• « Maintenant qu'on en est là, qu'est-ce qu'on fait ? comment on rebondit ? » Jean-Charles Massera a choisi de soumettre les « sujets de société » à une sorte de forum en direct. Il faut que ça parle, dans toutes les oralités possibles. D'où cette agora qui met en discussion nos espoirs, préjugés et déceptions à l'heure de l'Europe mondialisée. Parmi les débatteurs des deux sexes, on trouvera des nostalgiques, des indécis, des blasés, des technophiles, des beaufs, des ultra-modérés, des super positifs, des qui essayent de faire avec... Et de quoi causent-ils ? D'abstractions concrètes, autrement dit de grands idéaux ramenés à l'échelle de l'achat d'une cuisine équipée, de la pratique du roller, de la crise bancaire ou du port du string.
    Se poser des questions à plusieurs, tel est le programme minimum de We Are L'Europe. Objectif largement dépassé, puisqu'en les posant, Jean-Charles Massera détourne le modèle de la démocratie participative pour aménager un lieu utopique où l'on pourrait se réfléchir les uns les autres.

  • Monsieur, j'ai pris bonne note de la destruction totale de votre habitation.
    En cas de démolition pour défaut de permis de construire, ce qui semble être votre cas, les dommages causés par des bulldozers encadrés par un grand nombre de soldats et de policiers à votre quatre-pièces, deux cuisines et trois salles de bains, n'entraînent pas droit à réparation. l'obtention d'un permis de bâtir nécessitant une attente de cinq ans et le paiement de 20 000 dollars pour une maison de 100 m² de surface, je me vois donc dans l'obligation de vous laisser vivre dans une seule pièce, avec une cuisine et sans salle de bains afin de procéder sans délai à la réaffectation de votre sol.
    /> Sincèrement, l'occupant.

  • a cauchemar is born est l'histoire fragmentée d'un xxe siècle qui devait mal finir.
    une histoire du xxe siècle - ou plutôt sa réécriture - qui aurait tourné dans un autre sens, un sens où l'actualité des autres serait devenue la nôtre, un sens où l'impensable aurait fini par arriver là, devant chez toi. soit une trentaine de nouvelles revisitant sur le mode de la prospective-fiction et le ton de la farce quelques-uns des effets les plus dévastateurs des visées et du cynisme des grandes puissances politiques et économiques.
    une trentaine de satires de ce qu'il faut bien appeler la plongée cool et totalement décomplexée de l'inconscient collectif occidental dans la barbarie ordinaire. le tout dans les formes écrites que s'est données le xxe siècle : essais, journaux, manifestes, tracts, discours, articles de presse, dépêches, communiqués, textes de loi, résolutions, recommandations, déclarations, chartes, programmes, rapports, constitutions, dépliants touristiques, plaquettes d'entreprise, prospectus, quiz...
    a cauchemar is born nous promet une belle fin.

  • Contrairement à d'autres champs artistiques, la littérature - ce qui se désigne comme telle - semble de moins en moins consciente, non seulement de son histoire récente, mais également de son historicité. À défaut de remettre en route une histoire littéraire arrêtée depuis les dernières avant-gardes des années soixante-dix du siècle dernier, It's too late to say littérature (aujourd'hui recherche formes désespérément) essaye de poser quelques questions à cette volonté de ne pas savoir, d'interroger quelques auteur(e)s ou artistes dont le travail cherche non pas à s'appuyer confortablement sur les formes et les genres de l'histoire littéraire entrée en glaciation mais tout simplement à trouver des formes motivées par les visées qu'elles se donnent, par les conditions historiques de nos expériences de l'ici et maintenant. Un essai de Jean-Charles Massera suivi d'une série d'entretiens avec :Sandy Amerio - Éric Arlix - Patrick Bouvet - Thomas Clerc - Claude Closky - Jean-Yves Jouannais - Martin Le Chevallier - Loreto Martinez Troncoso - Louise Desbrusses - Yves Pagès - Julien Prévieux - Arnaud Viviant.

  • Amour, gloire et cac 40 ? une tentative de rapprochement entre un certain nombre d'interrogations esthétiques et le contexte historique dans lequel elles s'inscrivent.
    Sortir les propositions artistiques contemporaines de leur histoire spécifique (l'histoire de l'art et du cinéma) et les articuler sur les questions que posent certaines mutations récentes de nos sociétés. de toutes les questions qui ont hanté les années quatre-vingt-dix, certaines semblent aujourd'hui constituer un véritable enjeu, tant sur le plan esthétique que sur le plan anthropologique, politique et social : comment penser d'autres modes d'inscription symbolique, d'autres formes de représentation ? comment traduire en expérience les événements auxquels nous sommes supposés participer ? comment se représenter dans une histoire qui semble désormais s'écrire en termes économiques et boursiers ? comment réduire la distance entre l'histoire telle qu'elle nous est transmise (la croissance ou le cac 40) et les événements qui rythment mon quotidien (l'emploi du temps) ? comment se représenter ici et maintenant ? comment se projeter ? beaucoup de questions, comme on le voit, fondamentales.

