• Les cantos pisans

    Ezra Pound

    Les Cantos, ce sont comme leur nom l'indique des chants, car ce livre relève au moins autant de la musique que de la poésie, tant la recherche de l'harmonie y est exigeante et tangible. On y ressent à chaque page la langue en action comme un courant symphonique incessant, une polyphonie universelle orchestrée par la seule voix d'Ezra Pound. oeuvre totale qu'il forgea tout au long de sa vie, les Cantos sont le plus important poème épique du XXe siècle, un flot bouillonnant de références historiques et d'échappées magnifiques qui nous donne un accès direct au flux mental des images et des obsessions de Pound.Nous publions ici, en bilingue, les Cantos pisans traduits par Denis Roche, pièce majeure de l'oeuvre de Pound.

  • L'Anthologie classique (le Shijing) rassemble les 305 poe`mes - chansons populaires, odes pour les ce´re´monies de cour, odes religieuses -, se´lectionne´s et ordonne´s, selon la tradition, par Confucius (551-479 av. J.-C.), dont la doctrine politique et sociale fut e´rige´e en religion d'E´tat et marqua profonde´ment la civilisation chinoise. Ezra Pound voyait dans le confucianisme un ve´ritable « code de la vie » et une possibilite´ de renou- vellement pour l'Occident. Apre`s Les Entretiens de Confucius (ou Analectes), le poe`te ame´ricain traduit donc les odes confuce´ennes au temps de sa de´tention a` l'ho^pital St. Elizabeth's. Sa connaissance du chinois peut sembler rudimentaire : il suit l'enseignement de son mai^tre Fenollosa, et ses solutions ne sont pas exemptes de fantaisie. Toutefois, Pound accorde une importance particulie`re au travail de traduction et voit dans la concordance des langues un crite`re majeur de civilisation. Il pre´fe`re par conse´quent toujours la restitution d'une inflexion vivante au strict respect de la syntaxe. Une approche non conventionnelle mais efficace, qu'avait remarque´e Simon Leys : « Pound ne savait gue`re le chinois ; ses interpre´tations sont quelquefois loufoques... mais Pound a fait preuve d'une infaillible intuition des rythmes de l'original... son oreille ne se trompe jamais, et dans ce domaine il nous administre une lec¸on exemplaire. »

  • Les cantos

    Ezra Pound

    Les Cantos, oeuvre totale qu'Ezra Pound forgea tout au long de sa vie (entre 1915 et 1960), est le plus important poème épique du XXe siècle. Monument et référence incontournable aux USA pour plusieurs générations de lecteurs, la traduction de cet ouvrage parut pour la première fois chez Flammarion en 1986, créant une véritable onde de choc dans les milieux littéraires et poétiques. Les Cantos étaient épuisés en France depuis plus de dix ans. La sortie dans la collection MILLE & UNE PAGES de cette nouvelle édition augmentée et enrichie de cent vingt pages d'annexes est l'occasion de remettre à l'honneur ce texte majeur, et de se pencher sur ses répercussions dans la poésie d'aujourd'hui

  • Henri Gaudier-Brzeska

    Ezra Pound

    Henri Gaudier, dit Gaudier-Brzeska, né en 1891 près d'Orléans, quitte la France en 1911 et devient, en trois années d'une prodigieuse activité, l'un des premiers sculpteurs modernes. Toute la sensualité et la puissance de son oeuvre méconnue se révèlent pour la première fois dans ce livre, au fil des superbes séquences photographiques réalisées par Christian Roger dans les collections du monde entier. Quand Gaudier meurt en 1915, à 23 ans, dans les combats de la Première Guerre mondiale, son ami Ezra Pound rédige sur leurs années londoniennes un témoignage bouleversant, qui est aussi l'une des plus passionnantes contributions à l'histoire de l'art du XXe siècle. Et dans un post-scriptum de 1934, il ajoute : " Gaudier est irremplaçable. Personne n'est apparu capable de prendre sa succession. Brancusi continua seul la conquête du marbre. " " Ce livre est admirable, pour trois raisons simples, l'auteur, le sujet et leur connivence. Sur Henri Gaudier, sculpteur, Pound avait écrit un livre fulgurant et épique. Il est enfin traduit. Le début d'une résurrection, aujourd'hui, par nos temps de conformisme dictatorial ? Ce serait trop beau pour qu'on ose y croire. " Philippe Dagen - Le Monde

