L'une Et L'autre

  • Littoral Marseille, du nom des stations de bus qui, dans les quartiers nord, jalonnent le bord de mer : Littoral Beauséjour, Littoral Mourepiane, Littoral Fenouil, Littoral Sacomane, Littoral Pas du faon... dans un paradoxe inouï car si on peut longer la mer sur 20 km, de l'Estaque à la plage du Prado, on la voit peu ... Au sud, il faut passer sous des portiques et parcourir des ruelles secrètes pour apercevoir des criques bleues et des maisons somptueuses. Au nord, il faut traverser des ronds-points, des embranchements d'autoroute, longer le port absolument interdit pour espérer découvrir une trouée à travers les grilles et les bateaux. Car la mer, à Marseille, n'est pas centrale. Le centre, c'est le Vieux-Port et la Canebière, non pas le Chemin du littoral dissimulé sous une autoroute. C'est ce paradoxe qu'Elise Llinares a exploré. Et photographié avec en tête cette phrase de Cendrars comme fil conducteur : « Marseille est une ville selon mon coeur. Tout y semble perdu et, réellement, cela n'a aucune espèce d'importance ». Une photographie argentique, au moyen format, pour transcrire la tension lente, parfois désolée, de cet espace souvent déserté. Un paradoxe que Michel Peraldi, anthropologue au CNRS, décrypte dans un texte engagé et très personnel pour déconstruire les mythes marseillais et plaider pour un usage retrouvé du littoral et de la mer.

  • Variations sur les Filles d'Israël, de la Bible et d'ailleurs  : Ève; Saraï, Sarah; Rebecca; Rachel et Léa; Tamar; Ruth; Yaël et Deborah; Esther; Judith; Zivia Lubetkin et Soldate d'Israël en onze poèmes calligrammes.

  • La Nuit mexicaine est une sorte de journal où sont consignés au cours de plusieurs voyages que fit l'auteur au Mexique, poèmes, impressions, bribes d'histoires, rencontres, réflexions et constats au sein d'un pays en pleine révolution. Le Che, Antonin Artaud et Malcolm Lowry hantent le paysage.
    Voyage initiatique et trips en tout genre. La Beat generation bat son plein. L. Ferlinghetti, William Burroughs, Allen Ginsberg, Jack Kerouac et bien d'autres, feront d'une sorte de " folie " ambiante un mouvement emblématique d'une nouvelle jeunesse.

  • Wilfride Piollet expose ici la version achevée de ses Barres flexibles (expression tirée d'un poème que lui dédia René Char), sa théorie sur la danse consacrée aux exercices d'entraînement et d'échauffement. Ces exercices sont aussi bien outils d'interprétation que moyens de création et consignes d'improvisation. Synthèse des Barres flexibles se consacre précisément aux moyens d'observation et d'utilisation sensibles de cette recherche. Il se compose de deux parties :
    - 1ère partie : Les moyens de penser son geste. Il s'agit là d'évaluer son propre espace de mobilité (les mesures du corps) et de prendre conscience de la projection du corps dans l'espace (les temps du corps) pour aborder différentes façons d'habiter et d'affronter l'environnement.
    - 2e partie : Passer à l'acte. Cette partie est consacrée à la présentation exhaustive et synthétique des différents ingrédients qui composent la méthode des Barres Flexibles. Les exercices y sont présentés dans leur intégralité, sous la forme de partitions en cinétographie Laban.

  • Que sont Les Pleurs du mâle ?

    Passer de «L'objet du délire» au «Noir au blanc», du «Noir et blanc» à «l'oeuf au plat», de «l'oeuf au plat» à la «Salade», de la «Salade» au «Marcheur», du «Marcheur» au «Conte à dormir debout», du «Conte à dormir debout» à «Trumpette», de «Trumpette» à «Mon caca fume» ...

    Variations poétiques, mâles ou femelles, sur l'ambiguïté existentielle et comportementale de la pensée et de la condition humaine.

    Soulignées de quelques photographies.

  • Théâtralité familiale.
    Trilogie de l'enfer n'est pas à proprement parler une suite mais plutôt un rebondissement de la précédente trilogie, Table des Matières (L'une & l'autre, 2008), qui puisait son inspiration dans la Famille, avec une dominante : la Mère absente, projetant toutefois son ombre sur la vie familiale. Le personnage de la Fille, elle, double de la Mère initiatrice d'un paysage familial tronqué poussait son modèle jusqu'à la légende, là où l'histoire devient l'Histoire.
    Dans Trilogie de l'enfer, la Mère s'impose, s'interpose et ouvre le bal. Puis, au cours des trois textes : En dessous de l'enfer, l'amour; L'enfer, l'alcool ; Au dessus de l'enfer, la guerre, les chronologies s'inversent de manière fantaisiste... La Mère, morte, contemple sa Fille. Fille qui, adulte, en certaines situations se transforme en éléphant en peluche de couleur anthracite, qu'elle perçoit rose dès lors qu'elle l'imagine, Eléphanteau, en représentation de sa virtuelle descendance.
    Comme dans toutes les familles, on retrouve dans ces textes les fantasmes de l'amour, la confusion des sentiments et les ambiguïtés de la domination.

