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  • L'enquête infinie Nouv.

  • En ouvrant Twin Peaks par l'image de la destruction d'un tube cathodique, David Lynch avait marqué de manière décisive que son oeuvre serait avant tout une méditation sur la télévision. Cette méditation, toutefois, ne visait pas simplement à découvrir la vérité de ce médium, vérité gnostique et capitaliste à la fois, mais aussi à en incarner la crise : ce moment où les puissances déchaînées par le miroir que la télévision tendait à ses spectateurs ne pouvaient que se retourner contre elle. Sommes-nous prêts à accepter cette mort violente ? Sommes-nous prêts à accepter les conséquences matérielles et spirituelles de la fin de la télévision ?
    Pacôme Thiellement revient sur l'oeuvre de Lynch dans cette réédition très augmentée de La Main gauche de David Lynch, accompagnée de deux essais inédits, qui prend notamment en compte la troisième saison deTwin Peaks (2017).

  • Nous sommes les héritiers de la plus sinistre des histoires : celle qui a fait de l'amour un piège. De Adam et Eve aux séries contemporaines, elle n'a pas cessé d'être rejouée, définissant l'horizon de vie des femmes et des hommes errant sur la terre sous l'oeil mauvais du Démiurge. Il s'agit d'une histoire dans laquelle l'amour n'est pas ce qui sauve, mais ce qui enf erme ; il n'est pas ce qui rend bon et joyeux, mais triste et méchant, égoïste et cruel. L'amour est un sickamour - un amour malade. Comment faire pour en échapper ? Comment faire pour retrouver ce qui a été perdu lorsque, jaloux du bonheur d'Adam et Eve, Dieu décida de les flanquer à la porte du Paradis ? Telle est la question que s'est posé Pacôme Thiellement dans Sycomore Sickamour, une promenade hallucinée et somptueuse dans les méandres d'un savoir amoureux perdu, mêlant le théâtre de William Shakespeare et les textes gnostiques, les images de Jacques Rivette et celles de David Lynch, mais aussi Buffy et Clair de lune, Raymond Roussel et John Lennon, Gérard de Nerval et Martha & The Vandellas. Une promenade à la recherche du twist de l'amour heureux.

  • Couronnement d'une oeuvre protéiforme et inclassable, explorant avec une gourmandise et une intelligence sans équivalent les mille et un avatars de la pop culture afin d'en faire les révélateurs du présent, La Victoire des Sans Roi apparaît comme le chef-d'oeuvre de Pacôme Thiellement. Prenant pour point de départ la découverte du corpus de textes gnostiques excavé en 1945 à Nag Hammadi, en Égypte, il y propose une vertigineuse relecture de l'histoire de la chute de l'Occident à l'aune de la sagesse de ceux qui n'ont jamais accepté de se plier aux règles des religions officielles. En oubliant les leçons des Gnostiques, nous nous sommes fermé l'accès à une autre voie que celle de la tristesse, de la méchanceté et du ressentiment - une autre voie que celle de l'échec. Mais à l'heure où il est devenu impossible de se cacher que l'Occident consomme les dernières conséquences de sa médiocrité, peut-être n'est-il toujours pas trop tard. Peut-être que rouvrir les textes gnostiques, et apprendre avec eux à pratiquer une autre exégèse du contemporain, une exégèse considérant la pop culture comme l'ultime dépositaire de leur sagesse, seraient encore susceptible de nous sauver. OEuvre prophétique, pamphlet poétique, traité à l'érudition époustouflante, livre de vie autant que diagnostic d'époque aussi implacable que hilarant, La Victoire des Sans Roi ne ressemble à aucun autre livre.

  • Considéré par Cyril De Graeve (qui l'a mis en couverture de Chronicart) comme
    une des « pop-stars méconnues » de notre temps, par Philippe Nassif (qui l'a
    encensé dans les pages de Technikart) comme « notre Greil Marcus », ou par
    Philippe Manoeuvre (qui a édité son dernier livre, Cabala - Led Zeppelin
    occulte, chez Hoëbecke) comme un véritable prophète du rock, Pacôme Thiellement
    est peut-être notre pop-critique le plus important, auteur d'une oeuvre
    inclassable, à mi-chemin de la philosophie, des cultures populaires (musique,
    cinéma, bande dessinée) et de la littérature. Après s'être intéressé à Paul
    McCartney, Frank Zappa, le Président Schreber, Mattt Konture, Gérard de Nerval
    et Led Zeppelin, il a aujourd'hui jeté son dévolu sur celui que beaucoup
    /> considèrent comme l'un des plus grands cinéastes contemporains : David Lynch.
    Dans La main gauche de David Lynch, il offre une lecture décapante, au style
    éblouissant et à l'érudition vertigineuse, d'une des oeuvres-clé du cinéma (la
    série et le film Twin Peaks), tout en en tirant d'étonnants philosophèmes
    relatifs au médium télévisé, dont Twin Peaks était à la fois une méditation et
    un produit. Et si Twin Peaks représentait un moment-charnière dans l'histoire,
    non seulement des séries télévisées, mais de la télévision en général ? Et si
    Twin Peaks marquait le moment où la télévision atteignait enfin sa fin secrète,
    capitaliste et gnostique, et en l'atteignant, signait sa fin tout court, c'est-
    à-dire son autodestruction ? Telle est l'hypothèse que soutient Pacôme
    Thiellement, s'adjoignant au passage l'aide inattendue de musiciens de jazz, de
    mystiques iraniens, d'actrices disparues, d'amateurs d'occultisme - et de
    Walter Benjamin. Une seule chose est sûre : après avoir lu ce livre, il ne sera
    plus possible de regarder la télévision comme avant. Pacôme Thiellement est
    essayiste, cinéaste et critique. Collaborateur régulier de nombreux magazines,
    il est l'auteur de cinq essais remarqués, dont, dernièrement, L'homme
    électrique. Nerval et la vie (MF, 2009) et Cabala. Led Zeppelin occulte
    (Hoëbecke, 2009).

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