• Calamity Gwenn

    François Beaune

    Gwenn a 30 ans. Elle est belle, libre, aussi drôle que désespérée. Elle a toujours rêvé d'être Isabelle Huppert mais pour le moment elle travaille dans un sex-shop à Pigalle, parfait poste d'observation de ses semblables qu'elle saisit avec humour et tendresse dans son journal intime où elle raconte, entre autres, sa vie nocturne, ses virées, ses amours.

    Personnage haut en couleur, bouleversante égérie, inapaisée, inapaisable, Gwenn est une Calamity Jane des temps modernes. À la lisière de la fiction et du documentaire, l'art de François Beaune, l'auteur entre autres d'Un homme louche et d'Omar et Greg (prix du Réel 2019), en fait une foudroyante héroïne.

  • François Beaune écoute. François Beaune écrit. À la faveur du hasard, il rencontre Greg, qui lui présente Omar. Deux types a priori inconciliables, unis par un projet politique improbable au sein du FN PACA, une amitié hors norme, et cette question obsédante, qu'est-ce qu'être français ? Ces deux enfants des Cités, l'écrivain va les interviewer et nous faire entendre, sans commentaire, la manière dont ils conçoivent le monde.

  • «Ceux qui parlent dans ce livre sont moi. J'ai digéré toutes leurs histoires, je les écoute, les réécoute, je me parcours et je retrouve dans l'écho du miroir mes histoires miennes».

    Entre décembre 2011 et avril 2013, François Beaune est parti collecter des histoires vraies autour du bassin méditerranéen. Il a choisi d'en retranscrire environ deux cents, dont les siennes, et d'en ordonner la matière au fil des âges de l'existence - depuis l'enfance jusqu'à la mort -, telle l'autobiographie imaginaire d'un seul et même individu-collectif.
    La lune dans le puits dessine ainsi l'odyssée insolite, populaire et iconoclaste de celles et ceux qui portent les légendes contemporaines du berceau de l'humanité.

  • Pour cet ouvrage qui inaugure cette nouvelle collection, François Beaune a sillonné pendant 7 semaines les villes libanaises de Beyrouth,Tripoli, Saïda, Sour, Zahlé, Baalbek, Tyr à la recherche d'histoires vraies. A la différence de son ouvrage La lune dans le puits (éditions Verticales 2013, Folio 2017) qui s'attachait à décrire les êtres dans leur globalité, il déplace ici son regard et se concentre uniquement sur un sujet essentiel de la vie des habitants du monde méditerranéen : la famille.

    77 histoires vraies, confiées avec générosité (la maison, les souvenirs d'enfance, la fratrie, les parents, oncles, tantes, grands-parents, le clan) dévoilent une somme de vies qui permet de comprendre ce qu'est la famille libanaise aujourd'hui et plus largement le fonctionnement des sociétés méditerranéennes.
    Mais par-delà le contexte régional, ces histoires entraînent François Beaune, par effet de miroir, à s'interroger sur la notion de famille et à questionner son propre rapport avec la sienne.

  • Omar et Greg

    François Beaune

    « On ne pense pas de la même façon le ventre vide et le ventre plein » Omar et Greg sont deux enfants d'ouvriers. Deux jeunes nés et grandis dans des ZUP. Le petit fils d'Algérien engagé dans l'armée française, chasseur de skins à l'adolescence, est travailleur social ; l'Italo-Tunisien, cheminot homo formé à la lecture de Jaurès et de Che Guevara, est devenu militant de carrière. Après mille expériences entre Reims et Vaulx-en-Velin, Bordeaux et Marseille, tous deux se retrouvent un jour à proposer au Front national un projet politique aberrant : faire entrer la communauté musulmane au FN.

    L'itinéraire de ces deux citoyens engagés et enragés témoigne de la manière dont la France accueille et forme (ou pas) ses enfants de l'immigration : quartiers, racisme, religion, éducation, sexualité, engagement, rapport à l'autre... Omar et Greg cherchent leur place avec une interrogation obsédante sur ce que c'est qu'être français.

