Michel Houdiard

  • En étudiant quelles sont les sept grandes lois régissant l'architecture (qu'il appelle sous un titre biblique " les sept lampes de l'architecture "), l'esthéticien anglais john ruskin entendait rénover l'architecture en lui dictant des règles rigoureuses, puisées notamment dans une conception de l'art subordonnant le beau à la nature.
    Parce que l'architecture est l'art qui peut le mieux rappeler la nature, il a ainsi voulu réserver dans chaque édifice, un coin du mur, un fragment des colonnes, oú l'architecte ne pouvait invoquer ni les lois mathématiques, ni les nécessités du bâtiment pour échapper à l'étude fidèle de la nature. de ce principe premier, il déduit que ces règles pratiques ne sont à chaque époque que l'expression passagère des lois éternelles qui gouvernent le monde moral, lois que doit respecter tout artiste, spécialement dans l'art de construire qui affecte le plus la vie de l'homme sous le rapport domestique, social, politique et religieux.

  • Mémoires normandes pour une autre histoire de la normandie Nouv.

    Cet ouvrage n'est ni une nouvelle histoire de la Normandie, ni un inventaire détaillé de ses richesses artistiques et naturelles, mais, dans la continuité du stimulant chantier des Lieux de mémoire dirigé par Pierre Nora, chez Gallimard, de 1984 à 1993, une réflexion de portée historiographique sur la manière dont les Normands eux-mêmes et les « horsains » - tous ceux qui ne sont pas originaires de cet endroit - ont, par le texte et les images, construit, dans la longue durée, une certaine idée de cet espace régional unique en France. Nous avons ainsi privilégié les liens sociaux et culturels qui rattachent ses populations - celles du dedans et celles du dehors - à des sites, à des figures de proue, à des événements fondateurs, qui symbolisent et expriment leur identité commune. Ce livre, fruit de la collaboration de vingt et un chercheurs issus de la France de l'Ouest et d'autres horizons géographiques, s'articule autour de cinq axes complémentaires : Les Normandies ; Particularités et traditions ; Mémoires du passé ; Les Patrimoines ; Stratégies mémorielles. Un fil rouge relie ces parties, la volonté des contributeurs de montrer que les usages des souvenirs de cette province ne peuvent se conjuguer que de façon plurielle : la Basse et la Haute Normandie ; la terre et le ciel ; le bocage et le rivage ; les villes et les campagnes ; les traces de ses annales et leurs transpositions mémorielles dans l'espace public, du débarquement de Guillaume le Bâtard en Angleterre en 1066 au débarquement allié du 6 juin 1944 ; le patrimoine industriel et rural ; les traditions et les productions populaires comme les créations littéraires et les représentations artistiques les plus mémorables du génie national, celles de Pierre Corneille, d'Alexis de Tocqueville, de Gustave Flaubert, de Guy de Maupassant, d'André Maurois, d'Annie Ernaux, de Patrick Grainville, de Nicolas Poussin, de Jean-François Millet, d'Eugène Boudin, de Claude Monet, de Fernand Léger, entre autres.Notre publication ne propose pas seulement un tableau synthétique des interprétations les plus variées des caractères originaux de l'ancienne Neustrie, ni un panorama exhaustif des restes de son tumultueux passé, mais invite aussi à admirer sans réserve, mais avec un autre regard, la beauté et la diversité de ses paysages et de son patrimoine naturel comme la densité et la complexité de son héritage historique et culturel. En somme à revoir, d'un oeil neuf, la Normandie.

