• L'ère des soulèvements Nouv.

    Dès les années 1980, Michel Maffesoli se fait l'observateur averti et implacable des temps postmodernes. Il annonce un effondrement social porteur d'un paradoxal retour des tribus, ce que prouveront les décennies suivantes. Il pronostique également que, profitant de la fin des idéologies, les élites au pouvoir entendent instaurer un ordre nouveau qu'il qualifie de totalitarisme doux. Ce que démontre l'actualité récente.
    De l'éruption des gilets jaunes devenus un phénomène international à la contestation globale de la gestion de la pandémie, des grèves émeutières pour contrecarrer le libéralisme mondialisé à la vague d'émotion planétaire suscitée par l'incendie de Notre-Dame, le sociologue du quotidien et de l'imaginaire traque, de son oeil inégalé, le changement de paradigme que nous vivons.
    Le règne de la rationalité, de la technicité et de l'individualité agonise convulsivement sous nos yeux. Pour le meilleur et pour le pire, l'ère des révoltes a commencé et ne cessera pas avant longtemps.
    Cet essai flamboyant dit pourquoi et comment le peuple a raison de se rebeller.

  • Après La Parole du silence, qu'il considère comme un traité de théologie pour la postmodernité, Michel Maffesoli s'attache dans son nouvel essai à décrypter ce qu'il nomme la « religiosité postmoderne ». Il étudie ainsi les étapes qui jalonnent ce « retour du sacral » : la réhabilitation des sens et d'une raison sensible, l'importance du partage, du mystère, de l'initiation - mais aussi l'ancrage nécessaire dans la tradition. C'est ainsi que les figures catholiques de la Trinité (l'unicité de Dieu en trois personnes) ou de la communion des saints représentent pour le penseur des « tribus » les métaphores les plus adaptées à l'imaginaire contemporain du sacré.
    Un essai profond, qui propose au lecteur non pas un retour au catholicisme comme institution et dogmatisme, mais une véritable résurgence de la catholicité. Ainsi que le retour à une appréhension populaire et émotionnelle de la transcendance.

  • Irrésistiblement les sociétés modernes se transforment. Émiettement du corps social, épuisement des institutions, effondrement des idéologies, transmutation des valeurs :
    Derrière la société de masse, qui a long- temps défini l'une des formes de la moder- nité, se profilent désormais les nouvelles figures d'une socialité exubérante et poly- morphe dont Michel Maffesoli livre ici les premiers contours.
    Le Temps des tribus est ainsi le diagnostic raisonné des sociétés d'aujourd'hui, une exploration méthodique de leurs métamor- phoses. Quand le sentiment et l'émotion se substituent aux idéaux de la Raison, et qu'à la logique de l'identité succède la logique de l'affect. Nous sommes entrés dans l'ère des « tribus », des réseaux, des petits groupes, et vivons à l'heure des ras- semblements éphémères et effervescents...
    Un livre qui trace les voies d'une authen- tique sociologie du présent.

  • Alchimies festives, culte du plaisir, retour en puissance des affects et des émotions : Eros triomphe, et nous enseigne que la profondeur se cache toujours à la surface des choses, dans la banalité de notre quotidien. Triomphe de la raison sensible sur le vieux rationalisme scientiste, du vouloir-vivre collectif sur l'individu, de la joie dionysiaque sur les morales arides qui stérilisent l'action. Triomphe des pulsions et de l'imaginaire sur le progressisme empesé de nos élites et la pruderie de nos bien-pensants. Attentif aux humeurs et aux enthousiasmes du corps social, Michel Maffesoli signe une oeuvre essentielle, aboutissement de trente ans de réflexion, livre-manifeste qui chante l'éternelle jeunesse du monde.