    L'écrivain François Beaune, connu pour ses Entresorts et ses Histoires vraies, a connu Omar et Greg dans le quartier de la porte d'Aix, à Marseille. Il les a rencontrés, écoutés, enregistrés, et en a tiré cette fresque sociale, récit d'une amitié hors norme et portrait croisé de deux citoyens qui, par leurs contradictions, incarnent un destin français.

  • Un homme louche se partage en deux cahiers, deux époques de la brève existence de Jean-Daniel Dugommier : l'histoire d'un adolescent précocement interné puis, après une ellipse de vingt-cinq ans, celle d'un adulte quasi normal portant un regard brutalement distancié sur son passé, son entourage et l'insolite du quotidien. Dans ce roman, diversité des registres et humour noir louchent assurément du côté de la liberté déjantée et foisonnante de la littérature anglo-saxonne.

  • "Ca va Aman ? Je te fatigue pas trop, avec ma vie de Monsieur Tout le Monde ? Tu reprends une bière ?" A Saint-Jean-des-Oies, une bourgade imaginaire de Vendée, c'est l'heure de l'apéritif chez Gérard Airaudeau. En veine de confidences, le voilà qui retrace son parcours d'ouvrier en milieu rural et d'autres histoires vécues par ses proches, voisins et collègues. Face à lui, Aman, un réfugié érythréen accueilli depuis peu, qui se demande, comme le lecteur, jusqu'où vont le mener ces digressions tragicomiques et surtout quand vont arriver les autres convives de ce banquet organisé pour permettre à Marianne, la députée locale, de rencontrer enfin des "vrais gens".

  • Un ange noir

    François Beaune

    « J'ai un secret inexplicable, difficile à décrire. Pour résumer, on ne me trouve pas sympathique. » Journal de cavale, carnet de métamorphose ou confessions d un antihéros, Un ange noir se joue des genres littéraires, du polar sans flic au roman métaphysique. Brouillant progressivement les pistes, François Beaune nous entraîne dans la logique implacable d un homme a priori sans histoires, qui vient tout juste d entrouvrir les portes de sa nature profonde.

  • Sortie d'usine

    François Bon

    Sortie d'usine : le moment même de la sortie, la débauche, cette bousculade.
    Mais aussi la sortie définitive : la mort, au quotidien de l'usine, ou l'accident, la mutilation. Ou parce qu'on envoie un jour sa lettre de démission, sur un coup de tête, longtemps retardé : et qu'une fois parti se révèle la peur, que jusque dans les rêves persiste la peur de la machine, de l'usine-maison, de l'enfermement dans un temps figé, déchu.
    Sortie d'usine - roman, parce que la fiction qui veut conjurer cette peur, si elle inscrit des figures prises à l'usine, en est déjà isolée : comme ces aperçus qu'on en saisit de la rue, par un portail ouvert.


    Écrire est le fruit d'une lutte. À l'origine il y a le besoin de s'exprimer constamment contrarié par les transports, les bruits d'atelier, les impératifs du rendement. Il y a les mots qui s'accumulent, gangrènent dans la mémoire. Il y a les fantasmes qui empoisonnent et deviennent indissociables des sensations. Et tout, sous le poids des pressions, s'agrège, subit des métamorphoses jusqu'à ce que la pensée atteigne le seuil de l'incompressible. (...) Au plan de l'écriture, il s'agit d'une naissance qui marque le début d'une reconquête. Le langage se redéploie, regagne son volume et plus. (...) Sous-estimer le renversement de perspective opéré dans Sortie d'usine serait s'aveugler sur une part déterminante de la modernité en cours.
    Gérard Noiret, La Quinzaine littéraire, 1982.

