Littérature générale

  • Ils sont sept : ce sont les Ducourneau, natifs d'un village aquitain. Le roman familial commence avec Raoul, qui va mourir, et avec lui le prolétariat gascon. Raoul, c'était le patriarche, un paysan à l'ancienne, sombre et brutal, que les mutations du monde agricole avaient transformé en ouvrier. Autour de cet astre noir gravitent sa femme et leurs cinq enfants, dont le portrait, mélange de rancoeurs et de sarcasmes, donne à voir un monde rural qui aura eu ses grandeurs et ses faiblesses - et qui lentement s'éteint, puisque "tout meurt, même la douleur".

    Après L'Ivraie, diatribe féroce et drôle contre l'Éducation nationale, Bruno Lafourcade décrit, ici, une France périphérique, oubliée, qui commence seulement à faire entendre sa voix.
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  • Un homme de cinquante ans revient sur sa jeunesse : il avait vingt ans dans les années quatre-vingt. Cette décennie si prometteuse, qui semble si édénique à beaucoup, pourquoi, lui, la voit-il si mortifère ? La gauche socialiste arrivait au pouvoir, et, avec elle, les anciens de soixante-huit : ils abandonnaient leurs idéaux pour entrer à la télévision, à l'université, dans la publicité, dans les journaux - partout. Surtout, cette génération de jouisseurs qui avait tué le père préparait un autre crime : celui de ses fils. Elle avait été la jeunesse du monde, elle n'entendait pas que ses fils fussent jeunes à leur tour, à sa place : elle voulut les tuer pour ne pas se voir vieillir. Ces pages s'ouvrent sur L'Idiot international, le dernier journal pamphlétaire, fou et purement littéraire, dont la mort a symbolisé le triomphe du socialisme libéral, veule et vertueux, celui de Tapie et de Séguéla, de Sinclair et de Kouchner ; elles offrent ensuite le panorama d'une décennie qui, de L'Idéologie française à SOS Racisme, du Sida aux Restos du Coeur, de l'affaire Grégory à la loi Devaquet, de Droit de réponse à Gym Tonic, du walkman à Band Aid, a commencé, dans un clinquant de pubs et de clips, à détruire un monde aujourd'hui dévasté.

  • L'ivraie

    Bruno Lafourcade

    Une satire féroce de l'école républicaine, un roman foisonnant, à l'ambition littéraire démesurée, et d'une immense drôlerie.

    Jean Lafargue, écrivain méconnu et à court d'argent, accepte au pied levé un « remplacement » dans un lycée professionnel de la banlieue bordelaise. Le nouveau professeur découvre, autant effaré qu'amusé, la réalité de l'enseignement. Il montre, avec un humour féroce, la démagogie du personnel enseignant et l'acculturation d'une jeunesse imprégnée de complotisme. Mais il nous aussi des liens étroits avec une élève qui a suscité l'hostilité de ses camarades ; et qui le renverra, sans le savoir, à sa vocation littéraire et aux espoirs de sa propre jeunesse.

    Bruno Lafourcade est né en 1966. Après des études lettres modernes, il a travaillé dans l'agriculture, la restauration, la publicité et l'enseignement. Entre deux emplois, il a aussi écrit et publié des romans et des essais, dont Sur le suicide (2014) aux éditions François Bourrin. Il vit désormais près de Mont-de-Marsan, dans les Landes. L'Ivraie est le roman de son expérience dans l'enseignement.

  • Jean Lafargue, quinquagénaire désabusé et écrivain sans succès, revient à Saint-Marsan, en Chalosse. Ce village natal, que Jean a fui très tôt, avec l'existence médiocre qui lui était promise, il le trouvait mort, désert. Aujourd'hui, il comprend que c'est à sa déserti??cation, à l'absence de supermarchés, de lotissements, d'usines, que le village doit d'avoir survécu, de ne pas avoir été dé??guré, dénaturé. ??r voilà que les autorités se sont mis en tête de le repeupler, de « redynamiser le tissu économique » en y accueillant plusieurs dizaines de migrants.
    Du curé à l'instituteur, tout le Marsanais s'enthousiasme pour ce projet. Seul Jean s'en inquiète, car « c'est une chose, pense-t-il, que de recevoir, dans une France prospère et conquérante, quelques milliers d'étrangers, conscients de leur chance ; c'en est une autre que d'en accueillir, dans un pays appauvri et déclinant, des centaines de milliers, d'une culture et reconnaissance particulière pour leurs hôtes. »

  • M. l'abbé et cher ami, Vous m'avez plusieurs fois prié de revenir par écrit sur la tragédie du vingt-trois mars, qui eut pour théâtre le village de Saint-Marsan, et dont je fus un des acteurs. Six ans plus tard, je réponds enfin à votre attente.

    Ainsi l'abbé Lapeyre commence-t-il le récit - croisé par les témoignages d'un étudiant en théologie et d'un maître d'internat - du drame auquel il a participé sans le savoir. En sauvant une statue du Christ, puis un ancien Chemin de Croix, il a précipité une série d'évènements, que rien d'abord n'est venu relier. C'était pourtant un rocher dont il venait d'ôter la cale, et qui a suivi sa course jusqu'au bout, comme la pierre que roule Joseph devant le sépulcre.

  • L'ordre

    Bruno Lafourcade

    • Brumerge
    • 15 Février 2010

    À cinquante-quatre ans, le journaliste Daniel Peyrehorade traverse une crise morale qui prend le visage banal d'une rivalité professionnelle. C'est qu'il ne reconnaît plus "L'Aube", où il est entré après mai 68, et qui ne serait plus, sous le règne d'anciens gauchistes, qu'un robinet de propagande conformiste et vertueux ; mais c'est le monde, plus largement, qu'il ne reconnaît plus. Aussi, au moyen d'un collage de monologues, d'articles, de conversations, de slogans, il dresse la liste des opinions les plus déplaisantes qui l'habitent ; qui l'opposent à la direction de son journal autant qu'à la société, puisque l'une et l'autre lui sont devenues étrangères.

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