  • La parole du silence

    Michel Maffesoli

    • Cerf
    • 8 Janvier 2016

    Faut-il tout dire, parler sans limite, et oser jusqu'au blas- phème, au risque de détruire ce qui fonde la communauté, ce tacite consensus autour de valeurs partagées ? Un an après Charlie, Michel Maffesoli, avec la science et l'érudition qu'on lui connaît, risque la question. Il s'emploie à comprendre le retour du « sacral » : ce besoin collectif dans nos sociétés de communion émotionnelle, de reliance, d'éclatement dans l'Autre, l'autre de la communauté, l'autre du cosmos, l'autre de la déité. Pour mener à bien cette réflexion délicate, intuitive et spirituelle, Michel Maffesoli procède comme les théologiens médiévaux qu'il aime consulter : de Dieu, du divin, on ne parle que par évitement. Théologie apophatique qu'il applique à ce qu'il nomme alternativement le divin social, la religiosité ambiante, cause et effet du « sacral ». En définitive, c'est le « mystère communautaire » qu'il s'agira de préserver, c'est-à-dire ce qui initie les initiés entre eux et permet le partage et le vivre ensemble dans toute sa densité spirituelle.

  • Comment comprendre l'ambivalence de la violence, son aspect polyphonique, la fascination qu'elle ne manque pas d'exercer, sa constance aussi dans les histoires humaines ?
    Sans donner une solution unique, Michel Maffesoli entend tout d'abord faire ressortir les aspects institutionnels de la violence. Ensuite, il insiste sur sa dimension fondatrice. Enfin, il montre qu'on peut la voir à l'oeuvre dans le débridement passionnel « orgiastique », ou dans la résistance banale de la vie de tous les jours.
    Il est vrai que cette mystérieuse violence nous obnubile, occupe notre vie et nos débats, tarabuste nos passions et nos raisons. Mais peut-être est-elle préférable à l'ennui mortifère d'une vie aseptisée.

  • La polémique n'est pas toujours bonne conseillère. Mais son piment n'est pas inutile pour donner quelque saveur à ces plats fort peu ragoûtants que l'on confectionne trop souvent dans les insipides arrière-cuisines universitaires. Elle est même parfois fort utile quand elle s'emploie à redynamiser un débat intellectuel languissant ou par trop conformiste. Débat et non critique ad hominem, ainsi que le réclamait Karl Marx lorsqu'il voulait invalider un de ses ennemis. Et il est fréquent dans la décadence contemporaine que certains continuent d'une manière adolescente à se poser en s'opposant. D'où les médisances, les calomnies, les à-peu-près, en bref l'agressivité de plus en plus répandue dans ces garderies d'enfants que sont devenues nos pauvres universités. Un essai corrosif et stimulant de Michel Maffesoli contre la bien-pensance intellectuelle et les lieux-communs de notre époque qui nous plombent dans un fatras idéologique, mélange indigeste d'individualisme, de rationalisme et d'inévitable utilitarisme. «J'ai souvent indiqué que la postmodernité, en son moment naissant, s'exprimait pour le meilleur et pour le pire. Le pire, ce sont les parodies et autres billevesées que l'on trouve, à loisir, chez les plagiaires, les scientistes mimant l'authentique science et les militants confondant le "savant" et le "politique". Chacun d'eux rationalisant en d'ennuyeuses parénèses ou de pédantes exhortations ce ludique qu'est, on ne peut plus, le monde de la postmodernité ». « Le meilleur, c'est qu'au-delà ou en deçà de ces amusements d'"enfants attardés", on voit resurgir ce que j'appellerais la "force invisible de l'imaginaire". Elle est en train de nettoyer le cloaque des lieux communs et autres conformismes qu'ils soient scientistes ou politistes. »

  • Poursuivant depuis trente ans une analyse de la société contemporaine, en faisant attention au présent, à ses diverses tribus, au développement du nomadisme, à la crise du politique, Michel Maffesoli s'attaque, dans cet ouvrage, au délicat problème de la part d'ombre de notre monde :
    La place du mal.Silencieuse ou bruyante, la révolte gronde. Passivité par rapport au travail, abstention politique, retrait de la vie sociale en général, ou encore rodéos automobiles, rassemblements festifs et musicaux et autres formes d'effervescence en sont autant de symptômes.Mais la part destructrice, celle de l'excès, n'est-ce pas ce qui précède une harmonie nouvelle oeComme il ne manque pas d'avocats d'un Dieu bienfaisant aux noms variables - État, Contrat, Institutions, Individu - ni même de représentants des divers conformismes de pensée, n'est-il pas temps d'observer sereinement, et peut-être d'intégrer, cette étrange «part du diable» ?

