Littérature générale

  • À l'initiative de Patricia Brignone, critique d'art invitée du MAC/VAL pour l'année 2011, le cinquième colloque organisé par le musée proposera une réflexion sur les formes renouvelées de la performance, mêlant conférences, récits performés et autres mises en actes, doublées d'une programmation vidéo.
    Ce colloque-événement, singulier dans sa forme, envisage d'explorer à sa façon la vertigineuse dimension à laquelle renvoie le titre original de l'ouvrage désormais célèbre de John Langshaw Austin, How to do Things with Words (volontiers humoristique), traduit en français par Quand dire c'est faire. Alors que l'art contemporain, et plus précisément la performance, recourt abondamment à l'usage des énoncés performatifs (redevable en cela à J.
    L. Austin, tout en l'ignorant parfois) et plus précisément à l'heureuse postérité de cette formulation, il nous a semblé intéressant de nous essayer à ce jeu de possibles où s'énonce ce passage entre dire et faire. Les procédures artistiques proposées sont là pour attester de cette singularité conditionnée par ces rapports infinis au réel langagier. Pour traiter ce jeu croisé de questions, ce recueil conçu en amont, présentant les contributions de chaque intervenant - de Massimo Furlan & Marc Augé à Esther Ferrer, de Dora Garcia à Olivier Cadiot, de Tanguy Viel & Mathilde Monnier à David Zerbid, pour n'en citer que quelques-uns -, remplace les traditionnels actes du colloque.
    La forme particulière donnée à cet événement où se croisent le théorique et l'artistique, et dont témoigne cet ouvrage, se veut à l'image d'un principe de décloisonnement des fonctions pour lequel le MAC/VAL a opté dès son ouverture.

  • À l'occasion de la rétrospective de Noël Dolla au Mac/Val, musée d'Art contemporain du Val-de-Marne, Jean-Pierre Verheggen, poète belge chargé de mission spéciale à la Promotion des Lettres françaises de Belgique, propose un récit inspiré par l'univers de cet artiste niçois dont tout l'art travaille l'esprit d'abstraction, « la seule révolution de la peinture depuis un siècle ». La rencontre d'un Belge et d'un Niçois ? La rencontre d'un poète qui dit que « c'est l'oreille qui écrit » et d'un peintre qui a écrit La parole dite par un oeil. La confrontation d'une langue dans la tradition de Brueghel et de Rabelais avec un univers plastique tendu entre le radicalisme de Supports/Surfaces et le baroque de Fluxus.

  • Les circonstances dans lesquelles nous rencontrons l'art sont multiples.
    Que ce soit au musée ou dans une galerie, dans la rue ou dans l'atelier de l'artiste, dans un catalogue ou sur Internet, les oeuvres se présentent toujours dans un contexte et des dispositifs qui influent sur leur contenu. Critique d'art et commissaire d'exposition, Dominique Abensour examine ici les conventions et les enjeux de l'exposition, mode majeur de la présentation de l'art et lieu de son interprétation.

  • Artiste agent double qui ne sort "jamais sans rien, toujours légèrement customisé" , Jean-Luc Verna a le corps piercé, tatoué et constellé d'étoiles. Il prend la pose pour des photographies où figures de l'histoire de l'art et iconographie rock se confondent, dévoilant d'improbables ponts sémantique, temporel et fo rmel entre la haute et la basse culture. Il est également chanteur, danseur, mais avant tout dessinateur. Pour l'exposition "Let's Dance" au MAC/ VAL, il a réalisé un immense walldrawing figurant un miroir de loge, sur lequel il inscrit un motif récurrent de son répertoire : un sommet montagneux pyramidal criblé d'étoiles barré d'un mot-image, Paramour, logo détourné de la société de production de films Paramount.
    La Fille du Far West de Jérôme Game rend hommage à cette nouvelle légende que l'artiste a inscrite sur la montagne des films Paramount : "6m de diamètre de transfert au trichloréthylène sur médium rehaussé de pastel sec de pierre noire, fixatif ; 44 lampes et ampoules + système électrique, pièce unique. On voit une pipe, un schéma, des sound- bites, des sous-titres aux contours flous noir et blanc, une nature morte, un projet, une archive, un gri-gri, un colifichet, un cadavre exquis, un confetti, un fétiche, une vanité, un fossile, une archéologie, un archétype, un coléoptère, un collector épinglé, une tombe. On fait entrer ça au musée, on voit sous vide, illuminé, maquillé, ça tourne !"

