• La paria

    Claude Kayat

    « Ce roman a été pour moi l'occasion de décrire en détail les deux principaux groupes ethniques de cette région, en prenant soin d'éviter la prise de position aveugle et fanatique, si courante hélas, qui tombe, trop souvent, dans la caricature : les anges d'un côté, les démons de l'autre. La réalité, même dans cette partie du monde, est infiniment plus complexe.» Claude Kayat L'essentiel de l'action se déroule dans deux villages, en Galilée dans le Nord d'Israël, l'un bédouin, l'autre juif, dans les années 80, en pleine guerre du Liban. Quelques kilomètres les séparent. La droiture, l'amour, la générosité, se retrouvent des deux côtés. Mais aussi, hélas, chez certains individus, l'intolérance, la haine et le racisme. Pour survivre, leurs habitants sont parfois amenés à se croiser, et même à collaborer.
    Lorsque Karim et les siens se rendent dans le village d'Arié Appelbaum, pour y cueillir ses amandes, l'inimaginable se produit, brisant le pire des tabous : une passion fulgurante consume la jeune Fatima, nièce de Karim, et Yoram, le fils d'Arié. Ils se rencontrent en secret la nuit dans un site archéologique proche du village. Mais Brahim, amoureux, lui aussi de sa cousine Fatima, éventera ces amours interdites, déclenchant des drames en cascade dont souffriront cruellement les jeunes amants, mais aussi leurs familles.

  • Avec L'Armurier, joyeuse parodie de western mâtinée de Feydeau, Claude Kayat nous donne l'occasion de rire.
    James Boswell, le plus grand inventeur et fabricant d'armes des Etats-Unis, décide d'arrêter toute production. L'armurier en a assez des morts, de la guerre, de l'hypocrisie sociale, des convenances. Et si James était devenu fou ? Shérifs, gangsters, nordistes et sudistes le harcèlent pour qu'il revienne sur sa décision. Rien à faire. Et voilà le lecteur entraîné, sur un rythme endiablé, dans les cabales qui veulent ramener James à la raison.
    Un grand bol de fraîcheur, de comédie, dans un monde livré à la guerre.

  • Un tueur en série assassine un à un les immigrés de Saint- Hubert, petite ville du Sud de la France.
    Lorsque Moustapha, l'un des deux éboueurs, est abattu à son tour, son collègue, Hassen Ben Djamil, s'alite et refuse de sortir tant qu'on n'aura pas arrêté le coupable. Mais les autorités veulent-elles vraiment mettre fin au massacre ? Le tueur court toujours et, dans les rues, les ordures s'accumulent. L'atmosphère nauséabonde où se retrouvent plongés les Hubertiens semble répondre aux puanteurs morales qu'ils développent alors.

    Certains se réjouissent de voir leur ville débarrassée des étrangers. D'autres voudraient pouvoir les protéger. Tous rêvent qu'Hassen reprenne vite le travail. Mais il s'entête, et les meurtres continuent, ce qui, la panique gagnant la communauté, permet à Claude Kayat de faire tomber tous les masques, dans une virevoltante parodie de polar qui se révèle un miroir véridique et cruel des crispations de la société française.

  • La synagogue de sfax

    Claude Kayat

    • Punctum
    • 15 Août 2006

    « On ne vit qu'une fois ! lança Rachel Guez. Je t'en prie, Maurice, laisse-moi donc terminer ce couscous! Si je crève, que ce soit au moins le ventre plein ! » Lire cette phrase avec l'accent pied-noir donnera la saveur du livre. Rappeler que l'auteur a raté d'une voix le prix de l'Humour noir, en 2001, pour un roman ou le héros, juif, est le sosie... d'Hitler, le situera mieux encore. Au rythme soutenu de dialogues truculents, l'auteur fait revivre les dernières années de la présence juive en Tunisie avant l'indépendance, des années 50 à la fin des années 60. Il y réussit à travers une multitudes de personnages, dont le principal, Isaac, amoureux fou de Rachel, finance la construction d'une nouvelle synagogue. Le petit peuple juif - du rabbin ou mendiant athée -, les notables - professeurs, pharmacien- les yeux tournés vers la France -, les Tunisiens indépendantistes, sont les protagonistes d'un monde qui va disparaître. Sans verser dans le roman historique, Kayat réussit à émouvoir, à faire rire d'une histoire où le tragique et le comique sont indissociables.

  • « Cette thèse est basée sur l'étude typologique de l'image du Judaïsme et du Juif dans la littérature française d'imagination chez les auteurs dits secondaires de 1750 à 1791.» Elle comporte trois parties. « Le Juif et la société » traduit la perception concrète du Juif dans sa matérialité à travers le physique, l'habillement, la langue et le cadre de vie. « Les valeurs du Judaïsme » souligne l'édification religieuse, intellectuelle et morale qu'illustre une galerie des ancêtres élargie. « Le Juif, un révélateur » montre la perception duelle qu'en a l'Autre et souligne les persécutions tant morales que physiques que subit le Juif. L'utilisation littéraire du Judaïsme et des Juifs est proche de celle d'autres minorités et leur image semble évoluer.

    « Plusieurs enseignements, souvent à contre-courant des idées reçues, sont à tirer de cette étude, notamment la mise en valeur du rôle permanent d'une déviance langagière très prononcée. » Claude David Khayat

empty