Leo Scheer

  • Haute-marne, 1437, denysot-le-clerc raconte l'histoire sanglante qu'il a vécue.
    La ville de chaumont est prise d'assaut par le bastard de bourbon. pendant le massacre, un adversaire singulier fait face à ses troupes, semant la terreur. ce personnage aux techniques de combat inconnues s'avère être une femme originaire d'asie. à l'issue d'un affrontement de chevaliers, une poignée de combattants venus de tous les horizons reprend courageusement la ville au bastard et en protège les portes.
    Car il s'agit à présent de préparer la population à la vengeance du tyran et de l'empêcher d'envahir à nouveau la ville. l'étrange coalition de résistants enseigne ainsi l'arbalète, la lance, mais aussi l'espionnage et le kung-fu. les habitants de chaumont sont prêts pour la bataille qui décidera de leur vie. entre la poésie de françois villon et les films de sabre, céline minard conjugue dans ce roman haletant histoire réelle et fantaisie anachronique.
    à travers une langue consciente de son histoire, elle crée une épopée à la fois drôle et cruelle, dans une surenchère de suspens et de fantastique.

  • Les carcasses

    Raymond Federman

    Est-ce que tout finit quand on meurt ? Non ! Trop vide, trop triste pour le grand fabulateur Federman qui, sans donner dans la " méta-pata-physique ", invente un système très organisé - quoique exubérant - de transmutation : les êtres vivants sont des carcasses circulant sans cesse de la vie à la mort - et vice versa -, se transmutant indéfiniment en humains, animaux, plantes ou objets divers.
    S'ensuivent des aventures cocasses et rocambolesques nous permettant d'observer les révoltes qui agitent la zone des carcasses - conçue comme une sorte de purgatoire-entrepôt - mais aussi de suivre la destinée de carcasses historiques ou particulièrement malchanceuses en matière de transmutation... Livre impertinent entre fable et science-fiction, Les Carcasses est à la fois une ode à la vie teintée de burlesque et un livre profond, intensément federmanien.

  • Pendant plusieurs semaines, dans un endroit isolé, sans savoir à l'avance quel sera le résultat. Mais après une attaque, il est capturé par des hommes en habits militaires et retenu en otage avec une Africaine, Buchi. Son film se construira sur cette expérience et cette rencontre.
    Pendant qu'il s'étonne du succès de son film improbable, sa vie de couple traverse les épreuves des classes moyennes, liées par l'amour, séparées par les vicissitudes de la vie. Généreuse, précise, l'écriture de Derek Munn dessine les contours d'un monde qui retrouverait sa beauté à travers un regard candide, renouvelé. Un monde qui, tout en ayant conscience de son cynisme, espérerait une autre voie possible.

  • Quand Raymond - raconteur - relate sa vie à un écouteur professionnel - Federman -, il dessine une existence foisonnante en quelques scènes : une enfance désargentée, une vie nourrie d'étreintes et de conflits, le jazz qui exalte l'Amérique et ses complexités. Sa famille, sa judéïté incarnent l'histoire personnelle et collective avec ses vivants - oncles et tantes honnis, partis en 1942 sans Raymond et les siens - et ses morts : mère, père et soeurs « changés en savonnettes et abat-jour » par l'« Énormité Impardonnable ». Et la tante Rachel, vivante mais exilée, ayant fui dès avant la guerre son enfance orpheline. Rachel la sublime, la fortunée, de retour elle aussi, libre et amoureuse.

    Quand Federman écoute Raymond, le raconteur ne cesse d'explorer l'espace de liberté entre réel et imaginaire, ce lieu de la fiction où sont convoqués figures inventées et personnages existants : Céline, Francis Ponge, Charlie Parker, Max Jacob, Doubrovsky, Diderot... points de repère dont l'influence n'est présente qu'autant que Federman s'en démarque pour composer son oeuvre propre, récit rhapsodique cousu de souvenirs et de morceaux de bravoure délectables.

  • Microfilms

    Julien d' Abrigeon

    Ciselant son goût de l'absurde et de l'humour en maître, Julien d'Abrigeon nous livre à travers ces 500 « microfilms » un joyau irrésistible et fédérateur. Lecteurs de Télé Z ou de littérature contemporaine pourront également apprécier le subtil décalage mis en place par l'auteur et les gags qui en découlent. Un livre à dévorer d'une traite ou à picorer. Un livre à partager pour offrir des moments d'hilarité. Un portrait de l'époque, pour le meilleur et pour le pire.

