Histoire de la littérature

  • Ma vie avec Marx Nouv.

    Ma vie avec Marx

    Alain Minc

    «Nous ne nous sommes, depuis lors, jamais quittés, ce vieux Karl et moi. Plus la vie me faisait pénétrer les arcanes du monde capitaliste, plus Marx m'apparaissait unique, le seul à avoir compris, décrit, encensé, percé à jour un système dans lequel l'économie de marché et les mouvements profonds de la société sont indissolublement liés.»Le drame du libéralisme est qu'il rime souvent avec conservatisme et réaction, alors qu'il devrait en être l'antithèse:encore faudrait-il que ses épigones aient lu Marx ... Marx, élu meilleur antidote à la pensée anticapitaliste? Ce n'est pas le moindre des paradoxes mis en lumière dans cet essai décapant.Alain Minc nous fait redécouvrir une oeuvre qui incarne une tentative unique de penser le monde, en embrassant la philosophie, l'histoire, l'économie et la sociologie. Relisant le Manifeste communiste, Le Capital ou Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, lui qui se présente, non sans espièglerie, comme le dernier marxiste français livre ses propres hypothèses sur l'économie et la politique contemporaines.Il donne à voir un Marx qui se révèle éminemment pertinent dans sa description de la dynamique capitaliste, conçue comme une force de progrès. Un homme à l'ambition prométhéenne, dont la construction théorique et la vie ne font qu'un. L'auteur qui, de tous, nous aide le mieux à comprendre le monde d'aujourd'hui, et à agir pour une société plus juste.

  • Ma vie avec la comtesse de Ségur Nouv.

    En imaginant un va-et-vient entre la trajectoire et l'oeuvre de la comtesse de Ségur, sa propre expérience de psychanalyste et sa vie personnelle, Caroline Eliacheff nous fait redécouvrir une auteure en avance sur son temps. Une femme engagée, qui a sans relâche défendu la cause des enfants et épinglé les parents maltraitants. Une pionnière dans la compréhension des plus jeunes, dont les intuitions se sont trouvées confirmées par les théories psychanalytiques, de Freud à Françoise Dolto. Et bien sûr la romancière à succès qui a formé des générations de lecteurs:des Malheurs de Sophie au Général Dourakine en passant par François le bossu et Un bon petit diable, les écrits de la comtesse hantent notre imaginaire collectif. La famille, l'éducation, la féminité, l'héritage et la transmission sont au coeur de ces pages délicates.

  • Anthologie des écrivains français racontés par les écrivains qui les ont connus Nouv.

    Publié pour la première fois en 1995, Les écrivains français racontés par les écrivains qui les ont connus est une passionnante anthologie réalisée et préfacée par Charles Dantzig. Elle rassemble, du XVIe siècle au XXe siècle, des témoignages de première main rarement sinon jamais reproduits jusque-là sur trente-sept des plus grands auteurs de notre littérature.
    Voici Claude Binet, ami de Ronsard, évoquant la séduction qu'exerçait l'auteur des Sonnets pour Hélène sur le roi Charles IX. Au XVIIe siècle, c'est Marie de Gournay, la « fille d'alliance » de Montaigne, qui est racontée par le mémorialiste le plus spirituel de son temps, Tallemant des Réaux, et Molière par La Grange, le secrétaire de sa troupe, tandis que Charles Perrault parle avec sagacité et affection de La Fontaine. Au XVIIIe siècle, Rousseau est évoqué de manière inattendue par Bernardin de Saint-Pierre, l'auteur de Paul et Virginie. Un siècle plus tard, Mérimée raconte son ami Stendhal avec sa vivacité habituelle ; Victor Hugo se remémore les derniers jours de Chateaubriand, à qui il avait tant voulu ressembler ; les Goncourt, pourtant si méchants, font de Flaubert un portrait à la fois attendri et admiratif. Au XIXe siècle, c'est au tour de Maurice Sachs de se remémorer Jean Cocteau, sa séduction et son talent. Quant à Serge Doubrovsky, il met en scène sa rencontre avec un Jean-Paul Sartre épuisé et malade, mais à l'intelligence aussi vive que toujours : « Je m'arrête, j'attends. [...] La tremblote a disparu par enchantement. L'oeil terne se rallume, lance des éclairs. » Qui connaît mieux les écrivains que les écrivains ?
    Dans une longue préface, Charles dantzig propose une réflexion sur ce qu'est ou peut être la biographie d'un écrivain. Le complément indispensable à son Dictionnaire égoïste de la littérature française.