  • " L'auteur le plus riche d'idées de ce siècle a été jusqu'alors un Américain.
    " (Nietzsche) Ralph Waldo Emerson (1803-1882), chef de file du mouvement transcendantaliste, a joué un rôle déterminant dans l'affirmation de l'indépendance intellectuelle des Etats-Unis. Homme de conviction, adversaire de toutes les formes d'arbitraires, il s'est également impliqué dans le combat abolitionniste. Héritier de Platon, de Plotin, de Coleridge, influencé par la pensée de Swedenborg, Ralph Waldo Emerson fut le premier américain à élaborer une théorie de l'art et de la culture, exprimant à partir d'un regard neuf posé sur les choses, une vision cohérente de l'homme et du monde.
    Ainsi contribua-t-il de façon déterminante à l'éveil de l'intellectuel et de l'artiste américains, à la prise de conscience de leur intégrité et de la tâche qui leur est confiée de préparer demain et après-demain.

  • L'exode, juin 1940. Yvonne Dockès n'a pas vingt ans. Avec ses parents, elle quitte les Vosges pour rejoindre Nîmes dans le Sud de la France. Tous trois voyagent deux jours durant dans leur Citroën, atteignent la Haute Loire et s'arrêtent à Saugues. Pour Yvonne et sa famille, cet arrêt dû au hasard, imposé par la débâcle, dure quatre mois, de juin à octobre 1940. Yvonne écrit alors 150 recettes d'une écriture dense et régulière dans un petit carnet. Celui-ci va l'accompagner tout au long de de son existence, un repère, un guide. Que s'est-il passé pour qu'Yvonne ait été prise par l'envie d'écrire ? Est-ce pour ne pas oublier, conserver un héritage menacé de disparaître. Fragments de récits d'une famille juive alsacienne, lorraine. Dans l'exil, la mémoire des nourritures familiales reste un ancrage face au désarroi et à la faim. La cuisine, héritage transmis cahin-caha sur plusieurs générations devient matrimoine, une languemémoire, un grenier à souvenirs pour faire face au chaos du présent. Entre cuisine juive et autres inspirations, nous entrons dans le récit de familles juives ouvertes sur le monde, transportant leur histoire sans dénégation, ni enfermement. Cet ouvrage raconte l'histoire d'une famille juive alsacienne, lorraine patriote qui doit quitter sa région, est soumise aux lois de Vichy et survit en se réfugiant dans un village cévenol. À travers le chaos, la guerre et la Résistance, cet essai transmet un témoignage et un message pour les générations futures. Il traduit les mutations du judaïsme français à travers trois guerres, les déambulations à la suite de la spoliation de biens et du déracinement. La transmission de la mémoire familiale, des rituels et des savoir-faire au féminin contribuent à cette attention à la vie et jouent une large place dans cette destinée familiale.

  • Thomas De Quincey (1785-1859) a « révolutionné la prose d'une façon comparable à Wordsworth et Coleridge pour la poésie » (Judson S. Lyon) et profondément marqué Poe, Baudelaire, Emerson, Dickens ou Proust. Pourtant, on ne connaît guère de lui que ces énigmatiques Confessions d'un mangeur d'opium anglais, et il a longtemps été considéré comme un romantique mineur, éclipsé par les grands « maîtres ». Il a néanmoins su faire vibrer dans sa prose la musique et l'intensité émotionnelle de la poésie lyrique. Il s'est toujours montré déroutant, excentrique, inclassable, et il a fait oeuvre de pionnier en introduisant dans ses peintures de la vie (particulièrement la sienne) une aura fictionnelle, un sens dramatique aigu, et une réflexion philosophique complexe. La finesse et la modernité de son « anatomie de la douleur » préfigurent la psychologie du XXe siècle. De fait, cette oeuvre, par-delà son ancrage romantique initial, possède une puissance intellectuelle et affective intemporelle : il s'agit d'un jalon indispensable de la littérature qui dépasse le seul domaine anglophone et mérite l'attention de spécialistes d'autres disciplines. Car De Quincey nous a livré des écrits autobiographiques majeurs élaborés pendant près de quarante ans, et une analyse du temps, de la mémoire, du deuil et de la hantise - ces réalités poignantes qu'il avait expérimentées, et auxquelles il avait réfléchi, pendant toute sa vie, dans la douleur, mais avec lucidité, courage, et passion. Le dialogue, parfois « muet », qu'il a instauré avec la mort et l'indicible est plus éloquent que jamais pour nous qui, au XXIe siècle, savons lire et comprendre la poétique et les voix du silence, même quand tout semble se taire ...