  • ?Cet ouvrage, tout à fait en dehors de nos productions habituelles, nous réjouit justement par sa singularité et la délicatesse « littéraire » qu'y a mise l'auteur dans la manière de présenter ses succulentes et inventives recettes à la datte.

    « Provoquer, partager, précipiter les émotions, pourrait dessiner mon portrait », dit-elle.
    Voici donc quelques recettes incorporant la datte en lieu et place d'autres douceurs.

  • Réunis en neuf chants, trois livres en un nous mènent à de nouvelles épopées où, selon son principe habituel mêlant utopiquement l'historique au mythique, Brice Bonfanti tente à imaginer l'issue, toujours insensée quand bien même mise à distance de ses aberrations et de ses contradictions, d'un univers neuf :
    «L'oeuf», éternellement en quête de l'inédit d'un monde nouveau dans lequel chimère, politique, religion, biologie et physique au parfum d'utopie se côtoient; des lieux et des figures tirées de notre Histoire se révèlent au travers de croisements et de situations dans nombre de pays de notre planète.
    Neuf chants où l'auteur s'empare de l'espérance d'un temps retrouvé consacré à la recherche de la création d'un monde, autre.

  • Les années soixante-dix.
    Un enfant naît dans le tumulte joyeux de ces "années folles" où pour l'enfant roi qu'il personnifie la vie est synonyme de liberté, sans qu'il lui soit pour autant permis d'y trouver la stabilité et le bonheur souhaités. dans son adolescence, l'achat, aux puces, d'un manteau qui, au cours du temps, et jusque dans son âge adulte, perpétue le "doudou" dans les plis duquel il se réfugie afin d'y trouver le réconfort et d'y emmitoufler son mal-être, un manteau qui, à son image, s'use et se délite jusqu'à la trame, et en vient un jour à perdre, pendouillant et ne tenant plus qu'à un fil, son dernier boulon...
    Dans ce nouveau roman de jeanne-marie sens les excès des années soixante-dix sont brossés sous un jour implacable. dans les aller-retour de la vie d'un personnage évoquant le malaise d'une certaine génération, l'auteur aborde le sujet intemporel du trébuchement, qui fait résonner une musique d'autant plus touchante qu'elle n'est étrangère à aucun d'entre nous.

  • "Putain qu'est-ce qu'on va lui raconter à la zine, déjà qu'elle nous fait chier avec la zique qu'elle dit toujours qu'on joue trop fort la nuit...
    Et voilà que ce con d'chien il a étendu le chien à la zine, qu'est-ce qui t'a pris toi con d'chien d'avoir shooté le caniche à la zine, y t'a foutu les boules ou quoi?"

  • .net

    Dominique Hennegrave

    Souvenirs d'enfance sur les matins d'hiver.

  • À l'observation d'un certain type d'individus alliant signes ostentatoires de richesse et vulgarité inculte absolue, s'élève un oratorio à quatre voix, celles du boucher-charcutier, de la femme du bouchercharcutier, du confesseur de la femme du boucher-charcutier, celle de Diane chasseresse. Chacun des personnages porte métaphoriquement l'organe qui le spécifie : le coeur, le poumon et le cerveau deviennent alors les emblèmes carnés d'une métaphysique de l'espèce humaine, que des intoxications diverses ont dégradée, nécessitant la réinvention d'une nouvelle mythologie.
    Les Fortunes de la viande sont entendues comme une mise à mort de l'espèce et de ses représentations où la disparition de la conscience permet l'apparition de Diane et le resurgissement du monde sauvage.

  • Un Jeune de la banlieue a quitté sa cité. Il gagne sa vie à Port-au-Prince en revendant à des riches du temps qu'il achète à des pauvres. Job dangereux... "L'Acheteur de temps", roman picaresco-philosophique, est écrit dans une langue parlée, scandée comme un slam. Entre un pays riche et un pays pauvre. on y redécouvre avec ironie le capitalisme. celui qui ne marche pas. On y renifle aussi avec tendresse au sens des autres.

  • La poésie ne s'explique pas, elle s'immisce en vous, ou non.
    Celle de Kéva Apostolova surprend tout autant de par sa douceur que de par sa radicalité.
    Elle cingle, crie la vie et la mort scandées du temps de sa temporalité, elle dit l'incertitude et le déchirement, elle dit la colère et l'amour. Dans une langue parfois brutale, à la limite de la facétie de l'enfance, l'auteur pose sur elle-même un regard, que reflète le miroir du soi des autres.