  • Objet singulier et pourtant pluriel, se prêtant à la rêverie autant qu'à la réflexion, le livre est d'abord une marchandise : il se fabrique, passe des mains du vendeur à celles de l'acquéreur, il s'offre ou se troque, ou encore se vole...

    Depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours, et sur tous les continents, des femmes et des hommes de passion ont permis aux auteurs de diffuser leurs idées, leurs savoirs, leurs oeuvres, et aidé les lecteurs de tous âges, lettrés ou non, à faire provision de culture et de découverte. Au fil des siècles, ces transmetteurs ont inventé un métier, puis l'ont partagé, se sont unis en corporation, ont établi puis agrandi des librairies, sans jamais cesser de renouveler leurs pratiques.

    C'est l'histoire de tous les libraires et de leurs commerces qui est ici retracée.

    Nous guidant à travers les arcanes d'une industrie culturelle majeure placée de tout temps à la croisée entre le monde des idées et celui de l'économie, Jean-Yves Mollier retrace minutieusement les méandres des chemins menant le livre vers son lecteur. Ce faisant, il rend hommage aux libraires, ces indispensables « passeurs culturels », dont il rappelle avec sympathie et conviction l'importance du rôle social - un rôle d'autant mieux perçu aujourd'hui que celui-ci est concurrencé par des algorithmes.

  • Une anthologie de poésies du moyen-âge au XVIIIème siècle, nouvel objet d'étude du programme de français dans le cadre du bac 2020.


    Une anthologie des poésies écrites par les plus grands poètes dont Marot, Villon, Ronsard, Joachim du Bellay, Louise Labé, La Fontaine, André Chénier... 

  • Ce livre est un exercice d'admiration. J'ai eu la chance de rencontrer en Roland Barthes quelqu'un de totalement habité par la passion de la littérature et le désir de l'écriture, et qui avait la particularité d'écrire pour faire sentir ce désir, communiquer son éclat. D'écrire et d'enseigner. Il s'est agi pour moi en ces pages de faire exister Roland Barthes comme professeur, et plus largement, de souligner un certain nombre de valeurs que chacun de ses livres affirme, telles : l'amour de la langue, la différence au lieu du conflit, le goût du présent. Des valeurs sous le signe de l'harmonie, mais qui recèlent, s'il le faut, un pouvoir de résistance à tout ce qui se situe du côté du stéréotype, de la répétition mécanique, de la violence.

    C.T.

  • L'irruption dans nos vies d'une pandémie mondiale, suivie de dispositifs de contrôle jamais déployés jusqu'alors, nous a renvoyé l'écho des récits terrifiants de George Orwell et d'Aldous Huxley, entre surveillance généralisée et privations de liberté. Ce nouveau numéro du 1 des libraires se penche sur la littérature d'anticipation, un genre qui ne cherche pas tant à prophétiser le futur qu'à scruter le présent avec lucidité, afin que celui-ci ne se transforme pas un jour en cauchemar. En seconde feuille, « La Bibliothèque idéale du 1 » explore un roman où la dystopie se teinte de vertiges existentialistes : Le Procès de Franz Kafka.

  • Les 100 mots de Verlaine Nouv.