  • François Villon est considéré par le Romantisme comme le précurseur des poètes maudits. Reprenant cette figure tutélaire, s'inscrivant dans ses pas, Christophe Manon créer un « memento mori » des temps modernes : Un poète se meurt. Il fait le bilan de sa vie de débauche (femmes, alcool.) et fait des legs à ses amis, d'objets emblématiques de son existence. L'occasion aussi de régler ses comptes avec ses faux amis...

    Cela lui permet de constituer une sorte d'autofiction en portrait chinois : on ne sais plus vraiment ce qui appartient à la vie de Villon et à celle de Manon - une manière très subtile de réinventer le genre. La forme en vers libres est entêtante et permet d'outrer les postures. Christophe Manon crée une langue très simple à lire quoique versifiée.

    Enfin, c'est également un portrait d'époque, un roman en vers générationnel, avec les doutes des trentenaires, leurs errances, leurs joies, et une caricature (pas méchante mais très bien tournée) des artistes de tous poils...

  • Au début des années 60, une femme quitte son mari, ou plutôt elle s'en éloigne. Celui-ci lui écrit des lettres qui oscillent entre supplication de retour et manifestation de dégoût pour leur vie conjugale. Le roman épistolaire d'Hélène Bessette est intriguant en ce qu'il ne présente que les lettres du mari, G., laissant les réponses de sa femme, Dora, dans l'ombre : forcément victime, forcément coupable, puisqu'elle ne nous est décrite qu'à travers un regard peu objectif.
    Bessette dépeint avec son acuité et sa cruauté habituelles la tragédie de la rupture et la complexité des sentiments qui s'y déploient : tendresse inaliénable, lassitude croissante, renoncements aux rêves de la jeunesse, poids des conventions sociales, ressentiment... Sans cesse, G. énonce une chose et son contraire, tantôt suppliant sa femme de revenir pour sauvegarder les apparences, tantôt souhaitant refaire sa vie avec cette Érida si charmante, si différente de Dora, qui semble prendre peu à peu sa place auprès de lui...

  • OEuvre phare de la littérature brésilienne publiée pour la première fois au Brésil en 1967, jamais traduite en français jusqu'à ce jour, PanAmérica est une somme psychédélique qui doit autant au pop art qu'à la beat generation. Une épopée ironique entraînant le lecteur dans un merveilleux comique et cruel. Écrit pendant la dictature et en réaction à l'idéologie nord-américaine dominante, ce récit d'un rythme trépidant met en question les rouages de la société à travers des allégories irrévérencieuses. Un labyrinthe narratif peuplé de figures mythologiques dessinant un monde absurde et chaotique.
    «José Agrippino de Paula a vécu ce qui a constitué la vie de la fin du siècle passé avec une telle froideur et une telle passion qu'il n'est peut-être pas au monde une oeuvre contemporaine de son PanAmérica qui puisse s'y mesurer.
    Le livre est (était déjà en 1967) une façon d'Iliade chantée par Max Cavalera (le chanteur de Sepultura).» Caetano Veloso

  • Survivant de la Première Guerre mondiale, le protagoniste de La Vache au nez subtil est un être désenchanté, brisé par les tranchées, habité par la mort.
    Il voit le monde avec cynisme et humour, un monde au sein duquel il est à la fois héros et antihéros monstrueux : alcoolique, schizophrène, antipatriotique, obsédé par le sexe... il dresse un portrait à charge de la société et des méfaits de la guerre. Sa rencontre avec Walkyrie, l'étrange fille de 15 ans d'un gardien de cimetière, va lui faire connaître la pureté de l'amour et la mise au ban de l'humanité.
    Ce roman a été publié pour la première fois au Brésil en 1961 ; il est emblématique du mouvement surréaliste littéraire brésilien. C'est une oeuvre fondatrice à l'univers sombre dont le style rappelle celui du Céline de Voyage au bout de la nuit. Jouant de la langue parlée et de la difficulté de la condition humaine, Campos de Carvalho observe les existences qui l'entourent avec une tragique distance et un lyrisme haletant.
    On est emporté par la sincérité des émotions, le refus des compromis d'une écriture brute, organique. Le roman porte le titre d'un tableau de Dubuffet :
    De la vache à celui qui regarde le tableau, n'est pas le plus animal celui qu'on croit...