  • La partie post-soviétique du continent européen est marquée par les traces d'anciens conflits interétatiques et ethniques. La réactivation de ces gisements mémoriels est toujours possible. Divers acteurs incorporent ainsi dans leurs répertoires d'action des stratégies historicisantes afin de « recycler » les représentations de passés « douloureux » dans les jeux politiques actuels. De nouveaux sites de mémoire (par exemple Tchernobyl), de nouveaux acteurs (comme les « agents », « collaborateurs », « témoins auxiliaires »), de nouvelles institutions (telles que les Instituts de la mémoire nationale), des débats mis à jour pour qualifier les crimes du passé, notamment les génocides, intéressent les sciences sociales. L'originalité de cet ouvrage, qui poursuit la réflexion entamée dans L'Europe et ses passés douloureux (G. Mink, L. Neumayer, dirs., La Découverte, 2007), est de présenter à travers 17 études comment la fin du communisme a été à l'origine d'une déstabilisation des points de repère mémoriels et, à bien des égards, des identités collectives en Europe post-communiste. Ses auteurs donnent à voir comment s'opère le repli sur une histoire nationale héroïque marquée par des accents nationalistes exaspérés. Ils examinent aussi les effets de l'européanisation sur l'espace mémoriel post-soviétique. Les dates des élargissements à l'Europe centrale et orientale (2004 et 2007) sont des césures qui creusent le fossé mémoriel entre l'Ouest et l'Est. Les deux moitiés de l'Europe n'ont pas le même référentiel, elles s'inscrivent dans des temporalités désaccordées. Cet ouvrage présente l'intérêt d'enrichir le champ d'études de la sociologie et de la science politique de la mémoire. Il donne aussi à comprendre, sous la plume de spécialistes reconnus de l'aire géopolitique post-soviétique, les différents phénomènes d'historicisation à l'oeuvre en Europe centrale et orientale.

  • Phillis wheatley (1753?-1784) et olaudah equiano (1745?-1797), deux africains capturés sur leur terre natale et réduits à l'esclavage dans les amériques, sont à l'origine de la tradition littéraire de la diaspora africaine américaine.
    Figures exemplaires du xviiie siècle, ils sont les témoins de la traite des noirs, de la traversée atlantique sur les bateaux négriers, de la révolution américaine et du combat pour l'abolition de l'esclavage en angleterre et aux etats-unis. illettrés à leur arrivée dans le nouveau monde, ils publient, respectivement, un livre de poésie en 1773 et une autobiographie en 1789. la parution à londres de ces deux ouvrages a été tributaire de déclarations signées par des membres éminents de la société attestant de l'érudition des auteurs, de l'authenticité des manuscrits et de la véridicité des faits.
    L'existence des textes de wheatley et equiano, bien que soumis aux impératifs de la servitude, servait la cause anti-esclavagiste en affirmant l'humanité du peuple noir et en soulignant la contradiction entre assujettissement et foi chrétienne. dans le contexte de la philosophie des lumières et des théories sur la race et la raison, les oeuvres de wheatley et equiano se révèlent novatrices et complexes.
    Elles expriment des modes d'agir et de penser, nés dans la violence et l'aliénation, mais aussi fondées sur le sentiment de liberté et l'art de la composition.

