• « Il est urgent de proposer un horizon serein afin d'inscrire le Gabon dans une dynamique de croissance saine et forte pour que ce pays devienne une zone de prospérité capable d'entraîner à sa suite l'ensemble de l'Afrique centrale. Reste à définir les modalités d'une telle stratégie » Raymond Ndong Sima.

    Avec un sous-sol particulièrement riche, une faune et une flore variées, une importante couverture forestière, le Gabon est un pays favorisé par la nature. Pourtant son économie est en berne, son climat social orageux. D'aucuns incriminent les cicatrices laissées par la manière dont Omar Bongo Ondimba a exercé le pouvoir pendant les quelque quarante années qu'il a passées à la tête de l'État. Mais force est de constater que six ans après sa brutale disparition, la situation, loin de s'améliorer, s'est au contraire dégradée. Et ce en dépit de l'ambitieux projet de société porté par le président de la République élu en 2009 et dont le mandat expirera en 2016. Où donc gisent les raisons profondes de cette morosité ? Raymond Ndong Sima, qui a été Premier ministre de février 2012 à janvier 2014, tâche de répondre à cette question dans cet ouvrage clair et synthétique. Chapitre après chapitre, il met à jour les dysfonctionnements qui, en grippant les rouages institutionnels et économiques de son pays après l'indépendance, ont affecté son développement. Son propos ne se borne pas au diagnostic : observant avec lucidité le contexte intérieur aussi bien que mondial, il énumère des remèdes susceptibles d'endiguer le mal. L'ordonnance est sévère mais en suivre les prescriptions semble bien être d'une nécessité vitale.
    Après le virage manqué de 2009, ce sera là tout l'enjeu des prochaines élections présidentielles. Pour que celles-ci soient enfin le point origine de l'émergence gabonaise, il faudra remettre au coeur des choix politiques ces réformes que des appétits excessifs de pouvoir ou de profits ont, depuis trop longtemps, réduites à l'état de voeux pieux.

  • L e 27 septembre 2016, Ali Bongo Ondimba a prêté serment pour un second mandat à la tête du Gabon.
    Cette cérémonie a mis un terme à un processus électoral commencé en juin de cette année avec la formation, en violation de la loi, de l'assemblée plénière prévue par l'article 12 bis de la loi 7/96 du 12 mars 1996 portant dispositions communes à toutes les élections en république gabonaise. Elle a vu s'envoler définitivement pour cette échéance, l'espoir d'une alternance que beaucoup appelaient de leurs voeux tant les performances économiques et sociales étaient décevantes. Le discours ronflant des premières années du septennat qui s'achevait avait en effet montré ses limites en raison de contradictions essentielles entre une conception monarchique du pouvoir présidentiel et la rigueur d'une gouvernance vertueuse. Les incidents qui ont suivi la proclamation des résultats au début du mois de septembre 2016 ont plongé le pays dans une situation de violences encore plus brutales que celles de 1993 et 2009. Les péripéties qui ont émaillé la proclamation des résultats ont jeté un éclairage peu élogieux sur un pays qui, depuis plusieurs années par ailleurs, défrayait la chronique dans le registre des scandales.
    De nombreuses affaires qui l'avaient éclaboussé avaient en effet commencé à lui donner une réputation sulfureuse pour des faits de corruption. Mais le Gabon se distinguait aussi à l'occasion, dans la presse, à la rubrique des faits divers par des intrigues sordides et des affaires plus sombres y compris des assassinats comme celui de Germain Mba, de Ndouna Depenaud, de Joseph Rendjambé, du couple Bossard, de Robert Luong1, du couple Marion etc. qui révélaient les dérives d'une gouvernance non seulement désastreuse et particulièrement dispendieuse mais également sanguinaire. Le régime gabonais avait néanmoins toujours bénéficié de puissants soutiens internationaux et notamment en France au sein de l'appareil d'état et auprès de personnalités ultérieurement mises en cause pour des faits de recel ou de complicité de recel à la suite de révélations qui les incriminaient clairement et très directement.

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