Folle Avoine

  • Matin de neige est la première partie du Grand Almanach Poétique des japonais qui en compte quatre autres, à savoir: le printemps, l'été, l'automne et l'hiver. Il s'agit d'un glossaire répertoriant les mots ou expressions caractéristiques de la période du nouvel an japonais. Ces mots ou expressions sont utilisés comme référence obligée à la saison dans les haïku. Sans cette référence et un rythme de 17 syllabes, un poème ne peut plus appartenir au genre du haïku.
    Pourquoi la période du nouvel an, thème de ce livre, fait-elle l'objet d'un volume à part? En Extrême-Orient d'une façon générale, le passage d'une année à l'autre est affectivement le moment le plus important du calendrier. Cette manière particulièrement sensible de vivre le nouvel an rejoint d'ailleurs une constante que l'on retrouve dans les relations que l'humanité des temps primordiaux entretenait avec cette réalité absolue qu'est le cours da la vie.

    La réédition de Matin de neige ouvre la réédition de l'ensemble de l'almanach poétique japonais déjà publié aux éditions Folle Avoine, ainsi que de l'essai Malgré le givre qui introduit l'ensemble des cinq volumes de l'almanach.
    Alain Kervern a traduit et écrit plusieurs livres sur la pratique du haïku au Japon et en Europe. Il est diplômé de l'INALCO.

  • Han psi - un artiste du signe Nouv.

  • La fugue d'un amoureux de la petite reine, pédales souples, menton bien haut, esprit au vent ou la balade d'un flâneur prennent la forme d'une polyphonie des sens, d'une vélosophie, d'une connaissance de soi et du monde Le mouvement d'une âme vagabonde, à bicyclette, engendre un canon de sensations et offre dans son sillage un bon abri du vent de la mélancolie.
    Vélosopher ou art de pédaler au tempo de son envie et de son énergie, largo, moderato, allegro, à la découverte de moments de bonheur et parfois à la rencontre d'une surprenante volupté.

  • Tu émerges du tréfonds du cri, là où tu as puisé cette voix et le bredouillis de ton chant.
    Loué soit du Seigneur de la Foudre le grand nez, qui sait reconnaître l'odeur des champs de pavots et leur essence sacrée. Et que soit glorifié son crâne et sa corne où glisse la rosée.
    Ombre que tu envoies dévaler le chemin du gibet.
    Dans la neige noire de l'hiver tu demeures immobile à l'idée de ce feu qui pourrait te délivrer de la nuit où Caïn et Abel - les deux faces de ce chant qu'à présent tu entonnes-- affrontent l'ombre qui a tant cherché le pont, l'autre rive, à travers détroits et barbelés, apatride. A quoi sert désormais de chanter depuis l'autre rive, aveugle, si fondu dans la horde tu traverses des millénaires de ta voix brûlée, balbutiant des cendres ;

  • Poésie t.1

    Antonio Otero Seco

    Antonio Otero Seco est né le 21 septembre 1905 à Cabeza del Buey (Badajoz), deuxième d'une fratrie de six enfants, dans une famille de la bourgeoisie éclairée et libérale d'ascendance aristocratique. Son père, avocat, fut conseiller municipal. Il étudie le droit à Séville et, par la suite, Lettres et Philosophie à l'Université de Madrid où sa famille le rejoint en 1931. Pendant ses études, il avait collaboré dans des journaux de Séville et de Grenade et publié quatre nouvelles.
    A partir de 1931 et de la proclamation de la République, il exerce à plein temps ce qui est sa véritable vocation :
    Le journalisme, collaborant à des journaux tels que Diario de Madrid, Heraldo de Madrid et El sol ou l'hebdomadaire Mundo Gráfico pour lequel il recueille la dernière interview de Federico García Lorca, en juillet 1936, quelques jours avant le coup d'État et l'assassinat du poète à Grenade. Pendant la guerre civile, il écrit pour la Voz, Estampa, Verdad et Política et est un moment, pendant la bataille de Teruel, correspondant de guerre pour Mundo Gráfico. Il avait publié, en 1936, en collaboration avec le commandant des Milices Elias Palma, Gavroche en el parapeto, première oeuvre de fiction sur la guerre civile espagnole.
    En 1937, il fait la connaissance, au cours d'un reportage, de Maria Victorina San José Toribio, infirmière volontaire à l'hôpital San Carlos, qu'il épousera et avec laquelle il aura trois enfants : Antonio (1938), Mariano (1942) et Isabel (1944).
    Dès l'entrée des troupes franquistes à Madrid en avril 1939, il est arrêté et condamné à 30 ans de prison, échappant de peu à la peine de mort. Après huit mois à la prison de Porlier (Madrid) et deux ans à celle de El Dueso (Santander), il est laissé en liberté surveillée. Il n 'a plus le droit d'exercer le journalisme ni de rien écrire sous son nom. Il publie ainsi une série de biographies historiques sous un pseudonyme, dans une revue dirigée par un ami, et deux pièces de théâtre écrites en prison sont représentées sous le nom d'un autre de ses amis. Très vite il collabore avec la résistance antifranquiste et, à partir de 1945, entre en clandestinité. En 1947, sa situation devenant intenable, il passe la frontière clandestinement et se réfugie en France.
    A Paris, il collabore avec le Gouvernement Républicain Espagnol en exil et avec l'Association des Journalistes Espagnols exilés et c'est au nom de cette association qu'il participe au Congrès de la Paix et voyage dans divers pays du nord de l'Europe. Plus tard, il travaille comme traducteur à l'ONU et à l'UNESCO. En 1952, il publie dans la revue Les temps Modernes de Jean-Paul Sartre un récit intitulé Dans les prisons d'Espagne et dans la clandestinité. Cette même année, il est nommé lecteur d'Espagnol à l'Université de Rennes où il enseignera la langue et la littérature espagnoles.
    En 1956, il est rejoint par sa femme et ses trois enfants restés en Espagne depuis 1947.