    Ni précis d'histoire littéraire ni abrégé biographique, ce petit livre est un lexique qui invite à visiter l'imaginaire poétique de Paul Verlaine (1844-1896) à travers ses motifs et ses formes. Or ce poète est déroutant par sa trompeuse simplicité : son oeuvre illustre la poésie là où elle paraît la plus immédiate, mais où elle s'avère aussi la plus insaisissable. Ses lecteurs les plus curieux vont de surprise en désarroi. Le plus souvent, ils l'ont découvert en récitant sur les bancs du collège ses vers les plus fameux : « Les sanglots longs/ Des violons/ De l'automne/ Blessent mon coeur/ D'une langueur/ Monotone »... L'image s'est installée d'un tendre auteur mélancolique et musicien. Mais la voilà bientôt compliquée et troublée par d'autres : un parnassien appliqué, un décadent persifleur, un provocateur libidineux, un catholique repenti, un élégiaque tout à la fois violent et bonhomme, ou, pour reprendre la juste formule de Paul Valéry, « un primitif organisé ». Sous la plume de Verlaine, les formes, comme les tonalités, changent. Nul avant lui n'avait poussé aussi loin, avec un toucher si délicat et si inquiétant, l'expression des émotions les plus fugitives...

  • « Comme le suggère sans doute un titre dont la constance ne doit (presque) rien à la paresse, on trouve ici des pages aussi diverses par leur âge que par leurs thèmes. Leur propos est d'esthétique en général, de poétique en particulier, de musique parfois, de peinture souvent, mais le plus spécifique en apparence y a souvent trait au plus universel. Leur disposition, quoique nullement aléatoire, n'exige aucun respect de la part du lecteur, qui s'en affranchira même assez pour négliger, s'il veut, telle ou telle étape : sauter des pages est un droit qu'on acquiert avec chaque livre, et qu'on ne saurait exercer avec trop d'ardeur, puisque - l'étymologie nous l'assure - lire, c'est choisir, et donc, bien évidemment, ne pas lire. Quelques-uns de ces objets pourtant - Stendhal, Proust, Venise - insistent, et signent.» G.G.

  • Les écrivains sont des créateurs de mondes. Le Pays Imaginaire, la Terre du Milieu, Narnia, la forêt des Rêves Bleus, l'île de Robinson... cet atlas présente les cartes de ces lieux familiers des lecteurs.
    Vingt-trois auteurs évoquent les territoires qu'ils ont fait naître dans leurs oeuvres à travers les plans qu'ils ont imaginés. Ils racontent également les lieux littéraires ou réels qui les ont fait rêver et ceux qui furent à la source de leur propre inspiration. Un magnifique voyage de carte en carte à travers la littérature : une inépuisable source de rêverie et d'aventure !

    « Nos cartes étaient des oeuvres d'art. Les principaux volcans crachaient de telles flammes et étincelles qu'on eut pu craindre que ces continents de papiers ne s'embrasent ; les chaînes de montagnes étaient si bleues et blanches de glace et de neige qu'elles vous glaçaient le sang. Nos déserts bruns et arides étaient grumeleux de chameaux et pyramides, et nos jungles tropicales si luxuriantes et enchevêtrées que les jaguars voûtés, serpents agiles et gorilles moroses ne s'y mouvaient qu'avec difficulté [...]. Nos rivières étaient larges et plus bleues qu'un myosotis, constellées de canoés et de crocodiles. Nos océans étaient tous sauf vides... Ces cartes étaient vivantes, on pouvait les étudier, les inspecter, les compléter ; des cartes qui, en définitive, avaient un vrai sens. » Gerald Durel,Ma famille et autres animaux, 1956.

