Littérature générale

  • Disjoindre le sexe et le genre est un geste éminemment moderne, théoriser cette dissociation l'est plus encore.

    Ce livre est d'une certaine manière l'histoire de ce geste. Il nous mène des grandes entreprises déconstructrices de la Modernité des années 1960-1980 jusqu'au triomphe contemporain de la théorie du genre : de Sartre, Lacan, Deleuze, Barthes, Derrida ou Foucault jusqu'à Judith Butler.

    Pourtant, parce qu'il s'agit d'un objet aussi fuyant que précieux, le sexe des Modernes est aussi un révélateur. Loin d'être tout à fait commun aux deux espaces intellectuels que sont l'Europe et les États-Unis, il est peut-être témoin de leurs divisions : disputes, équivoques, héritages détournés, et guerres silencieuses ou avouées...

    Il s'agit ici non seulement d'éclairer des doctrines récentes que la confusion des temps travaille à obscurcir, mais d'explorer ce qui s'est déplacé au tournant des XXe et XXIe siècles entre le continent européen et le continent américain. Transmission ou au contraire fracture ?

    Car le moment est venu d'interroger le partage du sexe et du genre sous l'angle de son histoire puisque cette histoire est la nôtre, et sans doute plus que jamais.

    E.M.

  • Cette monographie propose à la fois une présentation du poète et une lecture attentive de son oeuvre. Elle retrace ainsi le parcours de Char depuis son enfance, sa participation à la Résistance, sa proximité avec les surréalistes, jusqu'à sa mort ; mais elle interroge aussi et surtout les thèmes chariens, l'hermétisme de sa poésie, et ses sources - notamment picturales et souvent méconnues -, dont l'érudition perce dans son écriture.

    Éric Marty, né en 1955 à Paris, essayiste, écrivain et critique, enseigne la littérature française contemporaine à l'université Paris-VII. Il est notamment l'auteur d'essais sur André Gide, Louis Althusser, Jean Genet et Roland Barthes. « Avant d'être une interprétation, le livre d'Éric Marty voudrait pousser le lecteur à la rencontre de l'oeuvre, une sorte d'exhortation à lire les textes. » Le Magazine littéraire

  • Les palmiers sauvages

    Eric Marty

    Laurent Kropf est né en 1982 à Lausanne. Il vit et travaille entre Lausanne et Bordeaux. Dimanche consiste en 10 reproductions de photographies de groupes. Une surimpression sérigraphique d'une forme géométrique blanche vient masquer le groupe, ne laissant apparaître que la figure patriarcale, le "vieux père". Ce sont ces idées du père et de l'autorité, de l'opposition entre le visible et le caché qui ont poussé Eric Marty, spécialiste de Roland Barthes et romancier, a écrire ces Palmiers sauvages, récit poignant de la mort et de l'enterrement, près de Genève, du père d'un ami du narrateur.

  • " Israël aujourd'hui n'a pour être que son existence, Israël n'est qu'existence.
    Cette détermination purement existentielle d'Israël, je la vois dans une double vulnérabilité. Une vulnérabilité historique Israël a à peine plus de cinquante ans, l'âge d'un être humain - encore assez être humain pour pouvoir mourir, disparaître et retourner à la poussière. Une vulnérabilité géographique : Israël est grand comme à peine deux départements français ; sans réserves territoriales, une seule défaite peut l'anéantir.
    Israël ne joue jamais avec la vie, car tout son être est dans cette existence finie. Cette détermination purement existentielle d'Israël, je la vois dans son nom propre et dans l'anthropologie qu'il dessine : ce nom hérité d'un homme, Jacob. Jacob a été appelé Israël parce qu'il a lutté avec Dieu toute une nuit et qu'il n'a pas cédé sur son identité. " Ce livre comprend : " Bref séjour à Jérusalem ", " Jean Genet à Chatila ", " La Terre comme arche ", il est complété en annexes par une série d'interventions dans le débat politique français sur la question d'Israël.

