• Premier livre en français consacré à l'auteur de La Famille Tenenbaum et de Grand Budapest Hotel, cet ouvrage se présente sous forme de lettre adressée à Wes Anderson. S'y dissimule en réalité une monographie critique où tous les films sont abordés dans un désordre chronologique cachant un ordre thématique et une savante contextualisation. Enfance et adolescence, musique et littérature, nostalgie et immaturité, névrose familiale et dérive « salingérienne », mélancolie et fantaisie : l'auteur a dicté au critique certains de ses grands thèmes ; le critique tente cependant d'innover en poussant l'auteur dans ses retranchements. Il ose lui demander comment vieillir quand on a été le cinéaste de l'immaturité. Cela valait au moins une lettre.

  • Le cinéma est à plus d'un titre un art des relations : on ne comprend pleinement un film qu'en le situant dans l'histoire des formes (genre, série, reprise), dans celui de la pensée qu'il engendre chez le spectateur-philosophe (chacun de nous dans nos bons moments), ou dans l'étude de la mise en contact d'aires culturelles distinctes (la présence des Européens à Hollywood, par exemple). Ainsi, la poétique historique des films, la " cinéphilosophie " et l'approche du cinéma en termes de transferts culturels sont autant de chemins qui aident à explorer dans le présent ouvrage ce territoire relationnel. Mais au sein même de ces approches, un film, un texte, un penseur, un cinéaste franchissent des frontières décidément poreuses, donnant extension et valeur d'égide au procédé filmique qui mêle et relie à la fois les images : le fondu-enchaîné. Ainsi font retour au long du livre les Accords Blum-Byrnes, le film noir et la comédie américaine, Stanley Cavell et Gilles Deleuze, Albert Laffay et le baudrier du roi dans La Veuve joyeuse de Lubitsch, Lettre d'une inconnue de Max Ophuls et Tout ce que le ciel permet de Douglas Sirk, la cinéphilie française et le CinemaScope, Walden de Thoreau et l'expression " ça, c'est du cinéma ! " ce qui ne doit pas vraiment surprendre car avec ces Fondus enchaînés, la collection " Poétique " s'ouvre au septième art.

  • Les films naissent inégaux entre eux.
    Les plus réussis connaissent le lot des autres belles oeuvres qui sont filles de leur forme qui naît avant elles. Encore ne faut-il pas tout confondre, et parler par exemple de film en abyme, de film-dans-le-film, de film au second degré, de métacinéma comme s'il s'agissait d'expressions équivalentes ou étendre cette synonymie aux autres arts (qui n'en demandent pas tant) en plaçant sur le même plan réflexif les avatars d'une troupe théâtrale, les tourments d'un mage romantique ou la difficulté d'un tournage pour la seule et simple raison que ces histoires fort diverses ont pour commun dénominateur d'être des scénarios de cinéma.
    Hollywood à l'écran propose une étude historique des grandes fictions américaines consacrées au cinéma -et seulement à lui- en les reliant à un socle théorique qui apporte quelque précision. La double ambition du livre est d'y voir plus clair et d'en savoir plus long. D'où un va-et-vient entre la théorie et l'histoire qui détermine l'ouvrage tantôt comme une étude de cas (car les métafilms hollywoodiens forment un genre avec ses invariants et configurations propres), tantôt comme un récit qui, de Show People de King Vidor à The Party de Blake Edwards - en passant par Sunset Boulevard, Singin'in the Rain ou The Bad and the Beautiful- ne peut manquer de croiser l'histoire du cinéma lui-même.
    Aussi éloigné du Tout-Image contemporain que des dérives néoformalistes, Hollywwod à l'écran renoue à la fois avec l'esthétique classique (et contemporaine) du cinéma et l'étude des oeuvres pour présenter les linéaments (et un premier exemple) d'une poétique historique des films.


  • arrivé à l'âge crucial, godard dresse un premier bilan, avant la
    récapitulation de pierrot le fou et le " retour à zéro ", le désoeuvrement des années 1966-1967 et ces films " trouvés à la ferraille " ou " égarés dans le cosmos ".
    il y aura bientôt comme un effet de précipitation oú la star-godard, dotée d'une infaillibilité papale selon truffaut, tentera d'échapper à sa malédiction en trouvant d'autres modes opératoires (militantisme, vidéo, installation à grenoble, puis en suisse).
    mais au moment du mépris, et c'est bien ce qu'affirme la caméra de raoul coutard à la fin du générique, il importe d'aller à la rencontre du spectateur-philosophe - c'est-à-dire chacun d'entre nous - en questionnant sa position, sa légitimité, ses attentes.
    comme chez hitchcock et comme pour rossellini, le spectateur est l'objet de toutes les attentions. qu'attendre désormais du cinéma ? cela a-t-il eu lieu ? un recommencement paraît-il seulement envisageable ? réflexion, méditation, récapitulation, préparation à la conversion ou à la disparition : le mépris apparaît bel et bien comme un exercice spirituel - un memento mori du cinéma.

  • Comedie(s) americaine(s) - d'ernst lubitsch a blake edwards Nouv.

  • La collection "Perspectives critiques", dirigée par Roland Jaccard, écrivain et journaliste, et Paul Audi, philosophe et écrivain, publie des textes de psychiatrie, de psychanalyse, de sociologie, de pédagogie et d'esthétique, échappant à toute orthodoxie et s'inscrivant dans un cadre interdisciplinaire. Elle propose des essais clairs, rigoureux et polémiques, écrits par des universitaires ou des chercheurs et visant à démystifier l'imaginaire personnel et collectif. Elle accueille également les témoignages de ceux qui ont contribué à façonner l'univers mental et social de l'homme post-marxien et post-freudien.
    La collection a fêté son 25ème anniversaire en septembre 2000.

  • En seize films, de Sang pour sang (1984) à Inside Llewyn Davis (Grand Prix en 2013 au Festival de Cannes), Joel et Ethan Coen ont accordé la critique la plus exigeante et le public le plus vaste. Film noir, comédie romantique, thriller, western, polar, remake : ils s'autorisent tous les registres et manipulent les genres établis par l'histoire du cinéma en provocateurs hilarants. Fins connaisseurs du folk et du rock, grands lecteurs de Dashiell Hammett, Raymond Chandler ou Cormac McCarthy, imbibés de récits yiddishs et de philosophie, Joel et Ethan Coen défient le spectateur en jonglant avec les références pop ou savantes. Marc Cerisuelo et Claire Debru suivent les deux frères sur la piste de leurs influences toujours soigneusement digérées, de Los Angeles à Chicago, du Minnesota au Texas, dans l'exploration joyeuse de chacun de leurs seize films. Fouillant à la fois l'imagination tordue des deux Américains et leur impressionnante culture, ils décodent et mettent en lumière la richesse cinématographique d'une oeuvre protéiforme.

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