  • Les pieds nus

    Marie Simon

    Elle a trouvé son grand amour et il est marin. Elle le comprend avant même qu'ils ne se parlent. Ils mettent du temps à s'apprivoiser et puis finalement elle l'épouse pieds nus, dans le vent, avec des rires et du champagne. Elle attend ses retours de régates. Elle est heureuse d'être femme de marin. Souvent, elle est jalouse de la mer. Souvent, elle ne comprend pas son silence, son mystère mais elle se sent revivre au moment où il pousse la porte.
    Un jour, il ne revient pas... Ce premier roman de Marie Simon explore avec délicatesse l'intensité de sentiments qui peuvent combler et détruire. Des prémices de la passion à l'épreuve du manque, le parcours de son héroïne bouleverse, l'écriture entraîne au vif de l'émotion.

  • Dans une maison de maître isolée du côté du plateau de Valensole, en Haute-Provence, Suzanne Moisson passe une vie discrètement non conventionnelle.
    Une vie romanesque.
    Elle est née en 1899 et morte en 1991. Ni châtelaine ni paysanne, résolument libre et insaisissable, elle a connu deux guerres et deux maris : un pianiste suisse et un agriculteur, elle était veuve du premier ; a divorcé du second. Elle n'a pas eu d'enfants. Son père, chef de la Maison Dorée, grand restaurant parisien cité dans les romans de Proust et de Zola, lui avait légué des terres arides et des rêves de luxe.
    Elle a passé la majeure partie de sa vie dans sa propriété, à cultiver de la lavande et fabriquer du miel avec ses deux ouvriers agricoles ;
    Ils avaient formé une étrange famille. On disait d'elle : "elle est spéciale", "extravagante, cocasse, inoubliable", "tellement chic", "un phénomène"... Pourtant, rien n'a subsisté d'elle après sa mort : pas d'héritiers, pas de papiers personnels. Pas de mémoire.
    Seulement la possibilité d'un roman. Aujourd'hui, on ne saurait plus rien de Suzanne Moisson si Claire Moyrand n'avait pas fouillé les souvenirs, fragiles, de ceux qui ont croisé cette femme et n'ont pu l'oublier. On découvre la personnalité forte d'une femme libre et attachante, d'une élégance folle. Et d'une trame réelle naît un roman bouleversant qu'on ne lâche pas. Outre le geste magnifique de réinventer Suzanne Moisson, Rien de mon visage est un roman subtil qui dresse des portraits saisissants, tendres, sur fond de grande histoire.

  • Le Zaroff

    Julien d' Abrigeon

    Zaroff manie du couteau comme personne.
    Il sait écraser une trachée en moins de deux. Noyer une victime est pour lui une promenade de santé. Il a un talent incontesté pour la dissimulation des corps et le recouvrement des traces. Une vieille peau qui bloque la caisse d'un supermarché le samedi, un chanteur moustachu irritant, une troupe de mimes, un théâtreux à écharpe, un pizzaïolo peu attentif... : il tue, il tue, c'est tout ce qu'il sait faire et d'ailleurs c'est son métier.
    Un métier qu'il exerce avec enthousiasme, sous la plume virtuose de Julien d'Abrigeon qui propose un parcours possible de son destin en forme de " chasses ", " traques " et autres " cavales ". A vous, lecteurs, de choisir le sens de la fuite, de renverser le suspens, en permutant les épisodes. " Je m'appelle Zaroff est le nom que l'on me donne. Je suis vieux, 23 ans, âgé depuis longtemps, j'accumule les richesses dans le dénuement le plus total, j'habite Paris, en Angleterre, sur le continent asiatique, une île de terre ferme.
    Je suis blond aux cheveux très noirs, le regard sombre, bleu clair, ma taille est imposante, je suis trapu, fort, ma faiblesse physique due à mon âge se ressent sur ma voix claire, étouffée, je déteste les pauvres car ils n'ont pas vécu ce que nous, les pauvres, avons vécu, c'est pour cela que j'abats les riches, j'en suis un, je sais ce que c'est, je suis pour plus d'équité sociale même si cela doit aggraver les inégalités, j'existe n'existe plus n'ai jamais existé sinon dans les rêves de ceux qui ne rêvent pas.
    J'aime tuer, cela me dégoûte. Je me sens moralement bon mauvais puisque je suis amoralement immoral. "

