• « Ceci n'est pas un traité musicologique mais les mémoires d'un auditeur libre venu renier le testament musical de cette humanité nocturne qui va de Wagner à Daft Punk. Et poser une fois pour toutes la question : comment des ténèbres du xxe siècle a pu surgir la lumière de Monteverdi, Purcell, Lully, Vivaldi, Bach, Haendel... et tant d'autres ?

    Fallait-il que chute monstrueusement le genre humain pour mériter d'entendre, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, la voix miraculeuse d'Alfred Deller ? Le chaos assourdissant de ce monde serait-il le détonateur de ce retour en grâce de la voix qu'incarnent la Billie Holiday de Versailles Agnès Mellon ; la reine du jour Sandrine Piau ; la gitane de Pleyel Patricia Petibon ; la comète Jaroussky et ses coruscantes coloratures ?

    «Sans la musique, la vie serait une erreur» disait Nietzsche. Rectification : sans le baroque, la musique serait une erreur ! »

  • L'architecte Christian Gambe accepte la commande d'une mystérieuse industrielle hollandaise: le premier cimetière aux tombes transparentes. C'est le début d'une malédiction. D'un côté, l'internement de son frère écrivain qui semble succomber à la folie; de l'autre, la vengeance de sa femme, la cantatrice Madeleine Avemo, qui le tient responsable de l'accident de voiture ayant mis fin à sa carrière. Lorsque Christian découvre que tous ces événements sont liés, il comprend qu'on le manipule. Quelle est cette inquiétante inconnue à la Jaguar rôdant autour de son frère? D'où vient la bague que Christian offre à Madeleine pour son anniversaire?

  • 'Au théâtre, il existe une place idéale d'où la perception du spectacle est la meilleure, dans l'axe central, au septième rang. D'où son nom, l'oeil du prince : par habitude elle était réservée au souverain. Vide, voilà qu'un Dieu m'a proposé cette place. J'ai compris que j'étais l'invité du Temps. Mon oeil s'est ouvert, presque musicalement.
    Ayant beaucoup aimé le cinéma par le passé, je n'y ai vu qu'un grand cimetière sous les sunlights...
    Le lecteur aurait raison de penser qu'il s'agit ici du premier livre jamais écrit sur le cinéma, loin de la bêtise cinéphilique, cette vieille nuit française borgnesse. Éros dans l'iris! Le cinéma est mort? Vive Hitchcock - avec qui, personnellement, au mépris de la métaphysique, j'ai appris à rire rouge! Vive Bresson! Vive Renoir! Vive Welles! Vive Lubitsch! Vive Keaton! Vive Chaplin - ce saint industriel qui dansait au-dessus de la Mort!' Thomas A. Ravier.

  • Pourquoi Proust ayant livré et remporté une guerre française impitoyable contre sa mère doit-il être plus que jamais imposé comme l'auteur désespéré d'une oeuvre qui célèbre un culte maternel inguérissable oe

  • Quand le narrateur apprend que la villa du Lavandou Leï Fatigas est vendue, il s'effondre. Vendue, cette maison nichée au creux des restanques sur fond de Méditerranée. Vendue, la villa tant aimée qui détient la mémoire vive d'une enfance et d'une adolescence libres et rêveuses auprès d'une famille fantasque.
    Jeune Parisien, le narrateur se languit des langueurs provençales. Dès qu'il le peut, il se réfugie, sur la Côte d'Azur, auprès de «son cher, son doux, son merveilleux jardin!». Il fait corps avec la villa, il en connaît la géographie la plus intime, elle est le lieu de tous les apprentissages amoureux et littéraires...
    À travers ses chroniques, au style éblouissant, se dessine un autoportrait sans complaisance. Homme de plaisirs et de passions aux accents casanoviens, l'auteur se révèle aussi un écrivain d'une érudition confondante, d'une sensibilité extrême, n'excluant pas un certain romantisme noir.

  • Le 9 septembre 1979, à New York, McEnroe, vingt ans, remporte sur un ange blond échevelé son premier titre : le cavalier cavale de façon peu cavalière pour le malheureux roman en cours. L'Europe, en effet, depuis quelque temps, se traîne. La France, par exemple, a perdu sa vieille part de gaieté physique. Une province. Le mousquetaire ne peut pas être français, pas cette fois-ci, plus français, plus jamais français (pense-t-on). " New York est surchargé d'électricité ", écrivait Paul Morand. Vous êtes face à un accident cardiaque heureux de l'espace. John McEnroe est un mousquetaire new-yorkais qui emballe la narration. Jusque dans un jardin anglais, à Wimbledon, dans les floraisons grasses, sur son tendre territoire végétal où il passe comme une sorte de punk mélodieux suscitant par ses sorcelleries votre exaspération amoureuse. Et c'est par cette accélération historique du récit, soyons clair, qu'il renverse Borg sur l'échiquier du temps. Le meilleur coup de McEnroe ? Le coup de théâtre. Scandale.

  • « Je sais que d'habitude ceux qui ont fait ces choses ne le disent pas, ou que ceux qui les racontent ne les ont pas faites. Je les ai faites. Il aura suffi d'une nuit à verser mon poison dans les rues pour fixer en moi cette idée. J'importerai de mon adolescence des rêves de chaos inachevés. Je serai personnellement ce désordre plastique.
    Je voulais entraîner le monde visible dans sa chute. Je voulais dévorer Paris. J'étais devenu comme ce poulpe, c'était ma nature, tout sauf de la colère : je crachais. Mon corps était à lui seul un luxe considérable. Nous bondissions. Et c'était suffisant.
    J'achève ainsi l'ère de ma jeunesse : en rythme, dans le secret heureux de ma main. Oui, je fus ce monstre-là. J'aurai fait de Paris mon festin. » Thomas A. Ravier.

  • Fantasque

    Thomas A. Ravier

    Un Français au pied marin et une photographe suédoise qui prépare un reportage sur Jean Seberg se rencontrent près de Saint-Tropez dans la maison où a été tourné Bonjour Tristesse. Coup de foudre à l´ombre des palmiers, croisière sexy en voilier, pétanque et champagne... Ces vacances invitent à une suite : quelques semaines plus tard, Julien rejoint Oïga à Stockholm.

    Du paradis à l´enfer... Dès son arrivée, ce Latin fantasque se retrouve confronté à un univers nocturne, à une femme raidie, à une société sclérosée par le protestantisme et qui se résume en un mot d´ordre domestique : IKEA ! La passion méditerranéenne vire au cauchemar ; la scène de ménage à la guerre de religion.
    Entre satire baroque et thriller métaphysique, Fantasque propose une réflexion originale sur la violence de la standardisation moderne et des nouveaux comportements amoureux.

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