Seuil

  • Galbraith fait une revue critique des grilles de lecture de la crise ; il explique pourquoi tant d'économistes ne l'ont pas anticipée et restent impuissants à comprendre sa nature. Il montre comment la droite et la gauche sociale-libérale sont également incapables d'en sortir. Des gouvernements de tous bords se fourvoient et aggravent la crise en optant pour la baisse des coûts salariaux et des dépenses publiques. Mais les keynésiens de gauche se trompent aussi quand ils espèrent restaurer la croissance et le plein-emploi par une relance de la demande. S'ils ont raison de rejeter les politiques d'austérité, ils ont tort de croire au possible retour d'une forte croissance. Le coût élevé de l'énergie et la nécessité de contrer le changement climatique imposent désormais une limite structurelle à l'expansion.
    Pendant trente ans, la finance spéculative et l'excès de crédit ont masqué cette réalité en nourrissant une croissance artificielle qui a débouché sur l'effondrement du système financier. En outre, la croissance crée moins d'emplois en raison des nouvelles technologies. Il nous faut donc penser une sortie de crise vers un régime durable de faible croissance, en trouvant le moyen d'assurer une activité et un revenu pour tous. Dans ce nouveau régime, il faudra notamment relever le salaire minimum, renforcer la protection sociale, réduire le temps de travail, remplacer la finance privée par un service public bancaire., bref : promouvoir tout ce que dénigre aujourd'hui le nouveau gouvernement Valls !

  • Sur un enjeu aussi crucial du XXIe siècle, il manquait une synthèse experte mais accessible aux non-spécialistes. Dans cet ouvrage (préparé pour la populaire et prestigieuse série « Ce que chacun doit savoir », Oxford University Press), James Galbraith décrypte la masse des connaissances disponibles pour nous livrer l'essentiel à comprendre. En moins de 250 pages, il répond successivement à toutes les questions que nous pouvons nous poser. Pourquoi faut-il se préoccuper de la montée des inégalités ? Comment a-t-on traité cette question dans l'histoire de la pensée ? Quel est l'état actuel du phénomène ? Comment mesure-t-on ce dernier ? Quelles sont ses causes, dans les pays les plus riches et dans le reste du monde ? Quelles sont ses conséquences économiques et sociales ? Enfin, Galbraith dresse le tableau des différentes politiques possibles pour réduire l'inégalité. Vivant et pédagogique, cet opus permet au citoyen, comme à l'étudiant, d'être rapidement et complètement éclairé sur toutes les dimensions d'un enjeu majeur du débat public.

  • L'enjeu de la crise grecque dépasse largement la Grèce. C'est l'avenir de l'Union européenne qui s'y dessine. Tandis que les Grecs avaient mandaté Alexis Tsipras pour rejeter les plans d'austérité et renégocier la dette, l'Europe a fait bloc pour refuser toute concession et imposer la poursuite d'une politique insoutenable. L'histoire de cette crise est une véritable tragédie européenne, que l'auteur met ici en évidence. Galbraith, ami de longue date de Yanis Varoufakis, a résidé en quasi-permanence à Athènes au cours des six mois clés de cette tragédie. Il a animé une équipe conseillant Tsipras et Varoufakis, accompagné ces derniers à Bruxelles et à Berlin. Ce livre donne à voir et à comprendre ce moment essentiel de notre histoire, en reprenant les analyses développées par l'auteur à chaque étape des négociations. On y découvrira comment la rationalité économique, soutenue par les Grecs, s'est trouvée anéantie par les calculs politiques de leurs partenaires, inconscients du fait qu'ils ruinaient ainsi le projet européen.

  • Depuis trente ans, le culte du marché a dominé le discours politique. État modeste, impôts limités, déréglementation et libre-échange sont devenus les maîtres mots de ce dogme dont le succès fut tel qu'il a fini par faire de plus en plus d'apôtres au sein de la gauche. Or, à l'aube du XXIe siècle, nous assistons en Amérique à un drôle de chassé-croisé idéologique. Au moment où la gauche moderne a presque achevé sa conversion au marché libre, la droite conservatrice a définitivement abandonné cette idée. Galbraith montre comment, des années Reagan aux années Bush, la droite au pouvoir a transformé les États-Unis en république-entreprise où l'économie n'est pas régie par les marchés mais par une coalition de puissants lobbies industriels. Ces derniers sont soutenus par un État prédateur qui, loin de limiter l'emprise du gouvernement sur l'économie, entend bien au contraire l'approfondir pour détourner l'action et les fonds publics au profit d'intérêts privés. Si le discours officiel est resté libéral, c'est précisément pour masquer cette forme perverse d'étatisme. La nouvelle gauche libérale s'est laissé contaminer par le culte du marché libre qui n'a jamais été qu'un mythe instrumentalisé par ses promoteurs. Elle serait bien inspirée de se désintoxiquer et de comprendre enfin que les marchés n'apporteront aucune solution à la crise contemporaine, à la pauvreté, aux inégalités, à la crise écologique, tous ces défis qui appellent au contraire la planification, le contrôle public de la répartition des revenus et du financement de l'économie.

    « Galbraith montre comment briser l'emprise magique des conservateurs sur les esprits de gauche. » Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie.

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