• « Il y a deux Paul Valéry : celui des petits classiques illustrés [...] et le sacripant drolatique, l'anar espiègle, le gamin salace aux mauvaises pensées, «l'esprit le plus méphistophélique de notre littérature», sans parler du coureur et du farceur. Oui, cela fait deux en un : le bienséant et le frondeur, l'homme d'institution et l'irréconcilié. » L'été sied à Paul Valéry (1871-1945), ce solaire impénitent qui nous enjoint de plonger dans la mer pour mieux renaître. Même en maillot de bain, ce grand amoureux des femmes, de la peinture et de la musique, reste un homme du trait, du brillant, de l'éclat, du paradoxe et du charnel. Son oeuvre dessine une rose des vents. L'auteur de l'universel Cimetière marin est aussi « un lanceur d'alerte » sur la fragilité de notre civilisation et de notre société mondialisée.

    Paul Valéry, notre contemporain brûlant, est un poète à lire de toute urgence par temps de détresse.

    Régis Debray est philosophe, essayiste et romancier.

    Un été avec Paul Valéry est à l'origine une série d'émissions diffusées pendant l'été 2018 sur France Inter.

  • Les philosophes ont la chance d'avoir Minerve pour déesse protectrice. Sa chouette prend son vol au crépuscule. Heureuse coïncidence, c'est là où j'en suis. Ce volatile, juste avant la nuit, nous prête sa vue plongeante sur l'enfilade des hasards qui nous a fait grandir. On peut alors rembobiner le film et discerner comme une courbe reliant nos saisons l'une à l'autre. Pardon pour l'outrecuidance mais il m'a semblé que la parabole d'un « intellectuel » français, ayant connu plus d'un pays et quelques écarts de conduite, pouvait, comme un document parmi d'autres, contribuer à la cartographie d'une époque très bousculée et encore un peu floue.
    Régis Debray

  • Un autre monde est en train de naître dans notre monde même. Un autre esprit, dans nos façons d'être, d'espérer et d'avoir peur. L'angoisse écologique qui donne sa couleur au siècle nouveau n'annonce rien moins, pour notre civilisation, qu'un changement d'englobant. Ce fut l'Histoire, ce sera la Nature. De quoi prendre le vert très au sérieux.Le faustien, on l'a compris, est un Blanc, un homme pressé, un manager qui aime les graphes et les tableaux Excel. C'est un urbain, un entreprenant, un homme d'initiative et d'industrie. L'ailleurs le démange et le lendemain l'aspire. Tout le contraire du bouseux collé à son lisier et au retour des saisons. Il ne cache pas son magot sous le matelas, lui, il risque, joue et gagne. Il a foi dans le progrès, non sans raison, puisqu'il diminue sans cesse, par ses astuces et prototypes, la peine de vivre. Le maître des horloges a des plans de campagne appelés business plan, car c'est un guerrier, et des réunions d'État-major, appelés G8 ou G20, car il voit grand. En tout, il mesure la performance, exige le maximum, et brandit le chronomètre. En clair, c'est l'homme de l'Esprit, tel que Valéry le définit : non un flatus vocis, un gaz immatériel et flou, mais une puissance pratique de transformation du réel, active et proactive. L'Esprit, oui, par opposition à la Nature. Ces termes démodés, jugés peu recevables par nos maîtres-déconstructeurs, il nous faut les assumer, avec ou sans leur majuscule hautaine. S'entendra ici, prosaïquement, par nature, à la façon stoïcienne, l'ensemble des choses qui ne dépendent pas de nous, et par esprit, le système élaboré des forces qui s'appliquent à faire qu'elles dépendent de nous. Ce ne sont pas là deux blocs métaphysiques immuables, puisqu'au fur et à mesure que l'esprit accroît ses moyens d'intervention, tout ce sur quoi nous n'avons pas prise - la nature - doit battre en retraite. Réduire au plus strict minimum l'antique force des choses, ce fut la raison d'être, et à court terme, la réussite de qui ouvre des lignes aériennes, arase les haies vives et asphalte les chemins de terre. Qui procède au remembrement des parcelles, assainit le bocage, améliore la productivité, fait ses comptes et réclame un bonus. Qui, en ville, taille des avenues et remplace les ruelles par des esplanades. Tout ce qui entrave et enclave, pèse et empèse, l'insupporte - Destin, Tradition, ADN. Pas de fil à la patte. Répéter, c'est radoter. Son devoir à lui est de créer du jamais vu. L'an I de la République. L'an I de l'homme nouveau. « Du passé faisons table rase », de la couche d'ozone, des nappes phréatiques et des séquoias aussi, et demain l'Internationale sera le genre humain. Rien de plus condamnable, à ses yeux, et de plus rétro, que l'injonction d'Épictète : « Ne prétends pas changer la nature des choses. » Lui, justement, c'est son métier, son orgueil et sa feuille de route.Faust n'a pas seulement pris un coup de vieux. Il a poussé les feux de l'Anthropocène, jusqu'au Brésil et au Groenland. Au pire un pyromane, au mieux un irresponsable. Ignorant que ce que nous détruisons nous détruit nous-mêmes, le locataire de la planète qui se prenait pour son propriétaire se retrouve en squatter insolvable, menacé d'expulsion.

