• Passionné et provocant, ce plaidoyer pour un savoir libertaire, contre tout carcan méthodologique, se fonde sur une analyse minutieuse des coups de force qui ont fondé l'évolution de la science.
    Dévoilant les ruses de l'histoire des sciences, critiquant le dogmatisme caché des épistémologies modernes, feyerabend renouvelle avec véhémence et humour le débat sur la raison.
    "esquisse d'une théorie anarchiste de la connaissance", ce livre est maintenant devenu un classique de la philosophie des sciences.
    Paul feyerabend (1924-1994).

  • Dans cet ouvrage qui marque une étape cruciale de l'épistémologie contemporaine, paul feyerabend s'attaque au mythe même de la raison, et à l'idée d'objectivité qui encadrent la figure de la science.
    Sans pour autant mettre en cause la validité des résultats de la science contemporaine, il questionne l'universalité de la connaissance scientifique, la pertinence de ses applications et la portée de ses implications. son objectif, en fait, est la défense sans compromission de valeurs humaines essentielles : la multiplicité de la pensée, la pluralité des visions du monde, la diversité des modes de vie, menacées par une uniformisation planétaire largement fondée sur la domination de la technoscience.
    Une réflexion incisive et dérangeante qui touche au coeur même des débats contemporains sur la nature de la démarche scientifique.

  • Parallèlement à la rédaction de son ouvrage majeur, Contre la Méthode, Feyerabend travaillait au début des années 70 à une Philosophie de la nature de grande ampleur. Bien qu'inachevé, ce livre forme néanmoins une totalité cohérente, présentant les fondements de sa pensée et offrant une sorte de visite dans l'atelier du philosophe.
    Cette étude comparatiste appuyée sur une analyse historique de la pratique scientifique et sur une grande diversité de témoignages ethnologiques, montre qu'il existe des alternatives sérieuses à la vision scientifique du monde. Feyerabend étudie tout particulièrement la transformation de la pensée qui marqua l'Antiquité grecque : le passage du Mythos au Logos est pour lui un moyen de mettre en présence deux représentations du monde incommensurables, dualité d'où ont jailli bon nombre des valeurs, des idées et des normes constitutives de la science et de la pensée occidentales.
    En montrant que le mythe et l'art sont des concurrents sérieux, respectables et surtout nécessaires de la science, Feyerabend défend un pluralisme dénué de ressentiment mais non de passion.

  • Ce dernier ouvrage de l'" enfant terrible " de la philosophie des sciences est issu d'une série de conférences données par Paul Feyerabend en 1992. Il offre une synthèse de sa pensée sous une forme particulièrement vivante, faisant place aux questions des auditeurs.
    Le Feyerabend qui se dévoile dans ce livre est dépourvu de l'arrogance quelque peu provocatrice dont il pouvait faire preuve auparavant, notamment dans Contre la Méthode et dans Adieu la Raison. S'il est toujours aussi vif dans son expression, il est beaucoup plus souple quant à la formulation de ses thèses radicales, revendiquant assez souvent la légitimité de l'ignorance.
    Il ne faut pas voir le titre comme une charge sans nuances contre la science, mais bien plutôt comme une protestation contre l'unilatéralisme de la pensée quand elle se revendique de la science seule. Feyerabend montre que nombre de considérations sur la nature des théories scientifiques sont tout simplement erronées et qu'elles conduisent à des généralités abstraites sans effets sur les problèmes les plus pressants de l'humanité - guerre, pauvreté, etc. Il conclut sur une défense iconoclaste de la valeur de l'expérience pratique pour équilibrer les prétentions d'une théorisation à tout-va.

  • A travers ces dialogues imaginaires, surprenants et ironiques, entre qui croit savoir et qui sait ne pas savoir, Feyerabend amène à réfléchir sur la science et les préjugés, l'école et l'autorité, la médecine et l'astrologie, et bien d'autres thèmes cruciaux de la culture contemporaine.
    Feyerabend ne sépare pas la philosophie et la vie, car, pour lui, la philosophie est la vie. Et comme toute activité vitale, la connaissance, nous montre-t-il, se décompose et se recompose indéfiniment au fil de la communication - des idées, certes, mais aussi des sentiments, des passions, des désirs et des espoirs humains.

  • Initiateur de " l'anarchisme épistémologique ", opposé au carcan méthodologique qui enferme et réduit les infinies possibilités de la science, le philosophe Paul Feyerabend (1924-1994) a nourri une réflexion particulièrement riche et critique.
    Ses thèses ont rencontré un écho international et il a été fun de ceux qui ont contribué à la réévaluation de la " vérité scientifique ". Prenant le contre-pied de toutes les théories existantes, Feyerabend affirme que la science n'est pas, dans son processus de formation, un édifice rationnel, mais une discipline capable de travailler à partir de n'importe quel matériau - mythique, artistique ou politique - quitte à le rationaliser et à bâtir un véritable et nouveau mythe de la science pure.
    Au-delà de l'étude des rapports et des influences réciproques de la science et de l'art, Feyerabend démontre que la science non seulement est tributaire des arts et de son temps, mais qu'elle se développe aussi comme l'un des beaux-arts, dans une homologie de structure beaucoup plus que formelle. Cette thèse proprement révolutionnaire, source d'une véritable controverse philosophique, remet en question de manière passionnante les conceptions habituelles.