  • Comment échapper à la déception de la poésie ? a ses thèmes convenus ? a sa fade et menteuse beauté ? comment écrire après les maîtres ? et comment rivaliser avec la prose pour la qualité première : être expressif ?
    La réponse d'ezra pound est la plus originale de notre siècle.
    D'abord par la diversité des solutions trouvées dans ces " poèmes " (critiques créatrices, poésie destructrice des fraudes et des truquages, imitations ou jeu des personnae, traductions littéraires ou appropriations, renouvellement de genres délaissés comme l'épigramme, etc. ) ; ensuite parce que les réponses sont des oeuvres ; enfin parce que les " poèmes " d'ezra pound sont des chefs-d'oeuvre.
    Certains de ces " poèmes " sont donc venus à nous précédés d'une réputation immense, comme en témoigne la capitale introduction de t.
    S. eliot : les textes inspirés des troubadours, " lustra ", " cathay " (" invention de la poésie chinoise en anglais ", dit eliot), l' " hommage à properce ", " mauberley ", etc. ces poèmes demandaient à être retrouvés dans notre langue ! gageure ? vaine prétention à égaler les perfections ? l' " hommage à properce ", cette rigoureuse enquête sur la poésie, est l'une des plus belles élégies de pound, par excellence poète élégiaque.

    Les poèmes fondent les " cantos ", et plus d'une fois s'aventurent plus loin. le " vaucrant " est le principe des " cantos ", et le dernier " canto " (cxx) retourne au " dôria " de " ripostes ".
    Pour ezra pound, écrire est synonyme de vivre, et la vie est un périple, un exil oú la nostalgie s'applique à retrouver (comme dans la " lettre d'exil " de " cathay ") un langage de paradis, le paradis de la parole.

  • Le travail et l'usure

    Ezra Pound

    • Lulu
    • 1 Septembre 2020

    « À la mort de Lincoln, la véritable puissance aux États-Unis passa des mains du gouvernement officiel dans celles des Rothschild et autres affidés de leur ténébreux consortium. Le système démocratique périt. Il est, depuis lors, dérisoire de parler des États-Unis comme d'une puissance autonome. Depuis quand n'est-il pas moins dérisoire de parler de l'Empire britannique comme d'un être autonome ?On s'essouffle à parler de telle ou telle « nation » démocratique. Le véritable gouvernement s'est tenu et se tient encore dans les coulisses. La nature du régime démocratique est la suivante : deux ou plusieurs partis à la dévotion de l'usurocratie s'affichent aux yeux du public. Par souci pratique, et pour apaiser la conscience des niais, on laisse aux bonnes gens, à l'idéaliste solitaire, le soin de faire un peu de travail honnête, aussi longtemps qu'ils ne percent pas les machinations des divers rackets...

  • ABC de la lecture

    Ezra Pound

    • Omnia
    • 3 Novembre 2011

    ABC de la lecture se présente comme une initiation aux grandes oeuvres littéraires du monde entier et le manifeste d'une théorie esthétique.
    Il s'agit pour Ezra Pound de développer sa propre doctrine littéraire et poétique. Les chapitres de la première partie exposent les thèmes de la critique poundienne : la littérature est un langage chargé de significations et de règles qu'il s'agit de connaître et d'utiliser. Pound s'emploie donc tout au long de son travail à entraîner le lecteur à sentir et à juger. Il ne se limite à aucune époque, de Dante et des troubadours à Walt Whitman en passant par Gautier, Corbière, Rimbaud et Laforgue.
    Pound ouvre ici de nouvelles voies à la littérature et explore aussi bien des oeuvres méconnues que des classiques. Dans une deuxième partie, l'auteur des Cantos a composé une anthologie poétique, où l'on retrouve notamment des extraits de Chaucer, Marlowe, John Donne, Samuel Butler, Pope, Browning et bien d'autres.