  • Qui est Homo sapiens ? Quand est-il apparu ?
    Comment vivait-il ? Quels ont été ses rapports avec ses contemporains dont Néandertal ? Pourquoi cet hominidé, dont nous sommes les seuls représentants, a-t-il survécu jusqu'aujourd'hui quand les autres se sont tous progressivement éteints ?
    Descendant d'Erectus, né en Afrique, Homo sapiens a commencé à migrer vers le Proche-Orient il y a plus de 100 000 ans pour essaimer vers l'Europe et l'Asie, jusqu'à atteindre l'Australie vers - 50 000 ans et très rapidement l'ensemble de la planète. Mais que sait-on d'autre sur lui ?
    En dix chapitres qui peuvent se lire indépendamment les uns des autres, et qui mettent en scène le travail de l'archéologue, François Bon répond à toutes ces questions et à bien d'autres encore en nous plongeant en des temps préhistoriques pour mieux saisir la spécificité de l'espèce Sapiens au sein de la lignée des hominidés et les raisons de son succès.

  • Cette biographie retrace le parcours de Bob Dylan, reprend les routes qu'il a empruntées et tente de percer ses secrets et ses mystères pour mieux comprendre l'histoire du compositeur qui aspirait à la gloire sans la supporter et les raisons de son succès fulgurant et qui, cinquante ans après, dure encore

  • Où finit la ville

    François Bon

    Repérages urbains autour du lac de Grand-Lieu.
    Quand une des plus métropoles urbaines françaises (Nantes) se dissout dans un espace naturel qui révèle ce que cache l'urbanisation forcée.
    Le regroupement et la transformation du territoire français autour de quelques points nodaux, grandes métropoles dont l'expansion et la densité s'accroît sans limite. À Grand Lieu, c'est la ville qui se dissout : là où commence l'espace naturel protégé, la ville doit cesser. Mais qu'on se retourne : le moindre hameau est aspiré par la ville. Lotissements qui sont des HLM à l'horizontale, au mépris de toute sensibilité urbanistique, paysagère ou architecturale ; zones de covoiturages vides et saturation matin et soir du tissu routier pourtant inadapté ; disparition aggravée de ce qui reste des commerces locaux au profit de quelques Hyper U qui sont comme les avancées limite de l'urbain, compensées par des productions écologiques laboratoires. Ajoutez l'aéroport et le conflit à échelle nationale de son remplacement par un autre à Notre-Dame des Landes, un parc d'attraction qui à l'origine exposait un village « Bamboula » mais continue de fleurir. Même dans la beauté nue et sauvage du lac (asséché une partie de l'année), les individus isolés qu'on croise (ornithologues, jogueurs, gardes, où ce qui se réfugie ici des plus précaires de la ville) reste comme une étude sur échantillon laboratoire du destin de la ville.

  • Au fil des voix des habitants de cette banlieue ordinaire, vous découvrirez comment Joey Starr a perdu ses dents de devant lors de son pire concert, et comment, un jour d'ennui caniculaire, un gymnase s'est transformé en piscine ; comment il est possible de manger du saucisson hallal en suivant les bons principes, mais beaucoup plus compliqué de trouver du boulot ; comment dresser des oiseaux de proie avec Tahar, fauconnier de la Cité, et comment Ahmed Mouici, le chanteur de Pow Wow (Dans la jungle, terrible jungle...), a commencé sa carrière en blouson noir rockabilly ; comment, toutes origines confondues, les couples mixtes s'épanouissent ici, et comment, dans le fond, la banlieue se vit comme un refuge, un ancrage, mais aussi un lieu d'où s'échapper.

    ZUP : Zone à Urbaniser en Priorité, programme d'habitat social créé en 1958, au début de la planification Gaullienne, afin de répondre à la pénurie de logements, et qui deviendra synonyme de cités populaires. En douze ans, 197 zups seront aménagées, représentant 2,2 millions d'habitations. La zup de Chambéry-le-Haut, dont il est question dans ce livre, est l'une d'elles.

