim Dine va sans cesse à la découverte, en peintre comme en poète. Si ses toiles, dessins, estampes et sculptures se trouvent dans les plus grands musées, son oeuvre écrite est moins connue. Son écriture poétique est pourtant essentielle à son travail d'artiste, et ses poèmes sont autant d'explorations et de poursuites de ce qu'Apollinaire appelait il y a un siècle «?l'esprit nouveau?». En 2017, Jim Dine publie « La Coupole et autres poèmes »?: ce volume rassemble, dans une édition bilingue, une partie substantielle de sa production poétique depuis le début de sa carrière d'artiste.

    Traduit de l'anglais (États-unis) par Vincent Broqua, Olivier Brossard, Abigail Lang et Béatrice Trotignon.

  • Quand on est d'ici et d'ailleurs, où reposer ? Le choix de funérailles au pays natal peut clore une vie déracinée et entraîner les vivants dans une épopée héroïque digne d'Antigone qui, dans la tragédie grecque, défia les lois de la cité pour enterrer son frère. Il arrive aussi que l'incongruité des situations invite l'humour dans les préparatifs. Élisabeth Pasquier et Anne Bossé, chercheuses en sociologie, architecture et urbanisme, écrivent ont écrit une pièce à partir d'entretiens réalisés avec des fils et filles de migrants, des médecins, des professionnels du fret aérien et des pompes funèbres.

  • Eleni Sikelianos nous entraîne ici à l'orée d'une forêt obscure?: après la lumière qui baignait ses précédents recueils de ses diffractions et éblouissements (Du soleil, de l'histoire, de la vision?; Le Poème Californie), voici venu le règne de l'ombre, propice aux collisions. Passé, présent et futur s'entrechoquent?; rêves et réalités s'imbriquent?; histoire et fiction se mêlent tandis que les figures poétiques et le langage scientifique se pollinisent. Les vivants et les morts s'enlacent, se parlent souvent sans se comprendre et se dérobent dans la nuit. On croise en particulier les membres de la famille Sikelianos, comme ce père insaisissable et cette grand-mère hors-normes dont la poète a déjà dressé d'étonnants anti-portraits kaléidoscopiques (Le livre de Jon?; Animale Machine, La Grecque prodige), ou sa toute jeune fille, Eva, propulsée dans la vie et dans l'apprentissage du langage. On retrouve aussi, dans ce Tendre Inventaire, les fantômes de nos ancêtres préhistoriques et leurs traces terriblement évanescentes, ainsi que les figures qui peuplent nos mythes, nos comptines d'enfants, nos cauchemars et nos rêves.

  • Touché, coulé

    Pascale Ruffel

    Après Les Ancètres ne prennent pas l'avion, Pascale Ruffel revient avec un nouveau livre. Psychologue dans un centre pour réfugiés elle poursuit sa réflexion et évoque cette fois-ci dans une perspective plus personnelle et littéraire ce qui se noue dans notre relation au monde liquide, lieu de plénitude, de bonheur simple mais aussi de désatre. Ce livre est aussi une réflexion sur notre rapport au langage, les récits et les contes qui nous construsisent et sur l'enfance, irréductible en nous.

  • On laisse tomber les références littéraires et les poses qui vont avec. On parle fort, comme une bande de potes. On chante. On boit. On chante encore. Faouzi et Isham transforment leurs guitares en oud, laissant les poèmes se coudre sur le rythme, moelleux, craquant. On échange des braises. On brûle des campements. Trois heures plus tard, nous sommes frères pour la vie. Aucune légion ne pourrait écraser notre tribu. J'ai le sentiment d'avoir vécu un siècle. Je vide les cendriers comme si je buvais des étoiles. »