  • L'année 2020 marque le centenaire de la publication des Champs magnétiques, « première oeuvre purement surréaliste » et moment de rupture majeur dans le domaine de la création littéraire. Ce texte d'André Breton et Philippe Soupault marque en effet la naissance de l'écriture automatique.
    Cette première exposition consacrée au surréalisme organisée à la BnF est centrée sur les années de jeunesse du mouvement, au moment où, sur les décombres de la Première Guerre mondiale, émerge un besoin radical de liquidation des valeurs passées et de renouvellement des formes d'expression.
    Le catalogue édité à cette occasion propose des éclairages inédits de ces pages fascinantes et révèle au grand public, avec des analyses neuves, certains des « trésors » de la BnF, comme le manuscrit de travail des Champs magnétiques (1919) ou celui de Nadja, réputé perdu, tout récemment retrouvé (l'une des plus importantes acquisitions patrimoniales de ces dernières années, jamais encore exposé).
    Si l'accent est mis sur le traitement novateur apporté par le surréalisme à l'écrit et au langage, la place est aussi faite à une grande diversité de supports, afin de rendre compte de la poétique surréaliste dans sa globalité. Les quatre sections - Guerre et esprit nouveau, Rêve et automatisme Manifestes et provocations, Amour et folie : Nadja, l'âme errante - qui rythment l'exposition structurent l'ouvrage, chacune organisée autour d'un document littéraire exceptionnel, auquel répondent tableaux, dessins, photographies, films, costumes, objets.
    Une vision kaléidoscopique pour restituer l'aventure de cette génération de poètes qui, au lendemain d'une expérience barbare, cria son dégoût pour le monde dans des éclats de rire sauvages.

  • « Transformer le monde, a dit Marx. Changer la vie, a dit Rimbaud. Ces deux mots d'ordre pour nous n'en font qu'un. » Il est temps de faire nôtre cette formule d'André Breton. Confrontés à un événement sans précédent et d'ampleur universelle, nous voilà, depuis un an, à même de constater notre peu de réalité. Nous sommes tous projetés vers le « monde d'après » : mais ce monde, quand commence-t-il, avec quels paradigmes, et pour quelle reconstruction ? Ce numéro s'interroge sur toutes ces aspirations nouvelles - écologiques, politiques, sociales aussi bien qu'artistiques.

    Apulée # 6 Changer la vie rassemble des poètes consacrés ou à découvrir, des romanciers, chercheurs, artistes - Adonis, Jean Amrouche, Joséphine Bacon, Aurélien Barrau, Yahia Belaskri, Anouar Benmalek, Jean Bernard, Jean-Marie Blas de Roblès, Jean-Claude Bologne, Laure Cambau, Katia Chibi, Louis-Philippe Dalembert, Jean Dausset, Laurent Degos, Julien Delmaire, Alain Deneault, Ananda Devi, Pascal Dibie, Delphine Durand, François-Michel Durazzo, Emmanuelle Favier, Tristan Felix, Gu Cheng, Hubert Haddad, Adam Horovitz, Eva Illouz, Abduqadir Ju¨me, Sony Labou Tansi, Michel Le Bris, Yvon Le Men, Carole Martinez, Albert Memmi, N. Scott Momaday, Laure Morali, Jean-Pierre Otte, Cécile Oumhani, Catherine Pont-Humbert, Jean Portante, Lionel Ray, Leïla Sebbar, Sami Tchak, Irina Teodorescu, David Toscana, Claude Vigée, Laurence Vilaine, Carole Zalberg...

