Hermann

  • Critique et violence

    Eric Marty

    • Hermann
    • 12 Septembre 2014

    La violence de l'acte critique suppose une histoire, des concepts, une pathologie, une rhétorique, une philosophie. Y compris dans ses excès, cette violence peut avoir également une ambition fondatrice, contenir un désir de vérité, aspirer à une régénération du champ où s'exerce sa puissance polémique. Il s'est donc agi d'explorer la violence critique dans tous ses sens et dans toute son ambivalence comme interrogation retournée sur le geste critique lui-même, dans sa plus grande amplitude, pour approcher au plus près, dans son détail comme dans sa nature, ce qui se joue dans l'exercice des facultés de juger.

  • Le cinéma nous regarde, il en sait souvent plus sur nous et notre époque que ce que nous croyons savoir sur lui. Il nous livre un instantané photographique du temps qui passe et ouvre la possibilité de la critique au coeur du divertissement. Cet art des masses est un art du monde, des peuples, du peuplé, du dépeuplé, du populaire, et parfois du populiste. Le cinéma, ce n'est pas exactement le film, c'est ce qui, dans le film, ne relève pas du sens, en quelque sorte la part folle et non théologique du film. Ce art excède son esthétique, en rendant sensible en lui la trace des spectres, de l'oublié, du sans-voix et du laissé-pour-compte. « Dès qu'il eut franchi le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre », entend-on dans Nosferatu de Murnau. Ces traces ou ces apparitions de fantômes sont inséparables du rêve et de la remémoration qui a lieu au cinéma. La pensée est cinématographique, depuis des temps immémoriaux, elle rêve et pense en cinéma. Depuis que le cinéma existe par ses films, depuis que prolifèrent ces singulières temporalisations des images par le mouvement, le cinéma suscite, invente et innerve la pensée.

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