• Après une revue critique des grilles de lecture de la crise, Galbraith montre comment des gouvernements de tous bords ont aggravé la crise en pratiquant des politiques d'austérité. Mais, s'il faut certes rejeter ces dernières, une simple relance keynésienne ne suffira pas pour restaurer l'emploi, car le temps de la forte croissance est révolu. Le coût de l'énergie et l'urgence écologique imposeront une limite à l'expansion. Celle-ci crée moins d'emplois en raison de la révolution numérique. Il nous faut désormais trouver les moyens d'assurer une activité et un revenu pour tous, dans un régime de faible croissance. Il faudra notamment relever le salaire minimum, renforcer la protection sociale, remplacer la finance privée par un service public bancaire... Bref : promouvoir tout ce que dénigrent nos gouvernements.

  • Sur un enjeu aussi crucial du XXIe siècle, il manquait une synthèse experte mais accessible aux non-spécialistes. Dans cet ouvrage (préparé pour la populaire et prestigieuse série « Ce que chacun doit savoir », Oxford University Press), James Galbraith décrypte la masse des connaissances disponibles pour nous livrer l'essentiel à comprendre. En moins de 250 pages, il répond successivement à toutes les questions que nous pouvons nous poser. Pourquoi faut-il se préoccuper de la montée des inégalités ? Comment a-t-on traité cette question dans l'histoire de la pensée ? Quel est l'état actuel du phénomène ? Comment mesure-t-on ce dernier ? Quelles sont ses causes, dans les pays les plus riches et dans le reste du monde ? Quelles sont ses conséquences économiques et sociales ? Enfin, Galbraith dresse le tableau des différentes politiques possibles pour réduire l'inégalité. Vivant et pédagogique, cet opus permet au citoyen, comme à l'étudiant, d'être rapidement et complètement éclairé sur toutes les dimensions d'un enjeu majeur du débat public.

  • L'enjeu de la crise grecque dépasse largement la Grèce. C'est l'avenir de l'Union européenne qui s'y dessine. Tandis que les Grecs avaient mandaté Alexis Tsipras pour rejeter les plans d'austérité et renégocier la dette, l'Europe a fait bloc pour refuser toute concession et imposer la poursuite d'une politique insoutenable. L'histoire de cette crise est une véritable tragédie européenne, que l'auteur met ici en évidence. Galbraith, ami de longue date de Yanis Varoufakis, a résidé en quasi-permanence à Athènes au cours des six mois clés de cette tragédie. Il a animé une équipe conseillant Tsipras et Varoufakis, accompagné ces derniers à Bruxelles et à Berlin. Ce livre donne à voir et à comprendre ce moment essentiel de notre histoire, en reprenant les analyses développées par l'auteur à chaque étape des négociations. On y découvrira comment la rationalité économique, soutenue par les Grecs, s'est trouvée anéantie par les calculs politiques de leurs partenaires, inconscients du fait qu'ils ruinaient ainsi le projet européen.

  • Depuis trente ans, le culte du marché a dominé le discours politique. État modeste, impôts limités, déréglementation et libre-échange sont devenus les maîtres mots de ce dogme dont le succès fut tel qu'il a fini par faire de plus en plus d'apôtres au sein de la gauche. Or, à l'aube du XXIe siècle, nous assistons en Amérique à un drôle de chassé-croisé idéologique. Au moment où la gauche moderne a presque achevé sa conversion au marché libre, la droite conservatrice a définitivement abandonné cette idée. Galbraith montre comment, des années Reagan aux années Bush, la droite au pouvoir a transformé les États-Unis en république-entreprise où l'économie n'est pas régie par les marchés mais par une coalition de puissants lobbies industriels. Ces derniers sont soutenus par un État prédateur qui, loin de limiter l'emprise du gouvernement sur l'économie, entend bien au contraire l'approfondir pour détourner l'action et les fonds publics au profit d'intérêts privés. Si le discours officiel est resté libéral, c'est précisément pour masquer cette forme perverse d'étatisme. La nouvelle gauche libérale s'est laissé contaminer par le culte du marché libre qui n'a jamais été qu'un mythe instrumentalisé par ses promoteurs. Elle serait bien inspirée de se désintoxiquer et de comprendre enfin que les marchés n'apporteront aucune solution à la crise contemporaine, à la pauvreté, aux inégalités, à la crise écologique, tous ces défis qui appellent au contraire la planification, le contrôle public de la répartition des revenus et du financement de l'économie.

    « Galbraith montre comment briser l'emprise magique des conservateurs sur les esprits de gauche. » Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie.

  • The years since the Great Crisis of 2008 have seen slow growth, high unemployment, falling home values, chronic deficits, a deepening disaster in Europe--and a stale argument between two false solutions, "austerity" on one side and "stimulus" on the other.Both sides and practically all analyses of the crisis so far take for granted that the economic growth from the early 1950s until 2000--interrupted only by the troubled 1970s--represented a normal performance. From this perspective the crisis was an interruption, caused by bad policy or bad people, and full recovery is to be expected if the cause is corrected. The End of Normal challenges this view. Placing the crisis in perspective, Galbraith argues that the 1970s already ended the age of easy growth. The 1980s and 1990s saw only uneven growth, with rising inequality within and between countries. And the 2000s saw the end even of that--despite frantic efforts to keep growth going with tax cuts, war spending, and financial deregulation. When the crisis finally came, stimulus and automatic stabilization were able to place a floor under economic collapse. But they are not able to bring about a return to high growth and full employment. Today, four factors impede a return to normal. They are the rising costs of real resources, the now-evident futility of military power, the labor-saving consequences of the digital revolution, and the breakdown of law and ethics in the financial sector. The Great Crisis should be seen as a turning point, a barometer of the rise of unstable economic conditions, which should be regarded as the new normal. Policies and institutions going forward should be designed, above all, modestly, to cope with this fact, maintaining conditions for a good life in difficult times.

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