Les Peregrines

  • Longtemps considérés comme la solution au renouveau de l'entreprise, les managers sont désormais pris eux-mêmes dans la tourmente, sans réelle perspective pour repenser leur rôle et sortir de l'impasse. Ils souffrent dorénavant, sans doute encore plus que les autres salariés. Le libéralisme est incriminé, à travers la logique gestionnaire qui a multiplié les contrôles et l'évaluation individualisée de la performance.
    Les indicateurs quantitatifs ont développé l'idée que le travail pouvait être normé. De ce fait, le management s'est focalisé sur les objectifs à atteindre, en éjectant la question du travail, c'est à dire la manière dont les résultats peuvent être obtenus. Ce livre propose une réflexion sur le management. Non seulement le manager gère le travail des autres, mais il est lui même engagé subjectivement dans son métier de manager.
    Les habits neufs du management est à la fois un ouvrage de réflexion et un livre pratique qui permettra à tous, employeurs, directions RH, et cadres de comprendre ce qui leur arrive et de trouver des solutions pour échapper à ce nouveau mal du siècle, qu'est la souffrance des managers.

  • « Cet ouvrage s'inscrit dans un parcours de recherche engagé il y a maintenant plus de vingt ans. Il est consacré à la prostitution et à son encadrement politique, au sein duquel l'abolitionnisme a toujours été présent sans y occuper la première place. » explique Lilian Mathieu.
    Dans cette somme, fruit de longues années de recherche, le sociologue retrace l'histoire des militants et des travailleurs sociaux hostiles à la prostitution, mais qui s'avère tout aussi tumultueuse et riche en rebondissements que les combats des prostituées. Ainsi les abolitionnistes se sont retrouvés, au gré des circonstances, soit partenaires de raison soit farouches adversaires des prostituées. Cette diversité des postures a trouvé son point d'orgue avec les débats publics relatifs au statut légal à réserver à la prostitution et la pénalisation des clients. La galerie de portraits et le dépouillement de documents abolitionnistes offrent un panorama saisissant de la morale d'une société et de ses fluctuations sur plus d'un siècle.

  • Des écrits de Jean Jaurès à Michel Houellebecq, en passant par des analyses fines sur Perec, William Burroughs, la littérature situ, marxiste, la question de la correction et bien sur, quelques inexorables vacheries à quelques vaches sacrées formatées de la république des lettres : on retrouve en ces pages, tout le sel critique d'Arnaud Viviant, son gai savoir, ses fulgurances et surtout, son talent à transmettre le goût de la lecture.

  • Le monde est en train de muter. Nos sociétés s'en trouvent bouleversées dans leur mode de fonctionnement et de sociabilité. Dans cet espace où l'on voit se fracturer le socle traditionnel du vivre-ensemble prolifèrent des pratiques ludiques. Les sites de rencontres, les jeux de rôle en ligne, les Zombies Walk, le Cosplay, la bande dessinée, les réseaux sociaux, Candy Crunch saga, Ingress ... Autant de signes et d'indices d'un nouveau monde conquis par l'esprit du jeu. Loin de mettre en avant ce qui est futile ou frivole, l'ensemble de ces pratiques ludiques dessine, selon l'auteur, les modèles des sociétés de demain.
    Comment le monde devient (enfin) un jeu World of warcraft interroge les techniques de management traditionnelles, les fablabs les modèles de production et de distribution industriels, les jeux en ligne les processus de recherches collectives. L'application Tinder remet en question les modalités d'existence du couple. La réalité augmentée change notre rapport au réel.

    Ce livre se veut un pied de nez au pessimisme ambiant, et un outil de compréhension de l'importance du jeu dans la fabrication de la société de demain. Vous reprendrez bien une bonne tranche de "funkphilosophie" ...