  • Jean-Claude Pinson, écrivain, poète et philosophe nous propose son autobiographie. Ce faisant, il fait le constat, ni tristesse ni amertume, que sa vie n'a guère débordé des frontières du département de la Loire-Atlantique, tel un navire tirant des bords entre ces trois bouées que sont Nantes, Saint-Nazaire et Tharon-Plage petite cité balnéaire où il passe dorénavant le plus clair de son temps. C'est surtout comme il le précise, « une vie dans les livres, pour essayer d'y voir plus clair dans les affaires obscures de ce département toujours plus ou moins en mal de bonne gouvernance qu'est pour chacun son propre moi. », à quoi il ajoute : « Écrire, à propos du pays (du département) où l'on vit, sous l'angle des affects, des sensations et émotions, sentiments, dont il est le cadre et la source, voilà qui me convient plutôt. » En une vingtaine de chapitres à l'esprit très vif, Jean-Claude Pinson égrène souvenirs et réflexions. Il revient sur son engagement maoïste dans les années soixante, décrit son enseignement de la philosophie, mentionne ses lectures de Julien Gracq, Pierre Michon ou Leopardi tout autant qu'il décrit l'art de cuisiner la lamproie, relate les carnets de guerre de son grand-père, avoue sa passion pour le rugby ou parle des oiseaux dont le chant berce sa lecture à l'ombre d'un grand pin parasol. Toute une vie passée à observer, étudier, lire, décrire dans un cadre géographique limité, seulement en apparence.

  • Sonnetssonnants

    Andrew Zawacki

    22 sonnets, ultra sophistiqués dans leur combinatoire, pour suivre tout d'Ella, la fille aînée de l'auteur, son charme et sa fragilité, ses mots et jeux d'enfant, ses angoisses, ses révoltes de petite ado : toute en espièglerie et audace, elle questionne fort la vie et les choses, et fait trembler le père, et le vers jusqu'à ce que finement il se détende et se suspende pesé menu au-dessus de ce qui menace. Un environnement qui pique, qui blesse, qui fait pleurer. Car le monde d'aujourd'hui est sournoisement dégradé et perverti, jetant une ombre sur le décor et les scènes que seule la fillette peut ré-enchanter. À condition que le poème sache lui trouver un coin, un point de vue ou d'équilibre qui la soutient, où elle est bien. Il faut être grand pour s'appliquer à ce genre très particulier qu'est l'adresse à l'enfant et se glisser à petites syllabes dans une constellation d'émotions changeantes dont chaque texte rejoue l'intégralité encapsulée d'une fraîcheur intacte.

  • Vague

    John Ashbery

    Un recueil comprenant des poèmes comme At North farm, Merci de ne pas coopérer, Les puristes objecteront, Quoi que ce soit, où que vous soyez, ou encore Vague, par le représentant de l'Ecole de New York des poètes.

  • Avertissement au lecteur : « Rien ne se passe / de la façon / que lon croit » dans Le Grand Quelque Chose de Ron Padgett. Le livre dont le titre est une variation sur Le Grand Sommeil offre autant de surprises et de rebondissements que le polar de Raymond Chandler, dans un univers poétique parallèle. Pourtant pas de vieux général, pas de jeunes femmes délurées ni de dangereux malfrats dans ces pages. Mais une invitation, lancée au lecteur, à devenir un privé dun nouveau genre : quel est le point commun entre les étonnants personnages qui se promènent dans le monde de Ron Padgett ? Entre Tom et Jerry qui passent leur bac, Pierre Reverdy qui remonte la rue de Rennes manuscrit sous le bras, Woody Woodpecker adulé, Tarzan dans le collimateur et Guillaume Apollinaire feu follet ?
    On découvre dans ces poèmes détonnants indices, comme les pin-up dénudées du calendrier de Jean-Paul Sartre, un guide du savoir vivre du pivert, de bons baisers de Dalmatie. On sétonne du mystère de la poussière qui tourne, on observe un dîner frappé par la foudre, on repère un grand hamburger qui pilote un avion. Dans la poésie de Ron Padgett, « boîte de nuit imaginaire » avec la faune de ses habitués, on peut apprendre comment commencer sa propre civilisation. On peut aussi regretter les amis disparus au son idiot dun chien qui aboie. On peut apprendre, tout simplement, à « profiter de tout / une heure de plus ».

    Auteur de nombreux livres de poésie, grand traducteur de poésie française (Cendrars, Apollinaire, Reverdy), Ron Padgett est né dans l'état d'Oklahoma en 1942. Associé à lécole de New York, Ron Padgett a collaboré avec de nombreux écrivains et artistes (Joe Brainard, Bertrand Dorny, Alex Katz, George Schneeman, Trevor Winkfield, Jim Dine). Il partage son temps entre New York et Calais (Vermont).


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