• « Une thèse justifie-t-elle la souffrance ? Il ne m'autorise pas à la lire, je ne sais rien de lui, de son projet existentiel. Tout ce qu'il veut, c'est me dominer, coucher, me mettre en scène. Il appelle ça Philip Roth et moi.
    (...) - Tu dois être heureuse. Un bébé, un mec brillant et sympa, prof à la Sorbonne.
    - Brillant ? Tu parles !
    L'ombre de Roth planait sur la discussion, on sentait sa présence. Assis ensemble sur le canapé-lit, Hervé et moi échangions nos dernières découvertes concernant l'auteur.
    "Je suis dans la thèse, Hervé, " a dit Marie. " Au début, je n'y croyais pas, il m'a menti. Tu te rends compte ? À la soutenance tout le monde saura combien je pèse, comment je fais l'amour, au lit. Des chapitres gênants, inutiles, intitulés Marie au lit, Marie se réveille, Marie fait pipi. " (...) Le médecin ne comprenait rien, il n'aurait pas pu s'imaginer Roth traité sous un tel angle, transformé en histoire de cul. Quand je l'ai accompagné à la porte vers deux heures du matin, il avait le visage blême. Il m'a proposé de garder La leçon.
    - Se reverra-t-on? m'a-t-il demandé.
    - Pas dans Philip Roth et moi. » Jessie, Américain de 40 ans, vit sa « passion » pour Philip Roth au sens quasi biblique du terme. S'il peine à accoucher de la thèse qu'il consacre à sa célèbre Leçon d'anatomie, c'est qu'il en subit directement les effets dans la vie. Ainsi rend-t-il le romancier seul responsable de la mystérieuse grossesse dont Marie, sa compagne de 22 ans, porte les signes soudains au lendemain d'une intrusion nocturne dans leur appartement parisien.
    Quand c'est au tour d'Elizabeth, amie de Marie, d'être sur le point d'enfanter, les doutes ne sont plus permis :
    L'érotisme rothien tourne à plein régime ! Tous les efforts désespérés de Jessie pour le contrer n'y changeront rien : il n'existe aucun moyen d'échapper à l'emprise de ce « corps » intermédiaire. Ni la religion ni la philosophie ni la morale ni la psychanalyse ne lui seront du moindre secours. Ce roman obsessionnel et drolatique à souhaits brille par un comique de situation toujours plus croustillant, des dialogues au quart de tour, des échanges de textos au bord de la crise de nerfs et... quelques lettres éplorées à Philip Roth.

  • P.N.R.I.
    Philip de Newark, roi des Juifs.
    Mais pourquoi se laisser crucifier, lorsqu'il reste tant de livres à écrire ? Vilipendé par son peuple après la publication de Portnoy et son complexe, proie d'un public plus attiré par la Chair que par le Verbe, Roth essaie de se libérer de son corpus. Est-il devenu un pur esprit ? Il est trop tentant de rester incarner, dans les textes et dans la vie.
    Fondé sur l'idée que l'oeuvre de Philip Roth peut être lue comme une parodie du Nouveau Testament avec Roth dans le rôle du Christ, Corpus Rothi déploie tous les moyens de l'analyse littéraire pour multiplier et organiser, dans un discours effervescent, d'une intelligence et d'un humour jubilatoires, une compréhension neuve de l'univers rothien.

  • Monacale et ascétique. Libéré de son corps, il peut enfin s'attacher aux autres et, pénétré de leurs destins tragiques, accomplir le sien. Poursuivant sa relecture inspirée du grand romancier américain, Steven Sampson aborde la dernière période de cette oeuvre monumentale, commencée il y a un demi-siècle.
    Quelle lumière nouvelle le crépuscule qu'elle met en scène jette-t-il sur le monde ? L'ultime métamorphose de Philip Roth, ce Zeus protéiforme et fécond, n'a peut-être pas fini de nous surprendre.

  • Y a-t-il une littérature côtière ? Pour les romanciers américains nés dans les années 60 et 70, les côtes sont plus attirantes qu'une Amérique profonde perçue comme arriérée et vide, intéressée par l'image plutôt que par le verbe, sauf quand il est religieux.
    Que peut apporter l'écrivain du troisième millénaire, qui ne se trouve pas déjà dans la Bible et sur l'écran ? Et si l'on ose encore écrire, c'est pour qui ? Steven Sampson pose ces questions, et beaucoup d'autres, au fil de lectures savantes et joueuses de quelques-uns des principaux romanciers américains de ce temps : Bret Easton Ellis, David Foster Wallace, Jonathan Lethem, Nicole Krauss (qui lui a accordé un grand entretien jusque-là inédit), Chuck Palahniuk et Jonathan Franzen.

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