  • De l'opium d'Istanbul à la fin des années 60 aux expériences communautaires des années 70 en Allemagne, Harry Gelb traverse - en bon alter ego de l'auteur - une séquence historique majeure.
    Cherchant sa voie, il tente de se faire une place dans une société gavée par le miracle économique et travaillée par une multitude de mouvements politiques et alternatifs. De portraits cocasses en tribulations grotesques, de scènes de genre en dialogues irrésistibles, Jörg Fauser n'épargne rien : ni la classe moyenne allemande, ni les apprentis révolutionnaires, ni l'establishment culturel, ni même les velléités de son héros qui souhaite devenir écrivain.
    A la fois sceptique et léger, désenchanté mais pas cynique, Jörg Fauser invente une écriture unique, tissée de désinvolture et de rage, portée par un humour grinçant.

  • Cold

    Daniel Foucard

    COLD commence le jour d'après.
    Après le sexe, après la drogue, après le langage. Après le froid. Un jeune homme, Lain, est chargé de tester une substance aux effets désinhibants, l'olufsen, dans l'Antarctique et de rapporter à ses développeurs les échanges provoqués par le produit. Dans l'isolement des stations polaires, les discussions s'orientent sur le sexe. Sa motivation, son expression, sa finalité. Les émotions se débrident, des conflits apparaissent tandis qu'un mystère se dévoile peu à peu.
    Les aventures de Lain révèlent un monde ambigu, hybride et fascinant, où tout est familier en semblant étrange, étranger.

  • Serviles servants

    Tarik Noui

    mars 2003.
    la guerre en irak occupe tous les écrans. brando - l'acteur librement recréé par tarik noui - est une masse surhumaine, monstrueuse. retranché dans le secret d'une petite maison de banlieue entourée par des tours, il ingurgite toutes les informations, toutes les fictions retransmises par la télévision dans une omniscience tragique et lucide. son éminence noire, nunca velàzquez, va trouver un acteur de seconde zone dans le quartier des grands drogués pour lui demander d'incarner le rôle de willard, le héros d'apocalypse now : celui dont la mission est d'éliminer brando devenu incontrôlable et dont la folie frôle l'accession au divin.
    à travers le prisme de la drogue, willard se retrouve entraîné dans une incroyable histoire d'agonie qui est aussi, pour lui, acceptation de son destin. celui du bourreau qui n'est qu'instrument, révélateur de l'horreur de la guerre. et qui n'en reste pas moins tragiquement humain. tarik noui crée un roman qui plonge le lecteur dans un monde entre fiction et réalité. il invente la parabole fascinante d'une histoire dont nous sommes les éternels « serviles servants » : un monde de spectacle violent où nul n'est épargné.
    mais la beauté réside aussi dans les flammes qui détruisent.

  • C'est un monde qui pourrait être le nôtre. Un monde de professionnels. Un monde d'adultes qui veulent rester toujours jeunes et performants. Leurs enfants les déçoivent, ils dilapident leurs biens et sont l'incarnation de leur nature, avant chimie et opérations esthétiques. Nadar Suarès est surveillant de baignade mais ce n'est pas son unique métier. Nunca Vélasquez fréquente assidûment la piscine où il travaille, mais ce n'est pas simplement pour nager. La femme de Nadar, Soha, ancien mannequin star à la beauté anorexique, a mis du temps à accepter l'idée de mettre au monde leur fils, Charlie. À présent, elle s'en occupe et elle s'ennuie. Adrien Labsmann, agent interlope, est l'employeur de Soha, mais aussi de Nadar, de façon clandestine. Car celui-ci débarrasse des parents-commanditaires de leur progéniture encombrante, masquant les meurtres en noyades. Un jour, Charlie ne rentre pas de l'école. Il s'est noyé dans une rivière. Nadar Suarès ne peut y voir une coïncidence et soupçonne la mystérieuse coalition qui l'emploie, et même sa femme. En professionnel qui ne l'est plus, il sombre dans la vengeance sanglante et la paranoïa. Mais peut-être la vérité est-elle plus simple... A travers ce jeu de masques donnant voix aux vivants tourmentés et à l'âme omnisciente de Charlie, Tarik Noui construit un thriller haletant nourri de nos mythologies inconscientes. Une utopie qui refonde les principes de la morale pour mieux penser les impostures du présent. Rouge à lèvres sur le plongeoir d'une piscine municipale est son cinquième livre.

