Arts et spectacles

  • « Ceci n'est pas un traité musicologique mais les mémoires d'un auditeur libre venu renier le testament musical de cette humanité nocturne qui va de Wagner à Daft Punk. Et poser une fois pour toutes la question : comment des ténèbres du xxe siècle a pu surgir la lumière de Monteverdi, Purcell, Lully, Vivaldi, Bach, Haendel... et tant d'autres ?

    Fallait-il que chute monstrueusement le genre humain pour mériter d'entendre, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, la voix miraculeuse d'Alfred Deller ? Le chaos assourdissant de ce monde serait-il le détonateur de ce retour en grâce de la voix qu'incarnent la Billie Holiday de Versailles Agnès Mellon ; la reine du jour Sandrine Piau ; la gitane de Pleyel Patricia Petibon ; la comète Jaroussky et ses coruscantes coloratures ?

    «Sans la musique, la vie serait une erreur» disait Nietzsche. Rectification : sans le baroque, la musique serait une erreur ! »

  • Les images - films et photographies - prises à la libération des camps d'extermination nazis, ont bouleversé notre relation à l'image en général. Elles ont constitué les preuves de ce à quoi il eût été impossible de croire sans elles. Dans Nuit et Brouillard, Alain Resnais en fait un usage exemplaire. Plus problématique est l'évocation de la Shoah dans les films de fiction inévitablement marqués par une mise en scène artistique de l'horreur, laquelle a toujours suscité de sévères critiques.
    C'est pourquoi l'accueil unanimement enthousiaste du film de Laszlo Nemes, Le Fils de Saul, qui s'expose aux mêmes reproches que La Liste de Schindler ou La vie est belle peut être interprété comme un symptôme. Un verrouillage théorique a été imposé au public, ralliant des personnalités concernées par le sujet, habituellement en désaccord.
    Si Le Fils de Saul est considéré comme le chef-d'oeuvre sur Auschwitz, faut-il comprendre qu'il est temps de s'intéresser à d'autres sujets et que la Shoah est enfin passée de l'Histoire à l'histoire de l'art ?

    Écrivain, cinéaste, plasticien, Alain Fleischer a publié plusieurs de ses romans, nouvelles et pièces de théâtre aux Éditions Léo Scheer, ainsi qu'une monographie consacrée à son oeuvre d'artiste, La Vitesse d'évasion (2003).

  • En 1955, Eric Rohmer, qui n'est encore que critique, publie une étude retentissante dans les Cahiers du cinéma : " Le celluloïd et le marbre ", enquête sur les arts observés du point de vue du dernier-né d'entre eux, le cinéma.
    En octobre 2009, alors que son oeuvre, devenue l'une des plus importantes de son époque, est achevée, il donne un entretien-fleuve à Noël Herpe et Philippe Fauvel. C'est l'occasion pour lui de reprendre sa réflexion sur la littérature, la peinture, la musique, l'architecture, confrontées cette fois à son expérience de cinéaste - mais aussi de livrer quelque chose de son intimité intellectuelle et sensible.
    Ce volume réunit les deux temps. Il met en vis-à-vis le texte de jeunesse et la parole du vieil homme jetant un dernier regard sur ce qui fut le coeur de sa vie : ce qu'il a nommé, naguère, le goût de la beauté.


  • L'oeuvre de Jacques Demy a marqué le cinéma français.
    Ce livre qui reprend les textes de ses chansons, connues
    et inédites, révèle un poète, un écrivain.