  • L'Europe fantôme

    Régis Debray

    Pour mieux comprendre ce qui lui reste d'emprise sur les esprits, il faut rendre à l'idée sublime d'Union européenne son aura d'origine. Et rappeler à ceux de ses vingt-sept membres qui l'auraient oublié d'où vient la bannière bleue aux seulement douze étoiles d'or : du Nouveau Testament, Apocalypse de saint Jean, 12. L'emblème qui flotte au-dessus de nos têtes qui ne croient plus au Ciel remonte à l'an 95 de notre ère et célèbre l'imminent avènement du Royaume. Vision mystique engrisaillée, projet politique encalminé : les deux ne sont pas sans rapport.
    Régis Debray

  • C'est quoi, une civilisation? Comment ça naît, comment ça meurt? L'effacement de la nôtre nous aide à répondre à ces questions vieilles comme le monde.
    De la CIA au rap, de House of Cards à Baron noir, des primaries à nos primaires, c'est cette imprégnation de notre culture nationale par la civilisation américaine que Régis Debray dévoile avec une gaieté frondeuse, en reliant les menus faits de notre quotidien à l'histoire longue de l'humanité.
    Illustrée par l'exemple de la Grèce antique face à l'Empire romain, l'invariable grammaire des transferts d'hégémonie éclaire notre présent d'une façon insolite et pénétrante.
    Une prise de recul qui, tout en abordant de plein fouet l'actualité, surprendra également pro- et anti-américains.
    Sous couverture illustrée, 108 x 178 mm

  • Un dépôt de bilan peut se consigner dans la bonne humeur, avec clins d'oeil et sourires. C'est cette variante teintée d'humour, rarement pratiquée au tribunal de commerce, qu'a choisie Régis Debray, dans cette lettre d'un père à son fils bachelier, en quête de conseils sur la filière à suivre. Littérature, sociologie, politique, sciences dures ? En empruntant le langage entrepreneurial, celui de notre temps, l'auteur lui expose les bénéfices qu'un jeune homme peut dorénavant attendre de ces divers investissements. En lui recommandant instamment d'éviter la politique. Bien au-delà de simples conseils d'orientation professionnelle, ce livre-testament voudrait faire le point sur le métier de vivre dans le monde d'aujourd'hui, sans rien sacrifier aux convenances. Beaucoup d'adultes et quelques délurés sans âge particulier pourront sans doute y trouver leur compte.

  • En France, tout ce qui pèse et qui compte se veut et se dit "sans frontières". Et si le sans-frontiérisme était un leurre, une fuite, une lâcheté ? Partout sur la mappemonde, et contre toute attente, se creusent ou renaissent de nouvelles et d'antiques frontières. Telle est la réalité. En bon Européen, je choisis de célébrer ce que d'autres déplorent : la frontière comme vaccin contre l'épidémie des murs, remède à l'indifférence et sauvegarde du vivant.
    D'où ce Manifeste à rebrousse-poil, qui étonne et détonne, mais qui, déchiffrant notre passé, ose faire face à l'avenir.

  • Du génie français

    Régis Debray

    Qu'en est-il de « l'art d'être Français » ? Et quelle figure d'écrivain serait la mieux à même d'incarner ce génie singulier ?
    Une institution littéraire réputée, saisie par les plus hautes instances politiques, aurait, dit-on, tenté de répondre à cette question, en mettant le sujet aux voix auprès de ses membres les plus éminents. Résultat : Stendhal, premier sur la liste, assez loin devant Hugo.
    Alarmé par cette rumeur, et conscient qu'un tel choix aurait un enjeu stratégique non seulement littéraire mais proprement éthique, Régis Debray examine de près les mérites respectifs des deux candidats à la fonction suprême. Sa conclusion : Hugo d'abord, Hugo toujours.
    Simple question de goût ? Non, car il en va de la vocation d'un peuple, qui regarde notre présent mais plus encore notre avenir.