  • Lettres de Paris

    Ezra Pound

    • Virgile
    • 12 Avril 2004

    " Presque tous les grands poètes américains ont commencé à écrire les yeux tournés vers la France Pound plaçait au sommet des vertus nécessaires à l'artiste complet une intelligence critique " à la française " ; témoin actif, à Paris en 1920, d'une époque-clef de la vie culturelle française, Pound nous livre un document sans complaisance, et combine la vivacité d'un reportage au jour le jour avec l'approfondissement d'une problématique esthétique qui nous force à relire différemment la préhistoire de notre modernité.
    " Jean-Michel Rabaté

  • En 1913-1914, il n'y a rien, en musique contemporaine, qui corresponde à Wyndham Lewis, Pablo Picasso ou Gaudier-Brzeska.
    Stravinsky a, certes, bousculé Debussy. Mais sans dissiper le brouillard où s'est égarée la musique depuis le long déclin du contrepoint jusqu'à l'harmonie et Schönberg.
    Le Ballet mécanique (1926) de GeorgeAntheil (1900-1959) - jeune compositeur américain qu'Ezra Pound rencontre, en 1921, à Paris -, ouvre une nouvelle voie : « La «musique» qu'on enseigne dans les académies s'occupe de l'organisation de particules sonores, de sons qui présentent certaines variations à l'intérieur de la seconde, [...] d'une minute ou de dix minutes, ou, dans les «grandes formes», d'une demi-heure. Mais, en nous emparant des durées plus longues, nous voyons la possibilité de tempo-spatialiser le cliquetis, le grincement, le whang-whang et le gnnrrr d'une salle des machines, de sorte que la journée de huit heures ait son rythme, que les ouvriers, aux machines, soient démécanisés et ne travaillent pas comme des robots, mais comme les membres d'un orchestre. [...] Et c'est bel et bien un nouvel acte musical ; une nouvelle saisie de la vie par l'art, une nouvelle époque, une rupture avec les habitudes d'assentiment plus grande qu'aucune rupture accomplie par Bach ou par Beethoven [...] » Antheil n'avait-il pas annoncé son intention de « «mettre au même diapason» des villes entières » ?
    Ce coup d'oeil ironique sur des siècles de connaissances musicales mal acquises rend au génie d'Ezra Pound, alias William Atheling, toute sa mesure : c'est en dépouillant l'art de ses scories et aberrations qu'il le rapporte à son essence singulière, et qu'il en ressuscite la forme pure au coeur d'un souffle, d'un « temps » nouveau.
    Pour la première fois est publiée, en français, l'intégralité de ce texte où brille la causticité d'Ezra Pound (1885-1972), l'homme qui révolutionna la poésie anglo-saxonne et fut, aussi, un grand critique à l'écoute de toutes les nouveautés esthétiques.

  • Ce flot de textes, de références à des personnages de tous les temps, de longs développements sur des considérations économiques et dynastiques, d'échappées sur les mythes et les récits historiques forment un courant symphonique incessant.

  • Voyage à pied d'Ezra Pound dans le sud de la France en 1912.
    En fouillant dans ses papiers, en 1958, Ezra Pound tomba sur tout un lot de carnets qui dataient de l'été 1912, au cours duquel, encore tout jeune homme, il avait parcouru à pied les paysages des troubadours dans le sud de la France. Depuis toujours, Pound a été fasciné par la poésie de la Provence médiévale. Ses tentatives pour recréer les formes lyriques complexes d'Arnaut Daniel, de Bertran de Born et d'autres poètes de langue d'oc figurent dans ses recueils de poésie les plus anciens; ses recherches érudites à ce sujet se retrouvent dans L'Esprit des littératures romanes, écrit en 1910, et la mystique des troubadours devait devenir une des plus riches harmoniques des Cantos.
    Pour nous qui vivons à l'abri de nos maisons, ou qui, tout simplement, sommes pourvus de bons imperméables, le temps qu'il fait n a plus guère d'importance; mais combien ces vers prennent vie et force si nous songeons qu ils furent chantés par des hommes pour qui les conditions atmosphériques déterminaient dans une très large mesure chaque acte, chaque plaisir de l'existence. C'est ainsi que la mention du temps qu'il fait, à l'orée de chaque chanson, devient chose naturelle : elle reflète une situation bien réelle.
    La volupté suprême, quand on marche avec un paquetage sur le dos, c'est le moment où on le pose à terre, ou bien celui où l'on se laisse aller contre lui comme sur un oreiller. Mais c'est là un luxe qui ne vaut que par beau temps. On sent dans la pluie une malveillance toute personnelle quand on est fatigué au-delà d'un certain point, ou trempé jusqu aux os.

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