  • Contre le rationalisme désuet, l'économicisme triomphant, le progressisme incantatoire et l'inauthenticité de ses formules creuses, Michel Maffesoli chante l'infinie tendresse du monde et nous rappelle que le sentiment tragique de la vie s'accorde à l'ordre des choses.
    Dans ce nouvel essai destiné à devenir un classique, le théoricien de la postmodernité arpente avec bonheur la pensée sociologique, scrute les vibrations du vivre-ensemble et insiste sur l'opposition entre la puissance horizontale secrétée par la sagesse populaire et la rigidité du pouvoir vertical, venant de Dieu ou des idoles philosophiques. Il nous montre que Un antidote philosophique au pessimisme ambiant.

  • écosophie

    Michel Maffesoli

    Il est une nature des choses et on a eu la prétention de la changer.
    La dévastation du monde, naturel et social, en est la conséquence la plus évidente.
    Le refus des constructions sociales « contrenature », abstraites et rationalistes, commence à se faire jour. D'où le besoin de fonder l'être-ensemble sur un sens (une sensibilité) commun, sur une accommodation collective à la nature des choses.
    C'est l'enjeu de ce livre que de repérer les courants qui silencieusement animent la nature en question.
    Ce que l'on nomme ici sensibilité écosophique.

  • être postmoderne

    Michel Maffesoli

    La postmodernité n'est pas un « concept » à la mode, c'est une manière de nommer le monde tel qu'il est, de comprendre les sociétés contemporaines plutôt que de les juger ou de dénier le changement. Pour appréhender l'actuel et le quotidien, Michel Maffesoli convoque les images, analyse les ambiances, et pénètre le climat de son époque. L'inventeur des notions de « tribalisme » et de « nomadisme » revient sur ces figures évocatrices de notre nouvelle manière d'être au monde : l'oxymore ou le fait d'être ceci et cela, le retour de l'enfant éternel (juvenoïa), la métapolitique et l'émergence de diverses formes de religiosité. Autant la modernité (xviie-xxe siècle) a été paranoïaque, autant la postmodernité est « épinoïaque » : non plus un homme éduqué pour être maître et dominateur, mais une co-initiation des hommes faisant partie intégrante de la nature.
    Une postface d'Hélène Strohl (Inspectrice générale honoraire des Affaires Sociales, IGAS) applique ces diverses caractéristiques sociétales à un homme politique contemporain, Emmanuel Macron, en se demandant si les habits postmodernes, grâce auxquels il a prétendu incarner l'imaginaire contemporain, en font une icône ou un fake.

  • Face aux fragmentations du champ social, à la dislocation en clans, tribus, groupes sociaux d'un nouveau type, où les liens économiques, culturels et professionnels ne fonctionnent plus comme facteurs d'unité durable, nos grilles traditionnelles de compréhension sont devenues notoirement insuffisantes.
    Elles décrivent un monde qui n'existe plus et contribuent, un peu plus chaque jour, à obscurcir notre lecture des phénomènes tels qu'ils se déploient sous nos yeux, parce qu'elles recherchent en eux des finalités, des objectifs, des projets que le plus souvent ils n'ont pas. il était donc urgent de proposer un " nouveau parti " théorique, un outillage conceptuel rénové capable de traduire les réalités d'aujourd'hui, de rendre compte aussi bien des mouvements de la jeunesse que de la transformation des moeurs ou des réactions, parfois surprenantes, de telles ou telles franges de la société.

    C'est la tâche à laquelle s'est attelé michel maffesoli.
    L'eloge de la raison sensible est un véritable traité de déchiffrement du monde contemporain qui, aux raisons de la raison raisonnante, oppose les intuitions et les fulgurances de la raison sensible. une manière d'approcher le réel dans sa complexité fluide, de dresser une topographie de l'aléa et de l'incertain, de suivre les lignes de fusion et d'effervescence du social, et de percevoir la rumeur assourdie des redistributions de la vie collective.
    Livre de méthode, l'eloge de la raison sensible pourra aussi se lire comme le nouveau bréviaire de l'" esprit du temps ".