  • Qui n'a pas vu Sept ans de réflexion ? Qui ne se souvient pas de la fameuse scène de Marylin toute robe soulevée par la bouche de chaleur ? Vraiment ? Vous en êtes bien sur ? Il se trouve que cette scène où l'on verrait la star à la robe affolée et affolante n'existe que dans notre imagination... Elle ne figure pas dans le film qui présente la scène, hachée en plusieurs plans ; mais elle est restituée intégralement sur l'affiche du film.
    Partant de ce constat, Marc Gauchée, un passionné d'images et de mythes culturels contemporains, à passer trente années à étudier la force de cette image mythologique. Il a collecté des centaines d'images, de photographies et de films parodiant, pastichant ou rendant hommage à cette image universelle. Dans un texte érudit et sensible, il raconte la genèse de cette séquence et aussi les raisons et les découvertes étonnantes et insolites de sa recherche.
    L'enquête très personnelle sur un mythe culturel mondialisé qui rend fou.

  • Hubert Duprat est un sculpteur contemporain qui s'intéresse à l'histoire des techniques et à la dimension anthropologique de la fabrication. La singularité de son oeuvre tient à cette interrogation sur les origines des formes et des pratiques. Mêlant l'esthétique et le décoratif, il explore à contre-emploi toutes sortes de matériaux, de l'ivoire à la pâte à modeler, du quartz au béton, matériaux rudimentaires ou luxueux, denses, translucides, stables, bruts ou lisses.
    Depuis La Scie patriotique publiée en 1997, Nicole Caligaris poursuit une oeuvre mêlant liberté d'écriture et regard concret sur le monde contemporain : guerres, exil, jeux de pouvoir sont les thématiques qui traversent ses livres courts et denses.

  • Il n'existait jusqu'à ce livre, aucun récit documenté sur l'histoire des fanfares des Beaux-Arts. Anecdote culturelle ? A ce moment-là, il faudrait rayer de la mémoire collective, des milliers de formations musicales, des millions de chansons du patrimoine et toute la culture des 4 Z'arts. L'anthropologue Véronique Flanet, elle-même joyeuse fanfariste, a relevé le défi et entrepris l'incroyable, l'amusante et surtout la belle histoire des fanfares des Beaux-Arts.
    Commencée au tout début des premiers jours de la Libération, dans le sillage d'Antoine Blondin et d'Albert Vidalie,( parolier de Juliette Gréco et Serge Reggiani ), pour s'éteindre dans les derniers feux des années 70, cette saga colorée et enchantée recèle bien des surprises, des charmes et une vitalité culturelle mal connue.
    /> "La fanfare, c'est physique. On joue sans compter, debout sur ses deux pattes à se faire bousculer par un public joyeux ou indifférent. Sous un soleil brûlant, ou dans le froid. On joue à n'en plus pouvoir, parfois à se faire éclater la peau des lèvres. Alors il y a des couacs. La fanfare des Beaux-Arts ne redoute pas les fausses notes. C'est le propre du genre, c'est inévitable.
    L'excès fait sa beauté", note Véronique Flanet.
    En effet !
    Le texte est accompagné d'une riche documentation photographique.

  • "Je n'écrirai pas le livre noir de la critique" prévient Frédéric Ferney dans cette analyse de l'industrie française du livre, de la littérature contemporaine et des professionnels de la critique littéraire. Cela signifie t-il que ce secteur culturel et le métier de critique devraient être exemptés de toute critique ? Que nenni ! On peut même en faire un livre que voici.
    Chargé d'un rapport pour le CNL sur la critique littéraire, l'auteur délivre ici une postface toute personnelle. Avec un style ironique souvent et une précision mélancolique parfois, il dépeint le milieu, sa mentalité, ses relations avec l'industrie du livre, ses mariages forcés avec la télévision et la radio, sa mutation avec Internet, son déclin, ses mesquineries et sa grandeur indispensable.

  • Comment en sommes-nous venus à croire que les choses valent véritablement leur prix et que leur valeur varie effectivement avec leur prix ? L'auteur nous invite à parcourir l'histoire de la notion de valeur dans la science économique, depuis Aristote jusqu'aux interprétations les plus récentes des bulles spéculatives.
    Au terme de cette exploration magistrale, il décrit notre moment théorique de la valeur, et son modèle, qui depuis quelques décennies ont pris possession de l'économie réelle : le Moment M4 où, désamarrée de toute référence à la physique des choses, l'économie se prévaut de sa capacité magique à donner de la valeur au rien et à dévaloriser ce qui, hier, valait tout.
    Derrière le mirage de la plasticité infinie de l'économie, un autre paysage, bien plus sombre, se laisse toutefois entrevoir celui d'un monde gouverné par l'arbitraire de l'argent, et, à travers l'argent, par le souci obsessionnel de la consommation du monde au profit d'une classe nouvelle, l'hyperbourgeoisie.

