Parascolaire

  • « C'est dans ce livre que va être tentée la revanche de l'imaginaire sur la censure, du ludique sur l'esprit de sérieux, de l'humain pathétique sur la sacralité devenue abstraite et trop savante pour soutenir les écarts et les émotions. Comme Les Mille et Une Nuits, cet ouvrage n'a pas vraiment d'auteur. Le fait même de persister à l'attribuer à l'imam Muhammad Ibn Sîrîn se reconnaît de ces ruses bien connues dans les anthologies arabes, quand des auteurs s'appuient sur un garant, fictif ou réel, avant que ce qu'ils aient pu diffuser ne tombe sous l'oeil soupçonneux des défenseurs de l'orthodoxie.
    Tel est l'enjeu de cet ouvrage : retrouver les sentiers de l'évasion à travers la narration des errements de l'âme du musulman discipliné dans une religion qui a fait de la lucidité un impératif catégorique. Comment en effet se faire pardonner l'audace de celui qui raconte la perversion la plus ignominieuse, la profanation la plus follement sacrilège, c'est-à-dire tout ce qui nous happe dans les abysses des fantasmes ? Réponse : ce n'est seulement possible que dans le hors champ total de la scène du raisonnable (l'ob-scène !), dans ce non-lieu où l'innocence du rêve suspend les codes de la logique, de la morale et de la religion.
    Partout dans ce livre, construit comme un carnet de consultations, c'est le rêveur qui a peur de la monstruosité de son rêve et c'est l'interprète qui va le harceler pour lui faire tout dire, débusquer ses autocensures et ses oublis, délier ses métaphores ? pour que soit enfin dévoilée la scène rêvée.
    Bien au-delà de ce qui en fait un irremplaçable document d'anthropologie historique, au-delà de sa valeur littéraire, cette somme doit se placer au seuil d'une nouvelle lecture du Coran, celle qui doit revoir l'ensemble du lexique et le ramener à son contexte d'origine. On verra alors que la nuit de la jahilyya, de cette noire béance préislamique, est moins une coupure dans le temps, l'abolition d'un pan de la mémoire des Arabes, que la répétition sur le sol arabe de l'acte premier d'une cosmogonie en tout point semblable à celle qui a donné naissance à l'esprit grec. » Youssef Seddik.

  • Si la santé au travail fait l'objet de nombreuses réflexions en sciences humaines, et si la littérature en médecine du travail est abondante, il n'existait pas à ce jour d'ouvrage sociomédical sur la santé au travail des agriculteurs et des salariés agricoles en France. Ce livre veut réparer cet oubli.
    Tout au long de cet ouvrage, des témoignages d'hommes et de femmes, recueillis par les auteurs durant leur carrière, croisent des données statistiques professionnelles. Sans sous-estimer les plaisirs et les satisfactions tirés du travail de la terre, l'attention est ici portée sur les maux de la terre (stress, maladie, accident, suicide.); revers de la médaille mal connu d'un métier passionnant.

  • Les sciences naturalistes qui se pratiquent en plein air - botanique, ornithologie, entomologie, mammalogie - sont virtuellement ouvertes à tous. Dépassant le stade du dilettantisme ou du simple plaisir, certains en font une véritable passion. Y consacrant parfois des journées entières, il leur arrive même d'être reconnus comme d'éminents spécialistes par les institutions académiques.
    À l'heure où, sous l'égide des multiples « problèmes d'environnement » (réchauffement climatique, apparition de nouvelles pandémies, érosion de la biodiversité), la connaissance de la nature prend une nouvelle importance, cet essai porte un regard neuf sur ces profanes amateurs dont la présence sur le terrain est souvent décisive.
    Mêlant approches historiques et contemporaines, les contributions réunies dans cet ouvrage décrivent et analysent les multiples formes d'alliances passées entre chercheurs, professionnels et amateurs. Elles espèrent par là donner conscience à nos contemporains que la recherche scientifique, pas toujours « dans sa tour d'ivoire », peut aussi être démocratique.

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