Seuil

  • L'argument du cours a été le suivant : on a défini comme relevant du Neutre toute inflexion qui esquive ou déjoue la structure paradigmatique, oppositionnelle, du sens, et vise par conséquent à la suspension des données conflictuelles du discours. Le relevé de ces inflexions s'est fait à travers un corpus qui ne pouvait être exhaustif ; cependant, les textes des philosophies orientales et mystiques se sont trouvés naturellement privilégiés. [...] A travers des touches successives, des références diverses (du Tao à Boehme et à Blanchot) et des digressions libres, on a essayé de faire entendre que le Neutre ne correspondait pas forcément à l'image plate, foncièrement dépréciée qu'en a la Doxa, mais pouvait constituer une valeur forte, active.

  • Dans la leçon inaugurale de cette chaire, on avait postulé la possibilité de lier la recherche à l'imaginaire du chercheur. On a souhaité, cette année, explorer un imaginaire particulier : non pas toutes les formes de «vivre ensemble» (sociétés, phalanstères, familles, couples), mais principalement le «vivre ensemble» de groupes très restreints, dans lesquels la cohabitation n'exclut pas la liberté individuelle ; s'inspirant de certains modèles religieux, notamment athonites, on a appelé cet imaginaire fantasme d'idiorrythmie. Beaucoup de matériaux qui ont servi au cours ont donc été empruntés au monachisme oriental, le corpus proprement dit restant cependant littéraire. Ce corpus a réuni (d'une façon évidemment arbitraire) quelques oeuvres documentaires ou romanesques, dans lesquelles la vie quotidienne du sujet ou du groupe est liée à un espace typique : la chambre solitaire (A. Gide, La Séquestrée de Poitiers) ; le repaire (D. Def?, Robinson Crusoé) ; le désert (Pallade, Histoire lausiaque) ; le grand hôtel (Th. Mann, La Montagne magique) ; l'immeuble bourgeois (Zola, Pot-Bouille).

  • Avant-propos d'éric Marty.Présentation et édition d'Anne Herschberg Pierrot.Nous poursuivons avec ce volume la publication des Séminaires de Roland Barthes.En 1972-1973, Roland Barthes devient peu à  peu l'objet de son propre enseignement et transforme parallèlement son séminaire en cénacle.
    L'année 1973-1974 est consacrée au chantier que constitue pour Barthes la rédaction de Roland Barthes par Roland Barthes, commande passée par les éditions du Seuil et destinée à  la collection « écrivains de toujours ».
    Cet exercice autobiographique revêtait une dimension particulière pour le sémiologue et ses lecteurs. Le livre paraïtra en 1975 et sera immédiatement un immense succès. On en trouvera dans le présent volume de nombreux fragments inédits.L'édition de ce séminaire, servie par un remarquable travail d'annotation, privilégie la lisibilité pour le lecteur d'aujourd'hui : allusions, raccourcis, etc. sont sytématiquement explicités. éric Marty, professeur de littérature contemporaine à  l'université Paris 7 Denis Diderot, écrivain, essayiste et critique, dirige l'édition des Séminaires de Barthes dont il est le meilleur connaisseur en France. Il est notamment l'auteur d'un Roland Barthes paru au Seuil en 2006.Anne Herschberg Pierrot est professeur à  l'université Paris 8. Elle a notamment réalisé l'édition des Carnets de Chine de Barthes parus chez Bourgois en 2009.

  • L'idée de " réalité ", le partage entre le possible et le réel, nous semblent des données évidentes de notre relation au monde, et nous comprenons immédiatement ce que veut dire un romancier lorsqu'il parle de son ambition de " dévoiler une dimension du réel " ou lorsqu'un homme politique accuse son concurrent d'" irréalisme ".Pourtant de telles expressions renvoient à un concept de réalité historiquement déterminé ; dans le premier cas, le roman apparaît comme une forme esthétique qui assigne à la fiction des ambitions qui n'auraient eu aucun sens dans le cadre de la vision antique de l'art comme " imitation " ou dans la pratique de l'épopée ; dans le second cas, la politique moderne est l'héritière d'une volonté de " réalisme " que l'on peut faire remonter à Machiavel, qui s'oppose moins à l'" utopie " au sens moderne qu'à un certain idéalisme platonicien. C'est dire que le concept de réalité, et son emploi dans les champs artistique et politique, ont une histoire, mais une histoire difficile à saisir, parce qu'elle se situe à l'arrière-plan des oeuvres et de la conscience des auteurs.Dans les deux articles ici réunis, Hans Blumenberg s'attache ainsi à dégager une typologie des grands " concepts de réalité " qui se sont succédé et parfois superposé dans l'histoire occidentale, afin de comprendre aussi bien la place fondamentale du roman dans la conscience moderne que les liens entre une rhétorique du " réalisme " et une politique de la puissance.Préface de Jean-Claude Monod.