  • Dans ce nouvel ouvrage de la collection dirigée par Éric Fottorino, le philosophe Régis Debray revient, à travers ses chroniques publiées dans l'hebdo Le 1 ici rassemblées pour la première fois, sur plusieurs de ses sujets de prédilection : l'Europe, l'engagement de la jeunesse, la laïcité et ses implications, la notion de Nation, la culture et ses enjeux dans nos sociétés contemporaines.

  • L'image a toujours eu barre sur les hommes, mais l'oeil occidental a une histoire et chaque époque son inconscient optique. Notre regard fut magique avant d'être artistique. Il devient à présent économique.
    Il n'y a pas d'image en soi. Son statut et ses pouvoirs ont varié au gré des révolutions techniques et des croyances collectives. C'est la logique de cette évolution surprenante qu'on a voulu ici suivre à la trace, depuis les grottes ornées jusqu'à l'écran d'ordinateur. En réconciliant, par une démarche médiologique, les approches matérielle et spirituelle du monde de l'art, trop souvent exclusives.
    L'ère des images n'aura-t-elle été qu'une brève parenthèse entre le temps des « idoles » et celui du « visuel » où nous sommes entrés ?
    La mise au jour des codes invisibles du visible dissipe en tout cas quelques mythes tenaces, tels que « l'histoire de l'Art » ou « la Civilisation de l'image ». En entrant dans la vidéosphère, avec le saut décisif du cinéma à la télévision et bientôt avec la révolution numérique, c'est sans doute aussi à « la société du spectacle » qu'il nous faut dire adieu.

  • Années 1950.
    Le trop bon élève qui meurt d'ennui en France commet ses premières nouvelles avec Un jeune homme à la page, symptôme d'une génération en désarroi, et La Frontière, découverte des États-Unis par un adolescent.

    Années 1960.
    Des engagements politiques de jeunesse - sur fond de guerres d'Algérie et du Vietnam - naîtra L'Indésirable, au retour d'un périple mouvementé en Amérique latine. S'ensuivra une plongée dans les coulisses de la rèvolution : La Havane avec Fidel Castro, Che Guevara et bien d'autres ; l'arrestation, le poteau d'exécution, la prison à Camiri en Bolivie, la libération ; le Chili d'Allende, d'où sort un roman en forme de ballade, La Neige brûle.

    Années 1970.
    Retour en France, découverte du pays natal, d'une famille d'adoption place Dauphine - Simone Signoret, Yves Montand, Chris Marker, Costa-Gavras... et des imbroglios du coeur transposés dans Les Masques.

    Années 1980.
    Après un nouveau saut dans l'inconnu, intitulé «Palais de l'Élysée, la folie des grandeurs», il explore, derrière François Mitterrand, les ors et les ombres du pouvoir avec Loués soient nos seigneurs, et médite sur l'enfance et ses oublis avec Comète ma comète. Sans oublier Contre Venise, le vertige devant «La Crucifixion» du Tintoret et le sentiment panique de la vie.

    Années 1990.
    Apologie des devoirs de transmission et de fidélité avec L'Apostat et Le Bel Âge, suivie d'une provocante interpellation du jeunisme montant avec Le Plan vermeil.

    Années 2000.
    Après un passage par les planches avec Happy Birthday! et Benjamin, dernière nuit, vient une galerie de portraits - Malraux, Julien Gracq, Claude Simon... - dans À sauts et à gambades à travers les délices et les piquants du jardin littéraire, jusqu'à l'ultime dépaysement qu'inspire au final ce pays étrange, la France, avec Un trèfle à quatre feuilles.

  • Un dépôt de bilan, le soir venu, peut se consigner dans la bonne humeur, avec des clins d'oeil et des sourires. C'est cette variante teintée d'humour, rarement pratiquée au tribunal de Commerce, qu'a choisie Régis Debray, sous forme d'une lettre d'un père à son fils bachelier, en quête de conseils sur la filière à suivre. Littérature, Sociologie, Politique, Sciences dures ? En empruntant le langage entrepreneurial, celui de notre temps, l'auteur lui expose les bénéfices qu'un jeune homme peut dorénavant attendre de ces diverses occupations.
    En lui recommandant instamment d'éviter la carrière politique.
    Bien au-delà de simples conseils d'orientation professionnelle, ce livre testament voudrait faire le point sur le métier de vivre dans le monde d'aujourd'hui, sans rien sacrifier aux convenances.
    Beaucoup d'adultes et quelques délurés sans âge particulier pourraient sans doute y trouver leur compte.