  • Un hommage sans complaisance qui renouvelle la lecture du dernier
    Barthes, à loccasion des trente ans de sa mort.
    « La littérature et le droit à la mort » est le titre dun texte célèbre de
    Maurice Blanchot.
    Trente ans après la mort de Roland Barthes (26 mars 1980), un de ses
    proches amis, Eric Marty, lui rend un hommage fondé sur les textes
    mêmes, en particulier La chambre claire et surtout le Journal de deuil,
    un ensemble de notes prises pendant près de deux ans par lauteur des
    Fragments dun discours amoureux suite à la mort de sa mère en octobre
    1977, et publié en février 2009 dans la collection « Fiction & Cie ».
    Rappelant le climat des années 1970, et soulignant laudace et parfois la
    solitude de Barthes, ce bref essai issu dune conférence donnée en février
    2010 au Collège de France, part dune question éminemment moderne : «
    quai-je le droit, que mest-il possible décrire ? » Dans ses derniers
    livres et écrits, Roland Barthes sinterroge souvent sur le singulier et sur
    ce qui, de ce singulier, peut se convertir en généralité ou en théorie. Cest
    le rêve, formulé à voix haute, dune « mathesis singularis », une science
    du singulier. Avec le Journal de deuil, Barthes plonge au plus profond de
    lintime, tout au bord de là où la parole séteint. Ce texte, suggère Eric
    Marty, ne pouvait exister quà titre posthume, car il ny avait personne
    pour pouvoir lentendre du vivant de lauteur. Ce Journal était posthume
    dans son écriture même.
    Autant quune analyse des derniers écrits de Barthes, cette conférence est
    une analyse des rapports de la littérature à la mort (en écho, notamment,
    aux réflexions de Maurice Blanchot). Sa publication constitue un
    hommage, intellectuel et sans pathos, à Roland Barthes dont la
    publication des cours et séminaires se poursuit par ailleurs.
    Eric Marty est né en 1955 à Paris. Agrégé de lettres, il est professeur à
    lUniversité Paris VII. Il a publié aux Éditions du Seuil notamment un
    essai, Roland Barthes, le métier décrire (collection « Fiction & Cie »,
    2006). Il est par ailleurs responsable de lédition des oeuvres complètes
    de Roland Barthes en 5 volumes, ainsi que des cours et séminaires.


  • Le livre recueille deux textes, «L'engagement extatique» et «Commentaire du fragment 178 de Feuillets d'Hypnos». L'unité en est la question de l'engagement de René Char dans la Résistance contre l'Occupation nazie pendant la dernière guerre.
    Les deux commentaires articulent l'un à l'autre deux mouvements qui sont comme les deux battements rythmiques - poétiques - de cet engagement: l'angoisse d'une part, l'extase d'autre part. Soit par exemple, le tableau de La Tour, au coeur du fragment 178, qui associe la figure de l'homme prisonnier, pris dans la plus extrême solitude et le plus extrême délaissement, et la figure de la femme, de l'ange rouge, parole qui désaltère, délivre et maîtrise les Ténèbres.
    Il s'agit donc au travers d'une lecture poétique et philosophique des écrits poétiques de combat de René Char des années noires, de penser ce qu'a été cet engagement, bien au-delà de ce qu'on a pu entendre par exemple depuis Sartre par cette expression devenue le « lieu commun » des intellectuels. A l'évidence, c'est dans une conscience aiguë d'être face aux signes d'une apocalypse historique exceptionnelle que Char prend la double décision de se taire - il ne publie pas une ligne pendant toute cette période - et de combattre en guerrier les armes à la main.

  • Après la prison et l'internement, après l'oubli au XIXe siècle, Sade apparaît, au XXe siècle, comme une référence majeure, jusqu'à devenir, à partir des années 50, dans une sorte d'évidence partagée par l'ensemble de la Modernité, l'objet d'une véritable passion intellectuelle." Pourquoi le XXe siècle a-t-il pris Sade au sérieux ? " À cette question, on pourrait répondre par une autre. Par exemple : d'où vient qu'au XXe siècle, le sujet pervers, celui de la transgression extrême, fascine les Modernes, et semble leur fournir une issue aux impasses de l'Histoire et un modèle culturel, esthétique, philosophique, politique pour penser ces impasses et s'en affranchir ? Ou encore : si, au XXe siècle, la pulsion de mort se manifeste comme une tendance fondamentale de l'humanité moderne, Sade, ne peut-il pas alors apparaître comme l'annonciateur, le prophète et le récitant de cette rupture décisive dans l'Histoire ? Ou enfin : jusqu'à quel point peut-on être sadien ? Qu'est-ce qui retient certains, après l'avoir été passionnément, de l'être tout à fait ? En quoi le fait de le prendre au sérieux peut provoquer l'insoutenable jusqu'à retourner la fascination en abjuration ou en oubli ?Au milieu des années 70, Pier Paolo Pasolini sonne la fin de cette singulière fête sadienne avec son terrible Salò ou les 120 journées de Sodome. Auparavant, Adorno, Klossowski, Bataille, Blanchot, Foucault, Lacan, Deleuze, Sollers, Barthes et d'autres, ont donné leur vision et leur lecture de Sade, faisant de lui un personnage fondamental de leur aventure intellectuelle qui est aussi une aventure personnelle. Le temps est venu, avec le recul, d'interroger cet engouement qui nous concerne profondément et peut-être plus que jamais.