  • Ce volume réunit l'ensemble des sept préfaces que j'ai données à des oeuvres de Malraux dans la Collection blanche et la Bibliothèque de la Pléiade : écrits farfelus, lettres choisies, carnets de voyage en URSS et du Front populaire, écrits sur l'art, essais critiques. Il couvre donc l'ensemble de la pensée de Malraux essayiste, dont il dégage les grands thèmes et souligne l'actualité. Si je me rappelle mes premières impressions à la lecture de Malraux, quelqu'un apparaissait, qui nous disait que l'histoire pouvait se raconter à rebours, à partir de l'art moderne (qui nous était cher, la jeunesse s'est toujours voulue moderne) vers le passé, tous les passés. Raconter n'était pas le mot, cette nouvelle histoire était faite d'apparitions, comme celle de Mme Arnoux dans L'Éducation sentimentale. C'était aussi une nouvelle géographie : surgissaient l'Afrique, l'Asie aux mille ateliers, l'Amérique de l'art précolombien, les îles d'Océanie. Mais tout excepté le médiocre, qui n'explique rien, sauf la prose du monde. L'histoire volait en éclats sous le choc des éclairs. Nos manuels, en effet, n'étaient pas écrits, ne relevaient pas de la littérature. Malraux, lui, donnait un équivalent stylistique des oeuvres dont il parlait, il traitait avec elles d'égal à égales et les reconstituait en une phrase, une image, un élan lyrique. C'était le sismographe que nous aimions aussi chez André Breton. Nous n'avions, d'autre part, jamais vu ces confrontations de photographies, de reproductions d'oeuvres d'art, ces courts circuits qui font jaillir une étincelle (dont nous étions voleurs, suivant le conseil de Rimbaud, notre contemporain). Les archives du comité Nobel ont montré que Malraux n'avait pas eu ce prix parce qu'il n'écrivait plus de romans. Étrange hiérarchie des genres, qui exclut l'essai du champ littéraire ! Au pays de Montaigne, de Pascal, de Montesquieu, de Valéry, on tiendra au contraire qu'il n'est pas moins littéraire que la fiction. La même imagination créatrice qui s'est illustrée dans La Condition humaine est présente dans Les Voix du silence, et dans la critique littéraire, dont L'homme précaire et la littérature représente l'aboutissement. L'Homme précaire retrouve le sens de la littérature. Les Voix du silence peuvent apparaître comme une recherche des temps et des arts perdus : styles négligés, artistes oubliés, continents engloutis. Elles retrouvent le temps de l'art. Restait à montrer par quels moyens. » (J.-Y. T.)

  • Politique, colonisation, guerre, religion, moeurs : les grands enjeux de la censure sont éclairés grâce à une centaine de pièces inédites, présentées et commentées par l'auteur.
    Emmanuel Pierrat, avocat spécialisé dans le droit de la culture et grand collectionneur de livres interdits, réunit des pièces d'archives extraites des collections de l'IMEC et des documents uniques provenant de sa riche collection personnelle.
    Condamnation au silence des opposants au pouvoir comme l'écrivain Mikhaïl Boulgakov ou le poète Abdellatif Laâbi, procédures lancées contre des auteurs critiques de la religion (Salman Rushdie, Michel Houellebecq), publications expurgées ou interdites pour outrages aux bonnes moeurs... Les affaires foisonnent, avec une conséquence inattendue : les ouvrages censurés sont recensés dans des catalogues, des index édifiants. Ainsi, les fiches des livres de L'Enfer de la Bibliothèque Nationale témoignent de cette obsession bibliographique, tel un « Lagarde et Michard du sexe ».
    De l'anathème à l'autocensure, Censurés tend au lecteur le miroir d'une société bardée d'interdits, visibles et proclamés ou diablement subtils.

  • La poésie américaine dite «?moderniste?», malgré l'influence qu'elle exerça sur de nombreux écrivains français, malgré la place acquise par ses auteurs dans le canon mondial, demeure relativement peu connue en France. Qu'est-ce que le «?modernisme?», et comment se manifeste-t-il en littérature?? Comment la poésie qui s'y voit associée se pense-t-elle et s'y réinvente?? Existe-t-il une spécificité américaine au sein d'un modernisme qui comptait parmi ses traits saillants le dédain des frontières et la circulation réticulaire des oeuvres et des idées??
    C'est un parcours de lecture, jalonné de nombreuses citations, que nous propose cet ouvrage, en prenant comme point focal la première génération de poètes modernistes américains, nés à la fin du xixe?siècle et actifs, aussi bien aux États-Unis qu'en Europe, jusque dans les années suivant la Deuxième Guerre mondiale.
    Tout en s'efforçant de clarifier la généalogie et le devenir des différents mouvements (imagisme, vorticisme, objectivisme), il s'attache aux pas de figures singulières parfois bien identifiées, parfois plus discrètes?: Ezra Pound, Gertrude Stein et T. S.?Eliot bien sûr, mais aussi William Carlos Williams, H.?D., Wallace Stevens ou Marianne Moore.
    Une bibliographie en fin de volume permettra au lecteur curieux de repérer les éditions des textes originaux et leurs traductions françaises et de s'orienter dans la critique.