  • Qu'est-ce qu'une écriture sous influence de l'art, affectée par ce qu'elle n'est pas a priori (une installation, une projection, un volume, une image, une surface, un objet, un dispositif sonore, un espace, une manutention), et dont les moyens fuient, fondent, et se reforment aux frontières, sur les bords qu'elle partage avec toutes ces pratiques par la grâce du dispositif muséal ? Et qu'en est-il du musée, précisément, comme lieu d'une telle écriture? Ces questions façonnent le rapport d'activité un peu particulier produit par Jérôme Game après une résidence au MAC/VAL en 2011.

  • Marie Desplechin s'est penchée sur l'univers de Jacques Monory.
    Son texte entre en résonance avec la pratique du peintre et les thèmes qui habitent ses tableaux, renouvelant, par la narration littéraire, notre compréhension de l'oeuvre ; comme une mise en abîme des obsessions du peintre.

  • L'exercice que nous offre François Bon sur l'oeuvre de Thierry Kuntzel avec Fiction Peau s'avère un hommage vrai et juste à un artiste hors du commun, érudit, solitaire dans son époque et traversé par le courant de la pensée sémiologique et barthésienne.
    François Bon s'est intéressé à ce "coup double" qui donne à l'oeuvre de Thierry Kuntzel une dimension conceptuelle et afférente au littéraire sans que cela vienne jamais altérer une oeuvre plastique qui dit l'image, donc la représentation, dans des formes vidéo ou photographiques. Il nous livre cette défiance, cette folie, cette promenade qu'est le monde plastique de l'artiste où la peau, le nu, la disparition, toujours la disparition, le blanc, l'infini, le constat de l'impossible sont sans cesse à l'oeuvre.

  • Programme : entre le jeu dont vous êtes le héros et une critique acerbe de cette société capitalistico-post-moderne, l'écriture et le récit d'Éric Arlix créent l'angoisse et rencontrent les préoccupations de l'artiste Simon Starling.
    L'artiste ne cesse de raconter la brutalité du réel et, par une forme de récit plastique, dénonce cette brutalité mais offre dans le même temps une échappatoire poétique. Éric Arlix fait fonctionner identiquement son récit. Entièrement à la deuxième personne du singulier, la prose vive et rapide nous mène en enfer, dans un univers aveugle où l'individu perd toute notion identitaire, où certains détails révèlent un peu de drôlerie tout en nous gardant dans une grande inquiétude.
    Le programme n'est pas modifiable; mais la pensée du lecteur est à l'oeuvre devant l'idéologie qui forge ce texte. Lecteur, tu auras peur après lecture. Parce que tu entendras dans quel monde tu vis.

  • La collection Chroniques muséales permet de partager les opinions et les pensées de compagnons qui ont marqué le MAC/VAL de leur passage.
    Bribes d'une histoire de la pensée en acte au musée, ces textes témoignent des réjouissances produites par la présence et le regard différent de ces associés d'un moment. Dans ce second opus, Olivier Balazuc réfléchit le musée, cet espace public, avec ses oeuvres et ses gens, son atmosphère. Dans une première partie, il nous fait part, avec un raffinement proustien, de sa propre expérience émotionnelle, pour nous offrir ensuite une juste typologie de visiteurs face à l'art contemporain. Derrière cette description farceuse se dessine une réalité sans méchanceté, qui nous renvoie à nos propres postures.
    Le musée est un espace de partage où le regard des autres nous interroge sur notre propre regard. Olivier Balazuc, homme de théâtre et d'écriture, raconte généreusement le musée à l'oeuvre.

  • La collection « Chroniques muséales » permet de partager les opinions et les pensées de compagnons qui ont marqué le Mac/Val de leur passage. Dans ce premier volume sont rassemblés un acteur et un psychanalyste dont les textes sont autant de traces des rencontres qui se sont jouées au musée. Denis Podalydès, avec Dans le blanc du musée, raconte, dans toute sa subjectivité, sa posture muséale, son rapport aux lieux dédiés aux arts et nous invite à la visite, à sa visite. Un texte pour penser cette étrange activité : finalement, comment visite-t-on un musée ? Gérard Wajcman, lui, avec De l'objet du siècle au siècle de l'objet, refait un tour sur son texte publié en 1998, L'objet du siècle, et réinterroge l'histoire, le contexte, pour reformuler une pensée du monde, de l'art et du signe. Surtout du signe, ici et maintenant. Au XXIe siècle, après le pop, les révolutions et le rock'n'roll, que reste-t-il ?
    Denis Podalydès est acteur, metteur en scène, scénariste, sociétaire de la Comédie-Française. Gérard Wajcman est écrivain, psychanalyste, maître de conférences au département de psychanalyse de l'université Paris VIII.

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