  • Comment parler des exilés, réfugiés, migrants ? Telle est la question centrale qui a inspiré ce volume, issu d'un colloque de décembre 2016, et qui prend racine à la fois dans un projet interdisciplinaire et dans la volonté d'associer les réflexions de chercheurs universitaires et les témoignages des personnes confrontées aux diverses formes de l'exclusion.
    Alors que, dans nombre de sociétés, le débat est miné par des polémiques, des idéologies et/ou une solidarité souvent défaillante, entre pays de l'UE ou d'Amérique du Nord, les textes présentés ici se réfèrent aux faits. Encadrant les témoignages vécus d'anciens migrants, venus en France au cours du XIXe siècle ou plus récemment en provenance, soit de territoires d'outre-mer anciennement colonisés, soit du Moyen-Orient déchiré par des conflits guerriers, les apports des chercheurs croisent les approches disciplinaires - histoire, sociologie, géographie et sciences politiques -, en variant les échelles et le cadre spatio-temporel, pour relater aussi bien les projets utopiques concernant les populations rom sortant de cinq siècles d'esclavage dans la Roumanie du XIXe siècle, que l'exil des migrants centraméricains arrêtés dans le Mexique d'aujourd'hui dans leur tentative de gagner les Etats-Unis.
    Faisant le pari de concilier une analyse centrée sur une situation locale et l'inscription dans un contexte global, comme l'étude des enfants des rues dans la capitale de la Roumanie postcommuniste, cet ouvrage s'efforce aussi de mettre en lumière l'évolution des politiques migratoires, toujours plus restrictives en Europe, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale jusque dans la France actuelle, où exilés, réfugiés, migrants et sans-abri sont confrontés aux conséquences sanitaires et sociales de la pandémie de Covid-19.
    Et maintenant, que faire ? Le livre se clôt sur l'appel à prolonger le partenariat entre monde universitaire et société civile, dans une volonté commune de lutte contre les diverses forme d'exclusion.

  • L'eroe di Capri

    Gius Gargiulo

    En août 1818 un marquis napolitain, Roberto della Lobra, débarque à Sainte-Hélène pour remettre au gouverneur militaire de l'île atlantique, Sir Hudson Lowe « geôlier » de Napoléon, une décoration de la part du Roi de Naples pour la bataille de Capri contre les troupes franco-napolitaines de Murat, dix ans auparavant. Bientôt Lowe découvre que l'arrivée du marquis à Sainte Hélène, devenu son ami pendant ses vacances de jeunesse en Italie puis ennemi dans les services secrets bonapartistes à Naples, est liée en réalité à la mort mystérieuse du majordome de Napoléon, Cipriani, en février et à l'enquête sur un trésor disparu. À l'aide de Costanzo Belmare, un ancien et louche pirate qui a suivi, en tant que son majordome, de Capri à Sainte-Hélène le gouverneur, la vérité la plus redoutée et dangereuse pour Lowe apparait à la surface. Nell'agosto del 1818 un marchese napoletano, Roberto della Lobra, sbarca a Sant'Elena per consegnare al governatore militare dell' isola atlantica, Sir Hudson Lowe, « carceriere » di Napoleone, una decorazione del re di Napoli per la battaglia di Capri contro le truppe franco-napoletane di Murat, dieci anni prima. Ben presto Lowe scopre che l'arrivo a Sant'Elena del marchese, divenuto suo amico durante le vacanze giovanili in Italia e poi nemico nei servizi segreti bonapartisti a Napoli, è in realtà legato alla misteiiosa morte del maggiordomo di Napoleone, Cipriani, avvenuta in febbraio e alle indagini su un tesoro scomparso. Con l'aiuto di Costanzo Belmare, un losco ex pirata che ha seguito il governatore da Capri a Sant'Elena come suo maggiordomo, affiora la verità più temuta e pericolosa per Lowe.