  • « Savoir prendre en charge l'impensé, c'est-à-dire le sous-sol d'une socialité demeurée à l'écart du savoir officiel. Un ailleurs qui est pourtant là. Le là de l'être social. Le là de ce qu'Auguste Comte nommait le Grand Être. Prendre en charge l'impensé, c'est-à-dire ce qui est là, dispersé, chez le poète, l'artiste, le prophète. Et, surtout chez cet homme du quotidien, homme sans qualité, qui est un condensé de tout cela. Une pensée présente à la présence de la vie. Penser à même la vie. S'attacher à ce que Walter Benjamin nommait le concret le plus extrême. Voilà bien le chemin emprunté par cette réflexion ruminante qui, au travers de la domination, du mythe du Progrès, du présentisme, s'employait à désobstruer la sociologie théorique des pensées convenues et divers dogmatismes dominants. » M. M.

    Un volume essentiel, par l'un des sociologues contemporains les plus brillants et les plus débattus, maître de la pensée sur l'imaginaire. Une parole profonde, élégante, corrosive, pour comprendre aujourd'hui.

  • Entre la Morale qui "dit" l'idéal et ceux qui "vivent" le réel, le fossé devient infranchissable. Des éthiques propres se développent par groupes. L'auteur en fait ici la démonstration et analyse le monde que ces mutations dessinent.

    Quand on observe tous les phénomènes de violence dont l'actualité n'est pas avare, quand on voit les valeurs sociales traditionnelles perdre de leur force, ou les diverses autorités politiques, intellectuelles, journalistiques être tournées en dérision, on peut se poser la question : existe-t-il encore une morale universelle, applicable à tous ? C'est lorsque quelque chose n'a plus de réalité qu'on en parle beaucoup. Or, la Morale représente un monde qui n'est plus. Et c'est pour cela qu'on entonne, jusqu'à plus soif, des incantations en son nom.
    Mais comme il faut bien vivre ensemble, on voit se développer des éthiques particulières. Celles-ci traduisant ce " sentiment d'appartenance " propre aux tribus postmodernes. A partir d'exemples concrets, ce livre s'emploie à analyser le glissement d'une Morale sclérosée vers des éthiques en gestation. Celle d'un " réenchantement du monde " que l'auteur a été le premier à annoncer et qu'il systématise ici.

  • Il y a un hédonisme du quotidien irrépressible et puissant, qui sous-tend et qui soutient toute vie en société.
    A certaines époques, cet hédonisme a été marginalisé et confiné dans un rôle subalterne. A d'autres, au contraire, il est devenu le pivot à partir duquel s'organisait toute la vie sociale : ce qui, très précisément, est en train de se produire dans les sociétés de la postmodernité. D'où ce livre. Pour comprendre le présent et apprendre à déchiffrer ses manifestations les plus insaisissables, pour approcher des phénomènes jugés, trop souvent, secondaires ou négligeables: le frivole, l'émotion, l'apparence.
    Toutes choses qui ont profondément modifié la politique, la vie de l'entreprise, la communication, la publicité, la consommation, et qui, finalement, pourraient se résumer dans le mot d'" esthétique ". Au creux des apparences: parce que le lien social est désormais tissé dans les fibres de l'émotionnel et que, sous nos yeux, s'ébauche le modèle d'une nouvelle manière d'être.