  • Lire, le magazine littéraire n.499 ; rentrée littéraire : septembre 2021 Nouv.

    Rentrée littéraire Nos romans préférés Nothom, Angot, Dugain, Del Amo : au nom du père Le futur selon Kazuo Ishiguro Jane Austen : Mythique & Incorrecte

  • Issue d'une famille de la bourgeoisie londonienne, ayant grandi dans un milieu cultivé et aisé, Virginia Woolf n'en a pas moins inlassablement critiqué les habitudes et coutumes de sa classe. Renversant la tradition si pressante du silence des femmes, elle s'est emparée de son privilège pour défendre la cause commune et celle des femmes. Sa vie durant, elle a vécu de sa plume - de ses articles, de ses essais et de ses romans. Financièrement comme éditorialement, elle ne dépendait que d'elle-même, ce dont elle était très fière : « Je suis la seule femme en Angleterre à pouvoir écrire ce qui me plaît. Les autres doivent se conformer aux exigences des collections & des éditeurs », écrivait-elle dans son journal. Dans tous ses livres, Virginia Woolf tente de donner à ressentir, sinon voir, « la chose qui est là et qui existe en dehors de nous ». Et comme le note ici même Annie Ernaux : « Elle le fait en des structures admirables, poignantes, qui matérialisent le gouffre du temps, de cette chose qui existe hors de nous et dans laquelle l'existence humaine apparaît seulement comme une suite d'instants. » « Prendre des notes sur la vie », comme l'écrit Woolf dans son dernier journal, signifie écrire l'être-au-monde comme si chaque infime détail comptait et pouvait soudain, par un renversement de valeur, réaménager le monde. Mais écrire l'existence signifie aussi, parfois, déchirer le voile du silence et exposer les tabous, les blessures secrètes. Virginia Woolf invente une écriture-activiste, une phrase dont la plasticité lui permet d'exprimer l'éprouvé de l'existence et les flux de la conscience, de mettre en lumière le refoulé et l'impensé, mais surtout de dérégler les présupposés en tissant des liens nouveaux.

    Depuis une quarantaine d'années, Jean-Paul Goux déploie un univers romanesque dont l'originalité, la cohérence et l'émouvante beauté forcent l'attention. Si son écriture se situe dans une constellation où Julien Gracq et Claude Simon sont des étoiles proches, Jean-Paul Goux se distingue à la fois par la nature de sa prose lyrique, par la force philosophique et politique de sa méditation sur « l'acte d'habiter », ainsi que par sa réflexion sur la prose romanesque comme « fabrique du continu » contre la discontinuité de la vie.

  • Voltaire amoureux t.1

    Clément Oubrerie

    • Arenes
    • 4 Octobre 2017

    Quand Clément Oubrerie revisite la vie d'un génie français, cela donne un récit jubilatoire, mené d'une main de maître !

    Jeune homme ambitieux, mondain et hypocondriaque, qui répugne à l'idée de travailler pour vivre, ce Rastignac féru de tragédies antiques va devenir celui qui incarnera pour toujours l'esprit des lumières. Mais il devra pour cela se frayer un chemin dans une société violente et totalitaire qui n'a d'égards que pour la noblesse.
    Tout en légèreté et en finesse, cet ouvrage nous fait découvrir la facette méconnue d'un des personnages les plus iconoclastes de notre histoire littéraire.