  • Comment parlent les images ? De quelle voix s'adressent-elles à nous, du fond de leur silence ? Ou comment parviennent-elles, sans le support du son, à se faire entendre, à produire des effets, à porter des affects ? C'est l'efficacité paradoxale du silence que ce volume explore, dans le champ des arts visuels. On le sait, loin de n'être qu'une soustraction, absence de sons ou refus de paroles, le silence est un langage, un vecteur de sens et d'expressivité. Difficile d'analyser ces arts muets que sont la peinture ou la photographie sans réfléchir à la « zone de silence » située en leur coeur, matrice qui fonde leur pouvoir de suggestion et de contestation. Quant aux arts qui ne sont pas intrinsèquement silencieux, de la performance durationnelle au cinéma, ils ont malgré tout partie liée avec le silence, lorsqu'ils tentent de se dégager de l'imposante omniprésence de la parole, ou de réinventer l'interaction entre son et image. Les textes réunis ici interrogent le langage silencieux des images, dans une perspective interdisciplinaire croisant des approches et des objets divers, et rendent au silence sa positivité autant que sa radicalité. L'image silencieuse y apparaît dans toute sa force évocatrice, subversive ou réflexive. Qu'il s'agisse d'élaborer une nouvelle esthétique à partir de l'effacement, d'affirmer un positionnement critique par l'extinction des voix, de faire entendre le bruissement infime du monde ou de désigner un secret tout en le taisant, le silence semble constitutif du pouvoir de l'image. Plus encore, les images dont il est ici question participent d'une éthique du silence, qui postule un certain mode d'attention au monde, une valeur nouvelle accordée au non-verbal, un espace ouvert à la pluralité et à l'ambivalence. Et par là, se trouve questionnée - parfois redéfinie - la relation du spectateur à l'oeuvre d'art.

  • Using an acronym as the theme for the 8th biennial conference in Aix en Provence meant to interrogate Gothic as a crossroads of territories first - a proper theme for a family reunion, that of scholars in gothic studies across the world. But the overlap between that acronym and the signifier «news» was predicated on the metaphorical paradigm of time: news from gothic studies here and there. Delegates from the four cardinal points exchanged views and news on a daily basis in a week-time conference.
    The present volume - the second of the pair successively devoted to literature and cinema - gathers most of the papers given at the conference and includes also two texts by prominent American film scholars. Fields of investigation concern German expressionism, Hollywood Female gothic, the Jekyll and Hyde myth, British Horror films of the sixties, Southern gothic on film, the grotesque, Asian Horror films, postmodern vampires etc. Some articles focus on prominent diretors such as Rouben Mamoulian, Jean Renoir, Roger Corman (the Poe cycle), Roman Polanski, John Boorman, George Romero, Alejandro Amenabar. The use of gothic conventions in contemporary cinema is examined through two very different case studies (The Quay Brothers, Mathieu Kassowitz). The role of gothic tropes in the classic television series, The Twilight Zone is assessed while the impact of digital technology is also explored (The Matrix).

  • Le cinéma, c'est bien connu, est une usine à rêves. Mais c'est aussi un formidable réservoir de mémoires, personnelles et collectives. Parce que le cinéma est très vite devenu le médium populaire par excellence, les films participent à la circulation de récits et de représentations partagées, à l'élaboration, à la consolidation ou à la remise en cause de ces « lieux de mémoires » dont parle Pierre Nora, ces artefacts mémoriels qui cristallisent la construction identitaire de communautés ou de nations. Pourtant, relativement peu d'ouvrages se sont penchés sur l'étude des relations entre cinéma et mémoire?: comment le cinéma a-t-il exploité l'idée de mémoire en vue d'élaborer son propre discours d'authenticité face au discours officiel de l'Histoire?? Quelles stratégies narratives, techniques et esthétiques a-t-il mis en oeuvre pour traduire les processus mentaux propres à la mémoire?? Et quelles stratégies les films adoptent-ils pour convoquer la mémoire du spectateur?? Enfin, dans quelle mesure le cinéma se nourrit-il de sa propre mémoire?? Telles sont les questions majeures que les articles de ce volume mettent en exergue, interrogeant tout autant les mémoires véhiculées par les films que le cinéma lui-même en tant que vecteur privilégié de mémoires.

