Metailie

  • À Lisbonne, une nuit, dans un bar, un homme parle à une femme. Ils boivent et l'homme raconte un cauchemar horrible et destructeur : son séjour comme médecin en Angola, au fond de ce « cul de Judas », trou pourri, cerné par une guerre sale et oubliée du monde. Un humour terrible sous-tend cet immense monologue qui parle aussi d'un autre front : les relations de cet homme avec les femmes.
    « Il est l'un des plus grands, un auteur essentiel, le découvreur d'un monde. » Le Point « Lobo Antunes nous précipite dans des mondes quotidiens que son écriture flamboyante, torrentueuse, transforme en violentes épopées. » M. Gazier, Télérama

  • « La première fois que j'ai vu une femme j'avais onze ans et je me suis trouvé soudainement si désarmé que j'ai fondu en larmes. Je vivais dans un désert habité uniquement par cinq hommes. Mon père avait donné un nom à ce coin perdu : Jésusalem. C'était cette terre-là où Jésus devrait se décrucifier. Et point, final.
    Mon vieux, Silvestre Vitalício, nous avait expliqué que c'en était fini du monde et que nous étions les derniers survivants. Après l'horizon ne figuraient plus que des territoires sans vie qu'il appelait vaguement l'Autre-Côté. » Mia Couto, admirateur du Brésilien Guimarães Rosa, tire de la langue du Mozambique, belle, tragique, drôle, énigmatique, un univers littéraire plein d'invention, de poésie et d'ironie.

  • 1987. Cinq jeunes femmes autour d'un piano, cinq survivantes du naufrage de l'Empire colonial portugais, elles sont là pour chanter. Il y a Gisela, qui les a convoquées et va mettre toute son audace et son énergie à leur transformation en un groupe vocal qui enregistre des disques et se produit sur scène. Il y a les deux soeurs Alcides, Maria Luisa la mezzo-soprano et Nani la soprano qui sortent du conservatoire. Il y a Madalena Micaia, The African Lady, à la sublime voix de jazz, noire et serveuse dans un restaurant, et enfin la plus jeune, Solange de Matos.
    Il y a les relations de pouvoir si particulières des femmes, les pressions psychologiques, la façon de tout sacrifier à la réalisation d'un objectif. Elles ont travaillé dans un garage, elles ont appris à chanter, à composer des chansons, à danser sur scène, à marcher comme on danse, elles ont enregistré un disque, et l'impensable s'est produit.

  • « J'étais la fille d'un hasard, d'une bêtise de jeunesse, de l'exubérance du corps... Alors j'étais responsable de ce que cette barque noire soit venue couler à notre porte. » Emma découvre qu'elle est la fille du jeune frère de son père, chassé par la famille et dont elle ne connaît que les dessins d'oiseaux qui jalonnent ses voyages à travers le monde. Elle va aimer passionnément ce père étrange qui lui a donné sa couverture de soldat et son revolver. Puis, adolescente, elle assiste à la lente destruction par la famille de l'image de l'absent.
    Lídia Jorge écrit ici un roman poignant, direct, limpide, d'une force incroyable, qui vous tient prisonnier bien au-delà de sa lecture. Un livre exceptionnel.

  • De l'enfant triste, fils d'un capitaine de marine volage et d'une mère hystérique du Perroquet vert, au pitoyable protagoniste du Bon Pasteur et au jeune poète de Bonsoir, Jorge de Sena nous montre, sous tous ses aspects, la misère morale du Portugal de Salazar. Rejoignant le grand roman Signes de feu, Les Grands Capitaines retrace une "chronique amère et violente de cette ère de décomposition du monde occidental et de cette époque qui châtrait le Portugal".

    On est en présence d'une des représentations de ce mal que Jorge de Sena s'attache à dénoncer, voire à exorciser dans son oeuvre.

    Jorge de Sena rend le réel "encore plus réel que la réalité et donc aussi monstrueux que ce que nos yeux craignent de reconnaître dans la réalité".

    « Écrites au début de l'exil brésilien de Jorge de Sena, dans les années 1961-1962, les neuf nouvelles [...] témoignent d'une intelligence et d'une maîtrise techniques remarquables. »

    Patrick Kéchichian, Le Monde des livres

  • En juillet 1936, dans une station balnéaire du nord du portugal, une bande de jeunes gens découvre à la fois la politique et l'amour.
    Roman de formation qui prend place parmi les grands modèles européens, témoignage lucide, signes de feu est aussi un magnifique roman d'amour. jorge, le héros, a 18 ans et il va partager avec horreur et plaisir les orgies sordides d'adolescents affamés de sexe, contempler la lâcheté des adultes, la déchéance d'un ami, connaître l'amour fou, les tortures de la jalousie, la secrète saveur de la douleur et du mal.

  • En 1997, pedro rosa-mendes a entrepris un voyage impossible : la traversée, à pied ou en stop, du continent africain, de l'angola jusqu'au mozambique.
    Un voyage à travers des pays dévastés par les guerres, des routes mortes et des champs de mines. ce livre est construit à partir des histoires de personnages extraordinaires qu'il a rencontrés au cours de son périple : "des héros anonymes, habitants des limites de la vie, et aussi des monstres, d'étranges monstres réinventent l'horreur sur leur vaste territoire d'ombres. " (agualusa) roman, chronique, lettre, document, un archipel entier à la dérive vers la mort, dans un livre.
    Et avant tout, de la grande littérature.