  • Quitter l'écriture, quitter la page et surtout les certitudes intellectuelles et esthétiques dans lesquelles j'étais en train de me conforter et qui ne me laissaient qu'un éventail d'impasses, qui fermaient les possibles, pour aller essayer de vivre des expériences (que mes efforts de théorisation critique des années quatre-vingt-dix, notamment dans Amour, gloire et CAC 40, considérait comme désormais impossibles).
    Mais vivre directement cette réalité en me contentant de la raconter ensuite n'aurait rien produit d'autre que du " journal ", de l'autobiographie ou pire de l'autofiction. Le " saut hors de la page " aurait été vain en ce sens qu'il n'aurait rien permis d'autre que d'y revenir. Il fallait donc trouver un rapport spécifique et surtout significatif à cet espace-temps réel, cet espace-temps vécu directement, physiquement et sensoriellement par le corps et la conscience.

  • Vous êtes ou vous allez être en possession de France guide de l'utilisateur.
    Choisir une nouvelle attitude, c'est toujours une fête ! Mais dans l'euphorie du moment, mieux vaut garder la tête froide : votre future attitude doit bien sûr vous plaire, mais également correspondre aux suites de notre entretien en date du 14 février 1998.
    Outre les possibilités de découverte des frères Marrou, présentés en situation dans de vrais hameaux, entièrement en bois et habités avec des animaux jusqu'en 1976.
    France guide de l'utilisateur offre des conseils particulièrement adaptés: "Quand je pense que je serai plus là en septembre" ou "Quand je viens chercher ma feuille de route et que je sais pas si je dois m'asseoir ou rester debout, le temps qu'elle finisse avec Monsieur Gérault." Notre objectif : non seulement éviter l'encastrement des personnalités dans une structure économique où la convivialité est débitée en fin de mois, mais aussi veiller à ce que les 1 730,50 F à régler avant le 12/10/98 ne se traduisent pas par une baisse significative du nombre de fois où "Tatiana a pas trop envie ce soir." France guide de l'utilisateur, c'est aussi 112 pages de choses dont on a parlé avec ceux du troisième tout à l'heure et de rêves inspirés par un salaire annuel de 150 000 francs net d'impôt.

  • de celui que les internautes du peloton cyclosportif avaient fini par surnommer jdlc, on sait peu de choses.
    son maillot, son cuissard et son casque étaient à dominante rouge, ses résultats étaient médiocres, son entraînement incohérent et ses objectifs largement hors de portée pour un homme qui n'avait pas exercé la moindre activité sportive durant plus de vingt ans. le 20 août 2005, après deux saisons au sein de l'avcc (vélo club ciotaden), jean de la ciotat met un terme à sa carrière cyclosportive et redevient à plein temps jean-charles massera.
    jean de la ciotat, la légende débute par une correspondance électronique entre un sportif aux performances peu flatteuses et son alter ego, un intellectuel gêné par le retour du corps dans sa vie et la découverte du premier degré.
    soit 365 pages pour comprendre comment, en prenant une licence sous le nom d'un personnage, la fiction peut entrer dans la réalité et - après avoir vécu ce que l'on est en train d'écrire - la réalité dans la fiction.
    et puis, surtout, comprendre comment une conscience critique, convaincue depuis plus de vingt ans que les seules expériences possibles sont celles de la pensée, peut vivre les 180 kilomètres d'une épreuve cycliste se terminant sous un chapiteau festif autour d'une pasta-party...

    "pour comprendre, il fallait que je m'écrive."
    j.-c.
    m.

  • Un recueil de nouvelles autour de la question de la distance qui existe entre la transmission de l'histoire, la croissance, la guerre, le CAC 40 et la vie personnelle de l'auteur.

  • Tunnel of Mondialisation c'est d'abord un livre comprenant le texte intégral des cinq morceaux figurant sur le CD : « Promets-moi d'rester d'droite », « Je ne veux pas mourir avant », « Respect pour tes résultats », « Tu sais j'crois que j'vais pas pouvoir » et « Tunnel of Mondialisation ». On y reconnaît les thématiques politico-existentielles chères à l'auteur : le désenchantement sincère et l'ironie critique. A la suite, on trouvera un faux entretien de l'auteur en chanteur de variétés (« J'ai grandi à côté de la vie »), illustré de photographies originales en noir et blanc prises lors de l'enregistrement en studio, à la manière d'un making of. Dans cette interview fleuve, Jean-Charles Massera s'est largement inspiré des entretiens exclusifs qui font l'événement dans les magazines spécialisés. On y retrouve le ton faussement cool qui lie jusqu'à la caricature le journaliste fan et l'artiste en veine de reconnaissance. Mais au-delà de la satire désopilante, l'auteur prend le risque d'un autoportrait sensible. D'où le trouble qui s'installe à la lecture de cette interview truquée, quand le pastiche fait naître une confession aussi désarmante que dérangeante de vérité. Tunnel of mondialisation c'est aussi cinq morceaux composés et mis en musique par Pascal Sangla dans une atmosphère pop minimaliste très tendance dans la chanson française actuelle. Là encore, cette drôle d'aventure musicale accouche d'un disque qui sans se prendre au sérieux sonne résolument professionnel. Pour conclure en beauté, on pourra savourer la vraie-fausse émission « La Nouvelle Subjectivité » (56 mn), imaginée et écrite par Jean-Charles Massera, animée en direct par son comparse Benoît Lambert. Cette heure de discussion croisée culmine dans l'art du détournement, en mettant en abyme la promotion du CD lui-même selon les codes des shows radio-télévisuels.
    Façon de boucler la boucle avec un humour distancié.Ultime cerise sur le gâteau, ce livre-disque s'accompagne d'un dvd de quatre vidéo-clips conçus et réalisés par Massera comme de très courts-métrages en extérieur, installant des scènes de la vie quotidienne dans des décors d'une rare incongruité. 1 livre + 1 CD +1DVD

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