• Pour une histoire de la restauration monumentale (xixe-debut xxe siec le). un manifeste pour le temp Nouv.

    Cet ouvrage souhaite renouveler l'histoire de la restauration des monuments, et propose un manifeste pour le temps présent afin d'aller vers des interventions adoucies, mettant l'entretien au coeur des préoccupations, en tenant compte de l'écologie du bâti et de l'avancée des connaissances sur les matériaux et leurs bio-protections.L'histoire des restaurations est ré-explorée à partir du Moyen Âge. Les auteurs rappellent, textes à l'appui, qu'avant d'être une pratique ou une technique, la restauration est en lien étroit avec la sacralité, puis la moralité. Les pratiques restauratrices se sont inscrites dans un temps long avant de connaître, au début du XIXe siècle, une accélération due à la montée des nationalismes et à l'industrialisation des sociétés. Les politiques de restauration monumentale ont changé de manière radicale des bâtiments jugés emblématiques dans l'espace français et européen. Elles étaient en tension avec les théories faisant l'éloge d'une pureté originelle des bâtiments, qui devaient rester vierges de toute altération. La prise de conscience de ces contradictions est à l'origine de la Charte de Venise, en 1964, qui met en avant la notion d'authenticité à garantir dans toute restauration.

  • « Pendant plusieurs années, sous différentes formes, j'ai subi la violence et le harcèlement dans mon lieu de travail. Cette situation éveillait en moi un sentiment de honte, une honte diffuse et profondément malsaine qui me faisait sporadiquement sombrer dans un chagrin dévastateur. J'ai été victime d'un burnout, et toute ma santé a chaviré. Dans la tourmente qui était en train de balayer ma vie, un jour, j'ai reçu une grâce Ceux que je voyais comme mes persécuteurs se sont transformés, de manière imagée, dans le vocabulaire spirituel, en maîtres et bourreaux : ils étaient les instruments de mes souffrances nécessaires, puisqu'elles ont été à l'origine d'un grand bien. Ils devaient être sur mon chemin, pour que la vérité me soit révélée, pour que je comprenne que mon ennemi était en moi et qu'enfin j'aille vers la source de la vraie Vie en Dieu. Ils recueillent ici ma gratitude.
    J'ai fait un retour sur ma propre histoire et sur la culture ambiante de l'époque où je me suis formée en tant qu'être profane doté de convictions et d'idées sur le monde. Ce passé ressemble à celui de beaucoup d'autres personnes nées à la fin des années 50. Nous sommes passés de la croyance en l'avenir à la « décroyance », en très peu de temps, avec des points d'appui suivis de zones d'instabilité qui étaient exclusivement profanes.
    La grâce m'a emmenée dans une voie où, pas à pas, j'ai tout redessiné. À un moment décisif de mon cheminement, j'ai eu la chance que soit portée à ma connaissance l'oeuvre de Maître Philippe de Lyon, un maître spirituel chrétien exceptionnel qui a vécu pendant la deuxième moitié du XIX e siècle. L'oeuvre qu'il a laissée en héritage donne toute la mesure des messages du Christ : ils sont incomparables, mais ils sont en même temps concrets. Ils sont simples, au moins en apparence, puisqu'ils indiquent à l'être humain d'ordonner son existence à partir des principes de la charité et de l'humilité, deux qualités à la source de la vie en Christ.. Comme un enfant qui fait peu à peu ses premiers pas, j'ai fait l'apprentissage de cet enseignement. Il m'a conduite à faire grandir ma cohérence intérieure, mon intégrité, et à accueillir l'adversité sans rage.
    Dans la société qui m'entoure, tout me porte à penser qu'il est urgent d'apporter ce témoignage : la vie intérieure de l'homme, les qualités d'être qu'il développe en lui grâce à la Lumière divine, ont une puissance de transformation inestimable non seulement pour lui-même, mais pour toute la vie collective. »

  • Le Musée d'Orsay présente, jusqu'au 6 mai prochain, le travail du peintre Akseli Gallen-Kallela, figure emblématique du génie finlandais au tournant du 19e siècle.

  • Comment les nations se déploient-elles dans l'espace et dans la durée ? En exploitant des thèmes dits objectifs, en fait saturés d'émotions, qui invitent les militants des causes nationales à cultiver la nostalgie d'un âge d'or, à perpétuer les traits supposés distinctifs des peuples, et à assujettir leur cadre bâti à un futur exalté. Voilà ce que dévoilent l'architecture et les arts.

    Dès le XVIIIe siècle, le mouvement pittoresque multiplie les voyages, réinvente le passé et chante une imagerie médiévale, assimilée au génie de la terre. Les arts visuels en exaltent les formes dans toute l'Europe. Puis, les architectes transposent, à la ville et à la campagne, cet attachement aux mythes savants et populaires, aux légendes et récits des origines sur lesquels les nations se fondent toujours. Fusionnant monuments et créations, recyclant héritage vernaculaire et souvenir des héros, leurs oeuvres nourrissent les romantismes nationaux et les sentiments patriotiques.

    La nation est une idée holistique liée à l'histoire sociale et politique des pays, source tantôt de tolérance, tantôt de crispation. Au XIXe siècle, marxistes et socialistes la dénoncent. Les deux conflits mondiaux déploient sa face belliqueuse.

    Après 1945, puis 1989, l'Europe s'émancipe de ce paradigme. Mais il réapparaît à la faveur d'une porosité inédite entre les fiertés nationalistes et les ressorts populistes, suscitant le repli sur les vieilles identités et justifiant les désirs d'indépendance. La variété illimitée des architectures nationales illustre l'éventail des valeurs qui s'affrontent sur le continent depuis trois siècles.

  • Qu'est-ce qu'un monument ? Le sens du mot paraît simple aujourd'hui mais cette évidence est trompeuse, car le « monument » a connu des significations très différentes tout au long de l'histoire. La notion qu'il recouvre est liée en profondeur à l'idéologie et au goût propres à chaque période. C'est à cette stratification complexe que cet ouvrage s'attache, en France, du monde antique jusqu'à nos jours.

    Avec le soutien de l'université Paris-Sorbonne et du Centre André-Chastel.

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