• Dans le Triangle d'or de la marijuana, le Sinaloa, le jeune David, un peu attardé et naïf, est capable de tuer un lièvre d'un lancer de pierre. Ce qui en fait, malgré lui, un joueur de baseball convoité. À la fête du village, il danse avec une fille interdite, réservée au fils d'un trafiquant. Bagarre. David tue son agresseur. Son père passe un accord avec le trafiquant et l'éloigne. À Los Angeles, il est dragué par une fille qui l'emmène dans sa chambre, le déniaise puis le met à la porte en lui disant qu'elle s'appelle Janis Joplin. Il en tombe éperdument amoureux, se fait virer de son équipe de baseball pour alcoolisme et renvoyer au Mexique. David n'est pas armé pour faire face aux barons de la drogue du Sinaloa. Tout explose autour de lui, dealers, policiers corrompus, guérilleros au coeur pur, femmes fatales et même une voix intérieure. Sa vie devient une course d'obstacles, une fuite continuelle ponctuée de coups de chance. Il va de catastrophe en catastrophe, de situation dangereuse en menaces de mort. Mais il n'a qu'un seul objectif : retrouver son amour, Janis Joplin.

    Un polar impeccable, tragicomique virtuose, sarcastique et tendre, avec en plus l'argot lyrique des narcos.

  • Le détective Edgar Mendieta, alias Zurdo, le Gaucher, songe au suicide. Quarante-trois ans, un boulot de chien, pas de femme, pas même un petit divorce, et une très forte tendance à l'autoflagellation : allez trouver un sens à tout ça.
    Pour couronner le tout, on le charge d'enquêter sur la mort d'une splendide strip-teaseuse, Mayra Cabral de Melo, qu'il a connue d'un peu trop près : une bombe aux yeux vairons, un couleur miel, l'autre vert, la seule à l'avoir traité avec indulgence, presque tendresse. La belle choisissait ses « amants » parmi les notables de Culiacán ; les pistes se multiplient, mais elles ne mènent nulle part. Zurdo est bon pour la tournée des night-clubs, cantinas et autres arrière-cours du Mexique contemporain, au moment où le gouvernement vient de déclarer la guerre aux narcos.
    Dans une nuit perpétuelle, il s'enfonce dans les bas-fonds de la ville, entre les trafiquants d'armes, les politiciens véreux, les faux gringos, les vrais espions, les narcos tout-puissants et les danseuses paniquées. Il croise un collectionneur de guitares cassées (mais célèbres), le père du président des États-Unis, et retrouve Samantha Valdés, nouvelle boss du Cartel du Pacifique.
    Pour Mendieta, l'heure n'est pas à la rigolade : Gris, son fidèle lieutenant, est en pleine crise amoureuse et pas vraiment dans son assiette ; son chef trouve que finalement il vaudrait mieux abandonner l'enquête ; lui n'arrive pas à mettre la main sur son psy et pleure son amour perdu. Pendant ce temps, la tequila coule à flots, les cadavres s'empilent, et son spleen n'est pas près de s'arranger.
    Avec son style inimitable, Mendoza nous plonge dans un Mexique baroque et délirant, où on tutoie la mort à tous les coins de rue, entre deux verres. Un polar impeccable, avec tous les ingrédients du genre, plus une bonne dose d'humour et l'argot lyrique des truands latinos.

  • Anéanti par une rupture amoureuse, dépendant de son psy, l'inspecteur Edgar Mendieta, alias le Gaucher, s'oublie dans un travail acharné.
    Il enquête sur le meurtre de Bruno Canizales, avocat aussi prestigieux que décrié pour sa vie dissolue et fils d'un ancien ministre de l'Agriculture retrouvé la tête perforée d'une balle en argent. Le téléphone de Mendieta ne cesse de sonner et l'inspecteur, harcelé par son supérieur, découvre que sa route est jonchée de nouveaux cadavres. Qui se cache derrière ces crimes ? Les narcos ? Les politiciens soucieux de nettoyer le terrain avant les élections ? Les membres de l'étrange Petite Fraternité Universelle, dont Canizales faisait partie ?
    Mendieta s'escrime à trouver les coupables et à faire son travail à grands coups d'adrénaline et avec une bonne dose d'humour.
    Il court les bars et les villas huppées, croise des journalistes et de charmantes lesbiennes, pour finir par démêler un écheveau où convergent des intérêts divers. Mais il est le seul à vouloir réellement aller jusqu'au bout, sans doute parce qu'il n'a rien à perdre. Avec Balles d'argent, l'auteur mexicain Elmer Mendoza nous plonge dans un Mexique âpre et rude où il ne fait pas bon vivre ni mourir.
    Loin des cartes postales et des plages de Cancun, nous évoluons dans une ville de la frontière américaine à la fois glauque et corrompue, une ville sans foi ni loi, pervertie par l'argent sale de la drogue où la violence est à chaque coin de rue. Le livre témoigne de la transformation radicale que connaît le pays depuis une dizaine d'années et d'un Mexique devenu la plaque tournante du trafic de cocaïne entre la Colombie et les Etats-Unis.
    Balles d'argent est servi par un style sec, nerveux et incisif qui suscite et retient l'empathie du lecteur dans un savoureux compromis d'élégance naturelle et d'humour. Cerné par la mort et une corruption endémique qui gangrène tout sur son passage, l'auteur n'oublie pas de porter un regard tendre sur ce pays qui est le sien et qu'il aime.

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