  • « Pourquoi tant de haine ? Tant d'hystérie ? Pourquoi ses détracteurs, au lieu d'opposer aux discours du président Sarkozy, à ses actes de gouvernement, leur propre programme, au moins une évaluation raisonnée du sien, en reviennent-ils toujours aux attaques ad hominem, aux injures, aux supputations sur son état amoureux, sa santé mentale, son caractère ? Ce qui en fait, du coup, un héros de roman, un être de fiction. » Ainsi parle Michel Maffesoli, sociologue reconnu de l'imaginaire et des tribus.
    Dans ce livre iconoclaste, il décline à la façon des célèbres Mythologies de Roland Barthes un petit traité à la fois ironique et érudit sur l'art de gouverner. Ces « Sarkologies » décryptent le mélange inédit d'hostilité et de fascination que suscite depuis son élection l'actuel président.
    On comprend à quel point la posture compassionnelle participe d'une stratégie délibérée, celle d'une empathie moins factice que le disent les commentateurs, - « l'opinion publiée » comme dit le sociologue - car relevant d'un talent : celui de souffrir avec, les victimes en l'occurrence, quelque soient les malheurs.
    Son comportement ostentatoire est lui aussi un élément de communication très étudié qui ne doit rien au hasard ou à la maladresse.
    Un tableau féroce autant que bienveillant, paradoxalement, d'un règne qui promet de susciter jusqu'au bout de furieuses polémiques.

  • La passion de l'ordinaire

    Michel Maffesoli

    • Cnrs
    • 17 Février 2011

    En bref Chroniques de la postmodernité, par le penseur incontournable de l'" être-ensemble ".

    Le livre Voici rassemblés, en un volume que l'on lira comme une chronique jubilatoire du quotidien, quelques textes essentiels publiés depuis dix ans par le théoricien de la postmodernité. Une échappée belle dans l'univers des concepts maffesoliens, et une invitation à céder à l'hédonisme irrépressible qui fait le fond d'une pensée en mouvement, irradiant bien au-delà des frontières de l'Hexagone. Car, impossible d'ignorer l'auteur du Temps des tribus et de Matrimonium, figure incontournable du débat d'idées contemporain. Rituels et croyances collectives, transmutation des valeurs, logiques de domination, nomadisme urbain, émiettement du corps social, pratiques musicales, sexuelles, consommatoires, effondrement des idéologies : Michel Maffesoli nous montre qu'au creux des apparences, le lien social est désormais tissé dans les fibres de l'émotionnel et que, sous nos yeux, s'ébauche le modèle d'une nouvelle manière d'être.

  • En bref Comprendre la «  nouvelle féminisation   » du monde. Un nouveau «  discours de la méthode   » par Michel Maffesoli. Le livre Une véritable mutation anthropologique est en cours. Le mépris de la Terre et la dévastation du monde  : tel est le résultat de la modernité qui consista en une mobilisation de l'énergie, individuelle et collective, vers un paradis céleste ou un paradis terrestre. Prendre soin de la «  Terre-Mère   », en faire le fondement même de tout être-ensemble  : telle est l'inversion de polarité dont témoigne aujourd'hui la sensibilité écologique. Contre le rationalisme classique, Michel Maffesoli en appelle ici à  la raison sensible.
    Contre le contrat social, au pacte émotionnel. Contre le catastrophisme propre aux élites sociales, à  l'hymne à  la vie spécifique de la socialité postmoderne. A l'heure où, à  la domination est en train de succéder l'ajustement, il est temps de réapprendre que la sagesse de la modération caractérise la profonde «  nature des choses   ». Autrement dit que l'Esprit du temps est bien à  l'invagination du sens. Un nouveau «  discours de la méthode   » postmoderne. Arguments Auteur médiatique.
    Presse littéraire, philo et tendance.

  • Comme le notait Chateaubriand, il est fréquent de prendre pour conspiration politique ce qui n'est que le " malaise de tous ou lutte de l'ancienne société avec la nouvelle, combat de la décrépitude des vielles institutions contre l'énergie des jeunes générations ". Nous sommes en un de ces moments où, journalistes, universitaires et politiques confondus, l'intelligentsia est en total déphasage avec la vitalité populaire. Aussi, afin de mieux apprécier cette dernière, n'est-il pas inutile de repérer la logique du conformisme intellectuel ambiant. C'est lorsqu'on cessera d'être obnubilé par le ronronnement du " moralement correct ", que l'on sera à même d'être attentif au véritable " bruit du monde ".

