Langue française

  • La transfiguration romanesque d'une vie, la fusion artistique d'une critique sociale et politique dans une prose inspirée et jouissive.

  • Table rase

    Alban Lefranc

    • Quartett
    • 15 Janvier 2018

    C'est un visage qu'il nous faut.
    Un beau visage intimidant.
    Une mèche qui flotte au-dessus des rues la nuit.
    Qu'on imagine dans notre dos quand on va rincer la racaille.
    Avec les camarades.

    J'aimerais voir ça un jour.
    Des jeunes corps qui se disputeraient l'honneur de mourir.
    Pour moi.
    À chaque seconde.
    Prêts à se jeter sous les balles avec ravissement.
    Des jeunes corps ravis qui ne demandent qu'à se jeter sous les balles.
    Des jeunes corps ravis qui n'existent qui ne tiennent debout que par la pensée.
    Émue.
    De la balle qui les déchirera.

  • L'homme qui brûle

    Alban Lefranc

    • Rivages
    • 21 Août 2019

    "Nous ne vivons plus dans une époque, mais dans un délai".

    Luc Jardie voudrait réunir dans un seul livre toutes ses obsessions : Thomas Münzer, révolutionnaire et théologien, Alain Delon, le porno californien, l'apocalypse et sa mère. Mais le monde autour de lui glisse dans le chaos, et la figure de la mère, terrifiante et comique, menace d'absorber toutes les autres...
    Dans cette fable romanesque à l'humour incisif et au style incandescent, Alban Lefranc retrace les efforts désespérés d'un homme pour s'affranchir du poids du passé et survivre à l'enfer du monde contemporain.

  • 'Il absorbait par tous ses pores l'espace clos entre les cordes, et sa peau comme une éponge avalait le volume à grandes gorgées, dévorait les moindres détails de ce carré magique de six mètres sur six où il avait choisi de passer sa vie désormais.' Comme chacun sait, il n'y a qu'une seule façon de passer le cap Horn : vite. Mohamed Ali a su somptueusement incarner cette vitesse face à ses adversaires sur le ring, face à l'Amérique blanche des années soixante.
    Mais avant de s'appeler Mohamed Ali, il a fallu que le jeune Cassius Clay surmonte ses peurs, sorte de son mutisme et s'invente un corps. Il a fallu qu'il trouve la voix qui habite pleinement ce corps.
    Ce livre raconte sa genèse : Ali avant Ali.

  • Tyran mal aimé du cinéma français répliquant aux sifflets de Cannes (« Si vous ne m'aimez pas, je peux vous dire que je ne vous aime pas non plus »), double du flic misogyne incarné par Depardieu dans Police (« C'est à dire que ma mère m'aimait pas. Alors j'me venge sur toutes les femmes »), créateur toujours insatisfait, Maurice Pialat était-il tel que ses détracteurs et ses coups d'éclat le dépeignent ?
    De son oeuvre, il reste que le réalisateur fut aussi le peintre de femmes singulières et libres, parmi les plus inoubliables du cinéma français.
    Tel un sculpteur, Alban Lefranc travaille la matière de l'oeuvre et de l'homme pour faire surgir une vérité aussi rude et juste que son modèle.

  • «Nous venons de cerveaux saccagés par la consommation et par le dogme de la non-violence. Nous avons grandi dans la dépression, la maladie et la peur du déclassement. Mais cette engeance est sortie des non-lieux où vous vouliez la cantonner. Vous avez laissé une armée grandir dans vos entrailles.» De la Fraction Armée rouge, née à la fi n des années 60 en Allemagne de l'Ouest, la rumeur n'a retenu que le récit d'espionnage ou le road movie sanglant. Loin des clichés associés à «la bande à Baader», ce roman remonte aux sources de la démence nazie, de son emprise durable sur le langage et les corps. Car plutôt qu'Andreas Baader, c'est Bernward Vesper, fils d'un célèbre poète nazi, qui incarne la déchirure d'une jeunesse prise entre le poison de la langue hitlérienne et l'enthousiasme béat du miracle économique. Il va bientôt rencontrer Gudrun Ensslin, une femme prête à tout pour que le mensonge cesse.

  • Vous n'étiez pas là

    Alban Lefranc

    « On s'est bien foutu de votre gueule toutes ces années, de vos grands yeux ahuris, de votre indéracinable accent teuton, un peu moins les derniers temps où votre main s'armait promptement d'un tesson paraît-il, Queen of the bad girls enfin, parvenue au but. »

    Ni hagiographie, ni descente en flammes, Vous n'étiez pas là détourne le genre biographique pour passer outre les images d'Épinal associées à Nico (1938-1988) : cover-girl précoce, demi-mondaine dans La Dolce Vita, égérie des films de Warhol, femme fatale du Velvet Underground, maîtresse d'une poignée de célébrités et increvable junkie bien au-delà des années 70.
    Apostrophant son héroïne sur un ton tendre et grinçant, Alban Lefranc s'approprie les tendances à l'affabulation de Nico, tord ici et là le bâton des faits et finit par la mentir vraie. Partant de ce rapport décalé, elliptique et dissonant, il l'exhume des ruines du IIIe Reich, la confronte à l'absence d'un père, autopsie les zones d'ombre de son ascension fulgurante, remet en perspective ses frères de chaos, ôtant un à un les masques d'une intériorité mouvante pour réinventer quelques-unes de ses vies possibles.

empty