  • Joconde intime

    Anaïd Demir

    Un peu plus d'un siècle après avoir été kidnappée au Louvre, la Joconde prend enfin la parole.
    Elle met fin au mutisme dans lequel elle s'était réfugiée depuis près de cinq cents ans.
    OEuvre la plus copiée et caricaturée du monde artistique, elle répond aux experts qui ont cru tout dévoiler d'elle, de son identité à sa sexualité, en passant par les secrets de son créateur : Léonard de Vinci. Depuis la vaporeuse ambiance de l'atelier de ce génie de la Renaissance, jusqu'à son actuelle résidence au Louvre, Monna Lisa revient sur ce qui fait son mystère : son sourire, son regard, son identité réelle, les techniques employées pour son élaboration...
    Elle nous fait voyager dans le temps, découvrir les moments les plus marquants de son histoire, relate sa rencontre avec les rois de France, les chefs d'Etat du monde entier mais aussi avec les artistes passés ou présents qui s'en sont inspirés comme Marcel Duchamp ou Salvador Dali. Ses joies, ses peines, son rapport à la beauté, à la foule ou encore à la notoriété...
    Obsédée par l'idée d'un nouveau rapt, la Joconde voit d'un mauvais oeil les visites répétées de Kate Moss, icône du monde contemporain, tandis qu'un étrange photographe ne cesse de lui tourner autour...
    Serait-elle victime d'un complot ?
    Kate Moss penserait-elle détrôner la Joconde ? Avec une plume tendre et enjouée, Anaïd Demir met ses connaissances de critique d'art au service d'une histoire pleine de rebondissements faisant revivre l'un des joyaux de l'humanité dans une aventure fantastique. Vous ne regarderez plus la Joconde comme avant...

  • Civil

    Daniel Foucard

    Josh Modena rêve d'une police intègre, puissante et respectée. Josh Modena rêve d'une osmose républicaine où tous les idéaux se réfèrent aux lois. Josh Modena rêve d'un goût retrouvé pour l'ordre souverain dans lequel tout civil se reconnaît. La réalité lui a déjà donné raison. Josh Modena n'évite aucun sujet délicat. Josh Modena répond à toutes les questions. Josh Modena expose clairement les problèmes. Josh Modena illustre le concept par l'anecdote. Josh Modena fait sentir le métier de policier. Le réel est son unique ambition. Josh Modena se fout des critiques. Josh Modena connaît le revers de la médaille. Josh Modena sait aussi que nettoyer c'est faire du dégât. Josh Modena assume ce que d'autres fuient. Josh Modena glorifie l'État de droit. La réalité est incontournable. Josh Modena est instructeur dans une école de Police. Il a une semaine pour former et désigner les candidats qui seront dignes d'exercer. Son obsession est de les modeler à son goût : flics modèles, auxiliaires du Code Civil, pivots de la liberté.

