• Que sont Les Pleurs du mâle ?

    Passer de «L'objet du délire» au «Noir au blanc», du «Noir et blanc» à «l'oeuf au plat», de «l'oeuf au plat» à la «Salade», de la «Salade» au «Marcheur», du «Marcheur» au «Conte à dormir debout», du «Conte à dormir debout» à «Trumpette», de «Trumpette» à «Mon caca fume» ...

    Variations poétiques, mâles ou femelles, sur l'ambiguïté existentielle et comportementale de la pensée et de la condition humaine.

    Soulignées de quelques photographies.

  • Le rêve et la réalité s'entremêlent, s'ombrent de fantasmes sculptés au cours du temps et l'histoire familiale alors, à l'infini, se recompose et se travestit à la manière du "raconté" accommodé à la mode de chez soi.
    Sublimée ou diabolisée. Les mots ont gardé les couleurs de l'enfance trahie : Roland(e), dans l'imaginaire de la petite fille, c'est vert et violet. Substitut détesté d'un prénom donné par un homme qui ne voulait qu'un garçon. Amalgame malencontreux, l'artichaut c'est vert et violet. Le duel, un jour ou l'autre, était inévitable entre Rolande et l'artichaut...

  • « [...] qui que nous soyons, où que nous soyons, notre esprit s'échappe, et le naturel de l'être rêveur qui indubitablement est en nous, n'y résiste pas et revient au galop. Le réel n'existe pas.
    Les photos ici présentées, n'ont ni caractère prophétique ni mission messagère. Marquées d'inscriptions involontaires rencontrées au hasard du temps, elles sont le seul effet d'un voyage en solitaire.
    Qu'y voir d'autre qu'un appel à l'imaginaire ?» J.-M. S.

  • Jeanne-Marie Sens raconte une histoire vécue, la scène a eu lieu et l'endroit est réel quelque part en France, qu'imaginée (les conséquences des attitudes et la responsabilité des jugements ordinaires prononcés au hasard de la quotidienneté).
    L'histoire est banale, un banc dans un jardin public, des femmes de conditions diverses s'y trouvent, elles s'expriment sur le temps qui passe. L'une d'elles domine, elle a l'éducation et l'argent d'une vie bourgeoise menée avec prudence et responsabilité, une vie courante qu'elle transcende dans le pouvoir de la parole : "elle parle !". L'auteur a pointé cette situation, utilisant et la narration et la figuration du discours dans l'espace des pages représentant l'envahissement d'une langue dans une situation banale de la domination.

  • Dans Ébréchure, Jeanne-Marie Sens s'empare de la confusion des sentiments et y décrit en courtes histoires (prose et poésie) ce qui fait l'existence et la nécessité de l'être humain.
    S'y enchevêtrent des moments en gamme chromatique déroulant des bouts d'humeur ou d'amour, des bribes de plaisir, des morceaux de tristesse, des pans de désarroi ou d'humour et de dérision, qui sont autant de scènes de vie en assemblage : Soi et les autres.
    Mots-pensées, mots articulés, mots crachés, mots ébréchés en mosaïque de mots pour le dire.

  • L'exposition de Jeanne-Marie Sens, Juste la vie, qui se tint du 13 au 24 novembre dernier à la galerie Mercier & Associés à Paris, s'est appuyée sur son travail photographique auquel s'ajoutait un ensemble d'une trentaine de ses collages.
    Photographies et collages font chacun l'objet d'un ouvrage.

    Mais qu'est-ce donc qu'un collage, que signifie coller, si ce n'est décoller, recoller, et se mouvoir dans un espace à recomposer ?
    Les mots ni les images ne sont anodins pour J.-M. Sens, et l'avant-propos de Collage Drôle de montage y approche, avec une certaine défiance, l'intime de la question.

  • On ne connaît de Marie que la figure biblique figée de marbre pour l'éternité.
    Épouse de Joseph, Mère de Jésus, Mater dolorosa, sacrificielle et sacrifiée, symboliquement condamnée à l'éternelle expression extatique et aux couleurs du bleu marial et du blanc.
    Mais qui était-elle ? quelle petite fille fut-elle ?
    D'avant, on ne sait rien.
    Dans l'après de l'avant de l'après, tout est à inventer de l'enfance, de l'imaginaire et de la liberté de Marie...