  • Paysage fer

    François Bon

    Tout un hiver, chaque jeudi, le train Paris-Nancy.
    On suit la Marne, puis la Meuse et la Moselle.
    Vieilles usines défaites, gares désertes, cimetières au pied des immeubles ... Vient le temps des inondations, ensuite de la neige. De semaine en semaine, l'éclairage diminue, les villes s'allument.
    La cimenterie, la boîte de nuit, c'est à Toul ou à Commercy? À chaque trajet, de cette matière fascinante et profuse, on enrichit le détail par écrit, sans revenir sur l'état premier.
    Travail du regard sur ces apparitions répétées, fragmentaires, discontinues, afin d'inscrire la réalité dans un espace recréé jusqu'à ce que forme et construction l'emportent sur le chaos de la vision - beauté arrachée à un paysage dévasté pourtant tellement riche d'humanité.
    />

  • Dans le marais poitevin de son enfance, il avait sa machine à écrire, sa règle à calcul et sa voiture à pédales. Autant de choses fragiles et oubliées que François Bon manipule aujourd'hui avec mélancolie et précaution. Il évoque en vrac les casquettes de Moscou, le microscope offert à Noël et le coffre à jouets. Objets de désir et objets de souvenir s'amassent dans cette mosaïque autobiographique.

  • François Bon Rolling Stones une biographie Le début est devenu légende : à la gare de Dartford, banlieue sud-est de Londres, deux adolescents de dix-sept ans montent dans le même train, et loeun aborde loeautre parce quoeil a un disque de Chuck Berry sous le bras ? la rencontre en juin 1960 de Mick Jagger et de Keith Richards. Doeautres moments sont passés dans la mémoire collective : Brian Jones qui meurt à vingt-neuf ans dans sa piscine ou bien, cette même année 1969, à Altamont, Meredith Hunter poignardé par un Helloes Angel. Au cours de ces quarante ans doehistoire des Rolling Stones, la drogue, loeamour, la mondialisation des musiques, loeanglais comme esperanto, un peu de rébellion et beaucoup doeargent. Nous avons grandi, nous nous sommes formés dans ces musiques et cette mutation du monde. Sur les Rolling Stones des dizaines de témoignages dispersés permettaient déjà de reconstituer les hasards, loeinvention musicale, mais aussi les rouages économiques qui mêlent au destin doeune poignée de petits hommes singuliers des transformations bien plus larges. Il manquait de les réunir, doeenquêter encore : alors coeest sa propre adolescence quoeon explore. Voici donc, par cette biographie très documentée, le roman doeune époque, où se mêlent les langues, le rock et ses guitares.

    Edition révisée, avec une postface inédite de loeauteur.

  • " La Lorraine. Dans le paysage de fer et d'acier ravagé par la crise de la sidérurgie, l'implantation à coups de subventions publiques de trois usines du groupe coréen Daewoo, fours à micro-ondes, téléviseurs. Entre septembre 2002 et janvier 2003, fermeture brutale des trois usines [...]. Pourtant, la première fois que j'entre à Fameck dans l'usine vide [...], aucune trace de cette violence sociale qui a jeté sur le pavé 1200 personnes, des femmes surtout. Au cours de mes visites, j'en rencontrerai bien sûr. Des voix toutes chargées d'émotion, la violence du travail à la
    chaîne, et la violence ensuite des luttes. Comment affronter maintenant le quotidien vide [...] ? Ces récits entendus, les transcrire ne suffit pas : il faut raconter, reconstruire, la cellule de reclassement, les appartements où vous êtes reçu et le supermarché. Ce qui est proposé comme nouvelles figures du travail ? Centres d'appels,
    marché du chien. Il faut aussi entrer dans les silences. On vous parle d'une qui n'est plus. Ce n'est pas un livre prémédité : il s'agissait au départ de jouer, ici même, une pièce de théâtre. Et puis, à cause des visages, pour la densité des mots en partage, je décide d'écrire. Si les ouvrières n'ont plus leur place nulle part, que le roman soit mémoire. " F. B.