  • Majorettes

    Charles Fréger

    " Charles Fréger est né en 1975, il vit à Rouen.
    Il a choisi de se confronter à la présence d'autrui à travers la pratique du portrait. Il ne s'agit pas, pour lui, de réaliser des portraits psychologiques ou pittoresques pour donner une image personnalisée ou anecdotique de différents individus. Il préfère aborder les personnes de l'extérieur, par leur inscription sociale. Il va sur le terrain, à la rencontre des sujets, sur le lieu même de leur activité, et, d'une certaine façon, il questionne leur " peau " sociale, c'est-à-dire tout ce qui, d'une appartenance ou d'un choix, se traduit en gestes, tenues, costumes.
    Une part repérable de la socialisation passe par la tenue, l'uniforme qui est à la fois, un outil adapté à des activités précises et la marque de reconnaissance d'une identité. C'est dans ce sens qu'il a entrepris ses séries de Portraits photographiques et uniformes, titre générique qu'il donne à son travail. Après ses séries volontairement resserrées Water-polo, Pattes blanches ou Miss, nul mieux que son approche des majorettes n'explicite son projet : entre 1999 et 2001, Charles Fréger a photographié une soixantaine de formations de majorettes sur une aire géographique définie, la région Nord-Pas-de-Calais.
    Sa démarche systématique ne vise pas à réaliser une série d'icônes, à la recherche d'une image définitive, emblématique de ce que serait une majorette. Il s'agit au contraire de considérer son sujet comme un tout où chaque image, chaque cadrage, chaque fond choisi, chaque modèle, chaque lieu représenté apporte sa part à l'ensemble du projet. C'est ce qui en explique l'ampleur, la diversité et aussi la subtilité.
    Chaque photographie, jouant de la transparence et de la retenue, ajoute une touche au tableau final. Le nuancier des signes et des attitudes dresse une peinture aboutie et éclairante des majorettes aujourd'hui. " Didier Mouchel.

  • La défaite du rouge-gorge - 2001 - 23 minutes Lucie est une jeune femme d'une trentaine d'années, timide et introvertie.
    Au cours d'une fête, elle rencontre Bertrand dont elle s'empresse de tomber amoureuse. Impatiente de vivre le grand amour, elle projette sur lui la foule de ses espoirs et de ses attentes. Portraits filmés (extrait) - 2002 - 1 min. 04. Collection Fonds national d'art contemporain. Face caméra, douze personnes racontent chacune un souvenir. Chamonix - 2002 - 13 minutes Réalisé à la suite des Portraits filmés, Chamonix reprend le même dispositif sur le mode fictionnel : neuf souvenirs réunis sont interprétés par des comédiens.
    Ritratti (extrait) - 2003 - 1 min. 34. Une version italienne des Portraits filmés tournée à Rome.

  • Collection de photographies appartenant à Claude Berry et qui comprend les oeuvres de 33 artistes (B. Abbott, Brassaï, G. Hugnet, R. Ubac, C. Brancusi, etc.). Cet album est publié à l'occasion de la présentation de l'exposition Icônes, photographies de la collection Claude Berri à Arles dans le cadre des Rencontres de la photographie en 2003.

  • Exercice stylistique et non pas cinéphilique dans lequel l'auteur dévoile les ressorts fantasmatiques du maître à suspens à partir du rôle accordé à quatre de ses actrices fétiches (Eva Marie Saint, Grace Kelly, Kim Novak, Tippi Hedren).

  • Ce numéro mène l'enquête : tout en croisant l'évolution de quelques grands noms du cinéma d'auteur, tels que Varda, Moretti, il s'aventure vers de nouveaux territoires : écoles d'art, vidéo numérique, expérience de cinéma sauvage affranchi de toute logique culturelle dont F. Deligny avait déjà donné l'exemple dans les années 70.


  • Comment rater ses photos avec style ! Une sorte d'autoportrait en forme de manuel, plein d'humour.



  • Aucune figure de l'histoire du cinéma n'a été à la fois vilipendée et adulée comme Roberto Rossellini (1906-1977). Fondateur du néoréalisme avec Rome ville ouverte, inventeur du cinéma moderne avec Paisà, précurseur de la Nouvelle Vague avec Voyage en Italie, pionnier d'une télévision utopique avec La Prise de pouvoir par Louis XIV, il a été le héros d'un cinéma né de la sensibilité et de l'intelligence de l'individu, indépendant des clichés et de l'industrie.
    Cette biographie, la première du cinéaste, fait découvrir un homme de passions, charmeur irrésistible, intellectuel cosmopolite, homme de la Renaissance et du XXe siècle, maître à penser, aventurier romain, qui a le premier affirmé que le cinéma était affaire de morale. Tag Gallagher a passé quinze ans à enquêter sur la réalisation et la réception - tumultueuses toutes deux - des films de Rossellini, parlant à tous ceux qui l'ont connu. Sa recherche dissipe bien des mythes de l'histoire du cinéma. Rossellini a vécu intensément dans le présent; sa vie et ses films sont inséparables. Vittorio Mussolini, Anna Magnani, Federico Fellini, Ingrid Bergman, François Truffaut, Jean Rouch et bien d'autres sont parmi les personnages qui croisent son chemin. Auteur de l'étude critique John Ford, The Man and His Films, saluée comme le meilleur livre sur Ford, Tag Gallagher publie en France dans les revues Trafic et Cinéma.