  • Qui sont les antimodernes ? Non pas les conservateurs, les académiques, les frileux, les pompiers, les réactionnaires, mais les modernes à contre-coeur, malgré eux, à leur corps défendant, ceux qui avancent en regardant dans le rétroviseur, comme Sartre disait de Baudelaire. Ce livre poursuit le filon de la résistance à la modernité qui traverse toute la modernité et qui en quelque manière la définit, en la distinguant d'un modernisme naïf, zélateur du progrès.
    Une première partie explore quelques grands thèmes caractéristiques du courant antimoderne aux XIXe et XXe siècles. Ces idées fixes sont au nombre de six : historique, la contre-révolution ; philosophique, les anti-Lumières ; morale, le pessimisme ; religieuse, le péché originel ; esthétique, le sublime ; et stylistique, la vitupération. Joseph de Maistre, Chateaubriand, Baudelaire, Flaubert d'un côté, de l'autre Proust, Caillois ou Cioran servent à dégager ces traits idéaux.
    Une seconde partie examine quelques grandes figures antimodernes aux XIXe et XXe siècles ou, plutôt, quelques configurations antimodernes majeures : Lacordaire, Léon Bloy, Péguy, Albert Thibaudet et Julien Benda, Julien Gracq et, enfin, Roland Barthes, «à l'arrière-garde de l'avant-garde», comme il aimait se situer.
    Entre les thèmes et les figures, des variations apparaissent, mais les antimodernes ont été le sel de la modernité, son revers ou son repli, sa réserve et sa ressource. Sans l'antimoderne, le moderne courait à sa perte, car les antimodernes ont donné la liberté aux modernes, ils ont été les modernes plus la liberté.

  • Dictionnaire du roman populaire francophone Nouv.

    De About à Zigomar, des premiers romanciers apparus après la Révolution de 1789 aux auteurs du XXIe siècle, voici un panorama complet du roman populaire francophone (France, Belgique, Québec). Souvent condamné pour son caractère mercantile, pour ses personnages sans vraisemblance à travers des intrigues et un style stéréotypés, dévalorisé sous les appellations de « romans à quatre sous », ou « littérature de gare », ce domaine constitue cependant la majeure partie de la production littéraire.
    J. Moselli, G. Simenon, H. Musnik, R. Barjavel, A. Héléna, B. Werber, D. Pennac, etc. Mais aussi les grands personnages de notre patrimoine (Rocambole, Fantômas, Angélique, Monte-Cristo, Maigret, Arsène Lupin, Bob Morane), les principaux éditeurs et leurs collections, les principaux illustrateurs, les grands genres (roman judiciaire, fantastique, historique, d'aventures, policier, science-fiction, récit sentimental, western, etc.). Deux aspects originaux complètent ce panorama. Des articles présentent les conditions d'édition de cette littérature. Et des écrivains d'aujourd'hui interviennent çà et là pour situer leur propre création littéraire par rapport aux romans populaires.
    Daniel Compère est professeur émérite en littérature française du XIXe siècle. Il a publié de nombreux ouvrages sur le sujet, dont Les Maîtres du fantastique en littérature. Il est également directeur de la revue Le Rocambole, consacrée au roman populaire.

  • « Je lisais, au dos de mes bouquins : "... plusieurs vies bien remplies... aviateur, diplomate, écrivain..." Rien, zéro, des brindilles au vent, et le goût de l'absolu aux lèvres. Toutes mes vies officielles, en quelque sorte, répertoriées, étaient doublées, triplées par bien d'autres, plus secrètes » (Vie et Mort d'Émile Ajar). Dans « la communion avec la joie d'exister » plutôt que dans l'acceptation des « explications définitives » de l'homme ou de la vie, ne se laissant pas enfermer dans une seule image, une seule légende, ni même une seule vie, invitant par une prodigieuse puissance créatrice ses lecteurs à le suivre dans sa « conquête » d'une liberté « hors de l'oeuvre », d'une « liberté vécue », Romain Gary l'enchanteur, l'auteur des Racines du ciel, de La Promesse de l'aube ou de La Vie devant soi, est l'un des rares pionniers modernes de l'aventure humaine universelle. Jean-François Hangouët nous accompagne dans sa traversée des frontières.