  • Chaque mois de septembre, sortira L'EcoChrono.
    Rédigé par Pierre Julien, rédacteur en chef pour le supplément Économie du quotidien Le Monde, cet opuscule a l'ambition de pointer et expliquer, sous forme de glossaire, les idées, concepts et actualités de l'économie, de la finance et des relations sociales de l'année.
    A la fois, petit ouvrage documenté pour les étudiants et livre de curiosités à destination d'un public plus large, L'EcoChrono est illustré par Desclozeaux.

  • Voici venu le temps des « technocorps » : la technologisation du corps est à l'oeuvre et semble irrémédiable. Les digital natives nés avec le numérique se dédoublent et se multiplient sur les écrans... Des chercheurs prétendent se pourvoir de capacités surhumaines par implantation sous-dermique de puces électroniques... Des handicapés, amputés sous le genou et appareillés défient des athlètes valides à des championnats mondiaux. La thèse d'une augmentation humaine est prise au sérieux depuis la publication, en 2002 aux États-Unis, du rapport NBIC (Nanotechnologies, biotechnologies, sciences de l'information et sciences cognitives) concernant l'émergence de sciences dont la convergence promet la transformation de notre corps...
    Venus de diverses disciplines, l'anthropologie, la philosophie, les sciences de l'information et les sciences sociales, les contributeurs, ici réunis, présentent plus qu'un simple panorama critique. Ils montrent une révolution en cours dans la conception du corps humain et, par extension, de la société. La « condition post-humaine » n'est plus un vain mot de science-fiction, il est grand temps de réfléchir sérieusement sur ses impacts et ses effets dans nos vies quotidiennes et morales. Un travail nécessaire mais vertigineux !

  • « Si l'absurde monotonie des jours suffit qu'on veuille les écourter, ce motif seul est commun au plus grand nombre : or, quelque grise que soit notre vie, ou justement à cause de cette cendre chaque jour recommencée, nous aspirons à rien moins qu'à une fin singulière. Nous voulons bien nous supprimer, mais nous rechignons à partager cette décision avec le gros de l'humanité - qui nous rebute le plus souvent. » Pourquoi renonce-ton à cette idée pourtant largement partagée et qui est presque un truisme, s'est demandé l'essayiste Bruno Lafourcade. Ne se suicide pas qui veut.
    Avec une érudition précise et un style irrésistible, Bruno Lafourcade nous ouvre les portes de la société des suicidés, tous ces gens qui, faisant partie des élites politiques, artistiques ou intellectuelles, ont décidé du meurtre de soi. Derrière l'ironie grinçante sur leurs destins, l'auteur rouvre les grandes questions existentielles que sont le sens de la vie et le mystère du suicide.
    Le texte comprend en annexe un abécédaire des suicidés célèbres.

  • Voilà une biographie de Serge Gainsbourg toute personnelle : Arnaud Viviant lui dédie un très beau texte, éclaté comme un abécédaire, intuitif et poétique, carambolage pétillant de petites théories sur le chanteur majeur de l'art mineur.
    « J'ai voulu réaliser une analyse de son travail.
    Avec Gainsbourg, on n'a pas le sentiment d'avoir quelqu'un de vieux, et d'ailleurs de mort. C'est "Gainsbarre" qui est crevé, mais le dandysme de Gainsbourg lui n'est pas fini. Il évolue, il s'insinue dans les rouages, et suscite toujours autant de demandes d'adaptation dans le monde. C'est une figure mondiale de la provocation et qui, par les temps qui courent, fait du bien, non ? C'est un personnage passionnant dans la pop culture, parce qu'il a subi l'époque dans laquelle il s'est retrouvé. » Gainsbourg, l'art sans art est aussi une réflexion sur le style de cet artiste, un art du ne pas y toucher.