  • Cet ouvrage, tout à fait en dehors de nos productions habituelles, nous réjouit justement par sa singularité et la délicatesse « littéraire » qu'y a mise l'auteur dans la manière de présenter ses recettes.
    « Provoquer, partager, précipiter les émotions, pourrait dessiner mon portrait », dit-elle.
    Bonne entrée en matière : et voici donc quelques recettes de ce bon vieux riz au lait qui pour beaucoup d'entre nous se fait gloire, au même titre que les crêpes, les oeufs en neige, la crème au chocolat ou le pain perdu, d'être notre petite madeleine de Proust, « car la recette est si simple que toutes les fantaisies sont permises : elle évoque toujours les goûters de l'enfance, la douceur, le réconfort. André Gide en confectionne une version dans un des moments difficiles de son «Voyage au Congo».
    [...] S'il ne fait pas partie de mes souvenirs d'enfance, le riz au lait en revanche traverse ma vie d'adulte, ponctue des rencontres, sillonne des pays. Je vous livre ici des recettes simples, d'autres plus élaborées mais toujours étonnantes et savoureuses.
    J'aime le riz au lait, j'en raffole ! Était-il nécessaire de le préciser ?
    Oups, j'allais oublier ; bien qu'aucune étude n'ait été faite à ce sujet, j'affirme que les garçons, les hommes, les amoureux, les fiancés raffolent de riz au lait. » Et nous, donc !

  • Néant, un mot qui prend tant de place de par le vide qu'il nous évoque.
    Disparition, apparition, être ou ne pas être, là est toujours la question.
    M.W. l'aborde avec ses mots à elle, des mots forts qui n'ont ni peur du noir ni de la dérision.
    Néant 1 re entrée : Le monde des morts découvert et inventorié par un garçonnet de six ans «C'est qu'une fois revenu à la maison, le parrain mort, une fois retirés le pantalon et le caleçon trempés à coeur, une fois les sacs à pique-nique calés bourrés de glace sous le parrain de plus en plus bleu, parties intimes laissées à l'air comprises, une fois décrochée du mur la peinture de genre avec ses rayons gamma, et sa huche prolixe et le crucifix pendu au même clou, les rideaux tirés et un drap mis sur le parrain, une fois tout ça accompli, maman arrive [...]» Néant 2 e entrée: Le monde des vivants déstructuré aux dernières heures d'une agonie «Et pourtant je le jure, sur ma tête et sur ta tête d'homme- chat, je le jure sur ces têtes d'enfoirés compassés qui me tiennent lieu de descendance, ce fils de pute et cette fille de salaud en train de me com- primer les bras et de me pincer la peau contre les os pour me descendre en bas du perron, et pourtant je jure que je ne ferai pas dans ma culotte, car ma conscience intérieure ne veut que courir une dernière fois au muguet pour l'embrasser follement, le muguet sous l'arbre [...]» Néant 3 e entrée : Le monde des familles passé à la moulinette «[...] dans le spectacle forcé et hautement débilitant de cette joie hypertrophiée des familles où la table, le service de la table cèdent le pas à une espèce d'ac- croupissement tribal, vivres et objets de tous genres se mêlant au fracas d'une affreuse cacophonie de borborygmes si bien qu'ici, on assassine le langage, on instruit des règles de la toute-puissance, on décérèbre le regard, on dissout les liens dans le potage des papouilles et ça bave et ça renifle et ça lèlèche en surenchère [...]»

  • «À travers un des poèmes qui le composent, intitulé «Gris lumière», cet ouvrage fait écho au temps gris clair aimé de Cézanne, où se révèle pleinement, ce gris qui, dit-il, «seul règne dans la nature» et qui, selon Baudelaire déjà, «résume en lui toutes les couleurs».
    «Journal», le texte sur lequel s'ouvre L'image invisible, reflète le dessein qui sous-tend l'ensemble : donner corps au rêve d'un livre qui par son propre mouvement s'élaborerait indéfiniment, de jour en jour, sans qu'un terme lui soit prescrit, comme il en va de la vie même.
    Ces pages peuvent être lues sans ordre déterminé, comme autant de textes indépendants, en même temps que leur ensemble pourra être ressenti par le lecteur comme un cycle, métaphore en acte et fragment de ce livre sans fin dont chaque page réfracte les autres et les change en s'ajoutant à elles - ainsi qu'il en va de la mémoire qui ne cesse de se remanier. » [J.-P. B.]

  • Guernica, de Pablo Picasso, est resté quarante ans sous séquestre au musée d'Art moderne de New York.

    L'auteur nous fait partager dans cet ouvrage le choc émotionnel et les péripéties d'une longue quête : sa rencontre avec le peintre de génie à Vauvenargues, le témoignage de Jean-Louis Barrault qui vit peindre le grand tableau-mémoire, les vieux Flying Partners, ces anciens pilotes de guerre des deux camps, croisés à Pampelune au milieu de la violence aveugle de l'encierro.

    Le raid perpétré par les nazis de la Légion Condor sur la petite ville basque de Gernika, un jour de 1937, n'est-il pas la boîte de Pandore de laquelle sortira le terrorisme qui embrase le monde ?

    Aujourd'hui, ce massacre des innocents, parce qu'ils sont innocents, apparaît à l'auteur comme une mise en garde, une invitation à ne pas oublier Gernika, Hiroshima, Nagasaki, les Tours de Manhattan...

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