• en quoi l'aveu de la honte coûte-t-il plus que celui de la faute ? quels sont les effets de la honte sur la parole, et pourquoi ces effets l'emportent-ils sur ceux de la culpabilité ? se pourrait-il que la honte soit sans rédemption même dans la confession ? car l'aveu de la honte, son énonciation, loin de la soulager, la redouble.
    impasse de la honte dans la cure analytique, aliénation du sujet honteux dans l'espace social. autant de questions adressées à la littérature, à la psychanalyse et aux sciences humaines. lire, écrire la honte tente d'y apporter des réponses à travers des perspectives littéraire, anthropologique, philosophique, juridique et psychanalytique.

  • L'homme sans ombre est un moi sans Autre, monade solipsiste.
    Inquiétante étrangeté de ce moi inaltéré, égal à lui-même, sans différence. Cette vie sans ombre, exposée à la lumière du jour, ce Même sans Autre, ne serait qu'expérience mutilée, umbra vitae, ombre de la vie. L'étrange histoire de Peter Schlemihl, fable morale et métaphysique, plane sur les pages de ce livre comme une allégorie de l'histoire de la pensée française après la guerre froide. Procédant par micrologies, L'Ombre pour la proie suggère, en s'étayant d'un vaste corpus de textes polémiques, philosophiques et littéraires contemporains, que l'homme postmoderne, nouveau Peter Schlemihl, aurait ainsi aliéné son ombre (l'Autre, la Loi, le Symbolique) à la jouissance immédiate et sans entraves qu'offre une société hyperindividualiste et festive.
    "Je sais que l'ombre n'existe plus dans notre monde, c'est un accessoire démodé de romans gothiques", écrivait le romancier Pierre Jourde. Peut-être l'écrivain survit-il littérairement dans un univers post-littéraire, dernier témoin d'une civilisation crépusculaire

  • Penser la terreur

    Bruno Chaouat

    Comment penser la terreur ? Quels en sont les fins et les moyens ? Comment distinguer entre état de guerre, terreur et terrorisme ? S'agit-il de la même terreur ou, au contraire, doit-on distinguer qualitativement d'une part entre les guerres traditionnelles qui touchent " par accident " des populations civiles ou les mesures d'exception exercées par les États et qui font régner l'angoisse de la faute chez les citoyens des démocraties libérales et d'autre part les actes terroristes qui prennent en otage et pour cible la " vie nue ", sans distinction entre civils et militaires , enfants ou vieillards, en vue de modifier la politique des États ?

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