  • Par « conscience historique », nous entendons la conscience de l'historicité de tout présent et de la rivalité de toutes les opinions. L'apparition d'une telle prise de conscience est vraisemblablement la révolution la plus importante que nous ayons subie depuis l'avènement de l'époque moderne.

    Sa portée spirituelle dépasse probablement celle que nous reconnaissons aux réalisations des sciences de la nature, qui ont si visiblement transformé la face de noter planète. La conscience historique est un privilège, peut-être même un fardeau, tel qu'il n'en a jamais été imposé à aucune des générations antérieures. Personne ne pourrait plus se soustraire actuellement à la réflexivité qui caractérise l'esprit moderne.

    Dorénavant, il serait absurde de se confiner dans la naïveté et les limites rassurantes d'une tradition fermée sur elle-même.

    Ce comportement réflexif vis-à-vis de la tradition s'appelle interprétation.

    H.-G. G.

  • "Il s'agit ici du commencement de la philosophie grecque, c'est-à-dire de celui de la culture occidentale.
    Un tel thème ne présente pas simplement un intérêt historique. Il concerne des problèmes actuels de notre culture, qui se trouve dans une phase de bouleversement fondamentale, mais aussi d'incertitude et de manque d'assurance en elle-même. L'interrogation des Présocratiques contribue donc à la compréhension de notre propre destin, qui commence précisément avec la philosophie et la science grecques, au temps où, dans l'espace méditerranéen, s'amorce la prépondérance maritime et commerciale de la Grèce.
    Voilà le sujet que je me propose de traiter, dans certaines limites il est vrai et sans prétendre l'épuiser. Car une entreprise de cette sorte ne prend jamais fin en accédant au terme que l'on se proposait d'atteindre." (H.-G. Gadamer)

  • En 1971, Michel Foucault prononce une importance conférence, La peinture de Manet, sous la forme d'un commentaire de 13 tableaux. Cette conférence est à la fois très célèbre et fort peu connue. Rappelons-en ici simplement la conclusion :
    « Manet n'a certainement pas inventé la peinture non représentative, puisque tout chez Manet est représentatif, mais il a fait jouer dans la représentation les éléments matériels fondamentaux de la toile. Il était donc en train d'inventer si vous voulez le tableau-objet, la peinture-objet, et c'était là sans doute la condition fondamentale pour que finalement, un jour, on se débarrasse de la représentation elle-même et on laisse jouer l'espace avec ses propriétés pures et simples, ses propriétés matérielles elles-mêmes. » Par ailleurs, en 2001, Maryvonne Saison a réuni des spécialistes de Foucault et de l'histoire de l'art pour évoquer le texte du philosophe et le reconsidérer à la lumière des travaux effectués sur Manet depuis 1971.
    Notre volume comporte à la fois la conférence de Foucault et les textes de certains des participants à la conférence de 2001.
    Un commentaire magistral et très vivant des oeuvres majeures de Manet.
    Nous publierons à l'automne (dans la même collection) un autre petit volume intitulé Les Conférences de Tunis du même Michel Foucault (une sur le structuralisme et l'autre sur la folie).

  • En 1967, Alexandre Kojève se trouvait à l'hôtel Berliner Hof, entouré des chefs de la 'révolte' des étudiants, dont Dutschke & Co., auxquels il a dit, entre autres, que la chose la plus importante qu'ils devaient faire maintenant en tant que chefs des étudiants... c'était d'apprendre le grec. Les chefs du SDS (Sozialistischer Deutscher Studentenbund) sont restés interdits. Ils s'attendaient à tout sauf à une telle suggestion. Juste après, Kojève devait faire le voyage de Plettenberg, voir la seule personne avec laquelle il vaille la peine de discuter en Allemagne [i. e. Carl Schmitt].

