• « Mon père s'appelait Jacques Dominati. Il été conseiller de Paris, député et maire, sénateur, secrétaire d'état sous Giscard d'Estaing. Voilà pour la version officielle. Mais il n'est pas question de l'homme politique dans ce livre.
    J'ai perdu mon père. Certains événements de sa vie, j'en connaissais les grandes lignes d'après les récits innombrables, rapides et drôles qu'il en faisait parce qu'il était un conteur de talent, mais il me manquait les détails qui donnent corps à l'écriture.
    Le fil rouge du livre est un roman, celui que mon père a commencé à écrire dans sa jeunesse. André Malraux l'a repéré et encouragé. C'est aussi avec Malraux que mon père s'est engagé en politique et cet engagement l'a tenu debout et ardent jusqu'à l'âge de 89 ans. C'est un peu l'histoire d'un jeune homme qui n'est pas devenu écrivain dans la France d'après-guerre. Je me suis toujours demandé comment les hommes devenaient des hommes. Par moment le récit s'apparente à un roman de formation, avec l'aventure de la Résistance en Corse lors du soulèvement en 43 puis le campus du sanatorium des étudiants de Saint Hilaire du Touvet, creuset de débats intellectuels et de liaisons amoureuses.
    Et je suis demandé ce que ça fait aux hommes d'avoir des enfants. Ce livre est une histoire de transmission, de paternité, d'amour filial entre une fille des années 60 héritière des premiers acquis du féminisme et un père qui ne comprend que les codes masculins traditionnels.
    Ce livre est ma version. Il se serait, lui, raconté différemment et en ce sens, ce n'est pas du tout le livre de mon père, mais bien le mien. L'histoire d'une fille qui a perdu son père et qui retourne chaque mot pour voir si par hasard il n'est pas caché derrière. »

  • LE SYNDROME DE STENDHAL. Syndrome de Stendhal : réaction physique, avec
    palpitations et vertiges, causée par une émotion esthétique intense. Dans un
    premier roman délicieusement ironique, Isabelle Miller, auteur d'une thèse sur
    la déclaration d'amour, transpose ledit syndrome de Stendhal au sentiment
    amoureux. Au fil de courtes séquences qui sont autant de tableaux, elle déroule
    la vie de ses personnages dans leur cadre professionnel : Paul est scénographe,
    Mélanie danseuse, Marta conservateur au musée des Offices à Florence, Jallabert
    directeur au ministère de la culture... Des gens plutôt malheureux dont les
    vies sonnent creux. Jusqu'à ce que survienne la rencontre : Paul tombe amoureux
    de Marta, le cours de son existence soudain s'infléchit, et sa galaxie s'en
    trouve bouleversée. L'irruption de la catastrophe, car l'histoire finit mal,
    laissera la porte grande ouverte aux émotions, et aux questions véritables.
    Sous couvert d'observations légères, Isabelle Miller interroge l'amour et ce
    qu'il en reste lorsqu'on se contente d'en rêver et de le conserver à l'abri de
    la poussière - comme dans un musée. Isabelle Miller vit à Paris. Elle a publié
    Les Métaphores de l'amour dans la NRF en 1997. Le Syndrome de Stendhal est son
    premier roman. PAGE 1

  • Le problème avec l'amour

    Isabelle Miller

    • Lattes
    • 1 Février 2017

    L'amour est-il autre chose qu'un concentré de futur ? Le choc de la rencontre n'est-il pas une invitation inattendue à s'y projeter ? C'est ce que je commence à démêler depuis hier soir, depuis le moment où je t'ai vu baisser les yeux et contracter tes lèvres parce que je venais de refuser, dans une sorte de réflexe de survie à la fois ironique et exagéré, le cadenas que tu avais apporté pour qu'on le verrouille ensemble au grillage du Pont des Arts.

    Bien que très éprise, Marion (la quarantaine, divorcée, mère d'une adolescente) réagit maladroitement à la déclaration de l'homme qu'elle aime. Pour dissiper le quiproquo et tenter de le retenir, elle va lui raconter, dans une longue lettre, ses échecs passés. Cette femme qui cherche à comprendre pourquoi l'amour fait mal est d'abord une conteuse. Pour elle, l'amour a toujours été la grande question : toute petite, tout ce qu'elle voulait faire quand elle serait grande, c'était connaître l'amour. Par le récit de ses expériences, tout en composant des portraits masculins, elle élucide au fur et à mesure et c'est un des enjeux littéraires de ce roman les effets des histoires que l'on se raconte à soi-même avant de les raconter aux autres. Car l'amour est toujours une proposition, une hypothèse, et en cela il est déjà une fiction.
    Ce roman est aussi celui d'une certaine représentation de Paris, avec ses clichés et son imagerie de la séduction. La ville de l'amour chère aux touristes est ici vue de l'intérieur : le point de vue d'une parisienne, de l'enfant à l'étudiante, à la jeune femme, à la femme de quarante ans, sur sa vie quotidienne dans le Paris des années 70 aux années 2000.