  • Cinq ans après Dégagements , Régis Debray livre dans Un candide à sa fenêtre , un « état des lieux » de notre époque. La France, l'Europe, le Moyen-Orient et même le festival de Cannes : tous les sujets passent par ces petites chroniques d'humeur livrées pêle-mêle. Quelque peu désabusé par l'inertie de notre monde actuel Un candide à sa fenêtre est également l'occasion pour Régis Debray de revenir sur ses positions passées, de mener une réflexion sur l'évolution de ses orientations politiques, tout en reconnaissant, avec une sincérité désarmante, ses propres contradictions.
    Un ouvrage passionnant et visionnaire, Prix Montaigne 2015.

  • Le peuple.
    Les citoyens. les étrangers. les nationaux. la laïcité. les droits de l'homme. l'universel ... que signifient ou fond ces mots trop usés, sons cesse invoqués et rarement définis?
    La république, répétons-nous, à tout bout de champ. bien sûr, mais encore ? de quoi parle-t-on, en fait?
    Questions élémentaires, donc fondamentales. une jeune fille qui va bientôt voter est en droit de s'interroger. un ancêtre attentif peut tenter de lui répondre, en termes simples et accessibles à tous.
    Cela s'appelait jadis l'instruction civique.

  • L'angle mort

    Régis Debray

    L'acte souvent suicidaire du terroriste nous force à penser ce qu'on ne veut plus et même ce qu'on ne peut plus penser : la place de la mort dans notre vie.
    R. D.

  • Liberté, égalité, fraternité : «Les trois marches du perron suprême», disait Victor Hugo. Peut-on encore accéder à la marche d'en haut sans retomber dans la terreur ou bien dans la niaiserie? Et comment, au royaume morcelé du moi-je, retrouver le sens et la force du nous? C'est ce défi, peut-être le plus crucial de notre temps, que Régis Debray s'emploie à relever dans ce livre.
    Un nous durable faisant toujours référence à une sacralité, séculière ou révélée, il se demande d'abord ce que sacré veut dire, concrètement ; et les droits de l'homme se donnant comme l'expression contemporaine de la solidarité humaine, il ose examiner ce que cette nouvelle religion civile nous fait faire, actuellement.
    Ce pénible devoir accompli, Régis Debray dégage les voies d'accès à une fraternité sans phrases, qui puissent en faire autre chose qu'un fumigène : un labeur de chaque jour. Dans la conviction que l'économie seule ne fera jamais une société.

  • Le nouveau pouvoir

    Régis Debray

    Comment comprendre l'événement Macron ? L'apparent changement politique marque en fait une profonde mutation culturelle. En un essai fulgurant, Régis Debray, directeur de la revue Médium, montre en quoi la France du catholicisme et de la République vient à son tour de s'inscrire dans l'avènement planétaire de la civilisation issue du néo-protestantisme. Un livre indispensable pour comprendre ce qui s'est passé. Et pour anticiper ce qui va arriver.

  • Dégagements

    Régis Debray

    L'essentiel, qui est un certain style, se niche dans les détails.
    C'est le ton de l'écrivain, celui qui vivifie les mots et stylise la vie. Régis Debray joue aux quatre coins avec les accidents de la vie. Entre figures tutélaires (Julien Gracq ou Daniel Cordier) et artistes redécouverts (Andy Warhol ou Marcel Proust), entre cinéma et théâtre, expos et concerts, le médiologue se promène en roue libre, sans apprêt ni a priori. Rêveries et aphorismes cruels se mêlent aux exercices d'admiration.
    Les angles sont vifs, la lumière crue, mais souvent, à la fin, tamisée par l'humour. Ainsi l'exige la démarche médiologique, tout en zigzags et transgressions, selon la définition un rien farceuse qu'en donne l'auteur : " Un mauvais esprit assez particulier qui consiste, quand un sage montre la lune, à regarder son doigt, tel l'idiot du conte. "