  • "du milieu de la tempête qui me déracine, me dépossède de mon identité, je veux parfois revenir à l'origine - à mon origine.
    Une pente invincible me fait glisser, descendre (je coule) vers mon enfance. mais la force qui produit ce souvenir est ambiguë: d'une part, je cherche à m'apaiser par la représentation d'un temps adamique, antérieur à tout souci d'amour, à toute inquiétude génitale, et cependant empli de sensualité, par le souvenir, je joue ce temps contre le temps du souci amoureux; mais aussi, je sais bien que l'enfance et l'amour sont de même étoffe: l'amour comblé n'est jamais que le paradis dont l'enfance m'a donné l'idée fixe."

  • ÿþAvant-propos d'Éric Marty.Présentation et édition de Claude Coste et Andy Stafford.Barthes choisit de travailler sur cette nouvelle de Balzac qu'il a découvert grâce à Georges Bataille et à un article du psychanalyste Jacques Reboul (" Sarrasine ou la castration personnifiée "). Ces notes de cours, qui se limitent à l'analyse du prologue de la nouvelle, conduiront à la publication de S/Z en 1970.Totalement inédites, elles permettent de suivre le cheminement créateur de Barthes (de l'enseignement au livre, de l'oral à l'écrit), l'élaboration d'une " méthode " (l'" analyse textuelle ", qui suit pas à pas les différents codes de la nouvelle) et le développement d'une réflexion sur la transgression, symbolisée par le personnage du castrat comme figure où s'abolissent toutes les différences (en particulier la différence sexuelle).Mais le séminaire confronte également Barthes aux événements de 68 (le séminaire s'interrompt le 2 mai). La séance de reprise en novembre 1968 correspond à une analyse des événements politiques, Barthes marquant ses distances par rapport au technocratisme et à la contestation étudiante.Les deux années de séminaires sont précédées par un avant-propos de l'éditeur général et une préface des deux éditeurs. Le volume est complété par le texte de la nouvelle de Balzac, les deux comptes rendus donnés par Barthes, deux index et une bibliographie.

  • Louis Althusser concevait l'enseignement de la philosophie comme une expérience de pensée qui cherche à ressaisir le geste de quelques «hommes qui ont tenté le plus grand effort de lucidité qui soit». On trouvera ici une magistrale illustration de cette tentative pour «voir à quel prix et par quelles voies certains hommes ont réussi à dégager un peu de vérité sur les ressorts de la conduite humaine et de la société», notamment à travers un cours sur la philosophie de l'histoire - une «propédeutique nécessaire à l'intelligence de la pensée de Marx» -, un autre sur les théories du contrat aux XVIIe et XVIIIe siècles, enfin une approche très personnelle de Machiavel. Ainsi, dans la mesure où «l'histoire se confond moins avec le rappel de son passé qu'avec l'intelligence de son dépassement», Althusser s'efforce d'éclairer «les problèmes innombrables qui se posent aujourd'hui en politique, histoire, psychologie, philosophie, par le secours d'un passé mis dans un peu de lumière».

  • Ce recueil présente la pensée de Jacob Taubes (1923-1987) à travers des textes écrits durant trente ans.
    Il illustre ses différents domaines d'intervention polémique, de la théologie à la psychanalyse, en passant par la philosophie de l'histoire, de Nietzsche à Freud en passant par Gershom Scholem ou Cari Schmitt. Ainsi s'esquisse une philosophie de la culture dans son rapport d'opposition au culte. Le moteur qui lui donne son impulsion est la Gnose et la vision apocalyptique selon laquelle le futur est destruction du présent: la pensée du temps est pensée de l'état d'exception.

  • Depuis l'année dernière, je m'interroge devant vous, avec vous, sur les conditions de préparation d'une å'uvre littéraire, appelée par commodité roman.
    J'ai d'abord examiné le rapport de l'å'uvre et de cet acte minimal d'écriture qu'est la notation, principalement à travers une forme exemplaire de notation, le haïku. cette année, je veux suivre l'å'uvre de son projet à son accomplissement : autrement dit, du vouloir-écrire au pouvoir-écrire, ou du désir d'écrire au fait d'écrire. si vous le voulez bien, nous allons considérer le cours qui commence comme un film ou comme un livre, bref comme une histoire.
    R. b.