     

  • Chaque chapitre de ce livre, qu'il évoque un roman de truman capote ou les esclaves de michel-ange, le théâtre de balzac ou l'album perdu du velvet underground, raconte de façon savoureuse l'histoire singulière d'un inachèvement, les conditions de création d'une oeuvre, les motivations et le projet d'un artiste, les difficultés rencontrées : histoires d'amour, d'argent, de pouvoir, de création.
    Les oeuvres inachevées exposent leurs blessures et leurs pansements : les échafaudages, les difficultés, les abandons de l'artiste. elles sont dans l'entre-deux, entre le premier jet et le chef-d'oeuvre. plus que les oeuvres achevées, elles révèlent les secrets de fabrication, ou du moins le laissent croire. suspendues dans leur trajectoire, souvent énigmatiques, elles indiquent des directions invisibles et des lignes de fuite.
    Lieux ambigus et émouvants, elles tiennent à la fois du musée et de l'atelier. elles sont toujours disponibles, en attente, comme si quelqu'un allait venir. comme un goût d'imparfait. de partie de campagne de jean renoir à turandot de puccini, des tableaux de turner au dernier film de marilyn, de la cathédrale de sienne à la célèbre sagrada familia de barcelone, temple de l'inachèvement, et jusqu'à l'énigmatique roman " 53 jours " de georges perec, c'est à une suite de voyages saisissants dans l'histoire de l'art que nous convie ce livre.

  • La déclaration d'amour, funambule sur le fil du récit tendu par le désir des personnages et celui des lecteurs.
    Quelle place un narrateur accorde-t-il à la déclaration d'amour ? Dans quelle mesure la parole amoureuse peut-elle être un élément de tension du récit ou au contraire une menace pour celui-ci ?
    À partir de relectures de romans français, cet essai dévoile les rapports ambigus de ces frères ennemis que sont, selon Isabelle Miller, l'amou- reux et le narrateur. L'auteur s'interroge du même coup sur l'art du récit. Puisque tout récit est d'abord l'histoire d'une transformation, et que l'amour est par définition un événement bouleversant, une histoire d'amour est une histoire au carré. Et si l'amour était à l'origine de toutes les histoires ?
    Le fil rouge de cet essai est un récit d'expérience personnelle racontée sur le mode mi ironique mi lyrique qui est la touche particulière de cet auteur.

  • On a avancé de nombreuses raisons pour expliquer l'extraordinaire succès d'entreprises telles que Wal-Mart, Fidelity, Cargill et Michelin, mais le fait qu'elles sont toutes des compagnies contrôlées par des familles n'en fait pas partie.
    En fait, la croyance populaire veut plutôt qu'elles aient réussi malgré leur statut d'entreprises familiales. De nouvelles recherches surprenantes démontrent que la situation est tout autre. Dans Réussir dans la durée, Danny Miller et Isabelle Le Breton-Miller soutiennent que les caractéristiques mêmes qui ont longtemps été mises à l'index comme étant des faiblesses des entreprises familiales - stratégies stables, culture de clan, mandats à vie - ont en fait plutôt créé de redoutables avantages concurrentiels pour plusieurs de ces entreprises.
    Les auteurs ont identifié au-delà de quarante grandes compagnies contrôlées par des familles qui ont non seulement dominé leur marché pendant vingt à plus de cent ans, mais qui l'ont fait en allant à l'encontre de la plupart des pratiques modernes de gestion. Fondé sur une recherche approfondie menée sur plusieurs années, Réussir dans la durée fait ressortir des expériences d'entreprises familiales - dont Hallmark, Timken, L.L.
    Bean, the New York Times Company, et IKEA - quatre priorités d'affaires peu orthodoxes dont toute organisation, familiale ou non, peut profiter pour mener des stratégies couronnées de succès. Prenez les commandes: agissez comme un administrateur libre de toute entrave plutôt que comme le serviteur des actionnaires. Assurez la continuité : menez une mission durable et à forte charge symbolique plutôt qu'une stratégie guidée par des motivations financières.
    Créez une communauté : bâtissez une équipe à visage humain, pas une arène de compétition. Etablissez des liens : construisez des relations généreuses avec les acteurs extérieurs à l'entreprise au lieu de miser sur des transactions ponctuelles. Au moyen d'histoires hautes en couleurs relatant les réussites de chefs de file centenaires et de récits instructifs sur de grandes entreprises qui ont trébuché, les auteurs présentent un ensemble de modèles pour agencer et configurer ces priorités afin d'améliorer les stratégies, qu'il s'agisse d'excellence en matière d'exploitation, de leadership de la marque ou d'innovation.
    Ce livre révélateur change notre perspective quant à la nature concurrentielle des entreprises familiales et présente des leçons que toute organisation peut mettre à profit pour réussir dans la durée.

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