  • Dans le projet d'éditer un livre de cuisine, faire recette en s'éloignant délibérément de l'idée tradititionnellement attendue en matière culinaire était le principe même de la démarche de l'auteur.
    Fantasme, drôlerie et originalité sont ici à l'honneur. Aucune recette, aucun menu gourmand, nuls mets gourmet ou préparation savante «nouvelle cuisine » ou « à l'ancienne », ou avant-gardiste « moléculaire», nul haricot de mouton ou cassoulet cuit au chaudron, ni confiture mijotant en bassine de cuivre ni volaille grillée au feu de bois sur son lit d'herbes odorantes n'y sont proposés en leurs habituelles compositions et présentations alléchantes.
    Mais un ouvrage à déguster à ciel ouvert en une fantaisie photographique où seuls figurent l'art et la manière d'un clin d'oeil ludique et savoureux.

  • Juste la vie

    Jeanne-Marie Sens

    "L a musique fi t un temps partie de ma vie. L'écrit à part entière, puis la photographie prirent le relais.
    Dire, exprimer, requiert divers langages, la photographie en est un qui appelle a diverses interpretations selon le regard que l¡¦on y porte.
    Ce livre marque pour moi l¡¦inscription du temps, non par simple effet du souvenir mais par la transposition d¡¦un regard sur l¡¦objet capte qui devie et prend alors une autre signification. Le temps est impalpable, n¡¦a pas de representation physique et l¡¦on peut se poser la question de la demonstration photographique pour l¡¦exprimer :
    Ponctuelle, elle traduit directement l¡¦objet dans sa simple ordinaƪ rite, je photographie ce que je vois ; detournee, elle emprunte un autre langage, je vois ce que je photographie, et se livre a un envol metaphorique ou l¡¦on n¡¦y verra que ce que l¡¦on veut bien y voir, ou y trouver.
    Au travers des cliches ici presentes, se livre un album a colorier ou chacun est libre d¡¦apposer les derives et les teintes de son choix.
    Ʀ Regarder n¡¦est pas une experience neutre, c¡¦est une complicite".
    J.-M.S.

  • On se connaît depuis qu'on était grands comme six pommes à nous deux réunis (...) Réciproquement on s'appelait Mon Vieux et Mon Vieux, ça faisait rire les grands. C'est resté, à la longue on en a peut-être oublié nos prénoms respectifs. " Mon Vieux et Mon Vieux, une fille et un garçon soudés par une amitié amoureuse qui perdure bien au-delà de leur enfance commune.
    Entre eux, un dialogue. Cette fois c'est lui qui amorce : elle écrit ?
    Elle doit trouver sa place. De ces paroles à peine formulées, apparem-ment presque anodines, émerge une idée, pour elle, totalement saugrenue : entrer dans le système actuel de la consommation en tout genre, concéder à la mode égotiste du moment et monter de toute pièce un roman où elle se raconte dans une enfance sordide vécue au sein d'une famille abominable, fiction qu'elle devra faire passer comme étant véridique auprès des médias et du public. Elle répond, d'abord méfiante et révoltée, à la proposition - la gloire elle s'en fout," j'écris des mots, c'est tout " -, puis peu à peu dans la démesure, flambeuse se jouant toujours, et malgré elle, des contradictions faisant suite aux provocations et aux complicités des jeux enfantins qui furent les leurs.

  • "Une véritable énigme, elle a disparu comme ça d'un claquement de doigts sans rien dire à personne, de quoi rendre fou furieux tout son entourage !. Au cours du récit, l'on découvre la vérité, l'histoire développe au passé et au présent les complexités de l'amour-haine qui existe dans la plupart des familles. Le ton est à l'humour noir, la réalité du récit est tout autre, un duel cruel entre la (sur)vie et la mort, les deux grandes questions de l'apparition de l'être et de sa disparition abordées sur un mode familier et démystificateur démontant la noirceur du drame, d'où cependant l'amour n'est pas exclu.
    Un sentiment de tristesse nous envahit, la laisser comme ça, sous la pluie glacée, à ciel ouvert. À ciel ouvert ? Sur un pot de confiture d'abricot, dans un magasin, j'ai vu inscrit sur l'étiquette cuite à ciel ouvert, elle aussi elle est cuite, et à ciel ouvert, pour la dernière nuit. Les mêmes mots, pour les hommes et la confiture. [...] »