  • Sur la définition de l'économie politique ; et sur la méthode d'investigation qui lui est propre, présenté pour la première fois en français, est un essai écrit par John Stuart Mill entre 1830 et 1833.
    Il propose une théorie générale de l'économie construite à partir de l'économie politique classique anglaise. En même temps, il décrit la méthode scientifique d'investigation des phénomènes sociaux et économiques, qui allie l'abstraction à la vérification empirique. Cette méthode n'est autre que la méthode dialectique. Cet essai s'adresse non seulement aux économistes, mais aussi aux philosophes, aux sociologues, aux spécialistes en science politique, et de façon générale, au public cultivé concerné par la connaissance des phénomènes complexes.

  • La Renaissance de Harlem, mouvement littéraire et artistique des années 20-30 aux Etats-Unis, est connue sous le nom du mouvement du « Nouveau Nègre ». Les essais traduits dans ce volume retracent les prises de position des acteurs majeurs de ce mouvement?: d'une part, Arthur Schomburg, George Schuyler, Countee Cullen, W. E. B. Du Bois, Alain Locke, Zora Neale Hurston, figures centrales de cette renaissance culturelle?; d'autre part, Richard Wright, Romare Bearden et James Baldwin qui assurèrent la transition avec les décennies qui suivirent le déclin du mouvement. Ecrivains, philosophes, historiens, peintres, essayistes, ces artistes et intellectuels répondent aux interrogations suivantes?: quelle définition donner de l'art nègre?? Quelle est la mission de l'artiste afro-américain?? L'art doit-il être propagande?? Cet art nègre est-il distinct de l'art américain?? Si oui, en quoi l'est-il?? Quel public doit viser l'artiste nègre?? La littérature, la poésie, le théâtre, la danse, la musique, la peinture, le folklore?: tous les arts sont convoqués. Les neuf essais et les commentaires des traducteurs dressent le paysage d'une Amérique traversée par la question raciale, les notions de nationalisme et d'intégration, les relations de pouvoir avec les mécènes et les éditeurs blancs. Les modérés et ceux qui sont hostiles à une conception raciale de l'art côtoient les défenseurs d'une culture noire spécifique qui prend ses racines dans les arts du peuple et trouve son modèle dans le blues et le jazz. La Négritude de Césaire et de Senghor a pris sa source dans ces débats, souvent virulents, qui préfigurent la révolution des années 60-70, le « Black Arts Movement » et son esthétique noire. Une controverse toujours d'actualité au XXIe siècle qui connaît l'avènement du « Post-Black art ».

  • Le forban

    Joseph Conrad

  • Le poète anglais, John Keats, est parti en Italie pour y mourir. Cet exil en terres étrangères, qu'il ne souhaitait pas, se définit alors bien autrement que chez ses contemporains, Lord Byron ou Percy Shelley, tous deux chantres d'une liberté retrouvée dans le voyage. Avec comme compagnon de route, le peintre Joseph Severn, qui repose désormais à ses côtés au Cimetière Protestant de Rome, il a lutté contre la maladie dans sa maison Place d'Espagne pour finalement s'éteindre, vidé de ses sangs, le 23 février 1821 à l'âge de 25 ans. Selon son cercle d'amis et sa famille, l'air du sud et la chaleur du climat auraient normalement dû l'aider à guérir de la tuberculose, infection atavique qui avait déjà tué sa mère et son frère, Tom.
    Pourtant, aucun de ces remèdes ne l'apaise. Keats revit, chaque jour, la douleur de ses maux et peine à trouver le salut de son âme en Italie, pays de la crainte et du malaise amoureux. Descendu un peu brutalement des sphères de l'onirisme tranquille, séparé de sa bien-aimée, la jeune Fanny Brawne, et privé de ses repères familiers, il souffre d'un manque qu'il n'arrivera pas à combler. L'anatomie du gisant, hanté par tous les germes de la phtisie, prend des allures de piéta profane, diagnostiquée par le poète lui-même, patient et médecin à la fois : son romantisme ironise, agonise mais ne meurt jamais en ce dernier souffle de vie que Keats, non sans humour (noir), qualifiera d'« existence posthume ».

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