  • Achevé quelques semaines avant la mort de paul feyerabend, voici un extraordinaire autoportrait de l'un des esprits les plus originaux de ce siècle.
    Philosophe des sciences, feyerabend n'était pas un constructeur de théories. c'est une attitude résolument critique et la défense radicale d'un ironique " anarchisme épistémologique " qui ont fait sa renommée. mais sa vie privée est restée méconnue ; elle constitue pourtant une aventure emblématique de notre temps.
    Né à vienne en 1924 dans un milieu modeste, feyerabend narre avec une rare honnêteté l'expérience d'une jeunesse vécue sous le nazisme qui l'amènera dans l'armée allemande sur le front russe.
    Il y sera grièvement blessé et en demeurera infirme et impuissant à vie. l'après-guerre lui offrira l'occasion inattendue de découvertes intellectuelles (la philosophie), de passions culturelles (l'opéra) - et de rencontres multiples : de ludwig wittgenstein et bertolt brecht à plus tard karl popper, qui deviendra son maître, et, très vite, la cible favorite de ses attaques les plus vives.
    Critique sans égard pour la notoriété de ses adversaires, feyerabend n'oublie pas d'être autocritique.
    Ses doutes et ses hésitations ne sont pas l'aspect le moins intéressant de sa trajectoire intellectuelle. mais le plus étonnant sans doute, pour un esprit aussi actif, est le permanent sentiment d'ennui avec lequel feyerabend affronte le temps, qu'il passe à tuer, nous dit-il en cet exceptionnel témoignage.
    Histoire d'une vie aussi riche en idées qu'en amours, et de rencontres avec le siècle (de l'allemagne nazie à l'europe moderne, en passant par la californie des années 60), voici l'autobiographie d'un homme libre.

  • Dans ce livre, Feyerabend livre une série de fiches de lecture sur quelques-unes des grandes thèses épistémologiques contemporaines, ce qui l'amène à présenter, puis à évaluer et discuter les productions de ses collègues et maîtres. Les sujets concernent les poppériens (Zahar, Watkins, Agassi), Popper lui-même, son "ami et frère en anarchisme", Lakatos, Nagel, Kuhn ou Laudan. Le livre ne manque pas d'évoquer les périodes antérieures où apparaissent Whewell, Descartes, Bacon ou Newton.

  • Pendant les trente dernières années, Paul Feyerabend a développé une approche extrêmement distinctive et influente des problèmes de philosophie des sciences.
    Les plus importants et séminaux de ses articles sont maintenant réunis en trois volumes, avec de nouvelles introductions qui fournissent une vue d'ensemble et mettent historiquement en perspective les discussions. Ce livre, le premier de la série, présente des articles sur l'interprétation des théories scientifiques, de même que des textes appliquant les positions développées à des problèmes particuliers, en philosophie et en physique.
    Feyerabend plaide avec grande force et imagination pour un pluralisme englobant et opportuniste. Pour ce faire, il mobilise une profonde connaissance de l'histoire et de la pratique scientifiques, et reste attentif aux larges implications philosophiques, pratiques et politiques des positions en concurrence. " Tant que nous avions derrière nos esprits l'idée d'une réalité indépendante pour tirer la pensée dans la bonne direction, l'insistance de Feyerabend sur l'inépuisable diversité des normes possibles semblait purement provocatrice.
    Mais sans une telle réalité, la charge de la preuve a basculé. Il a en effet fait le travail historique pour montrer que des personnes saines ayant de bonnes idées, tout à la fois au sein de la science occidentale et hors de celle-ci, ont dressé toutes sortes de valeurs intellectuelles différentes. Après Feyerabend, se contenter de faire un signe dans la direction de quelque supposé engagement intellectuel commun ne pourra plus tenir en échec le relativisme.
    En effet, Feyerabend a rendu très difficile de voir comment nous pouvons continuer à croire en la seule vraie voie théorique " The Times Literary Supplement. Cette édition est précédée d'une présentation étoffée du traducteur : " La route vers Against Method ", qui s'emploie à reconstruire la grammaire interne des matériaux réunis dans ce livre, la logique de leur organisation, et montre comment, avec ces textes, nous entrons dans la généalogie des positions feyerabendiennes et avons l'occasion d'une argumentation détaillée de ses grandes conceptions, ce qui les rend moins iconoclastes qu'elles ne paraissent d'ordinaire...

  • Texte vivant, sans détour, les lettres de Feyerabend anticipent des arguments que l'on retrouvera dans la discussion du livre-événement de Kuhn, en particulier chez les rationalistes critiques londoniens. Ces lettres traitent de nombre de sujets qui sont comme autant d'objets de litige, et paraissent surtout revêtir une importance particulière parce qu'ils dépassent finalement le cadre de ces correspondances à Kuhn pour nous permettre de comprendre ce qui intéresse plus profondément Feyerabend.

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