Langue française

  • Vrai faux manuel d'écriture littéraire, cet ouvrage parle de ce qui se publie aujourd'hui en français, et pas seulement. Son propos est organisé selon la fiction d'un « how-to ». Comment éviter les phrases de rien. Comment lire. Comment dialoguer. Comment payer ses dettes. Comment être publié - ou pas... Ces pages sont animées d'une même expérience d'écrivain, de lecteur, de chercheur. Beaucoup d'oeuvres admirables sont citées ; et aussi quelques textes plus lamentables. Eh ! il faut bien faire des différences. Pourtant, loin du jeu de massacre, ce guide d'écriture est une contribution singulière à l'oeuvre future de la littérature.

  • Bienvenue dans le monde de la politique d'identité, qui, d'Amérique jusqu'ici, est en passe de devenir notre horizon commun. Selon la bonne nouvelle identitaire répandue chaque seconde par le brouhaha de la communication et le babil des «réseaux sociaux», nous agissons, vivons et pensons en tant que catégories, au besoin croisées (par exemple homme blanc juif, LGTBQIA) et volontiers blessées.

    Comme le révèle son expérience américaine et préfiguratrice, qui diffuse à partir du foyer des universités, la politique d'identité conforte l'avènement d'un despotisme démocratisé, où le pouvoir autoritaire n'est plus entre les seules mains du tyran, du parti ou de l'État, mais à la portée d'êtres manufacturés et interconnectés que traversent des types de désirs totalitaires. Cet ordre mondialisé est une dictature moralisatrice qui distribue les prébendes en fonction du même, qui remplace le dialogue par le soliloque plaintif et la vocifération, qui interdit, qui censure l'inattendu - dont les arts - au nom du déjà-dit et des comme-nous.
    Malgré son succès grandissant, une telle entreprise peut encore être défaite, à condition, du moins, d'en vouloir comprendre les manifestations contemporaines.

  • En sept portraits poétiques et prophétiques, Laurent Dubreuil dépeint une Amérique moribonde, dont la magnificence n'est plus qu'une mascarade, orchestrée par le pantin Trump.

  • Ce récit se présente comme "un arpentage du contemporain", selon les propres mots de l'auteur, à partir de l'expérience subjective et théorique qui est la sienne. Laurent Dubreuil y évoque notre époque et ses nouveaux rapports à la fiction, sur un mode d'écriture où se déploie un je mi-fictif, mi-théorique. La première partie, qui est la plus réflexive, s'inscrit dans la tradition d'écriture philosophique et sapientiale ouverte en particulier par les Latins (Sénèque, Cicéron).
    Le seconde s'apparente au récit barthésien, voire à Rousseau, celui des Rêveries du promeneur solitaire

  • Non, tout n'est pas politique.
    Il faut sans doute vivre en compagnie des autres, avec des lois, des pouvoirs nous formant et déformant, dans la garantie de la subsistance commune. Sauf que cela, ce sont les conditions, les niveaux de vie dont la chose publique s'occupe, et souvent si mal - quand il nous reste à rendre nos existences vivables. Le meilleur espoir est alors le jour passant à travers les remparts de la Cité, par des failles de plus en plus difficiles à discerner.
    Pour préparer l'insurrection de vivre, ne comptons guère sur la " représentation nationale ", les lois du marché, la technologie, les comportements citoyens, ni non plus les derniers mouvements de rébellion. Sans abandonner la malheureuse nécessité de la lutte (elle a certes son utilité), sachons, de plus, donner à la politique le congé qu'elle mérite. Voici une provocation singulière, lancée vers d'autres ; une invitation à repenser les prétendues " fins " de la politique, mais indépendamment d'elle.

  • «Nous avions été tour à tour les descendants d'un soulèvement, les rejetons bâtards des fleurs et du pouvoir, les enragés déçus de l'espérance, les anéantis dépressifs ou blasés sur le point de rentrer dans le rang. Sans aucun doute, nous étions souffrants. Une nuit, quelqu'un risqua ce diagnostic : peut-être s'agit-il d'un nouveau mal du siècle? Le mot de romantisme fut ainsi prononcé à demi! Nous n'avions jusqu'alors guère attaché d'importance à ce substantif racorni, miteux. Pourtant, le rêve clandestin et vif d'une régénération avait survécu dans l'art que nous chérissions en secret. Un tel songe ramenait avec lui les promesses de l'adolescence, le lyrisme de la nature, l'enthousiasme. Je ne pouvais plus croire à la manière d'autrefois ; mais j'avais bien l'intention de reprendre à coeur le projet du romantisme, quitte à en dévoyer l'histoire ou la doctrine. Il nous fallait donc rassembler les forces dissipées, retrouver le goût des préludes, réactiver la mémoire dans le sens de l'avenir, inventer après Chateaubriand ou Poe de nouvelles Amériques, et ne plus cesser de jouer avec le feu ou l'orage.»

  • L'empire du langage

    Laurent Dubreuil

    • Hermann
    • 18 Septembre 2008

    Voici qui se proclame et se publie : la colonie ! Des tribuns et des chercheurs l´affirment, la France est malade de ses colonies. Cette rumeur contraste avec l´assourdissement qui succéda aux grandes luttes de décolonisation.Mais suffit-il de parler des colonies pour en défaire la douleur ? nullement.Car l´oppression avait bien son expression, consacrée, évidente, entêtante.Elle pourrait perdurer jusque dans les textes des belles âmes d´aujourd´hui. Foin de l´imaginaire, de la mémoire, de la culture.Nous devons d´urgence revenir sur les conditions de notre propre discours. Retracer les phénomènes de censure qui persistent.
    Déjouer l´interdit qu´y lova l´exercice langagier des pouvoirs. Ne laissons pas la parole readymade nous tenir lieu de pensée. Et ne craignons plus de parler petit-nègre. Cet ouvrage est l´un des premiers à utiliser ensemble les acquis des postcolonial studies d´outre-Atlantique, de la tradition historiographique française et de la francophonie. En allant d´Haïti au Québec, de la Renaissance aux « émeutes des banlieues », de la critique littéraire à l´histoire sociale, l´enquête construit la signification d´une expérience forcément contradictoire. Par l´exemple (post)colonial, la visée, alors, est d´interroger les différentes manières qu´a le langage de transmettre - ou démettre - l´ordre social et politique.

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