  • « D'après les Évangiles, et dans sa courte vie tant cachée que publique, le Galiléen s'est rendu, sans visa ni carte d'identité, en Israël, Palestine, Jordanie, à Gaza, au Liban, en Égypte et en Syrie. Je me suis faufilé dans tous ces pays : il y faut plus qu'un passeport et des détours. Jésus pouvait traverser la mer de Génésareth, aller "au-delà du Jourdain", et revenir le lendemain sur l'autre rive. Ce n'est plus possible. Aussi ce voyage d'un flâneur des deux rives n'a-t-il pu s'effectuer d'un seul trait.
    C'est un pari que de refaire l'itinéraire de Jésus à travers le Proche-Orient d'aujourd'hui, pour observer comment juifs, chrétiens et musulmans vivent à présent leur foi. Les surprenantes et souvent rebutantes vérités qui se dévoilent en Terre sainte ont valeur d'avertissement. Plus qu'un voyage au bout de la haine, ce carnet de route peut servir à la connaissance du monde profane tel qu'il va. Tout à la fois témoignage, chronique et méditation, l'enquête peut dès lors se lire comme un pèlerinage au coeur de l'homme, qu'il soit croyant ou agnostique, d'ici ou de là-bas. » Régis Debray.

  • Ce que nous voile aujourd'hui le voile, c'est le basculement de civilisation qui affecte, à travers la laïcité et au-delà de l'école, l'être-ensemble républicain.
    Régis Debray, président de l'Institut européen en sciences des religions, membre de la commission Stasi, publie ici la note qu'il a remise à ses collègues.

  • Madame H.

    Régis Debray

    Madame H. nous a quittés. Nous voilà veufs. Et s'il n'y avait pas de quoi pleurer ?
    H. ou l'Histoire avec une majuscule. Notre haschich officiel, depuis des lustres, en France, où la consommation a toujours été plus élevée qu'ailleurs.
    Le stupéfiant Histoire, avatar halluciné de l'Histoire sainte, nous a légué autant de héros que de tyrans, de défricheurs que de fossoyeurs.
    La fin récente de l'ère chrétienne et progressiste ne nous oblige-t-elle pas à reconsidérer nos rapports avec cette grande puissance d'enthousiasme et d'illusion ?
    Dans ce récit fantasque à la première personne, où le drolatique le dispute au sérieux, le lecteur pourra trouver à la fois le compte rendu d'une désintoxication et l'esquisse d'un mode d'emploi :
    Comment sortir de l'Histoire sans broyer du noir ? Comment changer de civilisation sans verser dans une nouvelle barbarie ?
    Pour substituer, autant que faire se peut, à une espérance sans gaieté - la perpétuelle attente du Jour des récompenses - quelque chose comme une gaieté sans espérance, un meilleur usage du monde.

  • Il ne suffit plus aujourd'hui de prendre acte du fond religieux des pratiques politiques. Il suffit de savoir quelle nécessité soude la croyance au groupe. Clef de voûte logique articulant le clos à l'ouvert, le collectif au transcendant, le social au religieux (qui peut être athée et laïc) : la notion d'incomplétude, dérivée du théorème de Gödel.
    On comprendrait alors pourquoi «l'histoire bégaye». Coagulation par la mort, clôture orthodoxe, rôle des serments et testaments, rites d'inscription, métaphores de la guerre, discours utopique : les procédures qui règlent toute prise de corps, qu'il s'agisse d'un État-nation, d'une école de pensée, d'un parti ou d'une église, circonscrivent un inconscient politique, ensemble de contraintes d'organisation compulsives et transversales à tous les types de société organisée.

  • Guerilla du che (la)

    Régis Debray

    • Points
    • 25 Janvier 2008

    Le che s'est laissé mourir en bolivie, en 1967.
    Comment ? pourquoi ? à la suite de quels enchaînements ? écrit en 1974, ce rappel des faits par un témoin direct donne à chacun les moyens de comprendre ce qui constitue encore, pour beaucoup, une énigme.

  • Du théâtre à texteoe Un empereur romainoe Des chrétiens agressifsoe Des païens souriantsoe
    C'est inhabituel, voire dérangeant.
    Mais pas si anachronique, même si l'empereur Julien, dit l'Apostat, a vécu entre 331 et 363 de l'ère chrétienne. Il a tout fait pour rétablir in extremis le paganisme, sa religion d'origine, dans l'Empire. C'était un peu tard.
    Fiction vivante, mais solidement documentée, cette tranche d'histoire ancienne jette sur la nôtre une lumière insolite.

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