  • le cours de philosophie morale de vladimir jankélévitch fut à l'origine professé à l'université libre de bruxelles en 1962.
    mais il est fort différent des cours prononcés à la sorbonne et publiés sous forme enregistrée, dont l'écrit ne saurait rendre les célèbres crescendos et le mode musical. il s'agit ici de tout autre chose : jankélévitch se montre d'abord très didactique et n'hésite pas à faire des références précises et nombreuses à l'histoire de la philosophie. pour autant, il n'abandonne pas ses thèmes de prédilection.
    la singularité et l'intérêt de ce cours, oú se rejoignent le professeur et le philosophe de la morale, résident précisément dans le croisement de ces deux " lignes " de pensée. car, comme le rappelle vladimir jankélévitch, " la morale [. ] tend à envahir l'existence entière [. ]. il n'est rien d'humain qui ne soit moral ".

  • Texte établi et annoté par Philippe Fouillaron. (Philippe Fouillaron est aussi le maître d'oeuvre des Leçons de philosophie de Jean Beaufret parues au Seuil en 1998.)Ce volume regroupe trois conférences prononcées en 1979, 1980 et 1981 à l'École normale supérieure.Jean Beaufret y aborde une question classique de la philosophie : le fondement philosophique des mathématiques. Question à bien des égards grecque, puisque les Grecs ont promu les mathématiques du rang de connaissance pratique et utilitaire à celui de savoir rationnel, régi par la démonstration. Comment ce tournant fondamental dans l'histoire de la pensée s'est-il accompli ? Quelle en est l'origine ? Telles sont les questions qu'aborde Jean Beaufret, avec pour fil directeur cette affirmation de Heidegger : " De sciences, il n'y en aurait assurément jamais eu si la philosophie ne les avait devancées en leur ouvrant la voie ".

  • Telle est donc la conclusion : si Hitler avait été stupide ou criminel, étant donné que les gens ont massivement voté pour lui, cela aurait impliqué que, eux aussi, étaient stupides ou criminels. Or cela n'est pas possible. Donc Hitler n'était ni stupide ni criminel. Il faut trouver un nom pour désigner cet « argument » et, puisque ce monsieur dont je ne veux pas donner le nom habite rue Buttermelcher, j'appellerai ce phénomène de résistance, qui est un problème d'actualité, le « syndrome Buttermelcher ». L'autre possibilité - mais c'est ce point qu'on refuse d'envisager - est qu'un très grand nombre d'Allemands, peut-être l'écrasante majorité, s'est en effet montrée particulièrement stupide et l'est encore aujourd'hui en grande partie sur le plan politique, et que nous nous trouvons ici dans une situation de corruption intellectuelle et morale, due à un certain nombre de facteurs qui ont porté le phénomène Hitler au pouvoir. Ce n'est pas seulement un problème allemand, c'est un problème international.


  • au début du xxe siècle, un diagnostic s'impose : " ordonner à des fins européennes le reste du monde " (valéry) n'est plus vraiment possible.
    la sympathie que nous éprouvons aujourd'hui encore pour cette " politique de l'esprit ", malgré son échec, doit être interrogée. ce constat lucide reposait sur une distinction rigoureuse entre une europe de la politique et une europe de l'esprit. mais aujourd'hui cette distinction semble brouillée. a la victoire, dans le monde entier, du capitalisme et du libéralisme, issus de notre vieux continent, correspond une responsabilité universelle.
    nous, européens, et plus précisément nous, intellectuels, devons reconnaître qu'il nous faut assumer cette responsabilité, sans chercher à nous cacher derrière l'utopie socialiste des fins, ni derrière l'utopie capitaliste des moyens. le temps des utopies est peut-être révolu, mais nous ne devons plus trouver refuge dans la mélancolie. existe-t-il une tradition des lumières qui ne soit pas eurocentrique ? bien des choses dépendront des réponses que nous apporterons à cette question.