  • Chant d'elle

    Jeanne-Marie Sens

    De jour comme de nuit, et même au gré des rêves qui nous procurent plaisir ou tracas, des tas d'idées nous traversent l'esprit. Le temps qu'il fait, un regard, un croisement insolite dans la rue, un voyage, un livre, une couleur, une forme, des mots, sont le déclencheur qui a pouvoir de nous faire plonger ou replonger en nous-mêmes sur des registres et des tonalités divers où nous explorons ce qui constitue l'ordinaire de la vie tout autant dans sa légèreté que dans ses implications les plus souterraines.
    Confrontés à notre personnalité, déjà bien souvent en butte à ses propres dualités, nous avons, au-delà, fort à faire avec l'être en réplique que nous sommes : clones en face-à-face qui, dans un cadre social donné, s'imposent et s'opposent à l'Autre, chacun dans son unicité. L'Autre, ce miroir de soi-même, reflet impitoyable de nos postures, de nos comportements et de nos pensées.
    Chant d'elle réunit une série de poèmes dans lesquels J.-M. Sens aborde quelques-uns des thèmes illustrant notre quotidien, dans une langue cinglante qui en appelle aussi, et là où le bât blesse, à parfois savoir rire de nous-mêmes.

  • Et il fait des miettes ! - Comment dire l'exaspération, pour ne pas dire la colère, d'une femme vis-à-vis d'un homme au simple fait qu'il a machinalement, en sortant de table, jeté par terre les miettes collées sur son pantalon.
    Mine de rien - Comment dire, et faisant l'objet d'un conflit conjugal mêlé d'une pointe de moquerie, l'obsession d'un homme qui, partant du principe que ça peut toujours servir un jour, ressort et range de vieux vêtements et autres objets qui ne servant plus, n'auront aucune chance de jamais resservir, Raconte - Comment dire le sentiment d'amour, parfois submergé de haine, devant l'inéluctable de la mort imminente d'une amie très chère.
    Message personnel - Comment dire le désarroi d'un homme éperdu d'amour et de chagrin pour sa femme qui, mysté- rieusement, disparaît une seconde fois alors que la mort, une première fois, l'a déjà emportée.
    Dernier appel - Comment dire le harcèlement de Votre conseiller de votre mutuelle complémentaire de santé voulant au meilleur prix vous faire profiter des avantages d'une vieillesse heureuse menant à des obsèques idylliques en ayant, avant de partir en paix pour le paradis, tout réglé au mieux pour éviter tout souci à votre descendance qui vous en sera, tout comme Votre conseiller, parmi les 6650 de la même mutuelle, éternellement gré.

  • Entrer en campagne, faire campagne, des ter mes qui, en leur sens déjà, en appellent au défi :
    Combattre, perdre ou gagner.
    Mars 2017.
    Un quinquennat présidentiel qui s'achève.
    Mars 2017.
    Un quinquennat présidentiel de la relève.
    Dans les campagnes comme dans les villes les lieux publics sont pris d'assaut.
    Sols, murs et panneaux y prêtent le flanc et prennent la parole, les partis politiques de tout bord s'affichent et font débat, des mains anonymes à leur tour s'en emparent, qui crient, se récrient...
    Y'a qu'à faut qu'on. À chacun sa vérité.
    Mieux vaut en rire qu'en pleurer.

  • « S'accordant, comme par le passé, à se couler dans le cours évolutif du temps, des créations architecturales de toute nature se distillent en maints endroits, tout autant peuplés que désertiques.  Des bâtiments s'érigent et trouvent réalité en de multiples f onctions : officialité, habitat , culture, loisirs et sport ; ils créent l'environnement et prennent place pour l'usage et le confort de l'être humain où le plaisir de la beauté peut y trouver son compte, quand le geste désastreux d'un « talent » non accompli excelle à y coller un fâcheux miel à goût d'amertume.  Tout genre confondu, ces érections au quotidien de chaque époque continuent de fonder l'Histoire. Certaines débanderont de par leur absence de qualités, d'autres s'avéreront être d'un emploi et d'une esthétique acceptables. Les plus talentueuses seront hautement reconnues et jouiront de leur réussite.

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