  • « Il se revoyait maintenant le rasoir dans la main droite, revenir près du lit où elle reposait. Et le mouvement précis, sûr et net avec lequel il l'avait égorgée. Où avait-il appris un tel geste ? D'où le possédait-il ? Et cette démarche de fou ? D'où lui venait-elle ? Un meurtre, il le savait maintenant, il suffit d'en commettre un, et l'on comprend alors que ce n'est pas si difficile. Le meurtrier n'éprouve pas seulement de la jouissance, il atteint à une connaissance, c'est-à-dire une délivrance.

    Il sait que la vie humaine n'a aucune valeur. » Assassinats, enlèvements, un groupe de l'extrême gauche radicale sème désordre et violence dans Paris, se joue de la police et des médias. Au coeur des événements, une jeune prostituée chinoise, Lu, et un activiste en fuite du nom de Politzer vont croiser leurs destins de désir et de mort.

  • Fitzroy avenue

    Eric Marty

    Dublin, 1920. L'insouciance, mâtinée d'un brin d'inconscience, essaie de se frayer un chemin en plein coeur de la guerre d'indépendance qui fait rage aux quatre coins de la ville.
    Espiègle chef de bande, Billy va voir son destin basculer au fil des rencontres et des événements.
    Défier les rivaux venus de l'autre côté de la Liffey est une chose, entrer dans l'univers obscur et impitoyable de la lutte en est une autre ; surtout quand on est adolescent et qu'on rêve d'être un jour le meilleur joueur de hurling de Dublin...

  • Irlande.Derrière le nom évocateur de Béal na mBláth, autrement dit la Vallée des Fleurs, dort un des plus lourds secrets dont la tumultueuse histoire du pays est parsemée. Quitte à rouvrir des plaies qui ont mis longtemps à cicatriser, faut-il réveiller un passé vieux d'un siècle et mettre - enfin - un nom sur celui qui a assassiné Michael Collins, le héros de l'Indépendance ? Un flic et un journaliste hauts en couleur vont tenter de recoller les morceaux d'un puzzle sorti d'outre-tombe... Mais à quel prix ?

  • Sacrifice

    Eric Marty

    Sacrifice est l'histoire d'une circoncision.A l'origine, l'arrivée d'un roi à la souveraineté incertaine, puis celle d'un étranger dans un village à l'orée du désert. Le rêve du premier et les fausses prophéties du second révèlent à un enfant, héros de l'aventure, l'existence de ce rite mystérieux dont son sexe porte témoignage. La fiction s'organise ainsi autour de ce sacrement dans un monde où le symbolique s'effondre, où les affabulations, les mythomanies, les rêves, les faux-semblants gouvernent et rongent toutes les certitudes de l'enfant: le circoncis. Nous sommes dans un temps et un territoire archaïques non précisés. En quittant son village pour se rendre à travers le désert dans une grande cité d'Orient, l'enfant connaîtra avec une prostituée la possibilité de nouer sa vie à un fil moins énigmatique. Mais l'espace de la ville n'est sans doute pas moins menteur, mystificateur et meurtrier que celui d'où il vient. Le roman, à la fois burlesque et cruel, associe le mythe et sa parodie, l'initiation érotique et les contre-initiations perverses dans un univers où la mort, la destruction et le désir sont conjointement les enjeux immédiats de l'existence. Et ceux de l'écriture même du livre.

  • Le Journal de Gide a quelque chose de fondateur en ce qu'il réalise comme aucun autre ce qui fait la loi même de cette pratique qu'est l'Écriture du jour.
    Ni autoportrait, ni autobiographie, ni confession qui sont des entreprises de rétrospection, le Journal traque et dessine dans la trivialité fragmentée des jours, une trace singulière de soi à même le Réel. En ce sens, l'écriture du jour est la tentative de se dépendre de toutes les doxa tout en s'y affrontant : les discours du Monde, comme les discours du Moi ; mais c'est également le lieu où s'éprouve au présent l'authenticité de la parole dans ses engagements les plus exclusifs : l'amour, le mysticisme, le politique.
    Si Gide a pu passer pour le premier des Modernes grâce aux innovations formelles de son oeuvre romanesque, son Journal extrait de lui un visage plus secret, plus fascinant et moins saisissable : celui du premier des Maîtres que le vingtième siècle ne cessera, au travers de ses lecteurs les plus attentifs (Sartre, Blanchot, Camus, Barthes, Lacan...), de vouloir ressaisir. Ce livre a obtenu lors de sa première publication en 1985, le Grand Prix de la Critique.