  • Courir.
    De ce sport, l'un des plus anciens de l'humanité, et l'un des plus simples en apparence, l'auteur nous invite à une course érudite dans le temps.
    Faisant le récit d'une course moderne, Jean Delord la transforme en la considérant dans la foulée des pensées anciennes. La philosophie devient notre coach. Au marathon, comme si vous y étiez : des émotions enfouies, des mentalités inconnues, tout un glossaire conceptuel autour du marathon surgissent et ce texte nous fait réaliser toute la puissance poétique et l'exigence de volonté morale que recèle la course à pied.

  • Entamer une recherche scientifique sur un personnage de bande dessinée pose un problème.
    C'est l'association d'une méthode rigoureuse et d'un élément de culture populaire ; c'est, en somme, parler sérieusement d'un sujet peu sérieux. Du moins, c'est ce qu'une première approche pourrait laisser penser.
    Batman est l'un des plus anciens super-héros.
    Créé par Bob Kane et Bill Finger en 1939, il apparaît dans la publication Action Comics en 1939, soit l'année suivant la publication des premières aventures de Superman. Il est le rescapé du grand cimetière des super-héros également et témoigne toujours d'une grande vivacité d'intérêt : En juillet 2012, le long métrage The Dark Knight Rises de Christopher Nolan enregistrait le troisième plus gros succès de tous les temps au box-office, avec une recette s'élevant à 160,9 millions de dollars aux Etats-Unis.
    Les super-héros connaissent depuis le début des années 2000 un regain de popularité.
    Cependant, peu d'études scientifiques ont été menées en France sur ce phénomène. Le superhéros semble inquiéter. Mais qui a peur du super-héros ? Et plus particulièrement de l'homme chauve-souris ?
    Dans un petit précis d'anthropologie, Justine Marzack relève le gant et nous fait découvrir la face lumineuse et espiègle de Batman.

  • Pourquoi les fauteuils sont-ils rouges ? Et pour quelle raison, y mange-t-on du pop-corn ? Quel est le film le plus sanglant de tous les temps ? Quelle est la différence entre les effets spéciaux et les effets visuels ? Hollywood ou Bollywood ? Les liens entre mafia et cinéma ? Le générique le plus long et la durée moyenne d'un film ? Comment compte t-on les entrées ? La plus vieille salle ? En 142 sujets bien sentis, l'auteur, lui-même professionnel, nous entraîne dans son grand cinéma permanent: celui qui mêle sans avoir l'air d'y toucher, passion enfantine, érudition joyeuse et réflexions sur le 7e art. Pour éclairer les salles obscures.

  • Cela semble au départ une mission philosophique impossible : « Que peut-on réserver, à ce peu de désir, ce peu de conviction et d'appétits qui définit la tiédeur ? » s'est demandé Philippe Garnier.
    « La tiédeur décourage toute tentative d'éloge, de manifeste. On ne voit pas en quoi elle pourrait nourrir une forme quelconque de subversion.Tout le problème vient de ce peu de désir, et non pas de son absence radicale qui trouve, elle, facilement sa place dans un système de négation du monde sensible et visible. La tiédeur est dépourvue des prestiges du Rien. Elle serait plutôt du côté de ce moins que rien dont personne, sinon pour en rire, n'a vraiment envie de parler. » La tiédeur qui porte rarement son nom a des synonymes péjoratifs comme veulerie, lâcheté, paresse, hypocrisie, égoïsme ou aveuglement.
    Repartant de l'Ancien Testament qui voit dans le tiède un défaut au projet divin sur l'humanité et au salut, Garnier explore les figures de la tièdeur, que ce soit dans la philosophie, la littérature ou dans la politique : « Tout projet pour la collectivité rencontre la résistance du tiède. » De ce texte, publié il y a une quinzaine d'années par Roland Jaccard et que l'on ne pouvait plus lire depuis longtemps, on retiendra une ironie et un humour constant à bonne température.

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