  • L'affaire Baudelaire

    Remy Bijaoui

    • Imago
    • 24 Février 2021

    Le 20 août 1857, Charles Baudelaire et ses éditeurs sont condamnés pour « outrage à la morale publique et aux bonnes moeurs » par le tribunal correctionnel de la Seine. En cause, prétendument inspirés par une imagination maladive, six poèmes des Fleurs du Mal jugés indécents, en raison de leur « réalisme grossier » et de « passages ou expressions obscènes ».
    Malgré le soutien admiratif que des contemporains de renom - tels Flaubert, Hugo, ou Gautier - apporteront à Baudelaire, ces six poèmes marqués du sceau du scandale resteront interdits de publication en France durant près d'un siècle. Il fallut le combat de plusieurs générations de fervents lettrés pour faire annuler le jugement : suite à un arrêt de la Cour de cassation, la réhabilitation du grand poète n'interviendra qu'en 1949 !
    En s'appuyant sur de nombreuses archives, mais aussi sur la correspondance, les articles de presse et les comptes rendus d'audience, Rémy Bijaoui nous plonge, dans cet ouvrage vivant et bien informé, au coeur de cette célèbre affaire qui demeurera comme un exemple de relativisme judiciaire en matière de censure.

  • L'intention première de ce numéro est d'explorer quelques-unes des orientations majeures du roman aujourd'hui en Europe.
    En effet, l'évolution du roman a été telle, durant les dernières décennies, et tel aussi sur elle l'impact des transformations historiques depuis la chute du Mur de Berlin, que la nécessité se fait sentir d'ouvrir des chemins de réflexion, d'examiner la diversité des pratiques et de mesurer en quoi elles « compliquent à l'infini toutes les idées qu'on se fait du roman », comme le souligne ici même Philippe Forest.
    Il s'agit aussi de mieux cerner, par incidence, les enjeux qui sont les nôtres, tant il est vrai que face à l'ombre menaçante des résurgences hypernationalistes, complémentaires de la violence néolibérale, l'Europe a plus que jamais besoin de sa critique par sa littérature. À cet égard, suggère Emmanuel Bouju, l'un des aspects de la tâche éthique de l'écrivain pourrait être aujourd'hui de « transformer l'idée galvaudée de l'Europe en un objet nouveau de configuration et un lieu vif de l'imagination ».
    Enfin, à travers les contributions des écrivains eux-mêmes, ce n'est pas le moindre mérite de ce numéro que de nous permettre d'entrer dans la « fabrique de l'écriture », telle qu'une dizaine de romancières et de romanciers d'aujourd'hui la conçoivent.

  • À la littérature, la recherche esthétique, les vies singulières, la langue libérée de toute entrave, la transgression?; au droit, les procédures réglées, les rôles établis, le langage figé, la reconduction de l'ordre.
    Rappelant l'imaginaire de l'écrivain hors la loi, né dans le sillage des procès intentés en 1857 à Baudelaire et à Flaubert, cette opposition terme à terme dissimule à quel point droit et littérature ont partie liée.
    Car la soif de justice irrigue la littérature au point d'en faire un laboratoire du droit. En retour, les lettres peuvent être convoquées dans le prétoire, les romans participer à la formation des juges. La proximité de ces deux champs se manifeste également dans les débats théoriques qui traversent chacun d'entre eux, sur la place de l'interprétation ou le rôle du contexte. Et la censure elle-même, lieu de confrontation par excellence, tend aujourd'hui à prendre de nouveaux visages.
    Explorant les oeuvres de Truman Capote et Emmanuel Carrère comme de John Grisham, Juli Zeh, Tanguy Viel ou Franz Kafka, mobilisant des procès récents autant que les philosophes contemporains du droit, cette enquête révèle des solidarités inattendues entre légalité et légitimité, règle et vérité, responsabilité et liberté.

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