  • L'enterrement

    François Bon

  • Je l'ai croisé une seule fois, mais nous avions parlé longtemps.
    C'était juste avant qu'il disparaisse, en 1989. le visage de bernard-marie koltès, l'intensité de son regard, m'ont toujours accompagné depuis. c'est dans cette voix et ce regard que, depuis, je lis et relis ses textes. ce qui est étrange, c'est comment, à distance, on perçoit autrement : on s'attache à un détail, à une phrase, une image. cela vous hante, parce qu'on y découvre, même si longtemps après, des indications formelles vitales.
    Parce que cela se veut d'abord théâtre, exige le corps, la bouche et les lumières, c'est une manière unique de rythme, une torsion autre de la syntaxe, un déport dans le choix des objets nommés, qui ont ajouté à notre langue. une énigme, à la pointe de l'oeuvre de koltès, nous indique ce qui est aujourd'hui, pour l'exercice de la littérature, simplement nécessaire. examiner cela, au microscope s'il faut, c'est plus qu'un hommage, c'est honorer une dette.

  • Il y a deux ans, tout l'hiver, je passe beaucoup de temps dans des salles de théâtre vides.
    Plateaux noirs qui semblent immenses, fauteuils rouges.
    Puis un vers du vieil agrippa d'aubigné : " je parle dans la colère ".
    Notre colère aujourd'hui, en faire le recensement dans la ville. venaient comme des marcheurs : ceux qui portaient l'impatience, l'éprouvaient pour eux ou capables de la crier à la face du monde. puis d'autres, qui surgissaient là du dessous de la ville, voix minées, corps errants.

    Cela s'est assemblé lentement, pour s'immobiliser enfin : des voix, des silhouettes, une inquiétude.

  • Prison

    François Bon

    Si brulin -à peine croisé avant d'être assassiné dans un squat- est la figure en creux qui soutient le récit, elle laisse à d'autres la charge de dire le désarroi et la rage de ceux que notre monde rejette dès l'enfance aux bords des villes, et dont l'une des premières expériences de jeunesse est la prison.
    Au regard de ces situations extrêmes, les mots ont-il pouvoir de forcer un destin trop souvent fixé d'avance ? réponses extrêmes elles aussi : " ecrire, ça fait quelque chose à l'intérieur de soi " ; " car parfois les mots sont sensibles " ; ou " peut-être que ça ferait sortir mes sentiments mais ma douleur restera en moi. ce n'est pas vous qui m 'aiderez à la quitter ". christian, tignasse, jean-claude, sefia, ciao : témoignages épars que la fiction resserre en une structure éclatée.
    Les silhouettes apparaissent, s'estompent et se fondent. les paroles rugueuses, comme en amont de la langue, sont des voix véritables que l'écrivain, lui aussi aux prises avec elle, nous fait entendre comme un partage.

  • Au début des années 1990, François Bon s'est lancé dans l'aventure des ateliers d'écriture. Il en conduit un peu partout en France, suscitant et écoutant la parole de publics en situation extrême, lycéens de banlieues difficiles, Rmistes à la dérive, détenus, mais aussi de publics plus spécifiques, étudiants en sciences, acteurs de théâtre, enseignants par exemple. Autant de rencontres et de découvertes radicales dont son oeuvre porte trace. Elle a interpellé dans sa première édition tous ceux que le mystère de la littérature fascine en les entraînant dans une visite guidée de l'atelier de l'auteur. Tel est le secret de son succès.


    A l'occasion de cette nouvelle édition, François Bon affine la méthode, élargit les références contemporaines, autant d'hommages aux écrivains de notre temps.

  • On a posé la main sur le front et les cheveux, et gardé la sensation de froid.
    Et puis la même main, le même matin, se saisira de l'urne brûlante. les deux sensations coexistent, quoi qu'on fasse, dans la main droite, des jours et des jours. justement la main qui écrit. ecrire, on avait commencé d'en approcher : parce que tout cela, ces véhicules, ces noms, avaient traversé le siècle avant d'être déclarés obsolètes, c'est de cela qu'avec lui, trois semaines plus tôt, on s'était encore entretenu.
    De ces véhicules, de ces maisons, de ces noms, des trois générations de garage. maintenant, évidemment, on est seul avec quelques photographies, et des papiers imprévus. seul avec les images et les voix qui traversent la nuit, et cette sensation, dans la main droite, rémanente. on obéit à la main, qui dresse portrait du mort.

empty