  • Myrha Tonic

    Dominique Dupart

    L'épopée des quartiers populaires de Paris à travers le trajet d'une héroïne dont le regard dévoile leur charme, leur violence.
    Avec ce premier roman percutant, Dominique Dupart raconte l'épopée de deux quartiers populaires du nord-est parisien : Château-Rouge - près de Barbès, dans le XVIIIe - et le quartier des Orgues - dans le XIXe arrondissement, près de Stalingrad.
    Son héroïne, étudiante, une anti Amélie Poulain - comme on parle d'anti-héros - se fraye un chemin dans ce Paris loin des images d'Épinal véhiculées par les syndicats d'initiative. Ici point de baguette de pain sous l'bras, de béret ni d'accordéon, mais des kébabs pas cher, des cailloux de crack, des mariages blancs, des bagarres sanglantes, des deals en tous genres, des marchandises tombées du camion, de la drogue, de la prostitution. le tout rythmé par des descentes de police.
    Pourtant, aucun misérabilisme ni voyeurisme. C'est avec beaucoup de tendresse que le regard qui nous dépeint ces quartiers à la mauvaise réputation suit la ligne grise du métro aérien qui les relie, détaille les gueules cassées de ses habitants, raconte leurs vies chaotiques. Dans ce roman d'initiation, les princes charmants s'appellent Choucri ou Barbaross ; la ville lumière est tissée de rues sombres ; la question politique est omniprésente.
    Comme un Pierre Guyotat en son temps, Dominique Dupart invente une langue fière de ses métissages, en jouant, se confrontant à la sonorité des mots. Elle en cisèle la matière dans un récit parfois diffracté dans lequel on se perd avec délice pour mieux profiter du paysage et de la partition inédite qui nous est offerte.

  • Futur fleuve

    Emmanuel Rabu

    Une catastrophe nucléaire d'ampleur mondiale a lieu. L'humanité oublie ses prétentions pour être condamnée à la survie. Un groupe de personne décide de quitter leur ville détruite à la recherche d'un endroit plus vivable. Le livre est l'histoire de leur trajet et la description d'un monde apocalyptique. Il décrit les aventures de personnages attachants projetés dans une situation extraordinaire avec un bon sens du suspens, sachant aussi s'adonner à de passionnantes descriptions de paysages fascinants de désolation.
    En parallèle est, entre autres, évoquée la question de la domestication animale - les animaux ayant survécu réinvestissant le champ laissé vaquant par les hommes affaiblis. Pas de misérabilisme, pas de constat désespéré : la fin est ouverte, permettant d'imaginer comment réinventer la vie dans un monde menacé.
    On songe à La Route de Cormac McCarthy, l'univers de J.G. Ballard, au Dernier monde de Céline Minard - en version expurgée ; et côté cinéma : une démarche comparable à celle de Quentin Tarantino ou Robert Rodríguez : investir le champ de la série B. Emmanuel Rabu ne perdant par ailleurs rien de l'exigence de son écriture :
    Le livre est, non pas un compromis mais une rencontre sincère entre littérature populaire et littérature exigeante.

  • Si

    Hélène Bessette

    Si est la suite de N'avez-vous pas froid et de la manière d'autofiction bessettienne.
    Après son divorce douloureux avec un pasteur, l'héroïne, ici nommée Désira, se retrouve seule dans un petit appartement. La France conservatrice du début des années 60 ne regarde pas d'un bon oeil une femme divorcée. Une femme divorcée qui reste célibataire et aime aller le soir au cinéma, encore moins. Bien décidée à vivre sa vie comme elle l'entend - dans les limites de la bienséance -, Désira est l'objet des rumeurs les plus désobligeantes.
    On la pense femme de mauvaise vie multipliant les amants, avortée, alcoolique... elle qui ne cherche qu'à traverser l'existence en respectant l'originalité anodine qui est la sienne. Elle se met donc à envisager le suicide comme seule issue possible.
    Hélène Bessette évoque cette terrible idée avec un humour noir, irrésistible. Et le livre développe des scénarios de désespoir plus hilarants les uns que les autres, brocardant l'absurdité des conventions sociales, la bassesse des petits sentiments, la méchanceté commune de l'être humain.
    Martyre mais souveraine, Désira brille de l'éclat de la passion et de l'intelligence.

  • En 1786, le roi Louis XVI confie au navigateur La Pérouse (1741- ?) le commandement d'une expédition d'exploration de l'Océan Pacifique. La Pérouse disparaît en 1788 dans les Iles Salomon dans des conditions demeurées mystérieuses jusqu'à aujourd'hui. Entre Pacifique, France des Lumières, Amériques, Asie et terres rêvées, Après la Terre est le récit imaginaire des dernières semaines de la vie de l'explorateur, rédigé par lui-même. Au fil des quelques pages du journal de bord inventé d'un naufragé amoureux devenu sculpteur défile la relation d'une aventure, d'un dernier amour, d'un rapport aux arts, aux hommes et à la splendeur dangereuse du monde.

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