  • Au cours d'un banquet de bataillon, quatre hommes se retrouvent dix ans après les guerres menées en afrique sous la dictature de salazar.
    Défilent les images de leur passé. leurs vies s'enchevêtrent, marquées par le cauchemar initial de la guerre coloniale et par les naufrages qu'elle a provoqués. la nuit culminera dans le meurtre.

  • A Luanda, à la fin de la guerre révolutionnaire, Félix Ventura, le bouquiniste albinos, exerce une activité étrange : il crée de faux passés qu'il vend aux nouveaux riches. Ses clients sont des entrepreneurs prospères, des hommes politiques, des généraux et la bourgeoisie angolaise naissante, tous ont assuré leur avenir. Il leur faut donc transmettre à leurs enfants un bon passé.
    Félix leur construit des généalogies flatteuses, des portraits d'ancêtres, des mémoires brillantes. Il en vit bien, jusqu'à l'arrivée d'un mystérieux étranger à la recherche d'une identité angolaise. Alors, dans un vertige, le passé envahit le présent et tout bascule. La jeune photographe obsédée par la lumière retrouve elle aussi, un passé, de même que le gecko qui rêve sur le mur, tout un réseau irrationnel se met en place et l'impossible arrive.
    Satire féroce et pleine d'humour de la société angolaise, ce Marchand de passés est surtout une réflexion sur la construction de la mémoire et ses ambiguïtés.

  • Deux femmes que lie une amitié-coup de foudre : julia grei, la jeune veuve encore adolescente, dont le seul garde-fou est joia, son petit garçon, et anabela cravo, la conquérante qui se prostitue pour payer ses études d'avocate.
    Elles n'ont rien en commun, sinon leur fascination mutuelle, la solidarité qui les lie et d'étranges rapports de pouvoir. julia et anabela nous entraînent dans leurs trajectoires croisées qui passent par l'abjection de la prostitution pour atteindre la conquête de soi. " la romancière entrelace les deux brins de sa trame, les deux coloris de son univers, avec une virtuosité qui force l'admiration. on ne peut manquer d'être étonné par ce registre qui va de maupassant à virginia woolf par ces motifs qui reviennent à l'envers du tapis avec une si parfaite sûreté de dessin.
    " jacques fressard, la quinzaine littéraire.

  • Au théâtre trindade, on représentait " barbe-bleue ".
    Le deuxième acte venait de commencer et le choeur des courtisans se retirait à reculons, en demi-cercle, dos courbés lorsque, dans une loge au-dessus du balcon, à gauche, le grincement rêche d'une serrure rouillée, le bruit d'une chaise traînée, firent lever ici et là quelques regards distraits. debout une grande femme défaisait lentement les attaches d'argent d'un long manteau de soie noire doublé de fourrures sombres.
    [. ] elle fit aussitôt sensation sur le public assoupi. les jumelles de théâtre " s'en donnèrent à coeur joie ", comme disait le poète roma, auteur estimé des " idylles et rêveries ". et même, un gros homme qui se trouvait en dessous de sa loge, se retournant dons un brusque mouvement de curiosité, glissa sur une marche du balcon, et tomba : il y eut des rires. en quelques lignes eça de queiros tisse la toile d'araignée si fragile et si résistante dans laquelle il va inéluctablement engluer ses héros.
    Une tragédie inavouable. celui que valery larbaud considérait comme " un des plus grands romanciers européens du xixe siècle ", s'attache autant à la psychologie des milieux qu'à la psychologie individuelle et est un maître de la péripétie et du suspens.


  • dans le nord du portugal, ce sont les femmes qui, devant l'indolence et les rêves d'évasion que nourrissent les hommes, assurent le lourd héritage des travaux de la terre.
    c'est vrai en particulier vers la fin du xixe siècle, lorsque la propriété à l'abandon doit être prise en charge par joaquina augusta-quina, une adolescente frêle et inculte, mais qui participe aux plus rudes tâches de la campagne aux côtés des ouvriers, tandis que sa soeur et ses frères se préparent à échapper au milieu rural. la lucidité de quina, rusée et chicaneuse, et son sens de la répartie lui valent ce surnom de sibylle sous lequel elle ne tarde pas à être connue et admise dans la bonne société, oú l'on admire cette paysanne.
    resté célibataire, endurcie par la lutte, haïe et admirée par le membres de sa famille, une passion étrange l'unit sur le tard à un enfant qui grandira sous sa protection. un admirable portrait de femme, le premier chef-d'oeuvre d'agustina bessa-luis.

  • A Luanda, à la fin de la guerre révolutionnaire, Felix Ventura exerce une profession étrange, il crée et vend de faux passés aux nouveaux riches. Ses clients sont des entrepreneurs prospères, des hommes politiques, des généraux et la bourgeoisie angolaise naissante, tous ont assuré leur avenir. Il leur faut donc transmettre à leurs enfants un bon passé. Felix leur construit des généalogies, des portraits d'ancêtres, des mémoires brillantes. Il en vit bien, jusqu'à l'arrivée d'un mystérieux étranger à la recherche d'une identité angolaise. Alors, dans un vertige, le passé imprègne le présent et tout bascule. La jeune photographe de lumière retrouve un passé, le gecko sur le mur rêve d'un passé et tout un réseau irrationnel se met en place.
    /> Satire féroce de la société angolaise, ce Marchand de passés est surtout une réflexion sur la construction de la mémoire et ses embûches.

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