  • Apocalypse

    Michel Maffesoli

    « une pensée dangereuse est toujours en danger » Gottfried Benn La confusion des mots finit, toujours, par entraîner celle des choses. La littérature, tout comme l'expérience courante, montrent en quoi tout cela aboutit, rapidement, à la confusion des sentiments, c'est-à-dire des modes de vie. Ainsi, dans les périodes de changement, est-il urgent de trouver les mots, sinon totalement justes, du moins les moins faux possible. Des mots, qui peu à peu, (re)deviennent des paroles fondatrices ; c'est-à-dire assurant les assises de l'être-ensemble en train d'émerger.
    Comme toutes ces banalités qu'il est important de rappeler, on est au seuil d'une ère nouvelle. Et il est vain de vouloir rafistoler les idéologies élaborées aux XVIII° et XIX° siècles, et dont nous fûmes, dans tous les sens du terme, irradiés. Oui, il faut bousculer les idées rancies, rejeter les analyses apprêtées et quelque peu maussades. En bref, se dessiller les yeux.

  • Michel maffesoli poursuit sa réflexion engagée dans {la transfiguration du politique}. sous la lunette du sociologue, on retrouve la vie sociale, la vie au quotidien, ses règles et ses principes. avec le point central de la démonstration enraciné dans un maître-concept : l'image. le problème étant, explique michel maffesoli, "de reconnaître la profusion, le rôle et la prégnance de l'image dans la vie sociale" ; un détail au passage : le phénomène ainsi décrit n'est pas soumis à évaluation morale. deux grands axes charpentent l'analyse. le premier consiste dans une revue de détail du "pourquoi" et du "comment" du style. par style on entend la mise en forme, la physionomie, dans l'examen de l'apparence des choses - une explication de son caractère "insaisissable" -, insaisissable parce que le social est fragmenté, mobile. le second développe ce qui donc apparaît comme le style des sociétés contemporaines : l'image. laquelle joue un rôle essentiel dans la cohésion sociale, puisqu'elle est vecteur d'unité et de communion. l'image rapproche, l'image relie et soude, l'image approche de la "vérité" des choses.

  • la connaissance ne saurait se réduire à une conception de la science héritée du xixe siècle.
    en un moment où s'esquisse une mutation sociale, il faut en appeler à une audace de la pensée qui sache en particulier rendre compte de la prévalence de la communication, de l'information sur l'action ou la production. la réflexion de michel maffesoli sur les modalités de la connaissance est centrée sur la supposition que le sens commun, la connaissance ordinaire, est au fondement de tous les phénomènes sociaux : la recherche sociologique doit donc partir de ce sens commun pour pouvoir appréhender la dynamique de la vie collective.
    cette sociologie qui a pour but d'étudier et de comprendre la vie quotidienne adopte une attitude compréhensive, tournée vers la pluralité des faits sociaux, abordant leurs multiples contradictions comme telles. il s'agit, ainsi, de dégager les formes sociales de la postmodernité naissante.

  • Aujourd'hui, l'un des grands lieux communs du discours savant tient dans l'annonce réitérée que le monde change.
    Une quasi-obsession, un leitmotiv entêtant qui proclame que les sociétés développées implosent, perdent leurs repères traditionnels, répudient leurs idéologies et liquident leurs valeurs ancestrales. Le diagnostic n'est pas sans fondements. Il faut maintenant tenter de comprendre. Approcher au plus près les phénomènes qui, chaque jour, induisent la logique d'une pulvérisation du corps social. Interpréter au plus juste les mouvements de revendications ethniques, la résurgence brutale des fanatismes religieux, la proclamation radicale des spécificités culturelles, comme le regroupement des individus dans le cadre de micro-sociétés où domine le rapport affectif.
    La Transfiguration du politique - dont c'est ici la troisième édition - amorce un tel travail et entreprend l'analyse de ce qu'il convient d'appeler la culture du sentiment, dont la vivacité des émotions et le désir de l'inutile sont les deux composantes essentielles. Inaugurant ainsi une lecture stimulante de l'espace de vie et de pensées nouvelles qui structurent désormais la socialité postmoderne.
    Généalogie du politique, exploration d'un social mutant : Michel Maffesoli définit ici quelques-unes des figures singulières du présent, pour nous permettre de nous y retrouver.

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