  • suivant son fil d'ariane, éric duyckaerts expérimente l'errement (de sa pensée), convoquant tour à tour de grands noms de la culture classique (le vinci, le corbusier...) et des héros populaires (tintin, trenet...).
    ici il réfléchit sur le mystérieux phénomène du mouvement des astres, là il interroge la pertinence de la mesure en art, ailleurs il dessine une esthétique de la promenadologie - où le vagabondage prend sa forme la plus concrète. ce recueil composé de six textes constitue une réflexion sur la nature labyrinthique du savoir, à travers la philosophie, l'oeuvre d'art ou encore la mathématique, dont le point de départ est le plus souvent un questionnement sur les mots.
    théorie des ensembles, paradoxes, métaphores, inventions plastiques... : une érudition plaisante et ludique qui, à l'instar des performances de l'artiste, cherche à décoder le langage, à mettre en relief les modes d'appréhension d'une réalité foisonnante, sans jamais se départir d'humour et de fantaisie.

  • Parties communes

    Eric Rondepierre

    Ce livre est composé de deux séries de photographies : « Parties communes » (2005-2007) et « Loupe/Dormeurs » (1999-2002) - en tout une vingtaine de photos - ainsi que d'un texte de présentation. Le cinéma est convoqué dans ces photographies mais ce ne sont pas des détournements d'images de film, comme l'artiste a pu le faire pendant quinze ans. Ces séries témoignent d'une deuxième période dans l'oeuvre de Rondepierre. Le cinéma est toujours présent mais il fait partie d'un ensemble qui l'englobe. Les prises de vues ont été réalisées par l'artiste et à l'intérieur de ces images s'insèrent des images de film. Soit parce qu'il s'est pris lui-même en train de travailler et de regarder à la loupe un morceau de pellicule (« Loupe/Dormeurs »), soit parce qu'une image de cinéma est superposée à une prise de vue « normale », comme une sorte de vision qui s'intégrerait à la réalité urbaine quotidienne (« Parties communes »). À l'instar de sa formation pluridisciplinaire, Éric Rondepierre mêle plusieurs éléments à ses photographies. Dans « Loupe/Dormeurs », l'image est entièrement tramée d'un roman de 156 000 signes. Chaque photo est un roman, illisible à une distance normale, d'où la nécessité de faire des gros plans de ces photographies pour que le lecteur comprenne ce qu'il ne peut voir dans les reproductions normales. Dans « Parties communes » (dernière série à ce jour), l'écriture est absente ; néanmoins l'artiste joue sur la tension entre deux registres : la photo couleur et le cinéma muet noir et blanc (ou sépia). L'image cinéma apparaît dans la distance qui la sépare d'un monde coloré contemporain, mais elle se donne comme « réelle » en transgressant les lois de la perception : une folie du regard.

  • Métaphysique d'alien

    Collectif

    Pour toute une génération, la saga des films consacrés à Alien, « le huitième passager » est devenue emblématique du monde en devenir. La nature de sa monstruosité est si puissante qu'il a fini par pénétrer la pensée des philosophes dont il a marqué la jeunesse. Ce recueil s'attache ainsi à montrer l'épouvante que suscite notre rapport au réel, tel que nous l'avons domestiqué. Dans la violence de ce prédateur, nous nous percevons nous-mêmes, avec notre rage destructrice. L'alien est certes inhumain, mais il partage avec la proie que nous sommes un pouvoir d'anéantissement qui nous imite en tant qu'envahisseur de la nature.
    L'alien, meurtrier des dieux, nous extermine, mais laisse vivre les chats et les androïdes auxquels il est indifférent. Dans cette valorisation de l'animal et de la machine au détriment des humains, il semblerait que se dévoile une autre vie, sous les traits d'une femme. En elle, se rejouent une chance, une hybridation avec l'univers pour laisser monter comme une « nouvelle alliance », un nouvel avenir des machines associées aux hommes.