  • Quatre interventions composent ce volume : dans les deux premières, consacrées à la crise de la démocratie occidentale et au mensonge en politique, Hannah Arendt, en intellectuelle responsable, participe directement au débat public et met à l'épreuve ses propres analyses. Les deux suivantes dressent un bilan de l'ensemble de son travail et apportent nombre de précisions sur les principaux concepts qu'elle a déployés.
    La vie politique et la pensée de l'événement sont devenues quelque chose de périlleux, souligne Hannah Arendt : nous devons juger et décider en situation sans pouvoir nous fonder sur une norme éternelle a priori, tout en résistant au chant des sirènes du relativisme. Cherchant à établir un diagnostic du présent, Arendt s'efforce de " penser sans garde-fou " et sans critère ultime jusqu'à la racine de notre modernité. Bref, s'" il n'y a de liberté que dans l'espace intermédiaire de la politique ", " il se pourrait fort bien que la tâche de la politique consiste à édifier un monde ".

  • Cet ouvrage reprend trois conférences, données au Collège de la Cité des sciences et de l'industrie, sur les conceptions que la science moderne se fait de la matière. Il traite plus particulièrement de l'impact sur ces conceptions des révolutions quantiques et relativistes qu'a connues la physique au 15
    début du XXe siècle. L'accent y est mis sur la nouveauté et l'originalité des idées plutôt que sur les détails de la connaissance des objets ou sur le travail expérimental qui a révélé ces objets et permis d'élaborer ces idées. La visée de l'ouvrage est donc à la fois culturelle évitant tout recours au formalisme et privilégiant les concepts, il s'adresse à un lectorat cultivé mais nullement
    spécialisé , et épistémologique il entend fournir à ce lectorat une vision originale des concepts de la physique moderne, plus claire que les présentations usuelles trop souvent prisonnières de contingences historiques dépassées. La première partie expose les bouleversements apportés par la théorie à notre représentation des objets physiques élémentaires, qui ne peuvent plus être considérés comme des « particules », ni d'ailleurs comme des ondes. La seconde partie traite de la façon dont la relativité einsteinienne, transformant radicalement nos idées sur l'espace et le temps, modifie aussi les notions dynamiques que nous attribuons aux objets physiques, notamment celles de masse et d'énergie. La troisième partie montre comment, dans un cadre quantique et relativiste, les interactions entre objets matériels acquièrent une complexité et une plasticité très supérieures à la description classique en termes de forces. On examine en conclusion les limitations imposées à la physique fondamentale contemporaine par son contexte social et économique.
    Le texte de ces conférences, quoique largement repris à partir de leur enregistrement, garde la trace de cette origine, de façon à conserver, on l'espère, quelque chose de la vivacité qui a animé la présentation orale.

  • Dominique Séglard était le fondateur et directeur de la collection " Traces écrites " aux Éditions du Seuil.Disparu en 2010, il était aussi philosophe, auteur de nombreux textes qui portent aussi bien sur l'histoire de la philosophie sociale et politique (Rousseau) que sur ses productions plus contemporaines (J.-P. Sartre, Carl Schmitt, Michel Foucault, Hans Kelsen, Hans Blumenberg, Alexandre Kojève, Hannah Arendt et Jacob Taubes).Ce volume rassemble quelques-unes de ses contributions dont le fil conducteur est, dans la continuité de la démarche engagée par Michel Foucault, l'analyse des mécanismes de pouvoir et sa tentative de les conceptualiser à plusieurs niveaux : dans la sphère des interactions individuelles, dans l'ordre des représentations ainsi que dans le domaine du gouvernement et de la régulation institutionnelle des conduites.

  • " le monde de la perception, c'est-à-dire celui qui nous est révélé par nos sens et par l'usage de la vie, semble à première vue le mieux connu de nous, puisqu'il n'est pas besoin d'instruments ni de calculs pour y accéder, et qu'il nous suffit, en apparence, d'ouvrir les yeux et de nous laisser vivre pour y pénétrer.
    Pourtant ce n'est là qu'une fausse apparence. je voudrais montrer dans ces causeries qu'il est dans une large mesure ignoré de nous tant que nous demeurons dans l'attitude pratique ou utilitaire, qu'il a fallu beaucoup de temps, d'efforts et de culture pour le mettre à nu, et que c'est un des mérites de l'art et de la poésie modernes (j'entends par là l'art et la pensée depuis 50 ou 70 ans) de nous faire redécouvrir ce monde oú nous vivons mais que nous sommes toujours tentés d'oublier.
    " m m-p.

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