  • 1964. Sur la nationale 12, DS et 404 croisent les nouvelles 4L de la gendarmerie.
    La dernière guerre a baissé le rideau il y a bientôt vingt ans et chacun cherche à l'oublier. Au milieu d'une population au travail deux guignols bricolent dangereusement, espérant la fortune au bout du mauvais coup. A l'écart, Antoine, le bonhomme, le taiseux, se croit plus malin que les autres et s'imagine déjà se la coulant douce sous les palmiers des tropiques.
    Pendant ce temps, dans la touffeur de Sourville, maître Berthelot s'affaire.
    Adroitement il tire les ficelles de marionnettes qu'il manipule à leur insu, véritable puissance occulte de cette petite ville qui s'applique à gommer tout ce qui peut troubler la mémoire qu'elle s'est fabriquée de son histoire récente.

  • Il semblait intéressant, à ce moment crucial de l'implantation parisienne de Guilloux, de renouer les fils d'une correspondance, d'étudier les rapports qui unissent l'auteur-lecteur et les directeurs de collection, de comprendre les liens entre ce jeune écrivain et des hommes de lettres, aînés formés et impliqués dans l'édition

  • 29 mars 1939 : les troupes franquistes pénètrent dans Madrid, dernière ville républicaine à capituler. La guerre civile est terminée. Quelques jours plus tard, le jeune poète et journaliste Antonio Otero Seco est arrêté au domicile de ses parents, dans le quartier madrilène de Salamanca .
    Après un procès devant le tribunal militaire où il échappe de justesse à la peine de mort, il est condamné à trente ans de prison et envoyé au pénitencier de El Dueso, dans le nord de l'Espagne, d'où il sortira deux ans plus tard en liberté surveillée, en octobre 1941.
    Ce sont donc les trente mois de sa vie que l'auteur nous transmet dans ce récit, sous le titre de Vie entre parenthèses. La publication de ces textes jusqu'ici inédits succède à celle, en 2016, de Poésie I et Poésie II.

  • Une suite de 13 poèmes de Paol Keineg accompagnée de 13 dessins de Nicolas Fedorenko

  • Nous irons au-delà des limites permises. Nous nous aventurerons sur des sentiers sans directions bien nettes. Nous serons dépassés par des êtres apparemment moins forts que nous mais qui auront l'avantage de connaître déjà l'itinéraire. Ils seront bientôt invisibles dans les lointains et nous resterons seuls au milieu de ces étendues que le jour fera paraître plus vides. Que faire pour rétablir notre situation perdue, pour recommencer une poursuite sans résultat réel ?
    Les caisses vides sont rejetées de la remorque qui les transportait. Elles tombent sur la route et se brisent. Mais rien de tout cela ne nous intéresse. Nous sommes dégagés de ces curiosités que plus rien n'entretient. Il ne faut pas croire que les écarts de notre marche vont nous révéler ce qui était caché. La voie droite est plus chargée de mystère.

  • L'armoire

    Jean-Claude Le Chevère

    Une vieille dame terrorisée par l'orage, une acheteuse compulsive, un malheureux pyromane, un enfant qui sait parler aux bêtes, un vieux marin qui connaît le latin... Dans les nouvelles de Jean-Claude Le Chevère le lecteur rencontre des personnages très différents, étranges ou familiers.
    L'humour y côtoie la gravité, l'insouciance y succède à l'inquiétude, la légèreté à l'angoisse. Et le recueil se termine par un appel à se libérer des entraves dans lesquelles il est tentant de se complaire.

  • Tout doit disparaître

    Serge Wellens

    Mais oui c'est moi sur la photo J'avais vingt ans je lisais Bakounine Victor Serge Rirette Maîtrejean ....
    Je m'inventais un avenir dans un monde remis à neuf où la mort n'avait pas sa place Beaucoup d'eau depuis a passé sous les ponts beaucoup de noyés et d'épaves

  • J'étais persuadé d'assister à une véritable résurrection, à une remontée à la surface de souvenirs que tout le monde avait cru enfouis et qui, par la magie du retour de ce tandem que Marion avait décidé de lui restituer, se reconstituaient dans une durée où chaque élément retrouvait sa place, la preuve, pensais-je alors, qu'il ne s'en était jamais débarrassé, qu'ils l'avaient poursuivi toute sa vie, même sur les bateaux où il avait passé beaucoup de temps entre Saint-Quay-Portrieux et les Iles Anglo-Normandes, où il avait trompé son monde, faisant croire que la mer avait été depuis toujours son unique univers alors que les images d'un épisode d'une autre existence s'étaient arrêtées sur la Nationale 12 aux premiers jours de septembre 1948.

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