    Métaphysique d'Alien réunit des textes d'Elie During, Jean-Clet Martin, Raphaël Bessis, Charles H. Gerbet, Laurent de Sutter, Frédéric Neyrat, Marika Moisseeff, Antoine Hatzenberger, Véronique Bergen et Peter Szendy.

  • Le dictionnaire Eustache

    Collectif

    JEAN EUSTACHE appartient à la génération des réalisateurs français restés en marge de la Nouvelle Vague des années 60 et 70. Il est pourtant l'un des cinéastes les plus talentueux, unanimement reconnu par la cinéphilie, à la manière de Maurice Pialat.
    Il était donc naturel de poursuivre avec lui la collection des dictionnaires consacrés à des cinéastes, sorte de monographies dynamiques qui permettent de cerner une oeuvre et un artiste par l'intermédiaire d'entrées (écrites par une quinzaine de critiques cinéma) aussi diverses qu'un film, un acteur, un thème, un élément de la vie privée, un ami, une maîtresse... Pour découvrir Jean Eustache et sa filmographie, aussi dense qu'exhaustive en raison de sa fin prématurée (le cinéaste s'est donné la mort à 42 ans), il s'agit de convoquer ses principaux chefs-d'oeuvre (La Maman et la Putain, qui fit scandale à Cannes en 1968, Mes petites amoureuses, Une sale histoire ou Les Photos d'Alix), ses collaborateurs, comme Jean-Pierre Léaud ou la photographe Alix Cléo-Roubaud, ses amis, tels que l'écrivain Jean-Jacques Schuhl, une référence du type « cinéma de Murnau », un principe formel, comme le naturalisme, ou encore un élément central dans sa vie (le whisky, sa compagne d'un temps, Catherine Garnier, qui deviendra le personnage interprété par Bernadette Laffont dans La Maman et la Putain, et qui se suicidera après la projection du film...).

  • Le cinéma a peut-être été inventé pour faire voir le monde - mais il a surtout servi à faire rêver des mondes, possibles ou impossibles.
    Avant lui, la photographie, la peinture, le théâtre avaient rempli ces fonctions, chacun à sa façon, et le cinéma leur a repris bien des idées et bien des principes. mais en tant qu'outil de l'imaginaire, il a surtout opéré une gigantesque relève de l'entreprise de fiction telle que l'avait promue la littérature - le film de fiction devenant au vingtième siècle ce qu'avait été le roman au dix-neuvième.
    à travers la projection et le commentaire d'une vingtaine de films, on s'interroge ici sur ce pouvoir du cinéma de faire lever l'imaginaire. comment le cinéma a-t-il réussi à inventer tant de mondes, lui qui semblait condamné à la reproduction sempiternelle de celui oú nous vivons ? les images du cinéma suscitent-elles notre imagination, ou ont-elles plutôt tendance à la bloquer en s'imposant à elle ? un récit en images est-il foncièrement différent d'un récit en phrases ? le film ne s'adresse-t-il pas à notre imaginaire, aussi, en parlant directement à notre corps ? bref : le premier des arts de l'image en mouvement a-t-il renouvelé notre capacité à imaginer ?.

  • Pour se confronter à l'oeuvre majeure de cet artiste qui, entre 1950 et 1980, photographia sans relâche New York. Rassemble plus de 150 photographies, dont un grand nombre sont inédites à ce jour, et quelques études par des spécialistes de cette oeuvre.

  • La nuit c'est la revanche gaie c'est le jour à l'envers.
    Comme ma vie. Ibrahima Konaté, 11 ans.

  • Point ligne plan

    Collectif

    Les vingt dernières années auront vu se déplacer nombre de frontières artistiques.
    Inquiété dans son support, ses enjeux, son histoire, le cinéma aura été l'un de ces noeuds critiques. Ces questions sont aujourd'hui particulièrement sensibles au croisement de l'art contemporain et du cinéma. En collaboration avec le Groupe de recherches et d'essais cinématographiques et la délégation aux Arts plastiques, la programmation pointligneplan présente régulièrement depuis 1998 un ensemble d'oeuvres singulières d'artistes et de cinéastes.
    Cet ouvrage rassemble l'ensemble des textes publiés à l'occasion de chaque séance afin de contribuer à une meilleure définition de ce territoire.

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