  • La fille

    Eric Marty

    La fille est un garçon. Un garçon qui incarne, plus qu'aucune femme de la petite ville où il est né, la féminité. Lorsqu'ils étaient enfants, le narrateur a été son camarade de classe et son amoureux. En grandissant, Chaudie affole tous les hommes du village. Son père assassine le maître d'école à propos duquel Claudie a laissé entendre qu'il l'avait violé(e). Témoin du crime, le narrateur dénonce le père de Claudie. Et c'est la rupture du couple.
    Le narrateur continue pourtant de vénérer Claudie. Il la protège quand des souteneurs veulent l'enlever pour l'exploiter. Mais Claudie, mystérieuse et indifférente, s'en moque.

  • Pourquoi Roland Barthes'? C'est peut-être à cette interrogation que le présent livre tente de répondre. Plus de vingt-cinq ans après sa mort, mais aussi, après la disparition, dans les années qui suivirent, de toute une génération qui avait donné un sens neuf à l'acte de penser, une telle question n'est pas indécente. Davantage qu'une nécessité, elle trouve un certain charme à être posée. Roland Barthes, le métier d'écrire expose Barthes à trois lectures': ''Mémoire d'une amitié'', récit autobiographique qui raconte au quotidien les dernières années'; ''L'oeuvre'', qui parcourt la totalité des textes dans leur déploiement chronologique et singulier'; ''Sur les Fragments d'un discours amoureux'', séminaire qui décrypte la stratégie souterraine du livre le plus connu de Barthes, à travers les motifs obsédants de l'Image et du ''Non-Vouloir-Saisir''. Le témoignage, le panorama, le séminaire': tout cela constitue un véritable cheminement. Au récit de la rencontre du jeune disciple avec le maître succèdent une méditation sur l'oeuvre et son exploration minutieuse. ''Le métier d'écrire'' devient alors la formule même de la vie d'écrivain.

  • L'album Roland Barthes offre une sélection de correspondances, quelques inédits, la retranscription de notes de séminaires consacrés à Bouvard et Pécuchet de Flaubert ou à « Paul Valéry et la rhétorique », ainsi que quelques dédicaces. Une plongée dans un Barthes plus intime, mais aussi le déploiement d'un tissu de solidarités et d'amitiés épistolaires (Philippe Rebeyrol, Georges Canetti, Raymond Queneau, Jean Cayrol, Maurice Blanchot, Michel Leiris, Michel Vinaver, Michel Foucault, Claude Lévi-Strauss, Michel Butor, Julia Kristeva, Jean Starobinski, Marthe Robert) qui éclaire un demi-siècle d'histoire intellectuelle.
    Un certain nombre de documents et de lettres ou cartes postales sont reproduits en fac-similés. Le tout est classé d'abord par ordre chronologique, puis par rattachement à la publication des livres de Roland Barthes.
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    Eric Marty est né en 1955 à Paris. Professeur à l'Université Paris VII, il a publié aux Éditions du Seuil plusieurs essais, dont Roland Barthes, le métier d'écrire (2006) et Roland Barthes, la littérature et le droit à la mort (2010). Il est par ailleurs responsable de l'édition des ouvres complètes de Roland Barthes en 5 volumes, ainsi que des cours et séminaires.

  • L'argument du cours a été le suivant : on a défini comme relevant du Neutre toute inflexion qui esquive ou déjoue la structure paradigmatique, oppositionnelle, du sens, et vise par conséquent à la suspension des données conflictuelles du discours. Le relevé de ces inflexions s'est fait à travers un corpus qui ne pouvait être exhaustif ; cependant, les textes des philosophies orientales et mystiques se sont trouvés naturellement privilégiés. [...] A travers des touches successives, des références diverses (du Tao à Boehme et à Blanchot) et des digressions libres, on a essayé de faire entendre que le Neutre ne correspondait pas forcément à l'image plate, foncièrement dépréciée qu'en a la Doxa, mais pouvait constituer une valeur forte, active.

  • Les images photographiques sont parfois insituables, et pourtant elles projettent une histoire qui pourrait avoir eu lieu: une photo-fiction. Certaines séries photographiques de Jean-Jacques Gonzales sont de cet ordre. Elles instituent l'espace photographique sous la forme du no man's land: lieu idéal pour l'imagination. Le couple du récit n'aurait sans doute pas pu naître ailleurs. Lui est un photographe français, elle sera son modèle américain. Ils vont vivre quelques jours dans le désert de l'Arizona apparu dans le proche et le lointain des images photographiques. Il photographiera l'espace à son tour. Il y aura leur amour, et cet amour participera à l'univers des images. Et le monde? Il sera là lui aussi. Le monde des migrants qui traversent l'Arizona et qui croisent police et milices.

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